Dossier d’œuvre architecture IA49011406 | Réalisé par
Vozza Mathilde (Contributeur)
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

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Cavaca Marie-Charlotte (Contributeur)
Cavaca Marie-Charlotte

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)

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  • inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
Bourg de Saint-Laurent-de-la-Plaine
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mauges-sur-Loire
  • Commune Mauges-sur-Loire
  • Précisions anciennement commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine

Selon l'historien Teddy Véron, une chapelle Saint-Laurent est mentionnée dans une charte datée de 1049-1055 indiquant que l'Évêque d'Angers possédait des droits de sépulture et d'oblations sur cette chapelle dépendante de la seigneurie épiscopale de Chalonnes (églises mères de Saint-Maurille et Saint-Pierre). Peu après, un Hugo, presbiter de Sancto Laurentio, [Hugues, prêtre de Saint-Laurent] est cité dans un acte, daté de 1047-1064 par Olivier Guillot, pour une souscription d'une terre proche du château de Chalonnes. Le territoire a pu être érigé en paroisse dès cette époque à la suite de l'intégration du pagus des Mauges au comté d'Anjou. Si tel est le cas, un bourg autour de l'église a dû se former par la suite. Quoi qu'il en soit, la paroisse est avérée au début du XIIIe siècle : une archive de 1215 mentionne le don du seigneur du Plessis-Beuvereau au curé de Saint-Laurent d'un presbytère à proximité de l'église (voir notice de l'ancien presbytère).

L'église primitive est assez bien connue grâce à trois clichés pris avant sa démolition en 1899. Elle se situait au sud-ouest de l'église actuelle, plus avancée sur la place, sa galerie d'entrée était quasiment dans l'alignement de la rue Sébastien Cady. Cet emplacement correspond en partie à l'actuel théâtre des Rêveries, bâti à partir de la grange de l'ancien presbytère (voir notice), qui se situait à proximité du chœur, au sud de l'église. De style roman, elle pourrait effectivement appartenir au XIe siècle. D'après les archives, elle est fondée par le seigneur de la Jalletière, détenteur de ses droits honorifiques, dont il est également attribué la fondation de la paroisse. Selon les photographies et le plan cadastral de 1827, elle possédait un plan général en croix latine imparfait. Elle mesurait selon les témoignages de 25 à 30 mètres de longueur et environ 10 mètres de largeur. Elle était bâtie en petits moellons réguliers, décorée en partie supérieure d'un double cordon en arêtes de poisson et d'une litre aux armoiries de la Jalletière (intérieure/extérieure). Elle était couverte en ardoise d'un toit à deux pans aux pignons découverts à redents (redents visibles sur les photographies sur le pignon est). Quelques baies et une porte "à claveaux réguliers" en pierre de taille de tuffeau subsistaient de la période romane. Elle s'accompagnait d'un clocher-tour hors-œuvre de section carrée, accolé à l'extrémité est de la nef, et surmonté d'un toit campaniforme à flèche. Il était éclairé par plusieurs baies en plein cintre, ainsi que des oculus de forme ovale au dernier niveau.

Le plan initial de l'église, simple à chevet plat, devait être similaire à celui de l'église Saint-Aubin du XIe siècle, aujourd'hui chapelle de Châteaupanne, dépourvu de ses chapelles attenantes et du clocher-tour. Son chœur est sans doute agrandi à l'est et sa nef se flanque de chapelles au fil des siècles, décrites par l'abbé Guinhut, dans sa notice historique de Saint-Laurent, comme "inégales de hauteur et de profondeur". Ce dernier date la reconstruction du chœur vers 1483. Des travaux de réfection à cette période semblent probables, en effet, la façade de l'église atteste d'un remaniement à l'époque gothique caractérisé par une porte en accolade à fleuron qui semble d'origine (les deux contreforts à clocheton sont ajoutés par l'architecte Dellêtre en 1849). On sait également qu'en 1490, François Blénouveau, seigneur du Plessis-Raymond, est autorisé par le seigneur de la Jalletière à doter l'église d'une nouvelle chapelle de "20 pieds de largeur avec vue sur le grand autel". La chapelle est dédiée à sainte Marguerite, elle accueillera les sépultures des seigneurs du Plessis-Raymond jusqu'à la Révolution. Avant cette date, il est attesté que l'église possédait une chapelle dédiée à saint Jean et à saint Mathurin fondée par les seigneurs du Pineau, desservie en 1485 par Guillaume de Gabory. En 1513, l'église se dote d'une nouvelle chapelle fondée par Laurent Bourigault, sieur de la Cornilière, provenant d'une autre paroisse. Au total, cinq chapelles sont fondées au sein de l'église paroissiale. La chapelle des seigneurs de la Jalletière, dédiée à saint Nicolas, devait déjà exister dès le XVe siècle. D'après l'abbé Guinhut, celle-ci est réunie à la chapelle du Pineau en 1618 lorsque Claude de Montours, sieur du Pineau, achète la seigneurie de la Jalletière à Michel de Buchery, avocat. Cette hypothèse est étayée par les différentes archives qui font état de procès entre les seigneurs de la paroisse, dès le XVe siècle, au sujet du détenteur des honneurs de l'église, et le partage depuis "des temps immémoriaux" du droit de banc dans le chœur de l'église avec le seigneur du Plessis-Beuvreau, suggérant que le seigneur de la Jalletière, qui défendit toujours ses droits, n'aurait pas autorisé la fondation de chapelles par les autres seigneurs s'il n'avait pas lui-même possédé la sienne. Une autre chapelle, dédiée à sainte Barbe et fondée par un seigneur du Ronceray (autrefois commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine, aujourd'hui Bourgneuf) existait au sein de l'église mais peu d'informations viennent étayer son existence.

