Chercheur auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
- inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
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Photographe auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
- (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
Dossier non géolocalisé
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Dénominationsmaison, ferme
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Aires d'étudesMauges-sur-Loire
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Adresse
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Commune : Mauges-sur-Loire
Lieu-dit : Anciennement commune du Marillais
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Commune : Mauges-sur-Loire
À l’instar de la commune du Mesnil-en-Vallée et, dans une moindre mesure, de celle de Saint-Laurent-du-Mottay, le Marillais se caractérise par la présence de gros écarts qui, si l’on excepte le Vieux-Bourg, ont concentré la majorité de l’habitat.
L’écart du Seil, connu au moins depuis le milieu du XIVe siècle, contenait ainsi, au recensement de 1851, 25 maisons et 106 habitants. Les autres gros écarts de la commune à cette époque étaient ceux des Gourbillonnières (24 maisons, 97 habitants), de la Blardière (16 maisons, 66 habitants), des Brosses (11 maisons, 56 habitants) et de la Lande du Croulais (10 maisons et 36 habitants). C’est d’ailleurs dans l’un de ces gros hameaux, celui de la Gourbillonnière, qu'il a été décidé de créer le nouveau centre de la commune et de la paroisse en 1850, en remplacement du Vieux-Bourg jugé trop excentré et souvent inabordable en raison des crues de la Loire.
La présence de ce type d'habitat groupé, au détriment des métairies/borderies, est une caractéristique du territoire du Marillais. Comme au Mesnil, il est à mettre en relation avec l’usage de vastes communs ou communaux mis à disposition des habitants dont on voit les périmètres sur le cadastre de 1827. Ces derniers furent en grande partie vendus au milieu du XIXe siècle pour financer la construction des bâtiments publics du nouveau bourg.
Célestin Port signale que le territoire ne comprenait « que six métairies et nulle maison noble ». Si le nombre de métairies paraît à peu près correspondre à ce que l’on observe sur le cadastre ancien, les sources écrites mentionnent en revanche, contrairement à ce qu’affirme l’historien, au moins trois fiefs nobles au Moyen Âge : au Seil (1340), à la Pionnière (1461) et à la Gourbillonnière (1481). Deux d’entre eux, le Seil et la Pionnière, y possédaient à cette époque un « herbergement », c'est-à-dire un logis noble. Il est intéressant de constater que ces fiefs ont par la suite donné lieu à la constitution de gros écarts comme au Seil ou aux Gourbillonnières.
Les quelques métairies et borderies de la commune s’intercalent entre ces gros hameaux. La plus grande et la plus ancienne d’entre elles était probablement celle de la Basclère qui appartenait depuis au moins la seconde moitié du XVe siècle à l’abbaye de Saint-Florent. En 1748, un procès-verbal en décrit le logis avec chambre et grenier, pressoir, grange, étables aux bœufs et aux vaches. Plusieurs autres métairies, la Vieille-Chenillère, la Rougerie, la Coutière se distinguent par leurs larges parcelles de terres labourables et de pâturages, regroupées autour de leurs bâtiments agricoles, qui contrastent avec le maillage plus dense et plus resserré du parcellaire des écarts.
D'après le recensement de 1866, Le Marillais comptait 151 exploitations agricoles pour un total de 639 ha. Le cheptel était composé à cette époque de 509 bovins, 81 chevaux, 54 ovins et 296 porcs. En 1872, après l’annexion de l’île aux Bergères et de l’île Poulas appartenant aux communes d’Anetz et de Varades (44), la commune comportait 155 exploitations pour 946 ha. Le nombre de fermes avait chuté à 108 en 1901, puis à 66 en 1951, pour s’établir à 19 exploitations en 1984.
L'inventaire du patrimoine a permis de recenser 46 fermes et 21 maisons (voir tableaux de repérage en annexe). En raison des importants remaniements subis, notamment depuis les années 1970, peu d'entre elles ont fait l'objet d'une sélection. On notera néanmoins quelques exemples de fermes-modèles intéressantes comme la Chenillère-Neuve (1840) ou la Basclère (1872).
Quelques rares bâtiments conservent des vestiges des XVIIe-XVIIIe siècles (La Blardière, 227, 252 ; La Géjuère ; La Lande-Pivin ; Le Seil, 89 rue des Gabelous). D'autres, plus nombreux, datent de la fin du siècle ou des premières décennies XIXe siècle. À la Gourbillonnière, quelques maisons, encore conservées, étaient présentes avant l’installation du nouveau bourg (place de l’Abbé-Méfray).
Mais dans sa grande majorité, le bâti de la commune a été très remanié ou reconstruit durant la seconde moitié du XIXe siècle et la seconde moitié du XXe siècle. Quelques fermes ont été bâties ex nihilo : La Chenillère-Neuve (1840). D'autres, à l'inverse, ont disparu depuis 1827 : Le Pavillon, le Fresne-Vert, le Grand-Village, le Trou-Heurteau, la Billarderie. Que ce soit au Vieux-Bourg ou au nouveau bourg Saint-Jean-Baptiste, la plupart des maisons anciennes datent de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. + lotissements.
Dates portées repérées : Bourg Saint-Jean-Baptiste, 78 rue d’Anjou (1886) ; Le Seil, 16 impasse du Coteau (1937).
