Dossier collectif IA49011405 | Réalisé par
Vozza Mathilde (Enquêteur)
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

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Cavaca Marie-Charlotte (Contributeur)
Cavaca Marie-Charlotte

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)

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  • inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
Les maisons et les fermes de la commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    maison, ferme
  • Aires d'études
    Mauges-sur-Loire
  • Adresse
    • Commune : Mauges-sur-Loire
      Lieu-dit : Anciennement commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine

En 1865, six fermes sont distraites du territoire de Saint-Laurent-de-la-Plaine (le Theil, la Saulaie, la Grande et la Petite Marottière, les Landes, et le Ronceray : voir tableau de repérage des fermes de Bourgneuf) pour être rattachées au territoire de Bourgneuf-en-Mauges lors de la création de la commune. Actuellement, soixante-seize fermes ont été repérées sur Saint-Laurent (voir tableau de repérage en annexe). Dans leur grande majorité, elles figurent déjà sur le plan cadastral de 1827.

Durant le Moyen Âge, plusieurs d'entre elles dépendent notamment des seigneuries du Plessis-Raymond, du Pineau et du Plessis-Beuvreau issues de la paroisse et de la seigneurie du Planty (Sainte-Christine). Ce sont les archives des seigneuries (aveux, dénombrements) qui nous livrent les premières mentions de fermes et de métairies sur la paroisse. Ainsi, un aveu de 1436 du bordage de la Douarderie mentionne les métairies du Pinelier, de la Chênebaudière, de la Fumoire, et du Groseiller. En 1462, un aveu de Jean du Ronceray à la seigneurie du Planty concernant "trois boisselées de terre" sur la paroisse de Saint-Laurent mentionne les métairies de la Petite Philippière et de la Gourdonnière (AD ; E 1053). En 1498, Jean Gaisdon rend aveu à Louis de la Trémoille, baron de Rochefort, pour "l'hostel et métairie de la Grande-Beraudière" [Braudière]. Aussi, l'acte de vente de 1652 du domaine du Pineau cite sur la paroisse "les lieux et métairies du Pineau, de la Jalletière, du Petit et du Grand Mirandeau, de la Petite Braudière [la Caillerie], de la Haute et de la Basse Charpentraie, de la Borde, de Bellenoue, de l'Escorche Boeuf, du Grand et du Petit-Gâs". On retrouve dans le dictionnaire de Célestin Port, archiviste local, et la notice historique de l'abbé Guinhut, les mentions de la Caillerie en 1403 ; du fief de l'Epinay en 1445 ; du Gast en 1492 ; de la métairie de la Nardière en 1542 ; du Chêne en 1610 ; de la Jalletière en 1618 et de la Routtonière en 1693. Aucun vestige de ces bâtiments médiévaux n’a été repéré.

Malgré l'incendie de la quasi-totalité des fermes à la Révolution, quelques-unes conservent des vestiges de l'Ancien Régime, dont la porte en arc plein cintre en pierre de taille de tuffeau et les lucarnes pendantes, encore visibles en 1972, de l'Ecorche-Boeuf ; les ouvertures en arcs surbaissés en pierre de taille de tuffeau du comble à surcroît de la Guéneraie ; les granges à piliers ronds du Puy et du Gât ; la grange de Bellenoue (date portée de 1799) ; l'ancien hostel (?) de la Braudière ; l'escalier couvert à double entrée de la Brunetière, etc. : voir tableau en annexe. Toutefois, bien que certaines fermes présentent encore des dispositions anciennes, nombreuses font l'objet d'un remaniement durant le XIXe siècle. Il se traduit notamment par des encadrements et chaînages en briques artisanales ou industrielles et des modifications dans les ouvertures. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, des domaines importants tels que d'anciennes seigneuries ou de nouveaux bourgeois investissent localement et modernisent les fermes associées à leur revenu. Ainsi, on voit sur le territoire, Alexandre Garreau du château du Plessis-Raymond acheter en 1847 la Basse Nardière : il démolit l'ancien logis et rebâti le logis actuel en 1866. Vers 1855, il fait construire Beaujour selon l'abbé Guinhut. C'est également sans doute lui qui remanie la Chaînaie qu'il acquiert en 1893 et qui réalise la ferme modèle du Chêne sur plans d'architecte. Aussi, Mélanie Augustine Lefebvre de Maurepart et Édouard Désiré de La Planche, comte de Ruillé, propriétaires du château du Pineau, augmentent les logis de leurs fermes du Puy en 1839, de l'Epinay en 1855, de la Petite Jalletière en 1860 et de la Haute Charpentraie en 1869. De même, Léopold de la Croix de Beaurepos, propriétaire du Plessis-Beuvreau, augmente les logis de la Michellerie en 1879 et de la Douarderie en 1887. Par ailleurs, il paraît probable que les parties agricoles (granges à nef) de la Grande Rogerie en limite du XIXe et du XXe siècle, aient été bâties pour Louis Marie Bordier du château de la Houssaye (Saint-Laurent-du-Mottay), propriétaire de la ferme depuis 1895.

