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Ensemble des fermes du domaine du château de Courcival

Dossier IA72001052 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Certaines des fermes citées en 1798 conservent des bâtiments remontant parfois au Moyen Age (logis des Bommeries, XVe siècle), plus souvent à l'époque moderne (logis de La Grande Senaudière, étables et grange de La Gauderie). En particulier, les fermes du Domaine et de La Mandinière, inclues dans le périmètre du parc du château, sont peut-être contemporaines de sa création dans la première moitié du XVIIe siècle. En subsistent pour la première la composition d'ensemble, le logis et les étables, et pour la seconde le logis. La campagne de travaux du 3e quart du XIXe siècle concerne l'ensemble des fermes formant alors le domaine : toutes conservent en effet un ou plusieurs bâtiments de cette période (cf. annexe 1). Les logis sont rarement reconstruits (4 sur 11 fermes) mais sont parfois complétés d'un fournil ou d'une laiterie. À l'inverse, les parties agricoles sont presque toutes reconstruites (4 seulement existaient déjà en 1835). Parmi celles-ci, le groupe le plus intéressant est formé de 7 granges construites en pan-de-bois hourdé de torchis, plus exceptionnellement de briques creuses. La mise en œuvre du pan-de-bois se distingue des exemples anciens par la rationalisation de la structure et l'utilisation de bois de faible section. Elle correspond tout à fait aux colombage et torchis n'ayant pas plus de 18 à 20 centimètres d'épaisseur présentant néanmoins des garanties de solidité, de durée et de salubrité décrits en 1868. Ces granges sont couvertes de charpentes moisées et de toitures débordantes également décrites en 1868. Même si aucun modèle correspondant aux granges du domaine du château de Courcival n'a été retrouvé, l'utilisation du pan-de-bois pour la construction de parties agricoles est recommandée dans plusieurs traités de construction rurale édités dans la première moitié du XIXe siècle, notamment pour son faible coût et pour les facilités d'extension des bâtiments. La mention de la grange à herbe aux Lotties en 1864 suggère que certaines de ces granges sont en réalité des fenils. Associés aux grandes étables construites à La Mandinière au même moment, ces bâtiments montrent l'intérêt que porte à l'élevage le marquis de Courcival, comme nombre de grands propriétaires fonciers de son temps : en témoignent son article sur l'élevage des chevaux et les essais d'amélioration des races bovines et ovines qu'il mène aux Lotties (cf. annexe 2).

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesferme
Dénominationsensemble agricole
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes Maine 301 - Bonnétable
AdresseCommune : Courcival

En 1798, le domaine agricole du château de Courcival regroupe 10 métairies, 8 fermes plus petites, qualifiées de closeries ou de lieux (dont l'une en faire-valoir direct) et 2 moulins à blé comportant des parties et des terres agricoles, soit au total 508 ha situés sur Courcival et les communes voisines. Huit de ces fermes appartiennent depuis les XVe et XVIe siècles au moins à la famille Baigneux de Courcival, certaines mentionnées comme seigneuries (cf. annexe 1), d'autres résultent probablement des acquisitions conduites par René de Baigneux dans la première moitié du XVIIe siècle. Ce domaine est peu touché par les saisies révolutionnaires : seules 2 fermes, dont la plus importante (Argenson à Saint-Cosme-en Vairais), et l'un des moulins (Vénis à Courcival) sont vendus.

Dans la première moitié du XIXe siècle, le domaine est réorganisé et recentré sur le château : 13 fermes et 1 moulin sont comptabilisés en 1835, elles ne sont plus que 7, plus le moulin, en 1858. À l'exception de La Gagnarderie, bordant le parc du château, toutes les closeries sont vendues ou démolies, la métairie de La Basse-Cour disparaît, 4 fermes passent par héritage entre les mains de familles alliées (notamment la famille de Thiébault pour les importantes métairies de L'Oiselière et de La Renoncière).

