Dossier d’œuvre architecture IA72001052 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Ensemble des fermes du domaine du château de Courcival
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Maine 301 - Bonnétable
  • Commune Courcival
  • Dénominations
    ensemble agricole
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    ferme

Certaines des fermes citées en 1798 conservent des bâtiments remontant parfois au Moyen Age (logis des Bommeries, XVe siècle), plus souvent à l'époque moderne (logis de La Grande Senaudière, étables et grange de La Gauderie). En particulier, les fermes du Domaine et de La Mandinière, inclues dans le périmètre du parc du château, sont peut-être contemporaines de sa création dans la première moitié du XVIIe siècle. En subsistent pour la première la composition d'ensemble, le logis et les étables, et pour la seconde le logis. La campagne de travaux du 3e quart du XIXe siècle concerne l'ensemble des fermes formant alors le domaine : toutes conservent en effet un ou plusieurs bâtiments de cette période (cf. annexe 1). Les logis sont rarement reconstruits (4 sur 11 fermes) mais sont parfois complétés d'un fournil ou d'une laiterie. À l'inverse, les parties agricoles sont presque toutes reconstruites (4 seulement existaient déjà en 1835). Parmi celles-ci, le groupe le plus intéressant est formé de 7 granges construites en pan-de-bois hourdé de torchis, plus exceptionnellement de briques creuses. La mise en œuvre du pan-de-bois se distingue des exemples anciens par la rationalisation de la structure et l'utilisation de bois de faible section. Elle correspond tout à fait aux colombage et torchis n'ayant pas plus de 18 à 20 centimètres d'épaisseur présentant néanmoins des garanties de solidité, de durée et de salubrité décrits en 1868. Ces granges sont couvertes de charpentes moisées et de toitures débordantes également décrites en 1868. Même si aucun modèle correspondant aux granges du domaine du château de Courcival n'a été retrouvé, l'utilisation du pan-de-bois pour la construction de parties agricoles est recommandée dans plusieurs traités de construction rurale édités dans la première moitié du XIXe siècle, notamment pour son faible coût et pour les facilités d'extension des bâtiments. La mention de la grange à herbe aux Lotties en 1864 suggère que certaines de ces granges sont en réalité des fenils. Associés aux grandes étables construites à La Mandinière au même moment, ces bâtiments montrent l'intérêt que porte à l'élevage le marquis de Courcival, comme nombre de grands propriétaires fonciers de son temps : en témoignent son article sur l'élevage des chevaux et les essais d'amélioration des races bovines et ovines qu'il mène aux Lotties (cf. annexe 2).

En 1798, le domaine agricole du château de Courcival regroupe 10 métairies, 8 fermes plus petites, qualifiées de closeries ou de lieux (dont l'une en faire-valoir direct) et 2 moulins à blé comportant des parties et des terres agricoles, soit au total 508 ha situés sur Courcival et les communes voisines. Huit de ces fermes appartiennent depuis les XVe et XVIe siècles au moins à la famille Baigneux de Courcival, certaines mentionnées comme seigneuries (cf. annexe 1), d'autres résultent probablement des acquisitions conduites par René de Baigneux dans la première moitié du XVIIe siècle. Ce domaine est peu touché par les saisies révolutionnaires : seules 2 fermes, dont la plus importante (Argenson à Saint-Cosme-en Vairais), et l'un des moulins (Vénis à Courcival) sont vendus.

Dans la première moitié du XIXe siècle, le domaine est réorganisé et recentré sur le château : 13 fermes et 1 moulin sont comptabilisés en 1835, elles ne sont plus que 7, plus le moulin, en 1858. À l'exception de La Gagnarderie, bordant le parc du château, toutes les closeries sont vendues ou démolies, la métairie de La Basse-Cour disparaît, 4 fermes passent par héritage entre les mains de familles alliées (notamment la famille de Thiébault pour les importantes métairies de L'Oiselière et de La Renoncière).

Dans le 3e quart du XIXe siècle, le domaine est à nouveau remanié, d'une part avec l'achat de l'écart des Lotties (vers 1860) et de la métairie de La Pichinière (avant 1868), d'autre part avec une série de travaux déclarés au cadastre : transformation du logis et de l'usine à blé du Petit Moulin dès 1857, transformation en ferme de l'écart des Lotties entre 1860 et 1865, construction d'une grange à La Pichinière vers 1868, reconstructions des fermes de La Renoncière et de L'Oiselière vers 1872 et 1874, construction d'une boulangerie aux Bommeries vers 1877. Les travaux sont réalisés pour la famille Baigneux de Courcival ou les familles alliées, et notamment pour Pons-Timoleon-Maurice Stellaye Baigneux de Courcival, militaire réformé en 1830, propriétaire du château de 1850 à 1871 et son fils Gustave Alexandre Timoléon, propriétaire de 1871 à 1908. Le premier est l'auteur en 1861 d'un court article Sur les encouragements à donner à l'élevage des chevaux dans le département de la Sarthe, publié par la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe et dirige lui-même l'exploitation de la ferme des Lotties. Celle-ci comprend en 1864 et 1868 des bâtiments anciens remaniées et des bâtiments neufs pour partie construits en pans-de-bois hourdés de torchis et couverts de charpentes moisées. L'accent est mis sur le soin apporté à la distribution et à la ventilation des bâtiments, ainsi qu'au système de récupération des eaux.

