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Bourg de L'Île-d'Elle

Dossier IA85002125 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Dénominationsbourg
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : L'Île-d'Elle
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1834 D ; 2017 AB, AD, AK, AL

Le bourg de L'Île-d'Elle est établi sur la hauteur de l'ancienne île et sur son pourtour nord, ouest et sud. C'est là où un habitat s'est développé dès la préhistoire, puis au Moyen Âge, autour du prieuré. Ce développement s'accélère au 17e siècle avec le dessèchement des marais alentours et la création de la paroisse. Des inscriptions rue Nationale et rue des Faïenciers remontent à la première moitié du 17e siècle. C'est le long de ces deux axes, en bordure de la rivière Vendée, que les habitations se sont regroupées, comme le montre le plan cadastral de 1834. En surplomb, l'église et le presbytère sont accompagnés par quelques habitations formant le quartier de l'Audairie. Près de là, plusieurs moulins tirent parti du vent qui souffle sur la hauteur. Descendant de l'Audairie, un chemin (actuelle avenue de la Gare) descend vers les ponts qui, franchissant le canal de Vix et le Contrebot, donnent accès au marais communal.

Le plan cadastral de 1834 montre aussi que, sur le côté nord-ouest de la rue Nationale, entre terres hautes et rivière, les habitations, regroupées le long de la rue, bénéficient toutes à l'arrière de nombreux petits cours d'eau qui les relient à la rivière et aboutissent au pied même des constructions. Côté rivière, chacun de ces cours d'eau est franchi par une passerelle de halage. Ce réseau dense permet aux habitants d'avoir accès en bateau à la rivière et aux marais où se trouvent leurs terres. La rue des Faïenciers quant à elle (partie nord) est déjà bordée d'habitations qui l'escortent jusqu'au quartier de la Folie et au port qui s'y trouve.

Outre l'aménagement dans le centre du bourg, en 1887, d'un champ de foire (place de la Liberté), à proximité immédiate du nouveau groupe scolaire, l'arrivée du chemin de fer en 1870 et le développement des industries (tuileries, laiteries...) qui s'ensuit transforment le bourg. Le quartier de la gare se développe au sud de l'Audairie et à proximité des ponts, le long de la route de La Rochelle, reliant finalement le bourg au hameau du Quaireau. A l'ouest, les habitations se multiplient de part et d'autre de la partie sud de la rue des Faïenciers, jusqu'au quartier de Bellevue. Dans l'Entre-deux-guerres puis dans les années 1950-1960, maisons individuelles et lotissements communaux se développent vers le sud-est, le long de la route de Fontenay. A l'occasion des opérations de remembrement des marais et de recalibrage de la rivière Vendée, les derniers cours d'eau entre la rivière et la rue Nationale sont comblés et deviennent des ruelles (rue des Dames, rue du Grand puits commun, Grande et Petite rue des Torranges...). A partir des années 1970 et encore au début du 21e siècle, les espaces restés libres sur la hauteur, au sud-ouest du collège et à l'est de l'Audairie (quartier de la Treille), sont à leur tour colonisés par les habitations.

Période(s)Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Le bourg est situé sur la hauteur de l'ancienne île. Evité par la route D 938 ter qui le tangente au sud, il comprend plusieurs ensembles : au sud, entre la route D 938 ter et l'Audairie, l'ancien quartier de la gare ; puis, près du point culminant de la commune, le secteur autour de la mairie, de l'église, du groupe scolaire, de la place de la Liberté (ancien champ de foire) et du collège ; au nord, le vieux bourg développé de part et d'autre de la rue Nationale et de la partie nord de la rue des Faïenciers, qui épousent le contour de l'ancienne île ; à l'ouest, enfin, la partie sud de la rue des Faïenciers qui rejoint le quartier de Bellevue et qui, elle aussi, contourne l'ancien coteau auquel elle est adossée.

La rue Nationale, reliée au secteur de la mairie et de l'église par la rue du Commerce et la rue de la République, est le point de départ de nombreuses ruelles, parfois particulièrement courtes et étroites. A l'ouest, où elles ont succédé à d'anciens cours d'eau comblés, elles relient les habitations et leurs dépendances au chemin de halage de la rivière Vendée, selon un schéma d'urbanisation classique dans le Marais poitevin. Le chemin de halage continue au nord où l'on observe encore quelques-uns des fossés qui, délimitant de petites parcelles, relient la Vendée et les habitations de la rue Nationale. A l'est de la rue Nationale, certaines ruelles lui sont parallèles (rue Traversière, rue du Ballet) tandis que d'autres la relient avec la rue de la Fuye, plus élevée (rue Moinard, rue du Sabbat...). L'interface entre rue principale, habitations, dépendances et rivière se retrouve au sud, entre la partie nord de la rue des Faïenciers et le chemin de halage de la Vendée.

Couvrements

Annexes

  • Description du bourg de L'Île-d'Elle par Henri Tizon, 1961 (Petite histoire de L'Île-d'Elle, p. 75-77).

    "A première vue, un bourg comme les autres, qui s'allonge et s'étire au pied du coteau ouest et des pentes douces nord de la petite île, et dont les constructions généralement basses donnent peu de prise au vent du large qui se fait sentir ici avec toute sa force, surtout dans les tempêtes. Si vous vous contentez de parcourir l'artère principale, qui va de Bellevue à l'Autrebout, si vous suivez simplement les rues qui vous semblent être le centre du bourg et convergent vesr cette belle église édifiée sur le sommet de l'île, vous ne connaîtrez encore par le vrai visage de L'île-d'Elle.

    Entre cette rue principale et la rivière Vendée, de nombreuses "venelles", ruelles, peu larges et peu carrossables, vous conduiront sur les bords de la rivière, et vous y découvrirez, blotties à l'ombre des ormeaux ou des peupliers, d'autres petites maisons basses, simples, proprettes, elles aussi blanchies à la chaux. Un rosier grimpant, une treille, plus souvent, s'accrochent à la façade et en font toute l'ornementation avec les pots de fleurs qui s'alignent sur les bords des fenêtres.

    Ces petites ruelles d'apparence insignifiantes, longent pour la plupart les "ports" qui restent encore une curiosité de notre bourg. Dix-sept ports, fossés où s'abritent les bateaux, relient la rivière à la rue principale et c'est autour d'eux que s'est développée pendant des siècles toute l'activité et la vie du pays d'Elle. C'est en effet sur le bord de ces ports qu'étaient édifiées nombres d'écuries et de granges, près desquelles abordaient les bateaux pour décharger leurs cargaisons de toute sorte - herbages pour le bétail, récoltes de céréales, fruits, légumes. Quelques mètres carrés de terrain servaient de "décharge" où s'entreposaient le bois et les bûches, l'osier, la "barge" quelquefois, et le fumier des étables.

    Des arbres de belle taille, ormeaux ou peupliers, plantés sur les rives de ces ports pour retenir la terre et éviter des éboulements, projetaient sur ces eaux dormantes, souvent noirâtres, un ombrage bienfaisant qui préservait le bateau des chauds rayons du soleil."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 1222 à 1228, 3559. État de section et matrices des propriétés du cadastre de L'Ile-d'Ellle, 1835-1958.

Documents figurés
  • Plan cadastral de L'Île-d'Elle, 1834. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 111).

Bibliographie
  • TIZON, Henri. Petite histoire de L'Île-d'Elle, ses légendes et son patois, poésies et vieilles chansons, O. et P. Lussaud, Fontenay-le-Comte, 1961, 297 p.

    p. 75-81, 136, 167
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