Chercheur auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
- inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
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Photographe auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
- (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
Dossier non géolocalisé
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Dénominationsmaison, ferme
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Aires d'étudesMauges-sur-Loire
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Adresse
- Commune : Le Mesnil-en-Vallée
La grande majorité des lieux-dits du Mesnil-en-Vallée sont cités dans les sources écrites avant la fin du XVe siècle. Les noms en –ière/erie, qui caractérisent en général des nouveaux lieux habités (hameaux ou habitats isolés) créés aux XIe-XIIIe siècles, représentent 25 occurrences sur les 64 toponymes recensés sur l'ensemble de la commune. Certains noms de lieux-dits traduisent sans doute une origine familiale ancienne, comme la Gendronnière du nom de la famille Gendron présente sur place au XVe siècle, ou la Jolivetière où la famille Jolivet était encore présente au début du XVIIe siècle.
Dès le Moyen Âge, outre le bourg, certains écarts (La Jolivetière, la Grande-Noue, Cul-de-Bœuf, le Ray-Granneau) semblent avoir concentré l'habitat. À la fin du XVIIIe siècle, ils pouvaient constituer une "fresche" (ou "baillée"), c'est-à-dire un ensemble de tenures formant une seule unité de prélèvement seigneurial.
La présence de ce type d'habitat groupé, au détriment des métairies/borderies, est une caractéristique du territoire du Mesnil-en-Vallée. Il est souligné en 1788 par l'assemblée municipale dans une enquête sur l'utilisation des communs de la paroisse. L'assemblée dénombre seulement huit métairies sur le territoire et "peu de fortes closeries". Il note qu'il y a en revanche "beaucoup de villages habités par des gens presque tous aux charges de la charité publique et qui ne peuvent guère être soulagés que par des secours étrangers".
Les premières mentions de métairies et de borderies (ou bordages) apparaissent dans les sources écrites du Mesnil dans le courant du XVe siècle. Appartenant au prévôt de Saint-Laurent-du-Mottay, la métairie de la Bastardière – l'une des plus grandes de la commune – contenait en 1521 "27 septiers de terre ou environ tant en maisons, ayreaux, jardins, préz, terres arables qu'autres", soit environ 27,38 ha. Celles de la Gendronnière, de la Gondouinière et du Pé, propriétés du seigneur de Vaugirault, comportaient respectivement 35,64 ha, 19,80 ha et 15,84 ha à la fin du XVIIIe siècle. La seigneurie renfermait également six borderies de moins de 7 ha : La Motte-en-Vallée, la Valetterie, la Panne, La Barre, la Guibardière et celle proche du manoir éponyme.
D'après le recensement de 1861, le Mesnil-en-Vallée comptait 424 maisons et fermes, dont 122 se répartissaient dans le bourg et le village contigu du Haut-Cimetière, et 155 dans les gros écarts de la commune. Parmi les plus importants, figuraient ceux de la Jolivetière (23 maisons et fermes), de la Grande-Noue (21) ou encore de Cul-de-Bœuf (21). Les 147 autres fermes étaient dispersées sur le territoire.
En 1945, la commune comptait 115 exploitations agricoles dont 61 de moins de 10 ha, 41 de 10 à 20 ha, 10 de 20 à 30 ha et 3 de plus de 30 ha. Le chiffre était passé à 29 exploitations en 1994 dont 19 de plus de 30 ha.
L'inventaire du patrimoine a permis de recenser 89 fermes et 27 maisons (voir tableaux de repérage en annexe). En raison des importants remaniements subis, notamment depuis les années 1970, peu d'entre elles ont fait l'objet d'une sélection. De nombreuses fermes repérées lors du pré-inventaire en 1971-1972, très restaurées depuis, voire détruites, ont été intégrées au tableau de repérage (la Croix ; La Hutte ; Le Pé ; la Commazière, etc.). On notera néanmoins quelques exemples de fermes anciennes relativement bien conservées au Haut-Cimetière, à la Jolivetière, à l'Aireau des Bouhiers, au Haut-Puiset ou encore aux Moulins-Pinot.
Quelques rares fermes conservent des vestiges des XVIe et XVIIe siècles (le Fay, la Rivaudière ; Dodineau ; l'Aireau des Bouhiers ; le Chêne). D'autres, plus nombreuses, datent probablement du XVIIIe siècle ou des premières décennies du siècle suivant comme à la Jolivetière, à la Goguetterie, aux Moulins-Pinot ou au Haut-Puiset. Dans le bourg, quelques maisons sont également antérieures au XIXe siècle, notamment à l'arrière du 10 rue des Mauges ou encore au 1 rue des Moulins.
Mais dans sa grande majorité, le bâti de la commune a été très remanié ou reconstruit durant la seconde moitié du XIXe siècle et la seconde moitié du XXe siècle. Quelques fermes ont été construites ex nihilo : le Guéteau, la Chesnaie, la Gohardière, la Lande. D'autres, à l'inverse, ont disparu depuis 1827 : Guymauvray, l'Ajonc, la Haute-Foucharderie et La Coicaudrie. L'une des fermes les plus remarquables de la commune est celle du château de Vaugirault, construite vers 1855 pour Joseph de Boissard (1804-1888), maire du Mesnil et conseiller général de Maine-et-Loire.
Dates portées repérées : 10 rue des Mauges (1613 et 1633) Le Dodineau (1642, chapelle) ; la Batardière (1840, charpente de la grange) ; le Ruisseau (1887, étable) ; 40 rue des Mauges (1732) ; 1 place de la Mairie (1895).