Dans le 3e quart du XIXe siècle, le domaine est à nouveau remanié, d'une part avec l'achat de l'écart des Lotties (vers 1860) et de la métairie de La Pichinière (avant 1868), d'autre part avec une série de travaux déclarés au cadastre : transformation du logis et de l'usine à blé du Petit Moulin dès 1857, transformation en ferme de l'écart des Lotties entre 1860 et 1865, construction d'une grange à La Pichinière vers 1868, reconstructions des fermes de La Renoncière et de L'Oiselière vers 1872 et 1874, construction d'une boulangerie aux Bommeries vers 1877. Les travaux sont réalisés pour la famille Baigneux de Courcival ou les familles alliées, et notamment pour Pons-Timoleon-Maurice Stellaye Baigneux de Courcival, militaire réformé en 1830, propriétaire du château de 1850 à 1871 et son fils Gustave Alexandre Timoléon, propriétaire de 1871 à 1908. Le premier est l'auteur en 1861 d'un court article Sur les encouragements à donner à l'élevage des chevaux dans le département de la Sarthe, publié par la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe et dirige lui-même l'exploitation de la ferme des Lotties. Celle-ci comprend en 1864 et 1868 des bâtiments anciens remaniées et des bâtiments neufs pour partie construits en pans-de-bois hourdés de torchis et couverts de charpentes moisées. L'accent est mis sur le soin apporté à la distribution et à la ventilation des bâtiments, ainsi qu'au système de récupération des eaux.

La ferme des Lotties est vendue en 1896, le domaine compte encore 7 fermes en 1908, partagées entre les héritiers du dernier Baigneux marquis de Courcival. L'usine à blé du Petit Moulin est déclarée démolie en 1910. Seule La Mandinière appartient encore aujourd'hui au domaine du château, mais elle n'est plus siège d'exploitation.

Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1863, porte la date
1871, daté par source
1914, daté par source

11 fermes ont été repérées, la ferme de La Gagnarderie a été écartée car trop remaniée. L'étude des Lotties a été refusée.

Maçonnerie de moellons sans chaîne en pierre de taille et pan-de-bois hourdé en torchis (plus rarement en briques creuses) sont majoritairement employés pour le gros œuvre, dans des proportions équivalentes. Seules se distinguent la ferme de La Pichinière, dont les bâtiments sont entièrement en pan-de-bois, et celles de La Renoncière et de l'Oiselière, reconstruites en moellons. Sauf exception, les toits sont à longs pans, 6 toits à croupes ont été repérés. Les couvertures sont en tuiles plates, l'ardoise n'étant employée que deux fois.

Parmi les constructions en pan-de-bois se distingue nettement un groupe formé de 7 granges (Les Bommeries, Le Domaine, La Pichinière, La Tuilerie, La Gauderie, La Mandinière, Le Petit Moulin) et une étable-remise (L'Ouchellerie) possédant des caractéristiques générales identiques malgré quelques variantes. La mise en œuvre du pan-de-bois est rationalisée : la structure est formée de travées identiques délimitées par les poteaux montant de fond (de 3 à 6 travées par bâtiment, la porte occupant l'espace d'une travée). Le bois utilisé est de faible équarrissage et scié mécaniquement, une sablière intermédiaire, de la largeur de la travée, permet l'utilisation de poteaux de remplissage très courts (seule la grange de La Pichinière n'en possède pas). Un lattis extérieur, simplement fixé dans les poteaux de chaque travée, permet de maintenir le mince hourdis de torchis et l'enduit de terre qui le recouvre, ce hourdis peut être exceptionnellement en briques creuses. Les pignons sont essentés de planches, la couverture, débordante, est soutenue par une charpente moisée et boulonnée et parfois par des jambettes.

Murspierre
bois
torchis
brique
essentage de planches
moellon sans chaîne en pierre de taille
pan de bois
Toittuile, ardoise
Couverturestoit à longs pans
croupe
États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Composition du domaine agricole du château de Courcival

    Mentions éparses de propriétés de la famille Baigneux de Courcival sous l'Ancien Régime

    Seigneurie d'Argenson (1420, 1452) dont dépendant les fiefs de Venis et Chaumont (1465) et le lieu de la Petite Senaudière (1664)

    Bordage du Plessis du Val à Courcival (1469, 1492)

    Fief de la Renoncière à Courcival et fiefs y attachés (1469)

    Métairie des Bommeries à Courcival (achat 1471)

    Seigneurie de la Mihorie à Courcival (1517, 1521, 1576)

    Lieu puis métairie de la Gauderie à Courcival (1525, 1577)

    Le Petit Moulin à Courcival (1545 avec les Bommeries)

    Droit de pêche et garenne deffensable en la rivière d'Orne depuis le moulin de Venis jusqu'à l'engouttoir des boiles proche le pont de Perray (1608)

    Composition du domaine du château de Courcival en 1798, d'après la déclaration rendue aux administrateurs du département le 8 thermidor an VI.

