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Maisons et immeubles du quartier Saint-Georges-du-Plain

Dossier IA72059055 réalisé en 2019

Fiche

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Les observations sur les maisons et immeubles du quartier de Saint-Georges du Plain, portent sur l'ensemble du quartier repéré et se situent dans les sections LO, LP, LM, LN, LY, LX, LW, KX, KY, KZ et RY du plan cadastral actuel.

L'étude des quartiers de Saint-Pavin-des-Champs et de Saint-Georges-du-Plain permet de constater des similitudes quant aux choix architecturaux réalisés dans ces deux zones. En effet, il est possible de noter des typologies d'édifices identiques. En revanche, l'évolution urbaine ne prend pas la même forme dans les deux anciennes communes. La proximité de Saint-Pavin avec Le Mans et surtout sa morphologie de bourg déjà constitué avant le rattachement implique une urbanisation massive dès 1820 et donc une densification à partir des années 1920. En revanche, à Saint-Georges l'urbanisation est plus tardive et s'effectue autour d'industries qui, dans un premier temps, s'implante en bordure de l'ancienne frontière d'avec Le Mans. Ainsi, on constate une urbanisation "en tâche d'huile" avec une densification presque d'origine qui ne permet pas le phénomène de comblement de dents creuses mais force plutôt la ville à s'étendre progressivement sur le rural. Dès lors, l'évolution de l'ampleur urbaine à Saint-Georges s'effectue par tranches depuis les frontières nord du quartier jusqu'au sud avec une inclusion particulière autour de la route de Sablé, ancien chemin déjà bordé de hameaux et fermes sur le cadastre napoléonien.

Les matériaux datant

Le grès roussard Ancien régime

Les encadrements d'ouverture anciens repérés comme étant ante-cadastre sont systématiquement en grès roussard et se situe sur l'ancienne route de Sablé. Seules trois maisons et une ferme contiennent ce matériau. Pour une maison, aujourd'hui école, la forme en arc segmentaire délardé des fenêtres et portes apportent une précision quant à la datation, début XVIIIe siècle.Vue de la travée principale, bâtiment ancien école Garnier Pagès.Vue de la travée principale, bâtiment ancien école Garnier Pagès.

De l'enduit lisse à l'enduit tyrolien

La très grande majorité des maisons est recouverte d'enduit. Lorsqu'ils sont visibles les matériaux sous enduit sont composés de tout-venant (moellon de pierre, brique, etc). La pierre est cependant visible aux encadrements de fenêtres et portes dans la plupart des cas, correspondant à un procédé constructif développé tout au long du XIXe siècle et dans le premier quart du XXe siècle. Toutefois, ces maisons, présentant un enduit lisse et des pierres apparentes aux encadrements, sont principalement implantées au nord du quartier Saint-Georges. Cette disposition indique une première urbanisation dans cette zone alors que les maisons présentant un enduit dit tyrolien ou un enduit lisse associé à du béton ou des décors de type faux pans de bois se trouvent dans les rues adjacentes à l'avenue Olivier-Heuzé et au sud de l'actuelle rocade témoignant donc d'une urbanisation secondaire à partir de la fin des années 1920.Saint-Georges-du-Plain : mouvement de la matrice cadastrale 1850-1885. Deuxième perception, quartier du Petit Saint-Georges.Saint-Georges-du-Plain : mouvement de la matrice cadastrale 1850-1885. Deuxième perception, quartier du Petit Saint-Georges.

Des matériaux isolés : le bois, la brique

Un seul exemple de construction bois a pu être repéré ; il s'agit d'un cabanon de type maison économique. La brique apparaît en décor aux ouvertures, souches de cheminée ou animation façade, à l'exception de maisons jumelles avenue Olivier-Heuzé faites entièrement de brique selon le procédé de construction de l'architecte, Jouanneau, ayant réalisé d'autres maisons de ce type dans la ville. Quelques exemples isolés de maisons avec parement de brique, caractéristique des années 1930-1940, ont pu être repérées. Vue des maisons de briques avenue Olivier-Heuzé.Vue des maisons de briques avenue Olivier-Heuzé.

La toiture : de l'ardoise à la tuile mécanique

Le même constat peut s'étendre à l'usage de l'ardoise ou de la tuile mécanique sur les toitures. Les maisons aux toits d'ardoise se situent principalement (76%) au nord du quartier alors que les zones urbanisées dans un second temps sont peuplées de maisons coiffées de tuile mécanique.

