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Écart dit village de Clis

Dossier IA44003607 réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Appellationsvillage de Clis
Parties constituantes non étudiéesferme, fournil
Dénominationsécart
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Lieu-dit : Clis
Cadastre : 1818 Y1, 1820 T2 ; 2000 AR, AS, AT

Les vestiges de construction gallo-romaine au Requer au sud de Clis (voir dossier villa) et les nombreuses découvertes effectuées depuis la fin du XIXe siècle attestent de l'occupation ancienne du lieu. Le site de Clis a pendant longtemps été associé au vicus portuaire de Portus-Bivates mentionné par Ptolémée au IIe s. après J.- C. dans sa Géographie mais le nom de Portus-Bivates suggérant un cours d'eau franchi par un pont fait vraisemblablement référence à une autre localisation. Le secteur archéologique, formant un vaste quadrilatère, pourrait néanmoins former un seul et même site antique attribuable au Ier siècle après J.-C., dont le contexte de l'apparition et la permanence jusqu'au Bas-Empire demeurent néanmoins flous. Au IXe siècle, le cartulaire de Redon évoque la résidence de Pascuuten, comte de Vannes, in aula Clis, y suggérant la présence d'une résidence seigneuriale. Durant le Moyen Age, le village de Clis dépend en partie de la seigneurie de Lauvergnac dont il est un baillage. Plusieurs manoirs y sont attestés : celui de Kerpondarm, sans doute construit par Jouhan Pondarme entre 1403 et 1419, l'ancien manoir de Kerroux devenu Tuloc, appartenant à la famille de Kerveno (voir dossiers). À la fin du XVe siècle, les moines de l'abbaye de Blanche-Couronne y possèdent un herbergement qui n'a pu être localisé et les seigneurs de Crémeur des terres et deux moulins à vent.

Malgré l'importance du village et la présence d'une chapelle dédiée à Sainte-Catherine d'Alexandrie, dont la construction date probablement de la première moitié du XVe siècle, Clis n'a jamais été élevé au rang de paroisse mais demeure une frairie dépendant de la paroisse Saint-Aubin de Guérande.

Le développement de Clis est à mettre en relation, vraisemblablement très tôt, avec l'exploitation du sel qui constitue sans doute depuis le Moyen Age l'activité principale du village. Comme pour Saillé ou Quéniquen, l'essor de la grande pêche et du commerce à la fin du XVIe siècle jusqu'au XVIIIe siècle - entraînant une forte demande de sel et donc une augmentation des revenus - se traduit dans le nombre de construction du village datant de cette époque (6 maisons repérées porte les dates : 163IX ; 1679 ; 1684 ; 1699 ; 1732 ; 1743). Mais les activités du village ont aussi longtemps été tournées vers la culture, notamment celle de la vigne qui jusqu'au XIXe siècle était exploitées sur le coteau. Les sources écrites et les nombreux toponymes les perrières relevés à Clis, témoignent aussi d'une exploitation du granite liés aux métiers du bâtiment peut-être depuis le Moyen Age. Celui-ci sera extrait à la carrière de Tuloc jusque dans la 1ère moitié du XXe siècle. Quatre moulins existaient autour de Clis en 1818 : le moulin de Trévaly ou moulin de Clis, le moulin de la Motte ou moulin de l'Auvergat (Lauvergnac), les deux derniers se situant à l'est de la chapelle.

En 1851, le recensement de Clis dénombre 731 habitants répartis en 166 ménages. Les chefs de ménages occupent à 45 % des professions liées au travail du sel (75 occurrences). Le reste des professions se réparti en journaliers (35), laboureurs (9), vigneron (1), meuniers (3), artisans (7), commerçant (3), marins (5), pêcheurs (4), employés des douanes (4), divers (20). Dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu'au années 1970, la population de Clis tend à diminuer accompagnant le déclin de l'activité salicole. En 1968, Clis ne compte plus que 30 paludiers puis 20 en 1970. Le village devient alors un lieu de résidence permanent de personnes n'y exerçant plus leur profession.

Période(s)Principale : Antiquité
Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates1632, porte la date
1639, porte la date
1679, porte la date
1684, porte la date
1699, porte la date
1732, porte la date
1743, porte la date
1791, porte la date
1820, porte la date
1825, porte la date
1850, porte la date
1865, porte la date

L'écart de Clis s'est développé sur un éperon rocheux (altitude 49 m) de part et d'autre de la route menant de Guérande à La Turballe. Durant la Seconde Guerre mondiale, le point culminant que constitue le site, à l'ouest, a servi à l'établissement d'un poste d'observation allemand. L'implantation de l'habitat semble relativement indifférente au tracé de la route, de même qu'à la proximité de la chapelle située à la sortie de l'écart, à l'est. En revanche, il s'est regroupé le long des axes secondaires et autour des places constituées par plusieurs carrefours de ce réseau. Des places ont ainsi été formées à l'intersection de la Grande-Rue avec la rue de l'Aha, de la rue du Four avec la route des Paludiers ou encore de la rue du Riau avec la route de La Turballe, formant parfois des « sous-écarts » qui restent néanmoins rattachés au village dans le cadre de l'étude (Le Pigeon-Frais, La Mastrie, Le Requer, La Riandouille, Le Bout-du-Bois). Les sources écrites distinguent par ailleurs ponctuellement le Haut-Clis du Bas-Clis.

44 ensembles (rangées de maisons, maisons individuelles ou fermes) ont été repérés dont 39 sont antérieurs à 1820. Le recensement dénombre également : une chapelle dont la construction pourrait dater de la première moitié du XVe siècle, une villa gallo-romaine, quatre moulins, trois croix monumentales datées 1820, 1825, 1850, dont l'une (La croix du Requer) d'origine médiévale est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, une mare antérieure à 1819 au nord-ouest, un four à pain (8, 10 rue du Four), une fontaine, une carrière, un poste d'observation allemand.

Typologiestype 4
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 2 M 15. Recensement de la population. 1851 et 1856.

Documents figurés
  • Cadastre ancien, 1818-1820 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; 7 P 2492).

Bibliographie
  • DEVALS, Christophe. Guérande, un site remarquable. Archéopages, n° 13, juillet 2004.

    p. 6-17.
  • LEMONNIER, Pierre. Paludiers de Guérande. Production du sel et histoire économique. Paris : Institut d'Ethnologie/Musée de l'Homme/Muséum National d'Histoire Naturelle, 1984.

  • MARTIN, A. Un mot sur Clis pour servir de préface aux fouilles du puits du Grand-Yosquet. Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure. 2e trimestre, 1873.

  • MEURET, Jean-Claude, Aux origines du pays de Guérande, des hypothèses aux données archéologiques. In CONGRES DE L'ASSOCIATION BRETONNE ET UNION REGIONALISTE BRETONNE (131 ; 2004 ; Le Croisic). La Baule, 2004, tome n° CXIII.

  • PINSON, Félix-Joseph. Dictionnaire des lieux habités du département de la Loire-Inférieure. Nantes : Guéraud et Cie, 1857.

  • QUILGARS, Henri. Dictionnaire topographique du département de la Loire-Inférieure comprenant les noms de lieux anciens et modernes. Nantes, 1906.

    p. 73.
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