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Période(s)
- Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
La majorité des fermes du Mesnil est regroupée sur le coteau, à l’est et à l’ouest du bourg. Encore en partie boisée au XVIe siècle, la vallée a été progressivement défrichée jusqu’au XIXe siècle. Jusqu'au milieu du siècle, il y subsistait néanmoins encore de vastes « communs » qui furent petit à petit vendus par la municipalité pour financer certains bâtiments publics. Amorcée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la construction de la levée de Montjean à Saint-Florent fut achevée vers 1840. Cette nouvelle digue de protection des crues de la Loire permit l’implantation de nouvelles fermes désormais protégées des inondations, comme au Guéteau ou au Port-d'Ingrandes.
Les fermes qui composent les écarts – de deux à plus d’une dizaine – souvent alignées dans une rangée d’habitations, se regroupent généralement autour d’un carrefour ou d’un délaissé de voies formant une petite place. Implantées parallèlement ou perpendiculairement aux chemins, elles orientent la plupart du temps leur façade principale au sud. Écuries, étables et remises prennent parfois place de l’autre côté de la rue. Certaines fermes présentent un four à pain en pignon. Près de la place, se trouve de temps en temps un puits commun.
Le parcellaire à proximité immédiate des fermes, formé de petits clos, consiste principalement en jardin. Au-delà, se trouvent les terres labourables. Ce finage s’oppose nettement à celui des métairies, voire des borderies qui, bien que plus rares sur la commune, sont facilement identifiables par leur parcellaire au maillage plus lâche et plus aéré.
Les sources écrites nous donnent des renseignements précieux sur l’architecture rurale du Mesnil-en-Vallée sous l’Ancien Régime. Comme observé pour les autres communes de l’aire d’étude, l’usage des matériaux périssables – complétement disparu aujourd’hui – semble avoir été fréquent jusqu’à la Révolution, au moins pour la construction des parties agricoles : étables, granges et remises. En 1623, la borderie de la Barre est ainsi composée d'une « petite chambre de maison à cheminée et four », et de « toits pour les bêtes » en pan-de-bois dans le prolongement du logis. Au début du XVIIIe siècle, les textes attestent que certaines maisons et fermes sont encore couvertes en « glé », en paille ou en bourre, par exemple sur le chemin de la Grande-Noue en 1713.
Pour la construction des logis, l’utilisation de la pierre – micaschiste, schiste ou grès – d’extraction locale paraît avoir été prépondérante. Les nombreuses mares repérées à proximité immédiate des fermes témoignent bien souvent de cette extraction sur le lieu même du chantier. Les maçonneries anciennes sont assemblées au moyen de moellons de modules moyens, plus ou moins équarris, et recouvertes d'un enduit partiel « à chaux et à sable ». Quelques traitements des chaînes d’angle en forme arrondie ont été retrouvés (le Haut-Cimetière, la Jolivetière). Pour les bâtiments les plus anciens et généralement les plus modestes, les baies peuvent être couvertes d’un linteau de bois ou d’un arc en pierre en plaquette de schiste. Le tuffeau est aussi utilisé pour les encadrements des baies dès avant le XVIIe siècle dans le bourg ou quelques villages (Le Fay, Dodineau, la Rivaudière). Vers le milieu du XIXe siècle, l'usage de la brique se généralise, même si au Mesnil, elle ne semble pas avoir été le matériau de second œuvre le plus dominant. Avant cette date, la brique a été utilisée principalement sous forme de chantignolles, pour les souches de cheminées et les intérieurs des fours à pain. Contrairement aux communes déléguées du sud de l'aire d'étude, peu de fermetures d'avant-toit en génoises ont été observées.
Si sous l'Ancien régime, la tuile creuse est le matériau de couverture privilégié, l’ardoise n’est pas absente, notamment dans certains écarts plus proches des bords de Loire (Dodineau, Le Fay, la Rivaudière). Après-guerre, les toitures en tuile creuse ou « tige de botte » traditionnelles laissent parfois place à la tuile mécanique. Elles sont de temps en temps remplacées par des matériaux moins onéreux comme la tôle ondulée ou le fibrociment.
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Toits
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- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
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Documents d'archives
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; C 321. "Mémoire détaillé de messieurs composant la municipalité contre l'afféagement des communs de leur paroisse" (27 mars 1788).
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; H 1966. Aveu de Jean de Vaugirault pour la terre du Vaugirault au Ménil (1511), aveu de Louis Legay, seigneur du Vaugirault, d'Ussé et de la Godesardière, époux de Louise de Vaugirault (1578), aveu de Louis Legay de Vaugirault (1623). Mise en vente et adjudication de la terre du Vaugirault et d'ussé (1636).
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; 19 J 6. Censif des fiefs de Vaugirault, d'Ussé et Beausse (1775-1776).
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Archives municipales du Mesnil-en-Vallée ; 1 F 1. Recensement des populations (1841-2015).
Bibliographie
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PICHOT, Daniel. Le village éclaté. Habitat et société dans les campagnes de l'ouest au Moyen Age. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2002.
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PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique, et biographique de Maine-et-Loire, 3 volumes, Paris-Angers : 1874-1878 ; réédition revue et augmentée, 4 volumes, 1965-1996.
Annexes
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Tableau de repérage des fermes du Mesnil
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Tableau de repérage des maisons du Mesnil-en-Vallée
Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)
Chercheur auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
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