De tout temps, les seigneurs de la Jalletière, et ceux du Plessis-Beuvreau (au moins depuis 1490), possédaient leur enfeu sous leur banc dans le chœur de l'église. Les prêtres étaient inhumés à l'entrée du sanctuaire, et les bourgeois et les nobles hommes dans la nef. Selon l'abbé Guinhut, le cimetière primitif de Saint-Laurent se situait au levant de l'ancienne église. Il aurait été délaissé dès 1579, envahi tous les hivers par les eaux, pour un champ de la métairie de Bellenoue, acheté par les paroissiens, qui se situerait à l'emplacement de l'actuel cimetière. À l'époque moderne, le bourg s'est principalement développé autour des anciennes routes en direction de Sainte-Christine et de Saint-Lézin, ainsi que de la Pommeraye allant de la rue Jacques Cathelineau (route départementale n° 131) jusqu'à l'avenue du Plessis Raimont en passant par la rue des Mauges dont les alignements du XVIIIe siècle sont visibles sur le plan cadastral de 1827. Dans un acte de baptême de 1668, un certain Pierre Jollivet est qualifié d' "escollier", soit maître d'école selon l'abbé Guinhut. Célestin Port mentionne également la fondation d'une école en 1707 par Henri de Samson, seigneur du Pineau. Malheureusement, les sources ne permettent pas de situer quelques écoles à Saint-Laurent avant le XIXe siècle. La classe se faisait d'ailleurs bien souvent au sein d'une maison sous l'Ancien Régime, au presbytère pour les garçons, il n'y avait pas d'édifice réservé uniquement à cette fonction. Par ailleurs, il existait au moins une tannerie dans le bourg avant le XIXe siècle, située sur le ru de l'Armange, dit Saint-Laurent. Une déclaration de 1705 du Plessis-Beuvreau mentionne une tannerie composée "d'une maison d'habitation couverte d'ardoises, d'une autre couverte de chaume dans laquelle se trouvait deux moulins et d'un appentis couvert de tuiles". Elle était exploitée en 1622 par Jean Drouet, en 1625 par Jean Jolivet, en 1684 par Louis Lehoreau et en 1724 par Louis Mérand.

À la Révolution, le bourg subit vraisemblablement des pillages et des incendies partiels dès novembre 1793 par les Républicains. Le dimanche 26 janvier 1794, le bourg est incendié par les colonnes infernales (colonne n° 6) du Général Moulin comprenant environ 500 hommes suivant les ordres du général Turreau : " On emploiera tous les moyens de découvrir les rebelles : tous seront passés au fil de la baïonnette ; les villes, métairies, bois, landes, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé seront livrés aux flammes. […] Aucun village ou métairie ne pourra être brûlé qu'on n'en ait auparavant enlevé tous les grains, battus ou en gerbes, et généralement tous les objets de subsistance ; et supposant que l'enlèvement de ces objets éprouvât quelque retard et empêchât qu'on ne brûlât sur le champ les villages et métairies qu'on doit incendier, les colonnes les épargneront pour ne pas différer leur marche […]". Dans les correspondances du 27 janvier 1794 du général Moulin au général Turreau, il indique le matin : […] je n'ai pu me rendre qu'à Saint-Laurent où je suis encore bivouaqué, n'ayant pu partir de Chalonnes [la vieille] qu'à onze heures et demie, faute de pain […] au moment où je t'écris, je suis dans le même cas, le pain n'arrive pas et il est 8 heures du matin" et le soir "Je me suis établi au ci-devant château du Plantis qui a été brûlé […] Quant à Saint-Laurent il n'y existe plus une maison". Selon les témoignages rapportés par l'abbé Guinhut, seules "trois ou quatre maisons étaient demeurées intactes : une maison située aux Airaux, la maison du chirurgien Cady et le presbytère qui servait de corps de garde. Les bleus en partant y avait mis le feu, mais des hommes cachés non loin de là accoururent à temps pour l'éteindre".