    18 fermes, 2 moulins.

    - Métairies :

    Argenson (Saint-Cosme-en-Vairais), 75 j. de labours, 40 h. de prés, 56 h. de pâtures, estimée 38000 Frs

    La Renoncière (Courcival et Peray), 50 j. de terre, 22 h. de pré ou pâtures, 30000 Frs

    La Lintherie ou les domaines (Courcival), 71 j. de labours, 32 h. de pré, 8 h. de pâtures et 1,5 arpent de taillis, estimée 21000 Frs

    La Martinière (Courcival), 60 j. de labours, 25 h. de pré, estimée 16000 Frs

    L'Oiselière (Courcival), 50 j. de labours, 22 h. de pré ou pâture, estimé 15000 Frs

    L'Ouchellerie (Courcival et Terrehault), 53 j. de labours, 11 h. de pré ou pâture, estimée 13300 Frs

    Les Bommeries (Courcival), 52 j. de labours, 10 h. de pré, estimée 12330 Frs

    La Maudinière (Courcival), 47 j. de labours, 5,5 h. de pré, estimée 10600 Fr

    La Gauderie (Courcival et Terrehault), 42 j. de labours, 10,5 h. de pré, estimée 9950 Frs

    La Mirrerie (Courcival et Saint-Cosme-en-Vairais), 31 j. de labours, 7 h. de pré et 3 h. de pâture, estimée 9000 Frs

    - Closeries :

    La Petite Semandière (Courcival et Saint-Cosme-en-Vairais), 18 j de terre, 6 h. de pré, estimée 5700 Frs

    Les Gaignardières (Courcival), 13 j. de labours, 1,5 h. de pré, estimée 3800 Frs

    La Forge (Courcival), 9 j. de labours, 2 h. de pré, estimée 3000 Frs

    La Mihorie (Courcival), 8 j. de labours et 3 h. de pré, estimée 1600 Frs

    L'Aître Pourry (Courcival), 3 j. de labours, 1 demie hommée de pré, estimée 1000 Frs

    - Lieux :

    La Brosse (Peray), 12 j. de labours et pâtures, 8 h. de pré et pâture, estimée 6400 Frs

    Les Halcours (Courcival), 33 j. de labours, estimé 3000 Frs, plus l'herbage de 50 h. estimé 12000 Frs, et la garenne (1 arpent de taillis) estimée 600 Frs

    - Moulins :

    Moulin de Venis, avec son domaine (Courcival), 3 j. de labours, 6 h. de pré, estimé, avec les virans et tournans et le cours d'eau, 9000 Frs.

    Le Petit Moulin avec son domaine (Courcival et Jauzé), 6 j. de labours, 3 h. de pré et un quart d'arpent de taillis, estimé avec les virans et tournans, 6000 Frs

    - Biens en faire-valoir direct :

    Château de Courcival et sa basse-cour, 58 j. tant en jardins, avenue qu'en labours et 60 h. de pré ou pâture, 15 arpents de bois ou garenne, estimé 54140 Frs.

    Closerie de la Buissardière, Courcival, 4 j. de labours, et plusieurs pièces de terre.

    La métairie d'Argenson, le lieu des Brosses, l'herbage et la garenne des Halcourts et le moulin de Venis sont saisis par l'État en 1798. La closerie de la Buisardière est vendue entre 1792 et 1798, la Forge en 1812.

    Le domaine en 1835, d'après l'état des sections du plan cadastral de 1835.

    13 fermes (Les Bommeries, La Butte (démolie en 1863), le Domaine, les Fourneaux (démolie en 1872), la Gagnarderie, la Gauderie, les Halcourts (démolie en 1840), La Martinière, La Mandinière, L'Oiselière, l'Ouchellerie, La Renoncière, la Tuilerie), usine à blé du Petit Moulin.