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Période(s)
- Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
Les fermes du Marillais sont principalement regroupées au sud de l’ancienne boire du Seil, aujourd’hui en partie comblée, et de part et d’autre d’une grande étendue de parcelles labourables, actuellement dénuées de toutes constructions, autrefois en landes. Au nord de la boire du Seil et de l’ancienne île de la Basclère, les berges sud de l’île aux Bergères et de l’île Poulas, annexées à la commune à partir de 1867, accueillaient jusqu’au début du XXe siècle plusieurs villages à rangées d’habitations. Aménagées parallèlement au chemin de rive, celles-ci disposaient de l’usage de parcelles de « communs » situés à proximité. Ces fermes, situées en zone inondable, étaient souvent construites sur un petit tertre artificiel ou « montil » permettant, dans la mesure du possible, de les mettre hors d’eau.
Les fermes qui composent les écarts – de deux à plus d’une vingtaine –, fréquemment alignées dans une rangée d’habitations, se regroupent généralement autour d’un carrefour ou d’un délaissé de voies formant une place plus ou moins importante. Implantées parallèlement ou perpendiculairement aux chemins, les rangées d’habitations orientent la plupart du temps leur façade principale au sud. Écuries, étables et remises peuvent y être directement intégrées ou prendre place de l’autre côté de la rue. Le logis présente la plupart du temps deux niveaux : un rez-de-chaussée, d’une ou deux pièces, et un comble à surcroît aéré par un jour. Ce dernier est généralement accessible par un escalier droit en pierre situé sur l’un des pignons, plus rarement en façade. Certaines fermes présentent encore un four à pain en pignon (Les Brosses, 199 ; Le Busteau ; Le Seil, 46 rue des Gabelous). Près de la place se trouve de temps en temps un puits qui peut être commun (La Géjuère ; La Lande-Pivin ; Le Seil).
Le parcellaire à proximité immédiate des fermes, formé de petits clos, consiste principalement en jardin. Au-delà se trouvent les terres labourables et la vigne. Ce finage s’oppose nettement à celui des métairies, voire des borderies qui, bien que plus rares sur la commune, sont facilement identifiables par leur parcellaire au maillage plus lâche et plus aéré (La Basclère, La Vieille-Chenillère, la Bolinière, La Coutière, La Faroire, La Fresnaye, la Billardière).
Les sources écrites nous renseignent parfois sur les matériaux de construction des fermes et de leurs dépendances durant l’Ancien Régime. À la métairie de la Basclère, en 1748, les jambages de la porte principale du logis sont en tuffeau de même que ceux de la cheminée. Les portes de l’étable aux bœufs, de 5 pieds de haut et 4,5 pieds de large, et celle de l’étable aux vaches de 5 pieds de haut sur 3 de large, sont en chêne. Les mortiers sont à chaux et à sable. Comme observé pour les autres communes de l’aire d’étude, l’usage des matériaux périssables – complètement disparu aujourd’hui – semble avoir été fréquent jusqu’à la Révolution, au moins pour la construction des parties agricoles : étables, granges et remises.
Pour la construction des logis, l’utilisation de la pierre (micaschiste, schiste ou grès) d’extraction locale a été privilégiée. Les nombreuses mares repérées à proximité immédiate des fermes et des écarts témoignent bien souvent de cette extraction sur le lieu même du chantier. Pour les maisons et les fermes les plus anciennes, les maçonneries sont assemblées au moyen de moellons de modules moyens, plus ou moins équarris, liés par un mortier « à chaux et à sable ». Pour les bâtiments les plus modestes, les baies peuvent être couvertes d’un linteau de bois ou d’un arc en pierre en plaquettes de schiste (La Géjuère). L’usage du tuffeau, en encadrement des baies ou pour les cheminées, n’est pas absent (Les Gourbillonnières, La Jouquelière, 30 ; Le Seil, 89 rue des Gabelous ; La Basclère). Vers le milieu du XIXe siècle, l'usage de la brique se généralise, même si au Marillais, elle ne semble pas avoir été le matériau de second œuvre le plus dominant. Avant cette date, la brique a été utilisée principalement sous forme de chantignolles, pour les souches de cheminées et les intérieurs des fours à pain, ou en carreau pour le pavement des greniers (La Basclère). Quelques maisons de la première moitié du XIXe siècle présentent des fermetures d'avant-toit en génoise (La Jouquelière, 30 ; Vieux-Bourg, 231 ; Les Gourbillonnières).
Au Marillais, la tuile creuse est le matériau de couverture privilégié. L’usage de l’ardoise est plus rare mais observable sur certains logis de fermes cossues (La Chenillère-Neuve) et quelques maisons de bourg. Après-guerre, les toitures en tuile creuse ou « tige de botte » traditionnelles laissent parfois place à la tuile mécanique. Elles sont de temps en temps remplacées par des matériaux moins onéreux comme la tôle ondulée ou le fibrociment.
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Toits
- (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
- (c) Archives départementales de Maine-et-Loire
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- (c) Collection particulière
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Documents d'archives
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; 3 P 5 / 198. Matrices cadastrales. Le Marillais. 1828.
Bibliographie
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PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 3 volumes, Paris-Angers : 1874-1878 (Réédition revue et augmentée, 4 vol., 1965-1996).
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BORÉ, Henri. Le Marillais à travers les siècles : histoire d'une commune rurale entre Loire et Mauges. Le Marillais : Henri Boré, 1985.
Annexes
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Tableau de repérage des maisons du Marillais.
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Tableau de repérage des fermes du Marillais
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Extrait de l'expertise de l'abbaye de Saint-Florent-le-Vieil et de ses dépendances à la demande de l'abbé commendataire André Bernard Constance de Forbin d'Oppède (1748). Métairie de la Basclère ; Archives diocésaine, Angers ; P 1253 (transcription Pierre Brunet, 1999)
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Évolution du nombre d’exploitations agricoles au Marillais (d’après Henri Boré, Le Marillais à travers les siècles…, p. 194)
Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)
Chercheur auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
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