L'église, brûlée, est décrite telle quelle : "[...] il ne restait que des pans de murs calcinés et branlants : le clocher, la charpente, le mobilier, tout fut détruit ; la précieuse relique de la Vraie Croix donnée, en 1773, par Jean-Baptiste Charles de Meaussé, disparut ; les cloches, dont l'une avait été donnée au dix-septième siècle par un seigneur du Plessis-Beuvereau, furent fondues ou brisées ; les tombes renfermées dans l'église furent violées". En 1847, la galerie de l'église qui était "depuis longtemps dans un délabrement complet et menaçait ruine, obstruait une grande partie de la rue et ne laissait que juste le passage d'une charrette" est démolie pour élargir la route. Sa façade est restaurée de façon sommaire, deux ans plus tard, sur les plans de l'architecte Dellêtre pour 2 000 francs : "la porte à plein cintre fut remplacée par une autre à cintre surbaissée, les marches [de l'entrée] furent refaites à neuf et de chaque côté de la façade on appliqua deux contreforts en pierre de taille terminés par un clocheton". À l'intérieur, deux vitraux du maître verrier Thierry d'Angers sont installés en 1840 par le curé Réthoré, ainsi qu'une tribune en 1843 et un chemin de croix en 1849. Les deux anciennes cloches fêlées furent vendues en 1874 pour subvenir à l'achat de trois nouvelles cloches (dites Zénobie, Louise-Anne et Marie) du fondeur Guillaume d'Angers. Depuis 1876, le Conseil de fabrique exprimait sa volonté de bâtir une nouvelle église, l'ancienne ayant été reconstruite à la hâte à partir des vestiges de l'incendie. La construction de la nouvelle sur les plans de l'architecte Tessier débute en 1896, les deux église cohabitent durant quelques années avant la démolition de l'ancienne en 1899. Une photographie prise vers 1899 montre les deux églises en place. Voir notice de l'église actuelle.

Une école pour les filles est fondée au début du XIXe siècle par le curé de la paroisse qui en confia la direction à une certaine Catherine Oger. Guinhut précise qu'elle enseigna jusqu'en 1840 dans une maison du bas bourg. Il semble que l'école soit ensuite transférée dans une autre maison "au milieu du bourg, dans une ancienne auberge". Finalement, l'école des filles s'installe peu avant 1850 au 8 rue d'Anjou grâce au don d'un particulier, M. Merlet, régisseur du château du Pineau (voir notice sur l'école). À cette époque, l'école pour les garçons avait également lieu dans une maison du bourg, mise à disposition de la commune, dont le plan est établi au milieu du XIXe siècle (voir les illustrations de cette notice). Elle est transférée en 1860 au 1 rue Joachim du Bellay lors de la construction de la mairie-école, mairie actuelle. L'école privée de filles, dite Saints-Anges, située au 11 rue Marc Leclerc est bâtie par le curé de la paroisse par suite de la suppression de l'enseignement congréganiste (loi du 7 juillet 1904) et du départ des sœurs de la Congrégation de la Providence de l'école communale de filles du 8 rue d'Anjou.