Un seul bâtiment, anciennement agricole, porte de la tuile plate. Il fait donc figure d'exception dans ce quartier, où le bâti ancien n'a pas été conservé. Vue des tuiles plates sur la toiture de l'Estre des PrèsVue des tuiles plates sur la toiture de l'Estre des Près

Une analyse des formes et des gabarits

Les gabarits

Comme à Saint-Pavin-des-Champs, les maisons de Saint-Georges-du-Plain sont de faible hauteur (97% ne font pas plus d'un étage) et majoritairement pourvues d'un étage carré avec combles aménagées (148 unités) ou sans (311 unités). De même, les maisons à deux travées sont les plus nombreuses (60%). Ainsi, le gabarit de référence pour cette zone est relativement petit, ce qui s'explique par l'implantation en milieu urbain mais également du fait des traditions architecturales locales. De plus, l'importance de la maison individuelle à Saint-Georges-du-Plain et dans les faubourgs manceaux en général explique aussi cette faible hauteur du bâti. Il est essentiel de constater que les maisons avec deux étages carrées se situent en grande partie sur des axes particuliers : boulevard Anatole-France, où se situent les maisons cossues du quartier, et rues adjacentes. Cela, comme pour le décor traité ci-dessous, rappellent l'importance de l'analyse sociale des rues au travers de l'architecture notamment.

Le rapport nombre d'étages / nombre de travées rappelle le gabarit des parcelles, constituées sur des terrains vierges, qui là encore se retrouve dans différents quartiers périphériques de la ville : Saint-Pavin-des-Champs, Pontlieue et Saint-Georges-du-Plain.Vue d'un alignement de maisons rue du 4 septembre.Vue d'un alignement de maisons rue du 4 septembre.

Les décors

Saint-Georges-du-Plain : typologie des décors.Saint-Georges-du-Plain : typologie des décors.

Reprenant le principe de la maison locale, les façades sont plutôt sobres avec, néanmoins, des éléments de modénature : agrafe, bandeau, corniche plus au moins travaillés correspondant sur le graphique ci-joint du type A qui est donc majoritaire, avec des maisons situées principalement au nord du quartier et attachées donc à la première urbanisation 1860-1914. Plusieurs maisons présentent un décor de brique (type B) aménagé de différentes manières : en parement, en frise... Ces maisons peuvent être datées de la toute fin du XIXe siècle - tout début XXe siècle avec une implantation située au nord des voies de chemin de fer et en bordure de l'avenue Olivier-Heuzé, correspondant donc à une continuité de la première urbanisation du quartier. Pour les maisons avec parement de brique, elles sont principalement datées des années 1930 selon les principes de construction de la période avec des formes parfois proches du type villa. Celles-ci se situent en pointillé au nord du quartier et de manière plus marqué aux abords de l'actuelle rocade. Cela se retrouve pour les maisons avec un jeu sur les enduits également liées à la seconde phase d'urbanisation au sud du quartier.

Reprenant le principe de la maison locale, les façades sont plutôt sobres avec, néanmoins, des éléments de modénature : agrafe, bandeau, corniche plus au moins travaillés correspondant sur le graphique ci-joint du type A qui est donc majoritaire, avec des maisons situées principalement au nord du quartier et attachées donc à la première urbanisation 1860-1914. Plusieurs maisons présentent un décor de brique (type B) aménagé de différentes manières : en parement, en frise... Ces maisons peuvent être datées de la toute fin du 19e siècle-tout début 20e siècle avec une implantation située au nord des voies de chemin de fer et en bordure de l'avenue Olivier-Heuzé, correspondant donc à une continuité de la première urbanisation du quartier. Pour les maisons avec parement de brique, elles sont principalement datées des années 1930 selon les principes de construction de la période avec des formes parfois proches du type villa. Celles-ci se situent en pointillé au nord du quartier et de manière plus marqué aux abords de l'actuelle rocade. Cela se retrouve pour les maisons avec un jeu sur les enduits également liées à la seconde phase d'urbanisation au sud du quartier. Le peu de maisons à décor sculpté ou coloré (carreaux ciment, céramique) se placent sur des axes majeurs du quartier comme le boulevard Anatole-France, conférant une certaine théâtralité urbaine. Vue d'une maison avec faux pans de bois avenue Olivier-Heuzé.Vue d'une maison avec faux pans de bois avenue Olivier-Heuzé.

La typologie des édifices

La typologie des maisons et immeubles de Saint-Georges-du-Plain reprend celle de Saint-Pavin-des-Champs.

Les maisons de type 1 et 2 correspondent aux maisons en rez-de-chaussée, mitoyennes, alignées et implantées en avant de parcelle avec un jardin à l'arrière. Le type 1 ne présente pas de combles aménagées (114 unités repérées) alors que le type 2 contient des combles aménagées et percées de lucarne (175 unités repérées). Généralement développées sur deux travées avec un couloir traversant desservant les pièces, les maisons de ce type peuvent, très minoritairement (17%), contenir trois travées avec, donc un vestibule et couloir central. Vue d'un alignement de maisons rue Jean-Nicot.Vue d'un alignement de maisons rue Jean-Nicot.