    Le Domaine en 1858 , d'après la récapitulation des hypothèques contre M. Ponce Thimoléon Maurice Stellaye de Baigneux, marquis de Courcival, 2 avril 1858.

    7 fermes, 1 moulin. Superficie de 220 h situés sur les communes de Courcival, Bonnétable, Jauzé et Terrehault.

    Métairies des Bommeries, du Domaine, la Gauderie, La Mandinière, l'Ouchellerie, de la Tuilerie.

    Lieu de la Gaignarderie.

    Le Petit Moulin.

    Terres de l'ancienne ferme de la Basse-Cour, aujourd'hui réservées.

    Sablonnière du champ du Moulin située commune de Bonnétable.

    Les travaux du 3e quart du XIXe siècle.

    Les Bommeries boulangerie déclarée en 1877 pour Mme de Trétaigne, grange, agrandissement des étables, hangar.

    Le Domaine grange.

    La Gagnarderie non étudiée.

    La Gauderie logis (date portée 1863), grange.

    Les Lotties achat vers 1860, démolition et reconstruction déclarées en 1861, augmentation de construction en 1862, nouvelle construction en 1863, démolition et augmentation de construction en 1865. Etude de la ferme refusée.

    La Mandinière annexes du logis (laiterie, fournil), étables, des porcheries, grange.

    L'Oiselière reconstruction déclarée en 1874 pour M. de Thiebault.

    L'Ouchellerie étable-remise en prolongement du logis.

    La Pichinière achat avant 1868, grange déclarée en 1868 par Stéphanie Charlotte Stellaye Baigneux de Courcival.

    La Renoncière reconstruction déclarée en 1872 pour M. de Thiebault.

    La Tuilerie grange.

    Le Petit Moulin augmentation de construction en 1857 pour la maison et l'usine, construction de la grange.

    Le domaine en 1908 , d'après A. LEDRU, Courcival. Le Mans, 1908.

    Château, parc de 8 hectares non compris les réserves et les prairies devant le château.

    Les Bommeries (à M. de Trétaigne)

    Le Domaine

    La Gagnardière

    La Gauderie (à M du Bourgblanc)

    La Mandinière

    Le Petit Moulin

    La Pichinière (à Stéphanie Charlotte Stellaye Baigneux de Courcival, chanoinesse de Ste Anne de Bavière)

    La Tuilerie (à Stéphanie Charlotte Stellaye Baigneux de Courcival, chanoinesse de Ste Anne de Bavière).

  • Descriptions de la ferme des Lotties en 1864 et 1868

    Rapport fait à la Commission de la Société d´Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, sur le concours agricole départemental pour l´arrondissement de Mamers, par une commission composée de MM. Edouard Guéranger, Leprince, Verel, Dugrip, Hamard, directeur de la ferme-école, Legris, Racois, secrétaire-rapporteur, le 19 août 1864. Mamers, Fleury et Dangin, 1864, p. 4-6.

    La ferme des Loties, à Courcival.

    Cette exploitation que dirige M. le marquis de Courcival à l´aide d´ouvriers cultivateurs et de domestiques, se compose de 44 hectares de terre labourable et de 6 hectares de prés, dont 5 fauchables et un en pâture.

    Créée de diverses parcelles acquises à des époques différentes par le propriétaire, elle ne forme un tout annuel que depuis quatre ans, ne produisait pas alors un revenu annuel de plus de 1000 francs et nourrissait 4 petites vaches et deux mauvais chevaux.

    M. le marquis de Courcival l´a transformé complètement.

    Des bâtiments remis à neuf, beaux, bien distribués et propres, rayonnent autour d´une vaste encaissée et bien nivelée, avec rigoles d´écoulement des eaux pluviales à une mare au bas. Au milieu de cette cour, grande auge en pierre à trois compartiments séparés par un étranglement, pour abreuver les bestiaux ; à côté, pompe pour les besoins de la maison.

    Laiterie fraîche et propre où est une baratte tournante en fer blanc pour la fabrication prompte et facile du beurre.

    Écuries et étables sous plafond formant grenier à fourrage ; grange à herbe à côté.

    Bonne aération par fenêtres cintrées à vantaux mobiles, et par des trous ventilateurs pratiqués dans les murs, que l´on ouvre et bouche à volonté.

