Dossier d’œuvre architecture IA49004007 | Réalisé par
Eon Marie-Anne (Enquêteur)
Eon Marie-Anne

Agent de pré-inventaire du canton de Saint-Florent-le-Vieil dans les années 70.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
;
Vozza Mathilde (Enquêteur)
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
;
Cavaca Marie-Charlotte (Contributeur)
Cavaca Marie-Charlotte

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
Ancien presbytère, actuellement musée des Métiers, Saint-Laurent-de-la-Plaine
Œuvre étudiée
Auteur (reproduction)
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mauges-sur-Loire
  • Commune Mauges-sur-Loire
  • Adresse 13-15 place Abbé Joseph Moreau
  • Cadastre 2024 B 205 Ancien presbytère ; 2024 B 212, 1801 Agrandissement ; 1827 B1 39
  • Précisions anciennement commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine

Édifices précédents (détruits)

Selon l'abbé Guinhut, un presbytère est connu à cet emplacement dès le XIIIe siècle par une mention dans un document d'archives qui atteste qu'en 1215, Cristophe Beuvreau, seigneur du Plessis-Beuvreau, fait don d'un manoir avec grange, étable, jardins, cour et issues closes de muraille par devant, pour servir de presbytère au curé de la paroisse, Macé-Hubelin, et à ses successeurs (archives privées). Ce manoir se situait près de l'église primitive, à l'emplacement du presbytère actuel. En ruine, il est rebâti une première fois en 1621, toujours sous la contribution du seigneur du Plessis-Beuvreau, dame Marie Beuvreau, épouse d'Isaac de Scolin. Puis une seconde fois peu avant la Révolution en 1779, sous la direction du curé Léon-René Marchandye, correspondant au bâtiment actuel.

Presbytère actuel

Les initiales "L.R.M." [Léon-René Marchandye] suivies de la mention "D.C." [Domum Construxit] et la date portée de "1779" figurant sur les lucarnes attestent de cette reconstruction. Il s'agit d'un des seuls édifices du bourg daté du XVIIIe siècle à avoir été épargné dans son ensemble par les colonnes infernales du 26 janvier 1794. Selon les témoignages rapportés par l'abbé Guinhut, seules "trois ou quatre maisons étaient demeurées intactes [dans le bourg] : une maison située aux Airaux, la maison du chirurgien Cady et le presbytère qui servait de corps de garde. Les bleus en partant y avait mis le feu, mais des hommes cachés non loin de là accoururent à temps pour l'éteindre".

De plan rectangulaire, il était initialement entouré d'un mur de clôture qui allait par devant jusqu'à la place de l'abbé Joseph Moreau, visible sur le plan cadastral de 1827 et les cartes postales, photographies jusque dans le 3e quart du XXe siècle. On accédait à la propriété par une porte piétonne côté église, la cour se situait à l'est comprenant une grange, aujourd'hui le théâtre des Rêveries, et une petite maison accolée au sud, portant la date de 1692 en façade.

Propriété de la commune après la Révolution, le registre des délibérations fait état de travaux d'augmentation en 1846 pour une chambre et un cabinet aux frais de la fabrique de la paroisse, alors locataire des lieux. Le bâtiment accueille le curé de la paroisse au moins jusqu'en 1971, date du dernier bail établi entre les deux parties, pour une durée de 9 années et de 10 francs majorés par an. Le bail est visiblement interrompu puisque la commune fait bâtir un nouveau presbytère entre 1973 et 1974 au 11 rue d'Anjou, sur les plans de l'architecte des Monuments Historiques, Henri Enguehard (société Enguehard-Lamaison). Dans le même temps, elle fait appel à l'entrepreneur Michel Sautjeau, de Montjean-sur-Loire, pour dresser les plans du bâtiment et fournir un devis pour sa restauration.

D'après les plans du presbytère dressés avant sa restauration, il se composait de 5 pièces en rez-de-chaussée correspondant du nord au sud à une grande pièce avec cheminée en marbre et un accès au jardin à l'est (porte à double ventail), un vestibule d'entrée (porte à double ventail façade ouest) avec une cage d'escalier séparée par une cloison, ensuite un long couloir côté ouest desservant deux pièces avec cheminée (dont une en pierre de taille de tuffeau). La pièce la plus au sud est en enfilade, donnant accès à une plus petite pièce reliée aux communs du presbytère situés en retour d'équerre au sud-est. On accède à l'étage carré par l'escalier du vestibule du rez-de-chaussée. Au deuxième niveau, un couloir à l'est dessert quatre chambres à cheminée dont une possède son propre cabinet. Au sud, le couloir dessert également l'étage carré des communs accolés. Un plancher sépare le second niveau de l'étage de comble.

Les remaniements de la fin du XXe siècle

L'édifice est entièrement restauré entre 1974 et 1977, destiné à accueillir les collections de l'association du musée des Métiers fondée sur la commune en 1970 par Abel Delaunay et Victor Perrault.

