Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)
- inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
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Photographe auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
- (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
Dossier non géolocalisé
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Dénominationsmaison, ferme
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Aires d'étudesMauges-sur-Loire
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Adresse
- Commune : Bourgneuf-en-Mauges
Trente fermes ont été repérées sur le territoire communal (voir tableau de repérage en annexe). Dans leur grande majorité, elles figurent déjà sur le plan cadastral de 1827.
Durant le Moyen Âge, plusieurs d'entre elles dépendent notamment de seigneuries issues de la paroisse de la Pommeraye, étant rattachées à ce territoire avant la création de la commune de Bourgneuf en 1865. Effectivement, quinze fermes sont retirées du territoire de la paroisse de la Pommeraye : la Coleraye, le Grand et le Petit Tout-Fleuri (Touche-Fleury), le Plessis-aux-Bœufs, le Plessis Pasquier (les Plessis), la Jametière, la Treboischère, la Bonnière, la Cheminerie, Chanteloup, la Racrie, la Jariaie, la Soucière, les Grandes et Petites Chalonges ; et six de celui de Saint-Laurent-de-la-Plaine : le Theil, la Saulaie, la Grande et la Petite Marottière, les Landes, et le Ronceray.
La paroisse de Bourgneuf ne possédait pas de maisons nobles à l'époque médiévale, avant la création de la commune. Il s'agissait à l'origine seulement d'un petit hameau, entouré de quelques borderies et d'une seule métairie (la Roche), dépendant de la Commanderie de Villedieu-la-Blouère. Ce sont les archives des titres et aveux féodaux des seigneuries des paroisses alentours qui nous livrent les premières mentions des fermes sur le territoire. Entre autres, en 1560, Jeanne Despance, veuve de noble homme René Horeon, seigneur de la Repeumiere, rend aveu pour la "terre, bois, cour et métairie" de la Cheminerie au fief des Briffières (Sainte-Christine) ; la chapelle puis métairie du Theil sont mentionnés dans le répertoire général des fiefs et seigneurie de la Rocheferrière dès le XVe siècle. Célestin Port, archiviste local, mentionne également le hameau des Chalonges relevant de Renauld du Dresnay, de la Cour de Lasse (Baugé), en 1453 ; les métairies du Plessis Pasquier relevant du domaine de Montjean en 1530 ; le "lieu, domaine, terres de la métairie de la Touche-Fleury" relevant de la Bizolière (la Pommeraye) en 1539 ; la borderie de la Trébéchère relevant du domaine de Putille (la Pommeraye) en 1540 ; l'ancien fief et seigneurie de la Marottière relevant des Landes en 1580 ; "l'hostel, maison, jardin, rues et issues de la Saulaie", appartenant à noble homme Gilles Guesdon, relevant de Montrevault en 1629 ; la borderie des Bareilleries relevant de la Rocheferrière (Sainte-Christine) au XVIIe siècle. Il cite aussi la "terre et châtellenie" appartenant à Jean du Ronceray en 1452.