    M. de Courcival nourrit sur sa ferme 22 bêtes bovines, race cotentine croisée mancelle, cinq juments, et un poulain race percheronne, 89 moutons à leur premier croisement sauth-down.

    Sa porcherie est de race craonnaise, mais médiocre.

    Il a un taureau cotentin d´une beauté remarquable.

    Nous devons vous signaler un système d´ensemencement importé de la Beauce, adopté par M. de Courcival.

    Au mois d´avril dernier il fit deux hectares vingt ares d´orge et cinq hectares vingt-huit ares d´avoine, après deux labours pratiqués avant l´hiver, sans autre préparation qu´un hersage à trois dents avant la semence et un de bout après.

    Son orge et son avoine étaient de toute beauté et sans herbes.

    Ce système offre un avantage immense, dans les terres mouillantes surtout, où les labours se font difficilement et où les mauvaises herbes croissent abondamment.

    Nous avons vu, en outre, sur la ferme des Loties, de très-belle luzerne, de bon hivernage, du ray-gras d´Italie, des choux de Poitou et des betteraves magnifiques.

    La comptabilité de M. de Courcival est régulièrement tenue par son fils ; elle constate les produits nets suivants depuis 4 années.

    1ere 1300 Frs

    2e 1700 Frs

    3e 2031 Frs

    4e 3133 Frs

    Comme on le voit, il y a progression successive résultant des améliorations et du bon système de culture.

    Nous n´avons vu que la ferme des Loties sans nous occuper des prairies que fait valoir en dehors M. le marquis de Courcival, et dont les produits annuels, grâce aux irrigations qu´il y a faites, ne seraient pas inférieurs à 2700 ou 3000 fr., la nourriture des chevaux de son château en sus.

    Rapport de la Commission de la Société d´Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, sur le concours agricole de 1868, ouvert dans l´arrondissement de Mamers pour les cantons de Beaumont, Bonnétable, La Ferté-Bernard, Montmirail et Tuffé. In, Bulletin de la Société d´Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe. IIe série. Tome XI (XIXe tome de la collection). 1867-1868. Le Mans, Imprimerie Monnoyer. 1867. p. 809-812.

    Par M. de Villiers de l´Isle-Adam père.

    La ferme des Loties, située commune de Courcival, exploitée par M. le marquis de Courcival qui en est le propriétaire.

    Sa contenance est de 54 hectares environ, dont 43 en terres labourables, 7 en prés et 4 en pâtures.

    Les bâtiments sont vastes, fort beaux, très-bien entretenus et parfaitement appropriés à leur destination.

    Le personnel se compose d´un maître-valet, quatre hommes et deux femmes, plus de cinq à six journaliers, selon les besoins.

    Les écuries renferment 7 juments poulinières et 2 chevaux, tous beaux et en bon état.

    Les étables contiennent 9 vaches dont deux croisées Durham et 7 de race cotentine pure, 5 bœufs cotentins, 2 taureaux de 3 ans, même race, 1 autre Durham de 3 ans, 9 élèves d´un an et 8 de l´année. Tous ces animaux sont remarquablement beaux, surtout le taureau Durham.

    La bergerie se compose de 150 moutons, tant béliers que brebis et agneaux, de race croisées south-down.

    La race porcine figure pour deux truies, 1 coche et 7 coureurs.

    L´assolement est quadriennal autant que possible, sauf la luzerne qui se renouvelle tous les cinq à six ans ; il y a dans ce moment-ci 11 hectares.

    La récolte en froment est fort belle et promet un rendement considérable ; les betteraves ont beaucoup souffert de la sécheresse, les orges et avoines ont également souffert ; mais cependant elles donnent de bonnes espérances.

    Cette exploitation est parfaitement tenue dans tout son ensemble ; l´ordre, la propreté, l´économie se font remarquer partout, rien n´y est négligé ; on y reconnaît, jusque dans les plus petits détails, l´habile et intelligente direction de M. de Courcival.

    Cette ferme est un vrai modèle d´exploitation rurale, pour cultures grandes et petites.

    Le sol de mauvaise qualité, argileux, extrêmement difficile à manier, pour une grande partie en friche et presque sans valeur, a été depuis 10 ans environ défriché et amélioré de manière à ne plus le reconnaître. Sa valeur a plu que triplé.