Dans le bourg, 98 maisons ont été repérées (voir tableau de repérage en annexe). Quelques sources écrites nous donnent des renseignements précieux sur l’organisation des espaces et l'architecture sous l’Ancien Régime. Un acte notarié de 1752 fait état de trois maisons appartenant à Charles Cady se composant "d'une basse chambre de maison non carrelée, cheminée en icelle et grenier au-dessus couvert à ardoises". Un autre acte de 1768 fait état d'un "corps de logis composé de deux chambres basses dont l'une à cheminée, grenier au-dessus des dites chambres, une boulangerie à côté d'icelles dans laquelle il y a un four et cheminée, un petit caveau à côté [avec] grenier au-dessus, une cour non close vers l'occident des dits logements et un petit jardin derrière iceux [...] et dépendant avec la mutualité d'un puits" appartenant à René Humeau.

Le bourg ayant été incendié en 1794 (cf. : notice bourg), seul l'ancien presbytère, aujourd'hui musée des Métiers, a été conservé dans son état d'origine avec ses caractéristiques du XVIIIe siècle (1779) : fronton triangulaire, pignons découverts à redents (aujourd'hui seulement le pignon nord), lucarnes cintrées, cheminée, le tout en pierre de taille de tuffeau. Cependant, plusieurs vestiges de l'Ancien Régime sont attestés, à plusieurs reprises des traces de calcination sur les poutres des planchers ou des charpentes ont pu être constatées, indiquant une assise plus ancienne remaniée/rebâtie à la suite de l'incendie. De façon certaine, on peut citer le 4 rue des Mauges : la couverture débordante à plusieurs pans, le volume irrégulier et les souches de cheminée sur le mur ouest de la maison, visibles sur une vue aérienne du début du XXe siècle, indiquent une assise de l'époque moderne ou médiévale. Les lucarnes cintrées et l'oculus, sans doute restaurés, rappellent l'esthétisme du XVIIIe siècle. À l'intérieur, des traces de calcination ont pu être observées au rez-de-chaussée sur la poutre maîtresse du plancher de l'étage carré. À noter aussi à l'intérieur les vestiges d'un décor peint sans doute de la première moitié du XXe siècle lorsque la maison servait de café/boucherie en RDC : on observe sur fond beige un quadrillage en losange de couleur verte parsemé de motifs végétaux dans les tons vert, oranger, rouge. On peut également citer les maisons 11 rue Sébastien Cady ; 2 rue Jacques Cathelineau ; 4 rue Jacques, l'ancienne maison rue de Bretagne ou celle de Sébastien Cady (voir les notices). Par ailleurs, la plupart des lucarnes cintrées, assez répandus dans le bourg sur les cartes postales du début du XXe siècle, n'existent plus aujourd'hui. Autrement, à l'exception de ces quelques vestiges, les édifices présents sur le plan cadastral de 1827 présentent des caractéristiques du XIXe siècle (encadrements et corniches en pierre de taille de tuffeau). Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et en limite du XXe siècle, on remarque un renouvellement du bâti urbain, comme on l'a noté pour les fermes. En 1908, l'abbé Guinhut dit à ce sujet : "la rue principale est très irrégulière, avec des angles de murs qui l'échancrent à chaque pas. Mais les maisons restaurées pour la plupart après la construction de l'église neuve [1897] présentent un aspect gai et confortable".