Quelques fermes conservent des vestiges de l'Ancien Régime, dont les Grandes Chalonges (baies du comble à surcroît), la Touche-Fleury (étable allongée), la Petite Touche-Fleury (cheminée du logis antérieur au XVIIIe siècle, plancher et mur en torchis), le Plessis Pasquier (encadrement en tuffeau et grange à piliers ronds), la Jariaie (vestiges encadrement en tuffeau du comble à sucroît), les Bareilleries (ouvertures de taille inégale), etc. Toutefois, bien que nombreuses sont les fermes qui présentent encore des dispositions anciennes, beaucoup font l'objet d'un remaniement durant le XIXe siècle. Il se traduit notamment par des encadrements et chaînages en briques artisanales ou industrielles et des modifications dans les ouvertures, on peut citer les logis de la ferme de la Racrie avec ses baies à lancettes du comble à surcroît et ses génoises ainsi que les chaînages d'angles et les ouvertures de ses parties agricoles remaniées à cette époque (grange-étable à nef, toit à porcs…) ; voir tableau en annexe pour les autres mentions.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, des domaines importants tels que d'anciennes seigneuries ou de nouveaux bourgeois investissent localement et modernisent ces nouvelles fermes associées à leur revenu. Ainsi, on voit sur le territoire, Alexandre Garreau du château du Plessis-Raymond (Saint-Laurent-de-la-Plaine), acquérir la ferme du Theil vers 1832 et celle du Ronceray en 1864 ainsi que de la Lande Chiron. Ces fermes se situent toutes à proximité de son château, vers l'ouest, dont les deux dernières touchaient ses terres. Ce dernier construit deux nouveaux logis au Theil en 1853 et 1873 et procède vraisemblablement à la modernisation des fermes (voir tableau en annexe). De façon similaire, des membres de la famille Clémenceau, ayant fait fortune dans l'exploitation de fours à chaux, notamment à Montjean, investissent également sur le territoire. Edouard Marie Emmanuel Clémenceau de la Lande (1854-1926) acquiert la Cheminerie en 1876. Edouard Clémenceau, propriétaire, acquiert la Grande Touche-Fleury et le Plessis Pasquier. Emmanuel Clémenceau, négociant à Montjean, acquiert la ferme du Petit Plessis et du Plessis-aux-Bœufs, et Auguste Marie Clémenceau (1845-1903) acquiert la ferme de la Jariaie. Selon les registres d'augmentations de la commune, ils auraient notamment remanié plusieurs logis dans les fermes (voir tableau en annexe) ; les parties agricoles de cette période proviennent vraisemblablement de ces travaux de modernisation.
Dans le bourg, 45 maisons ont été repérées (voir tableau de repérage en annexe). Il existe excessivement peu d'édifices antérieurs au XIXe siècle, on peut citer le 4 rue de Vendée, la Commanderie, le 4 place de l'Eglise, qui apparaissent sur le plan cadastral de 1827 du bourg de Bourgneuf de la commune de Saint-Laurent-de-la-Plaine, et qui présentent encore certaines caractéristiques architecturales anciennes : pignons découverts à redents, travées non ordonnancées, ouvertures de taille inégale… Le reste des édifices figurant sur le cadastre napoléonien est très remanié (la Martinière ; 1 impasse du Pressoir ; 3-4 cour Souveraine). Hormis ces quelques exceptions, la majorité du bâti actuel date du XIXe siècle, phase d'urbanisation majeure du bourg via l'aménagement des grandes voies de communication (routes départementales). Les alignements des habitations rue de Vendée, rue d'Anjou, et rue Jeanne-Grimault, que Célestin Port qualifie de "neuves et de bonne apparence" en 1872, sont bâtis au milieu du XIXe siècle ainsi que les immeubles du carrefour de la place de l'Eglise (2 rue de Vendée bâti en 1854 ; 6-7 place de l'Eglise).
Une vingtaine d'exploitations agricoles sont encore présentes aujourd'hui sur le territoire. Elles vivent en majorité d'élevage bovins (dont vaches laitières) et de volailles (dont production d'œufs) mais aussi de productions céréalières. On dénombre également une exploitation fruitière et une d'horticulture sur le territoire. Seules les fermes de la Roche (bourg) qui figurait sur le plan cadastral de 1827, et de la Boiverie (bâti dans le troisième quart du XIXe siècle) sont aujourd'hui détruites entièrement.
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Période(s)
- Principale : Fin du Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
D'après le registre de recensement de la population de 1886, Bourgneuf-en-Mauges comptait 137 maisons, dont 68 se répartissaient dans le bourg et 69 sur le reste du territoire (fermes). Parmi les plus importantes, figuraient celles des Plessis qui regroupaient cinq ménages comptant trente-six habitants, de la Touche-Fleury, qui regroupaient cinq ménages comptant vingt-huit habitants, des Chalonges Girault qui regroupaient cinq ménages comptant vingt-trois habitants, et de la Bonnière qui regroupaient quatre ménages comptant vingt-deux habitants. Nombre de fermes isolées ou en écarts abritaient entre deux et trois ménages.
