Dossier d’œuvre architecture IA72059668 | Réalisé par
Ferey Marie (Rédacteur)
Ferey Marie

Chercheuse auprès du Service Patrimoine de la Région des Pays de la Loire de 2017 à 2025.

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  • enquête thématique régionale, peintures religieuses de chevalet en Pays de la Loire
  • inventaire topographique, Forêt de Bercé
Église paroissiale Notre-Dame de Courdemanche
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Syndicat de Pays de la Vallée du Loir
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Forêt de Bercé - Montval-sur-Loir
  • Commune Courdemanche
  • Adresse rue de l' Église
  • Cadastre 1834 A 698  ; 2026 A 1043
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Notre-Dame
  • Parties constituantes non étudiées
    nef, collatéral, transept, choeur, chapelle, sacristie, clocher

Une église mentionnée au XIe siècle

Dans la première moitié du XIe siècle, l'église de Courdemanche ("ecclesiam de Curte dominica") est donnée aux moines de Saint-Vincent par un seigneur local du nom d'Hélinand, vassal de Gervais, évêque du Mans et seigneur de Château-du-Loir. Un peu plus tard, dans la deuxième moitié du XIe siècle, le château de Lucé ayant été détruit, le même Gervais ordonne que soit enlevée la palissade qui entourait l'église de Courdemanche afin que les matériaux servent à rétablir ses propres clôtures.

Une nef du XIIe siècle

La nef de l'église actuelle correspond vraisemblablement à celle d'un édifice du XIIe siècle, dont la largeur et la hauteur d'origine peuvent être restituées par les marques laissées sur le mur pignon ; les contreforts de plan semi-circulaire, comparables à ceux de l'église Saint-Julien de Poncé-sur-le-Loir, datent également de cette période, tout comme les vestiges de fenêtres romanes encore visibles sur le mur sud, par ailleurs caractérisé par un appareil régulier de petits moellons.

Les transformations de la Renaissance

L'édifice est très largement transformé et agrandi dans la deuxième moitié du XVIe siècle. Cette nouvelle campagne de travaux donne lieu à la construction du bas-côté nord, du transept, du chœur, tous trois voûtés en pierre avec clefs pendantes, ainsi que de la chapelle basse, dédiée à Notre-Dame-de-la-Consolation, couverte d'une remarquable voûte en berceau à caissons en pierres de taille calcaires, cette dernière achevée en 1581. La nef est également surélevée. De grandes baies à remplages sont mises en place pour éclairer les nouvelles parties de l'édifice. Une porte des morts, délicatement ornée, est ouverte du côté nord, permettant ainsi le passage des processions depuis l'église vers le cimetière. D'après la représentation de l'église datée du milieu du XVIIIe siècle, figurée sur l'un des tableaux conservés au presbytère, les trois travées du bas-côté étaient à l'origine dotées d'une toiture et d'un pignon indépendants.

Les ajouts et modifications du XVIIIe siècle

De nouveaux travaux sont entrepris dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. La tour clocher, dont la construction est financée par le curé et doyen Jean-Baptiste Mussault, est édifiée entre 1767 et 1769, en remplacement d'une flèche qui, d'après la représentation de l'église conservée au presbytère, s'élevait alors sur la toiture à la croisée du transept. Les travaux sont achevés en 1771 (date portée sur la face nord en haut du clocher). Les pignons différentiés des travées du bas-côté sont alors supprimés au profit d'une toiture à longs pans unifiée ; le mur pignon de la façade est ainsi élargi en conséquence. Les fenêtres de la nef, celle de la première travée du bas-côté nord ainsi que l'oculus du pignon datent également sans doute de cette période.

Les modifications et restaurations des XIXe, XXe et XXIe siècles

L'édifice connaît plusieurs transformations au XIXe siècle. L'extension abritant la sacristie et la bibliothèque est ainsi construite à cette époque, le toit de la sacristie paraissant avoir été diminué postérieurement. Deux piliers de renforts sont rajoutés dans la chapelle basse ; les imposants contreforts du mur sud pourraient également avoir été montés à cette période (ou bien dès le XVIIIe siècle ?) pour prévenir le versement de la nef. Une baie est ouverte en 1881 dans la partie orientale du bas-côté afin d'accueillir le vitrail de la Crucifixion, à l'origine installé dans la chapelle du collège. En 1895, la suppression du retable permet de rouvrir la grande baie axiale du chœur dont le meneau est rétabli.

La couverture de l'édifice est réparée en 1897, 1901 et 1927. La voûte de la croisée est consolidée en 1993 ; l'arc doubleau en pierre situé entre la nef et le chœur est déposé et remplacé par un arc en béton, avec une partie en bois mouluré à l'intrados pour reproduire le profil d'origine.

Sujette à de nombreux désordres, la toiture est entièrement restaurée en 2025.