L'organisation intérieure est totalement bouleversée, au rez-de-chaussée, le vestibule et la cage d'escalier sont supprimés, le sens de circulation est modifié. L'escalier de distribution du vestibule est vraisemblablement démonté puis remonté dans les communs au sud-est, aujourd'hui servant d'escalier dérobé dans la partie privative du musée. La rampe semble dater du XVIIIe siècle, cependant il se peut qu'elle ne soit pas d'origine car l'abbé Guinhut atteste que l'escalier aurait été incendié durant la Révolution puis reconstruit (à la fin du XVIIIe siècle ?). Toutes les cheminées et les cloisons sont démolies au deuxième niveau pour créer un grand espace ouvert. La cheminée en place actuellement en pierre de taille de tuffeau, dans un style du XVIIIe siècle, est bâtie dans le 4e quart du XXe siècle. Le plancher qui séparait le second niveau de l'étage de comble est supprimé afin de dégager une hauteur sous plafond suffisamment importante pour accueillir les métiers à tisser du musée. La charpente actuelle semble d'origine, toutefois les voliges semblent refaites. Une partie des anciens communs, en retour d'équerre au sud-est, est démolie. Cette aile correspond aujourd'hui à la partie privative du musée, elle est en partie rebâtie et/ou très remaniée à cette période. Une partie du bâti correspond à la petite maison portant la date de 1692.

D'après l'association du musée, lors des travaux de réhabilitation du presbytère, deux niveaux de sols antérieurs ont été mis au jour, pouvant correspondre aux différentes occupations du Moyen Âge central (cendres de chaux) et à la reconstruction du XVIIe siècle (tomettes carrées). Par ailleurs, des traces de calcination sur les poutres du plancher sont visibles au rez-de-chaussée dans la grande pièce au nord, à proximité de la cheminée. Selon une tradition orale rapportée par l'association du musée, ces traces pourraient être liées à un départ d'incendie dans cette pièce pendant la Révolution. Cette hypothèse pourrait justifier la présence de la cheminée en marbre dans cette pièce. En effet, plutôt datée de la première moitié du XIXe siècle, elle aurait pu être rebâtie à la suite de cet incendie.

Les extensions

L'édifice est notamment complété par une tour de section carrée en façade est (côté jardin), qui accueille un escalier de distribution en maçonnerie destiné aux visiteurs pour accéder au deuxième niveau, à la salle des métiers à tisser, et permet d'accéder à la cour intérieure. Par ailleurs, de nombreux bâtiments, appartenant à l'association du musée, sont bâtis tout autour entre 1972 et 2002 par des artisans professionnels et des bénévoles, sous la direction d'Henri Enguehard, architecte des Monuments Historiques, et de Victor Perrault (Ateliers Perrault). Ces bâtiments construits dans un style du XVIIIe siècle sont rachetés par la commune en 2003.

L'édifice se situe au cœur du bourg, au sud de l'église paroissiale. De plan rectangulaire, il est bâti en moellons de schistes gréseux enduits avec une toiture en ardoise. Il se développe sur trois niveaux de quatre travées : un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble. L'entrée principale (façade ouest) est surmontée d'un fronton triangulaire en pierre de taille de tuffeau. Chaque travée est couronnée d'une lucarne cintrée, dont les deux centrales possèdent des inscriptions. Le mur du pignon nord est découvert à redents tandis que le pignon sud est couvert. L'édifice est décorée d'une corniche et d'ouvertures en pierre de taille de tuffeau. En façade est, il possède une seule lucarne cintrée, rajoutée lors de la réhabilitation de l'édifice dans le 4e quart du XXe siècle. Les extensions de cette période sont bâties en parpaings enduits et couvertes d'une toiture en ardoise à charpente en bois

À l'intérieur, le rez-de-chaussée accueille une cheminée du XVIIIe siècle en pierre de taille de tuffeau ainsi qu'une autre, sans doute de la première moitié du XIXe siècle, en marbre (piédroits, tablette) avec décor stuqué (?) composé de pilastres avec chapiteaux corinthiens, d'une arche en plein cintre encadrée de deux anges porteurs d'une couronne de laurier et d'une palme (modèle antique), et abritant au centre un bouquet fleuri. La cheminée en pierre de taille de tuffeau du deuxième niveau date du 4e quart du XXe siècle, bâtie dans le style du XVIIIe siècle.

  • Murs
    • moellon enduit
    • parpaing de béton enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • pignon découvert
  • Escaliers
    • escalier hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour escalier en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour escalier en charpente
  • État de conservation
    bon état, inégal suivant les parties, remanié, détruit après inventaire
  • Techniques
    • sculpture
  • Précision représentations

    Deuxième lucarne partant du nord : ""L.R.M. D.C." ; troisième lucarne partant du nord : "1779".

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Ce dossier de pré-inventaire, établi en 1972 par Marie-Anne Éon, a été mis à jour et enrichi par Mathilde Vozza en 2022 puis par Marie-Charlotte Cavaca en 2026 dans le cadre de l'inventaire topographique de la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire

Documents d'archives

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 3 P 5 308. Matrices cadastrales. Registre des augmentations-diminutions de Saint-Laurent-de-la-Plaine.

Bibliographie

  • GUINHUT, Alfonse. Notice historique sur Saint-Laurent-de-la-Plaine. Angers : J. Siraudeau, 1909.

Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2022, 2025
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
(c) Commune de Mauges-sur-Loire
Eon Marie-Anne
Eon Marie-Anne

Agent de pré-inventaire du canton de Saint-Florent-le-Vieil dans les années 70.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Vozza Mathilde
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Cavaca Marie-Charlotte
Cavaca Marie-Charlotte

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.