Dossier IA85002748 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Maisons, fermes : l'habitat à Damvix
Auteur
Fourny Pierre-Bernard
Fourny Pierre-Bernard

Photographe, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    ferme, maison
  • Aires d'études
    Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Adresse
    • Commune : Damvix

En dehors des éléments remarquables du patrimoine, l'inventaire a permis de relever 240 maisons et fermes ou anciennes fermes situées dans la zone d'un kilomètre à partir de la Sèvre Niortaise, soit la totalité des espaces habités à Damvix. Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 1960, à l'exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l'état d'origine illisible. Parmi ces 240 maisons et fermes ou anciennes fermes, 102 (dont 15 étudiées) ont fait l'objet d'un dossier documentaire en raison de leur intérêt patrimonial ou de leur représentativité, et 138 d'un simple repérage à des fins statistiques.

Parmi les maisons et fermes ou anciennes fermes observées à Damvix, moins d'une dizaine présente des éléments qui semblent remonter à avant 1800. Outre le pigeonnier de la Petite Bernegoue, des baies dont la forme paraît se rattacher au XVIIIe siècle (encadrement chanfreiné, linteau en arc segmentaire...) sont observées par exemple impasse de la Ferme, dans les anciens bâtiments de la ferme seigneuriale d'avant la Révolution, ou encore à la mairie actuelle et à la Maison des Champs. A cette époque, Damvix était une petite paroisse, pauvre et relativement peu peuplée.

Cette situation perdure dans la première moitié du XIXe siècle, puis change radicalement à partir du milieu de ce siècle. La commune voit alors le nombre de ses habitants fortement augmenter, et les constructions ou reconstructions se multiplient : 80 % des maisons et fermes ou anciennes fermes relevées sont datées ou estimées de la seconde moitié du XIXe siècle. 90 ont été ou semblent avoir été construites dans les années 1850-1870, un chiffre qui reste stable dans les dernières décennies du siècle, malgré les début de l'exode rural. 7 dates inscrites attestent ce phénomène, la plus ancienne, 1866, étant observé à Bazoin. Le déclin démographique fait en revanche sentir ses effets dès la première moitié du XXe siècle : parmi celles relevées, on ne compte plus que 26 habitations édifiées dans le 1er quart du XXe siècle, 3 seulement dans le 2e ou au milieu du siècle (par exemple, 4 rue de l'Ilot ou 3 impasse des Roses).

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle

Un habitat regroupé sur les anciennes terres hautes, des hameaux dans les marais

La quasi totalité des maisons et fermes ou anciennes fermes observées à Damvix se situent sur les anciennes terres hautes, une règle ici observée comme dans l'ensemble des communes du Marais poitevin. Le bourg (qui rassemble 58 % des habitations) et les principaux hameaux (la Barbée, les Loges, Bois-Charrie, la Petite Bernegoue) se concentrent là. On relève toutefois quelques exceptions : les hameaux de Bazoin et des Lavaudries/les Bourdettes, ainsi que le quartier des Petites Cabanes qui prolonge le bourg à l'est, sont établis dans les terres basses. Ils se sont toutefois développés le long d'un cours d'eau, la Sèvre Niortaise principalement, en bénéficiant souvent de la surélévation de terrain créée par le chemin de halage et le rejet de la terre lors des curages successifs du fleuve. Dans tous les cas, sur les terres hautes comme dans les terres basses, la concentration de l'habitat est la règle, soit pour laisser le plus de place aux cultures, soit, dans le second cas, pour se prémunir des inondations. Rares (7) sont les habitations isolées (le Bois de La Rochelle, le Marais Boutin, les Granges, les Chênes...).

Cette concentration dans l'espace se traduit dans la forme et la disposition des habitations. 82 % des maisons sont ainsi attenantes, c'est-à-dire accolées les unes aux autres, sans autre espace qu'une éventuelle petite cour. 52 % sont en alignement sur la voie, formant, notamment au coeur du bourg (rue de la Garnauderie par exemple), des fronts bâtis constitués de façades de maisons alignées les unes par rapport aux autres. Un bon tiers (35 %) des habitations sont toutefois en retrait par rapport à la voie, dont elles sont alors souvent séparées par une cour ou un jardin délimité par un muret de clôture.

Des logements de taille souvent limitée et au décor discret

L'une des principales caractéristiques des logements relevés à Damvix, est leur taille relativement réduite. Ils sont été construits pour la plupart dans la seconde moitié du XIXe siècle, époque durant laquelle la commune a connu une croissance démographique exponentielle. Il a alors fallu loger des habitants toujours plus nombreux, sans que le bourg ni les écarts ne s'étendent véritablement. De cette densification, résulte probablement le fait que 42 % des habitations ne présentent en façade que deux travées (alignements verticaux) d'ouvertures, un nombre révélateur de la largeur des façades, et donc un indice de la taille du logement. Cette proportion monte à 50 % si l'on ajoute la vingtaine de façades ne présentant qu'une seule travée, avec souvent deux baies au rez-de-chaussée. Si cette distribution des ouvertures est généralement le fait des logements les plus anciens (antérieurs à 1850), elle perdure à Damvix jusqu'à la fin du XIXe siècle. La densification et la petite taille des logements se mesurent aussi au nombre de niveaux : on dénombre ainsi 46 % des habitations en simple rez-de-chaussée avec grenier, généralement habitable. La majorité (54 %) possède toutefois un étage où l'on a pu trouver la place manquante au sol.