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : 2e moitié 16e siècle
    • Principale : 2e moitié 18e siècle , daté par source
    • Secondaire : 19e siècle
  • Dates
    • 1581, porte la date
    • 1771, porte la date

De plan allongé, l'église est composée d'un large vaisseau principal, complété au nord par un bas-côté sur lequel est adossée une tour clocher carrée, d'un transept, dont seul le bras sud est débordant, l'autre bras prolongeant le bas-côté au nord, ainsi qu'un chœur polygonal, construit sur une chapelle basse en soubassement, sur laquelle est adossée au nord la sacristie, elle-même surmontant un local à usage de "bibliothèque paroissiale" et de "chapelle des catéchismes". La majeure partie du bâtiment est élevée en moellons enduits et chaînes en pierres de taille calcaires ; la sacristie, les contreforts du bas-côté, ceux du chœur et du bras sud du transept, ainsi que le dernier niveau de la tour clocher sont en pierres de taille calcaires. Les portes ouest et sud sont encadrées de grison ; les autres ouvertures sont encadrées de pierres de taille calcaires.

La nef est couverte d'un lambris en berceau en bois ; le bas-côté, les bras et la croisée du transept sont couverts de voûtes d'ogives à liernes et clef pendante en pierres de taille calcaires ; le chœur est couvert d'une voûte à liernes et tiercerons ornées de clefs pendantes.

  • Murs
    • pierre moellon enduit
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    2 vaisseaux, 1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • lambris de couvrement
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à plusieurs pans
    • toit en pavillon
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
  • Représentations
    • tête
    • squelette
    • ossement
    • feuillage
    • coquille
    • litre funéraire
    • ostensoir
    • étoile
    • chandelier
    • ciboire
    • hostie
    • putto ailé
    • sainte Colombe
    • tête humaine
  • Précision représentations

    Le chœur ainsi que les murs gouttereaux du bras sud du transept sont ornés d'une corniche en pierres de taille calcaires ; les rampants des pignons découverts du transept sont ornés d'angelots ou de têtes régulièrement espacées ; le sommet du pignon sud est orné d'un fleuron ; une statue de Notre-Dame en métal est disposée au faîte du pignon nord.

    La porte sud, visiblement remaniée, est surmontée d'un cadran solaire taillé dans la pierre calcaire ; un autre cadran solaire, incisé en relief, est présent sur le contrefort ouest du bras sud du transept.

    La porte nord possède un riche décor lié à sa fonction funéraire : le chambranle mouluré, orné d'une console feuillagée en agrafe, est encadré par deux pilastres avec chapiteaux cannelés ; le décor se poursuit en hauteur par un entablement avec corniche, frise et fronton triangulaire, lui-même surmonté de trois niches, celle du centre étant décorée d'un dais, les deux autres de motifs de coquilles. La frise présente un riche décor représentant, de l'extérieur vers l’intérieur, des têtes de squelettes encapuchonnées puis des cartouches décorés de rubans, encadrant deux fémurs entrecroisés au centre ; les inscriptions en latin présentes sur les cartouches n'ont pas pu être déchiffrées.

    Le dernier niveau de la tour clocher est orné d'un décor peint en rouge : à gauche, un ostensoir surmontant une étoile et encadré de chandeliers ; au centre, une croix encadrée de chandeliers ; à droite, un ciboire surmonté d'une hostie et d'une étole, encadré par deux étoiles. Les restes d'un décor de litre sont également visibles sur la plupart des murs extérieurs de l'édifice.

    Les clefs pendantes des voûtes sont ornées de feuillages stylisés ; les retombées sont ornées de culs-de-lampe ou de consoles ; les raccords entre les liernes et les arcs doubleaux/formerets des bras du transept sont ornés de chérubins ; ceux du bas-côté sont ornés de visages souvent grimaçants ou souriants, la plupart ayant les traits tumescents ou simplifiés ; la clef de voûte du chœur est ornée d'une colombe du Saint-Esprit.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à étudier
  • Éléments remarquables
    crypte, voûte
  • Protections
    inscrit MH, 2002/02/04
  • Précisions sur la protection

    Référence de la notice : PA72000019

  • Référence MH

Le dossier a été ouvert dans le cadre de l'enquête thématique régionale portant sur les peintures religieuses de chevalet en Pays de la Loire ; il a été repris dans le cadre de l'inventaire topographique de la commune de Courdemanche, mené en 2025-2026.

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 O 103/6. Église : réparations (1880-1928). Presbytère : travaux, location (1818-1934).

  • Archives diocésaines du Mans ; boîtes Courdemanche.

  • Archives communales de Courdemanche ; 2 M 1. Église. Toiture et installation électrique. Réfection. 1986.

  • Archives communales de Courdemanche ; 2 M 2. Église. Carrelage et voûte. Restauration. 1992-1993.

Bibliographie

  • CHARLES, Robert. Les chroniques de la paroisse et du collège de Courdemanche au Maine, Mamers, 1876.

  • ALOUIS, Victor. Lucé et ses environs jusqu'au milieu du XIVe siècle, dans Revue historique et archéologique du Maine, 1881.

Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2025, 2026
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Drac Pays de la Loire, CRMH
(c) Pays Vallée du Loir
Ferey Marie
Ferey Marie

Chercheuse auprès du Service Patrimoine de la Région des Pays de la Loire de 2017 à 2025.

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