    Tous les bâtiments actuels qui entourent une belle et vaste cour nivelée et empierrée avec soin, ont été construits par M. de Courcival, soit en entier, soit pour partie, en ce qui concerne les anciens, au moyen de nouvelles distributions mieux appropriées à leur destination respective. Ce que nous devons signaler, c´est l´intelligence avec laquelle toutes les distributions intérieures de ces divers bâtiments ont été faites, et surtout l´économie considérable qui se fait remarquer dans les charpentes, réunissant au moyen de moise, la légèreté à la solidité, et les murs, dont une grande partie faite en colombage et torchis n´ayant pas plus de 18 à 20 centimètres d´épaisseur, présente néanmoins des garanties de solidité, de durée et de salubrité.

    La ventilation des étables est établie tout simplement par des tuyaux de drainage, placés dans les murs à une hauteur convenable, pour que le courant d´air ne gêne pas les animaux.

    M. de Courcival, cela va sans dire, emploie des instruments perfectionnés qui lui rendent de grands services et remplacent la main d´œuvre qu´on ne peut bientôt plus se procurer à aucun prix. Ces instruments sont : araires, extirpateurs, charrues, fouilleuses, houe à cheval, herses Beauxervennes et Valcourt, hache-paille, concasseur, coupe-racine, etc. Tous ces instruments sont placés à couvert sous des hangars, nettoyés et entretenus en bon état de service.

    Les fumiers sont l´objet de soins particuliers, les purins recueillis au moyen d´une pompe ad hoc et transportés dans un tonneau d´arrosement.

    Les animaux sont tenus avec beaucoup de soin et de propretés. On les nourrit presque tous à l´étable, l´été avec des coupages composés de maïs, sarrasin, orge et avoine et luzerne ; l´hiver avec du foin et de la paille hachés, mêlés de betteraves coupés et fermentées 24 heures. Cette nourriture leur convient et les engraisse. Ils produisent une quantité considérable de fumier.

    Les labours sont parfaitement faits et en temps convenable, rien n´est en retard ni en souffrance.

    MM. de Courcival et Bary sont tous deux des cultivateurs de grand mérite. Ils rendent dans leurs localités respectives des services signalés à l´agriculture, par leurs conseils et exemple [...]. Hors ligne et ex-æquo, une médaille d´or à chacun.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe. 18 J 477. Collection P. Cordonnier : dossier Courcival.

  • Archives départementales de la Sarthe. 2 0 102/6. Dossiers d'administration communale. Courcival. Bâtiments communaux. Église. 1814-1908 (avec plans de 1858).

  • Archives départementales de la Sarthe. 2 P 1582. Carnets des établissements industriels. 1852-1979.

  • Archives départementales de la Sarthe. 3 P 103/11. État des sections de Courcival. 1835.

  • Archives départementales de la Sarthe. 3 P 103/12. Matrice des propriétés foncières. 1838-1913.

Documents figurés
  • Plan cadastral révisé en 1932, mis à jour pour 1989, tableau d'assemblage du plan cadastral de Courcival (Direction générale des impôts - cadastre).

Bibliographie
  • COURCIVAL, Marquis de. Sur les encouragements à donner à l'élevage des chevaux dans le département de la Sarthe. Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, 1861-1862, T. XVI, pp. 99-101.

  • GIRAULT Charles. La noblesse émigrée et ses pertes foncières dans la Sarthe. Laval : Goupil, 1957.

  • LEDRU, Ambroise. Courcival. Le Mans, 1908.

  • Notices généalogiques sur la famille Stellaye de Baigneux de Courcival et ses alliances. Première partie. Généalogie. Mamers, Fleury et Dangin, 1883.

  • Rapport fait de la société d´agriculture, sciences et arts de la Sarthe sur le concours agricole départemental pour l´arrondissement de Mamers, 19 août 1864. Mamers, Fleury et Dangin, 1864.

  • VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, Abel-Ernest de, baron. Rapport fait à la Société d´Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe sur le Concours agricole départemental de 1868 pour l´arrondissement de Mamers. Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, Le Mans, Monnoyer, 1868, T. XIX.

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