Une dizaine d'exploitations agricoles sont encore présentes aujourd'hui sur le territoire. Elles vivent en majorité d'élevage bovins (dont vaches laitières) mais aussi d'élevage avicoles et de productions céréalières. On dénombre également une pépinière et une culture maraîchère. Seules les fermes du Carrefour (bourg), de la Cave (bourg) et de la Hutte (bourg), qui figuraient sur le plan cadastral de 1827, sont aujourd'hui détruites entièrement.

  • Période(s)
    • Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine , daté par source, daté par travaux historiques

D'après le registre de recensement de la population de 1886, Saint-Laurent-de-la-Plaine comptait 251 maisons, dont 125 se répartissaient dans le bourg et 126 sur le reste du territoire (fermes). Même si le nombre de maisons est quasi-équivalent entre le bourg et le reste du territoire, le nombre d'habitants par maison est lui plus élevé en milieu rural. En effet, la majorité de la population vit de façon éparse : 429 personnes sont recensées dans le village contre 630 dans les écarts et les fermes. Parmi les plus importants, figuraient les écarts du chemin du Puy, qui regroupait 18 maisons comptant 97 habitants, de la Guéneraie, qui regroupait 14 maisons comptant 66 habitants, et du chemin de la Jalletière, qui regroupait 9 maisons comptant 49 habitants.

La majorité des fermes, environ 72 %, présentent aujourd'hui un plan éparpillé comprenant plusieurs bâtiments rassemblés autour d'une cour (type D). Ensuite, on retrouve la "maison-bloc" de "type B" correspondant à un seul bloc allongé rassemblant en suivant les logis et les parties agricoles comme aux fermes du Bois Petit, de la Boucherie, de la Grotte, ou de la Petite Roussière. Ce plan semble avoir essentiellement caractérisé les petites fermes (borderies ou closeries) isolées (voir repérage en annexe). Le plan de "type P" représente moins de 10% des fermes, il comprend deux bâtiments principaux parallèles autour d'une cour, séparant d'un côté les logis et de l'autre les parties agricoles (grange-étable) comme aux fermes l'Epine ou de la Michellerie, aujourd'hui de "type D", (voir repérage en annexe). L'augmentation et les remaniements des fermes depuis le XIXe siècle tendent vers une uniformisation des plans en type éparpillé.

Quelques sources écrites nous donnent des renseignements précieux sur l’architecture rurale sous l’Ancien Régime. Comme observé pour les autres communes de l’aire d’étude, l’usage de matériaux périssables est attesté jusqu’à la Révolution. Un aveu du 14 février 1436 du bordage de la Douarderie nous informe qu'il comprenait "une maison d'habitation couverte d'ardoises, des étables couvertes de chaume, aire, aireau, four, puits, deux jardins". Dans leur grande majorité, les logis de fermes, comme les dépendances agricoles, sont construits en moellons de schistes gréseux (micaschiste, schiste ou grès) d'extraction locale. Deux anciennes carrières sont repérées par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières à la frontière sud de Saint-Laurent-de-la-Plaine, à proximité du moulin Rochard sur le chemin de Frochangé. Les maçonneries anciennes sont assemblées au moyen de moellons de modules moyens, plus ou moins équarris, et recouverts d'un enduit partiel "à chaux et à sable".

Les maisons du bourg et des fermes sont bâties de façon similaire. La brique a été utilisée sous forme de chantignolles sans doute dès le Moyen Âge pour les souches de cheminées et les intérieurs des fours à pain. Toutefois, son utilisation en encadrement des baies ne semble pas antérieure au milieu du XIXe siècle. Le bois est utilisé ponctuellement pour le second œuvre, pour former le linteau des baies (portes, fenêtres et/ou jour d'aération) dans les constructions anciennes avant le XIXe siècle ou plus modestes (le Bois Petit ; la Boissière ; la Grande Braudière ; la Grotte ; le Pinelier ; le Puy ; chemin des Rêveries). L'utilisation du tuffeau en second œuvre est usuelle dans le bourg tandis qu'assez rare en milieu rural, il s'agit souvent dans les fermes (plutôt des métairies) de vestiges d'ouvertures Ancien Régime, supplantées au XIXe siècle par l'utilisation massive de la brique dans les encadrements (ouvertures en arcs surbaissés). Ainsi, la brique marque l'architecture des fermes au XIXe siècle tandis que le tuffeau reste le matériau privilégié pour les décors (ouverture, corniche, chaîne d'angles, lucarne, etc.) des maisons du bourg à cette période. Dans le bourg, seules quelques maisons de cette époque présentent un décor en briques (5, 28 et 30 rue des Mauges ; 8 rue Jacques Cathelineau).