Les maisons à un étage sont majoritaires. Elles sont de type 3 (292 unités repérées) ou de type 4 (135 unités repérées) et présentent alors des combles percées de lucarnes. Alors que le type 4 reprend les grandes caractéristiques des types 1 et 2 : mitoyenneté, alignement, organisation interne etc., le type 3 peut différer en fonction de plusieurs éléments déjà évoqués à Saint-Pavin-des-Champs. Ces maisons sont alignées et proche du type 2 pour l'organisation interne (3A - 42%), ou en léger retrait avec une cour en devant (3B - 13%), ou encore développées sur trois travées (3C - 10%) et enfin avec une façade pignon contenant l'entrée orientée sur rue ou en intérieur de parcelle (3D - 25%).

Les maisons de type villa correspondent au type 5 et se situent surtout au sud du quartier, elles représentent 32 unités repérées. Vue d'une villa quartier Saint-Georges.Vue d'une villa quartier Saint-Georges.

Enfin, les immeubles, peu nombreux (4) se situent en particulier le long des grands axes.

Aires d'étudesMans (Le)
Dénominationsmaison, immeuble
AdresseCommune : Le Mans
Adresse : Cadastre : 2019 LZ / LY / LX / LW / LO / LP / LM / LN / KX / KZ / KY / RZ / RY

Les traces les plus anciennes d'architecture domestique dans le quartier de Saint-Georges du Plain semblent dater du XVIIIe siècle. Des ouvertures de grès roussard en arc segmentaire délardé sont notamment visibles le long de l'avenue Olivier-Heuzé, ancien chemin avec une implantation bâti disséminé jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle. A ce titre, une partie de l'école Garnier Pagès paraît constituer le témoignage architectural complet le mieux conservé.

Les sources indiquent un habitat isolé composé de hameaux et de fermes telle que l'Estre des près jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle. La comparaison des plans cadastraux de 1812 et de 1846 n'apporte pas, sur le plan de l'habitat d'information quant à une densification urbaine. En revanche, les mouvements de la matrice cadastrale indiquent bien une hausse conséquente des constructions nouvelles à partir de 1872. Cette urbanisation du quartier se poursuit de manière continue jusque dans les années 1960 avec un processus en "tâche d'huile" montrant donc un étalement progressif vers le rural et ce jusqu'aux lotissements contemporains qui jouxtent la commune voisine.

Ainsi, les maisons et immeubles situés au nord de Saint-Georges sont issus d'une première phase d'urbanisation qu'il serait possible de dater du 4e quart du XIXe siècle qui se poursuit le long de l’avenue Olivier-Heuzé. De part et d'autre de l'avenue, des maisons des années 1920-1930 sont majoritaires et rejointes dans les années 1950 par d'autres constructions installées sur les dents creuses.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

756 habitations ont été repérées dans le quartier de Saint-Georges-du-Plain dont 749 maisons, 6 immeubles et 1 ferme. La très grande majorité des édifices sont construits en matériaux mêlés recouvert d'enduit avec encadrements de pierre. De même une grande majorité des toitures est recouverte d'ardoise.

L'analyse des formes a permis d'établir un type local, notamment dans la distribution interne, composé de maisons à deux travées avec couloir traversant menant à un jardin arrière. Cependant, cette typologie tend à disparaître sur certains axes occupés par des maisons plus amples tel que le boulevard Anatole-France ou dans les zones occupées par des maisons plus récentes des années 1930-1950. Celles-ci rejoignent alors des typologies plus nationales avec une distribution caractéristique de la période.

Toitsardoise, tuile mécanique
Mursenduit
grès
appareil mixte
béton
Décompte des œuvresrepérées 756
étudiées 10

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 P 28 / 36. Registre des augmentations et diminutions du bâti.

Documents figurés
  • Archives départementales de la Sarthe ; PC\284\001 à 003. Plan cadastral napoléonien de 1813, Saint-Georges du Plain.

  • Archives Départementales de la Sarthe ; PC\183\312 à 315. Plan cadastral napoléonien 1844, Saint-Georges du Plain.

Bibliographie
  • Cercle généalogique du Maine et du Perche, Saint-Jean, Saint-Georges, Saint-Gilles, Quartiers du Mans, date non indiquée. (Centre de ressources du patrimoine, Conseil régional des Pays de la Loire, Nantes ; 72-b-125-A).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Ferey Marie
Ferey Marie

Chercheur auprès du Service Patrimoine de la Région des Pays de la Loire.


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