Presque l'intégralité des fermes présentent aujourd'hui un plan éparpillé comprenant plusieurs bâtiments rassemblés autour d'une cour (type D). Certaines présentaient une disposition différente, visible sur le plan cadastral de 1827, figurant un plan de "type P" comprenant deux bâtiments principaux parallèles, qui correspondaient au logis et aux parties agricoles. On peut citer les fermes de la Soucière, de la Treboischère, de la Petite Marottière, et des Petites Chalonges (voir repérage en annexe). L'augmentation et les remaniements des fermes depuis le XIXe siècle tendent vers une uniformisation des plans en type éparpillé. Une seule d'entre elles présentait un plan en "U", la ferme de la Boiverie, ce dernier étant très rare sur le territoire de l'aire d'étude. Elle se composait d'un corps principal et de deux ailes en retour d'équerre. Bâtie vers 1866, elle est malheureusement détruite entre les années 2006 à 2010. Son plan semblait la rapprocher des fermes qu'on appelle "modèle", bâties à cette période, et élaborées pour la diffusion des innovations techniques et l'augmentation des rendements agricoles. Par ailleurs, dans la majorité des cas, les laiteries se situaient accolées au logis, bien souvent au nord, et les fours au pignon.
Quelques sources écrites nous donnent des renseignements précieux sur l’architecture rurale sous l’Ancien Régime. Comme observé pour les autres communes de l’aire d’étude, l’usage de matériaux périssables est attesté jusqu’à la Révolution. À la ferme du Theil, une expertise de 1748, indique qu'elle possédait un logis de deux chambres basses et deux chambres hautes avec un grenier couvert de paille (chaume). Lors de l'inventaire, il a pu être constaté à l'intérieur du logis de la Petite Touche-Fleury des murs et planchers en torchis antérieurs au XVIIIe siècle.
Aussi, un procès-verbal de 1754 entre un propriétaire et un locataire d'une borderie à proximité du bourg, mentionne "que la maison dont il s'agit consiste en deux chambres basses et deux chambres hautes et un grenier au-dessus couvert d'ardoise, proche de ladite maison est une grange couverte de thuille [dont une] partie servant d'étable, clos de murs et surplace porté sur poteaux de charpente […] après avoir examiné les dits logements [nous] avons remarqué que dans les chambres basses il y a que quelques petits vestiges de carrelage totalement vieux par vétusté […] que dans les dites chambres hautes il y a jouit de vitres aux croisées, et ne parait pas en avoir eu depuis fort longtemps." Ces extraits signalent l'utilisation de différents matériaux (ardoise, tuile creuse) à cette période et atteste de la disposition à couvrir d'ardoise les logis et de tuiles les parties agricoles. On voit également la mention "aux croisées" qui indique l'existence de baies à meneau (fenêtres à croisée) dans ce logis qui devait sans doute dater du bas Moyen Âge.
Dans leur grande majorité, les logis de fermes, comme les dépendances agricoles, sont construits en moellons de schiste ou de micaschiste d'extraction locale. Les mares repérées à proximité immédiate de quasiment toutes les fermes témoignent bien souvent d'une extraction des matériaux sur le lieu même du chantier (cf : plan cadastral de 1827). Quatre anciennes carrières sont repérées par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, notamment à la frontière sud-ouest de Bourgneuf. Les maçonneries anciennes sont assemblées au moyen de moellons de modules moyens, plus ou moins équarris, et recouvert d'un enduit partiel "à chaux et à sable". L'une des particularités observées sur le territoire est de traiter l'angle de certains bâtiments, non pas à angle droit, mais de manière arrondie. Cette technique de construction, constatée dès le XIe siècle à la chapelle Saint-Aubin de Châteaupanne (Montjean-sur-Loire), est retrouvée à la Voisinière (Botz-en-Mauges), à Bel Air (Montjean-sur-Loire) mais également à l'Audouinière (ferme n°8) à Saint-Laurent-du-Mottay, ainsi qu'à la Racrie, la Jariaie ou encore la Petite Marottière, assez répandu sur Bourgneuf. Cette particularité se repère également en milieu urbain, par exemple, au 2 rue de la Promenade, à l'impasse du Lavoir à Bourgneuf ou chemin des Rêveries à Saint-Laurent-de-la-Plaine.