L'ardoise en couverture caractérise essentiellement le bâti urbain jusque dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ensuite délaissée pour la tuile mécanique dans les nouvelles constructions (lotissements). Seules les quelques fermes aujourd'hui incluent dans le tissu urbain, auparavant en bordure du bourg, possédaient des couvertures en tuiles (logis et parties agricoles) sous l'Ancien Régime : la Fripière, la Douarderie, l'Aveneau (?). En milieu rural, on observe pour les fermes des parties agricoles majoritairement couvertes en tuiles creuses, accompagnées très souvent de logis couverts en ardoise (le Puy ; la Petite Jalletière ; le Mirandeau ; le Pineau ; la Braudière ; le Châtelier ; la Lansonnière ; le Chêne ; Beaujour ; l'Aulnaie ; la Borde ; etc.). De moindre façon, on retrouve également des logis couverts en tuiles creuses ou mécaniques s'ils sont bâtis au XIXe siècle (la Michellerie ; la Caillerie ; la Grande Rogerie ; Bellenoue ; Pinelier Neuf ; le Pinelier ; etc.). Aussi, on retrouve parfois les deux types de couverture selon les remaniements au sein d'une même ferme (écart de la Charpentraie ; Guéneraie ; etc.). Voir repérage en annexe. Après le milieu du XXe siècle, les toitures en tuiles creuses traditionnelles laissent place à la tuile mécanique lors de travaux de réaménagement. Elles sont parfois remplacées ponctuellement par des matériaux moins onéreux comme la tôle ou le fibrociment, notamment pour les parties agricoles.

L'une des particularités observées sur le territoire de Mauges-sur-Loire est de traiter l'angle de certains bâtiments, non pas à angle droit, mais de manière arrondie. Cette technique de construction, constatée dès le XIe siècle à la chapelle Saint-Aubin de Châteaupanne (Montjean-sur-Loire), se retrouve également à la Voisinière (Botz-en-Mauges), à Bel Air (Montjean-sur-Loire) mais également à l'Audouinière (ferme n°8) à Saint-Laurent-du-Mottay. Moins répandu sur Saint-Laurent-de-la-Plaine, elle se concentre plutôt sur quelques maisons du bourg, visible chemin des Rêveries, au 6 rue Sébastien Cady ou rue de la Bretagne. En outre, les corniches en génoises qui ont été repérées plutôt à l'ouest du territoire (Saint-Laurent-du-Mottay ; le Mesnil-en-Vallée ; le Marillais) ne sont pas présentes dans le paysage de Saint-Laurent.

  • Toits
    ardoise, tuile creuse, tuile mécanique, tôle ondulée, ciment amiante en couverture
  • Murs
    • schiste moellon enduit
    • micaschiste moellon enduit
    • grès moellon enduit
Image non communicable
Image non communicable
Image non communicable
  • Archives municipales de Saint-Laurent-de-la-Plaine ; 1 F 3/1-2. Recensements de la population : états récapitulatifs (1846-1911).

Documents d'archives

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; E 1053. Seigneurie du Planty : déclarations rendues aux assises seigneuriales (extrait du livre des remembrances, de la terre, fief et seigneurie des Briffières : aveu de la Cheminerie de la Pommeraye, août 1560).

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 5 E 3 74. Étude de Maître Jean-Ambroise GUYBELES (1751-1773) résidant à Chalonnes-sur-Loire. Bail d'une maison dans le bourg de Saint-Laurent-de-la-Plaine entre René Humeau et Marc Fauveau, 20 juin 1768.

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 3 P 5 308. Matrices cadastrales. Registre des augmentations-diminutions de Saint-Laurent-de-la-Plaine.

  • Archives municipales de Saint-Laurent-de-la-Plaine ; 1 G 22. Propriétés bâties : matrice cadastrale (1882-1911).

Bibliographie

  • GUINHUT, Alfonse. Notice historique sur Saint-Laurent-de-la-Plaine. Angers : J. Siraudeau, 1909.

Annexes

  • Fermes repérées sur la commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine
  • Maisons repérées sur la commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
(c) Commune de Mauges-sur-Loire
Vozza Mathilde
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