La ferme des Lotties est vendue en 1896, le domaine compte encore 7 fermes en 1908, partagées entre les héritiers du dernier Baigneux marquis de Courcival. L'usine à blé du Petit Moulin est déclarée démolie en 1910. Seule La Mandinière appartient encore aujourd'hui au domaine du château, mais elle n'est plus siège d'exploitation.

  • Période(s)
    • Principale : 15e siècle
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1863, porte la date
    • 1871, daté par source
    • 1914, daté par source

11 fermes ont été repérées, la ferme de La Gagnarderie a été écartée car trop remaniée. L'étude des Lotties a été refusée.

Maçonnerie de moellons sans chaîne en pierre de taille et pan-de-bois hourdé en torchis (plus rarement en briques creuses) sont majoritairement employés pour le gros œuvre, dans des proportions équivalentes. Seules se distinguent la ferme de La Pichinière, dont les bâtiments sont entièrement en pan-de-bois, et celles de La Renoncière et de l'Oiselière, reconstruites en moellons. Sauf exception, les toits sont à longs pans, 6 toits à croupes ont été repérés. Les couvertures sont en tuiles plates, l'ardoise n'étant employée que deux fois.

Parmi les constructions en pan-de-bois se distingue nettement un groupe formé de 7 granges (Les Bommeries, Le Domaine, La Pichinière, La Tuilerie, La Gauderie, La Mandinière, Le Petit Moulin) et une étable-remise (L'Ouchellerie) possédant des caractéristiques générales identiques malgré quelques variantes. La mise en œuvre du pan-de-bois est rationalisée : la structure est formée de travées identiques délimitées par les poteaux montant de fond (de 3 à 6 travées par bâtiment, la porte occupant l'espace d'une travée). Le bois utilisé est de faible équarrissage et scié mécaniquement, une sablière intermédiaire, de la largeur de la travée, permet l'utilisation de poteaux de remplissage très courts (seule la grange de La Pichinière n'en possède pas). Un lattis extérieur, simplement fixé dans les poteaux de chaque travée, permet de maintenir le mince hourdis de torchis et l'enduit de terre qui le recouvre, ce hourdis peut être exceptionnellement en briques creuses. Les pignons sont essentés de planches, la couverture, débordante, est soutenue par une charpente moisée et boulonnée et parfois par des jambettes.

  • Murs
    • pierre
    • bois
    • torchis
    • brique
    • essentage de planches
    • moellon sans chaîne en pierre de taille
    • pan de bois
  • Toits
    tuile, ardoise
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Sarthe. 18 J 477. Collection P. Cordonnier : dossier Courcival.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 0 102/6. Dossiers d'administration communale. Courcival. Bâtiments communaux. Église. 1814-1908 (avec plans de 1858).

  • Archives départementales de la Sarthe. 2 P 1582. Carnets des établissements industriels. 1852-1979.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 P 103/11. État des sections de Courcival. 1835.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 P 103/12. Matrice des propriétés foncières. 1838-1913.

Bibliographie

  • COURCIVAL, Marquis de. Sur les encouragements à donner à l'élevage des chevaux dans le département de la Sarthe. Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, 1861-1862, T. XVI, pp. 99-101.

  • GIRAULT Charles. La noblesse émigrée et ses pertes foncières dans la Sarthe. Laval : Goupil, 1957.

  • LEDRU, Ambroise. Courcival. Le Mans, 1908.

  • Notices généalogiques sur la famille Stellaye de Baigneux de Courcival et ses alliances. Première partie. Généalogie. Mamers, Fleury et Dangin, 1883.

  • Rapport fait de la société d´agriculture, sciences et arts de la Sarthe sur le concours agricole départemental pour l´arrondissement de Mamers, 19 août 1864. Mamers, Fleury et Dangin, 1864.

  • VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, Abel-Ernest de, baron. Rapport fait à la Société d´Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe sur le Concours agricole départemental de 1868 pour l´arrondissement de Mamers. Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, Le Mans, Monnoyer, 1868, T. XIX.

Documents figurés

  • Plan cadastral révisé en 1932, mis à jour pour 1989, tableau d'assemblage du plan cadastral de Courcival (Direction générale des impôts - cadastre).

Annexes

  • Composition du domaine agricole du château de Courcival
  • Descriptions de la ferme des Lotties en 1864 et 1868
Date(s) d'enquête : 2008; Date(s) de rédaction : 2008
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Pays du Perche sarthois