D'après le recensement de la population de 1866, la majorité des professions dépendaient dans le bourg de l'agriculture et de l'industrie dont on dénombre 31 journaliers, 25 cultivateurs, 4 aubergistes, 3 courtiers de bestiaux, 3 marchands, 2 épiciers, 2 boulangers, 2 hongreurs, 1 cabaretier, etc. En suivant, 21 personnes travaillaient dans l'industrie du textile (7 tisserands, 4 fileuses) et de l'habillement (5 couturières, 3 cordonniers, 1 lingère, 1 tailleur). 10 personnes dans l'industrie du bois (4 charrons, 3 sabotiers, 2 menuisiers et 1 charpentier) et 10 autres dans l'industrie du métal (4 maçons, 3 forgerons, 1 chaudronnier, 1 tourneur, 1 cerclier). Par ailleurs, on retrouve également 4 cantonniers, 2 instituteurs, 2 greleurs, 2 rhabilleur ou raccommodeur d'horloges, 1 garde champêtre, 1 bourrelier (industrie du cuir) ainsi qu'un médecin et une sage-femme. En 1908, l'abbé Guinhut dit au sujet du bourg : "la rue principale est très irrégulière, avec des angles de murs qui l'échancrent à chaque pas. Mais les maisons restaurées pour la plupart après la construction de l'église neuve [1897-1899] présentent un aspect gai et confortable". En effet, le bâti urbain est renouvelé dans la deuxième moitié du XIXe siècle et en limite du XXe siècle. Voir notice sur les maisons et les fermes de la commune. Les axes principaux de circulation reliant Chalonnes à Bourgneuf en passant par Saint-Laurent (route départementale n° 762) et Saint-Laurent à Saint-Lambert-du-Lattay (route départementale n° 17) sont bâtis à cette période.

Le bourg était traversé au nord par une voie ferrée, intégrée au réseau du "Petit Anjou", de 1897 jusqu'à sa fermeture en 1947 (cf. : présentation de la commune). Les rails sont démantelés, seule la gare subsiste aujourd'hui dans le parc public vers le chemin de la fontaine.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l'agglomération se développe d'abord nettement vers le nord, plusieurs lotissements sont construits : la Varenne (1960, 8 maisons), l'Aveneau (1968, 9 maisons), les Chênes (1976, 13 maisons et 12 logements locatifs), les Acacias (1981, 8 maisons et 12 logements locatifs), le Clos des Frênes (1983, 4 maisons), les Verrières (1985, 12 maisons et 8 logements locatifs), la Fripière (1988, 4 maisons), etc. Les fermes situées à l'origine en périphérie du bourg (voir plan cadastral de 1827) telles que l'Aveneau, la Douarderie et la Fripière sont aujourd'hui totalement incluses dans le tissu urbain. Celles du Carrefour, de la Cave et de la Hutte ont été détruites lors de la construction des lotissements alentours.

  • Période(s)
    • Principale : 11e siècle, Moyen Age, Temps modernes , daté par source

Le bourg se situe sur un plateau peu vallonné, au nord de la commune. Il est traversé par la rue des Mauges, voie principale, qui traverse le centre historique d'est en ouest et permet de joindre à l'est la départementale n° 17 en direction de Saint-Lambert-du-Lattay et la départementale n° 762 par la route de Chalonnes au nord et à l'ouest en direction de Bourgneuf. Le centre-bourg est relativement éclaté, c'est-à-dire, qu'il suit une urbanisation linéaire le long de cet axe est-ouest suivant la rue des Mauges et la départementale n° 17. Cet aspect est particulièrement visible sur le plan cadastral de 1827. De fait, la mairie est excentrée du centre historique, séparée de l'église mais aussi des équipements municipaux qui se trouvent bien en amont à l'ouest du bourg. Les zones d'habitation, qui se sont d'abord développées notamment au nord, sont contraintes par le contournement de la départementale n° 762 depuis 2001. Le développement des habitations au sud depuis la fin du XXe siècle donne une forme globale cohérente au bourg.

Image non communicable
  • Archives municipales de Saint-Laurent-de-la-Plaine ; 1 F 3/1-2. Recensements de la population : états récapitulatifs (1846-1911).

Bibliographie

  • COMMUNE DE MAUGES-SUR-LOIRE. Plan local d'urbanisme : rapport de présentation, tome 1, Mauges-sur-Loire : 2019.

  • GUINHUT, Alfonse. Notice historique sur Saint-Laurent-de-la-Plaine. Angers : J. Siraudeau, 1909.

  • PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire. Edition H. Siraudeau et Cie : Angers, rééd. 1996.

  • VERON, Teddy. L'intégration des Mauges à l'Anjou au XIe siècle, Limoges : Pulim, 2007.

Annexes

  • Description de l'ancienne église de Saint-Laurent-de-la-Plaine par l'abbé Guinhut.
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
(c) Commune de Mauges-sur-Loire
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