Les maisons du bourg et des fermes sont bâties de façon similaire. Le bois est utilisé ponctuellement pour le second œuvre, pour former le linteau des baies (portes, fenêtres et/ou jour d'aération) dans les constructions anciennes avant le XIXe siècle (le Theil, la Racrie, Touche-Fleury, les Plessis, 4 rue de Vendée, etc) ; tout comme, encore plus rarement, les moellons allongés de schiste et de micaschiste repérés ici pour les jours d'aération uniquement (étable de la Petite Touche-Fleury, logis du Plessis Pasquier). L'utilisation du tuffeau pour les ouvertures est beaucoup plus courante dans le bourg qu'en milieu rural, il s'agit souvent dans les fermes de vestiges d'ouvertures ou d'un premier état, supplanté au XIXe siècle par la brique. A contrario, sa présence est prépondérante dans le bourg, en encadrement, décor, chaîne : on le retrouve dans la presque totalité du bâti du XIXe siècle (alignements des habitations rue de Vendée, rue d'Anjou, et rue Jeanne Grimault, etc). La brique a été utilisée sous forme de chantignolles sans doute dès le Moyen Âge pour les souches de cheminées et les intérieurs des fours à pain. Toutefois, son utilisation en encadrement des baies ne semble pas antérieure au milieu du XIXe siècle. De plus, les corniches en génoises sont assez discrètes dans le paysage, à l'exception de quelques logis (Lavoir, Petite Saulaie, Racrie).
L'ardoise en couverture caractérise essentiellement le bâti urbain jusque dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ensuite délaissée pour la tuile mécanique dans les nouvelles constructions (lotissements). Seules les quelques fermes aujourd'hui incluent dans le tissu urbain, auparavant en bordure du bourg, possédaient des couvertures en tuiles creuses (logis et parties agricoles) sous l'Ancien Régime : la Roche (détruite), les Bareilleries, le Lavoir, la Martinière… A noter toutefois que la maison du 4 rue de Vendée, antérieure au XIXe siècle, porte aujourd'hui une couverture en tuiles mécaniques, sans doute aussi en tuiles creuses à l'origine (?). En milieu rural, on observe pour les fermes des parties agricoles majoritairement couvertes en tuiles creuses, accompagnées de logis couverts de façon similaire (Jametière, Bonnière, Chanteloup, Racrie, Jariaie, Soucière, Grandes Chalonges, Chalonges Girault, Touche-Fleury, les Marottières, le Ronceray...) ou d'ardoise (Theil, Plessis-aux-Bœufs, Petit-Plessis, Treboischère, Cheminerie, Ormeau, Landes Chiron…). Après le milieu du XXe siècle, les toitures en tuiles creuses traditionnelles laissent parfois place à la tuile mécanique. Elles sont parfois remplacées ponctuellement par des matériaux moins onéreux comme la tôle ou le fibrociment, notamment pour les parties agricoles.
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Toits
- (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
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- (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Service départemental de l'Inventaire du patrimoine
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Documents d'archives
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; 1 B 975. Sénéchaussée royale et siège présidial d'Angers : expertises foncières, immobilières et mobilières (biens et héritages, situés paroisse de Bourgneuf (août 1754)).
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; E 1053. Seigneurie du Planty : déclarations rendues aux assises seigneuriales (extrait du livre des remembrances, de la terre, fief et seigneurie des Briffières : aveu de la Cheminerie de la Pommeraye, août 1560).
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Archives départementales de Maine-et-Loire ; 3 P 5 41 2/3. Matrices cadastrales. Registre des augmentations-diminutions de Bourgneuf-en-Mauges.
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Archives municipales de Bourgneuf-en-Mauges ; 1 F 1/1. Recensements de la population : états récapitulatifs (1866-1936).
Bibliographie
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GUINHUT, A. Notice historique sur Saint-Laurent-de-la-Plaine. Angers : J. Siraudeau, 1909.
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PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou. Edition H. Siraudeau et Cie, Angers, réed. 1996, Volume 4.
Annexes
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Fermes repérées sur la commune de Bourgneuf-en-Mauges
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Maisons repérées sur la commune de Bourgneuf-en-Mauges
Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)
Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)
Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)