On relève toutefois que 46 % des habitations présentent en façade 3 voire (plus rarement) 4 travées d'ouvertures. C'est le signe de logements plus grands, construits en cette seconde moitié du XIXe siècle en quête de davantage de confort. Les façades à 4 travées (au nombre de 16), voire à 5 (5 relevées) sont le plus souvent liées à des habitations implantées le long et parallèlement à la Sèvre Niortaise.

Le décor de ces façades est bien souvent le plus discret possible, sans ostentation particulière. 38 % des habitations présentent de simples appuis saillants aux baies. S'y ajoutent souvent une corniche au sommet de la façade (35 % des cas), plus rarement un bandeau pour marquer extérieurement la différence de niveau (20 % des cas). A noter que parmi les façades à trois travées, 79 % ont une élévation ordonnancée, c'est-à-dire que les ouvertures se répartissent symétriquement autour de la porte centrale.

Le décor s'étoffe parfois, mais pas toujours, sur les 9 maisons de maîtres relevées à Damvix. Ces demeures aux dimensions plus importantes que les autres traduisent dans la pierre la réussite économique et sociale de leurs commanditaires. Tel est le cas par exemple du Logis, du Cloucq ou encore de la Jarre (120 chemin du Halage). C'est bien souvent sur les toits de ces demeures que l'on observe de l'ardoise (6 cas relevés), matériau considéré, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, plus noble que la tuile creuse, omniprésente sur les autres habitations.

Des fermes regroupées, témoins des anciennes activités agricoles

Parmi les 146 fermes ou anciennes fermes relevées à Damvix, 57 % sont situées dans les hameaux, principalement ceux des terres hautes (la Barbée, les Loges, Bois-Charrie, la Petite Bernegoue). 38 % seulement se retrouvent dans le bourg dont l'activité commerciale et artisanale était importante. Les fermes ou anciennes fermes totalement isolées ne sont au nombre que de 7.

Cette concentration, déjà observée pour l'ensemble de l'habitat, se traduit dans la forme des fermes, dans la disposition de leurs bâtiments (logis et dépendances) sur la parcelle. 78 % ont leurs bâtiments accolés, le plus souvent sans plan particulier. Parmi cet ensemble, un tiers sont de plan allongé (le logis et les dépendances sont dans l'alignement les uns des autres) et forment même souvent un bloc en longueur (logis et dépendances, alignés, sont réunis sous le même toit). On reconnaît là la marque des fermes alignées le long de la Sèvre Niortaise, regroupées sur la surélévation créée par le chemin de halage. 15 fermes sont dites de plan massé : les dépendances sont alors placées derrière le logis mais sous le même toit. 15 autres ont leurs dépendances également à l'arrière, mais sous un toit en appentis différent de celui du logis. Dans tous les cas, la proximité entre le logis et les dépendances est de mise.

Certains types de dépendances sont particulièrement révélateurs des anciennes activités agricoles qui avaient cours jusqu'au milieu du XXe siècle dans la région, spécifiquement dans une commune de marais mouillés comme Damvix. Ainsi, 40 % des fermes ou anciennes fermes possèdent un "balet", hangar agricole souvent placé dans le prolongement du logis, destiné surtout à abriter le matériel. 29 % présentent en outre un fenil installé au-dessus de l'étable, destiné à stocker et faire sécher le foin. Ces dépendances sont généralement en moellons de pierre, avec pour la partie fenil, voire pour toute une élévation, un assemblage de planches de bois qui ferme l'élévation, tout en assurant une circulation de l'air. L'origine des matériaux est locale, qu'il s'agisse des moellons de calcaire extraits des carrières des environs, ou du bois, souvent celui de peuplier. Enfin, 9 granges-étables à façade en pignon ont été relevées à Damvix : ces vastes dépendances étaient liées à une importante activité d'élevage pratiquée notamment dans la seconde moitié du XIXe siècle. Derrière une grande porte centrale encadrée de deux portes latérales, s'étiraient une grange centrale, parfois à piliers en pierre, encadrée par des étables surmontées de fenils. Ce type de dépendance est par exemple observé au Logis ou à la Petite Bernegoue.

  • Toits
  • Décompte des œuvres
    • nombre d'oeuvres étudiées 15
    • nombre d'oeuvres reperées 138

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 P 873, 874, 875, 876, 878 et 3522. 1836-1950 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Damvix.

Documents figurés

  • Plan cadastral de Damvix, 1835. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 78).

Annexes

  • L'habitat à Damvix vers 1900 (extrait de MARTIN, Alfred. Le Marais mouillé d'autrefois, souvenirs du dernier marchand de poissons d'eau douce de Damvix. Poitiers : Brissaud, librairie le Bouquiniste, 1983, 136 p., p. 59-60).
Date d'enquête 2021 ; Dernière mise à jour en 2022
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.