Dossier d’aire d’étude IA72059728 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Forêt de Bercé
Courdemanche : présentation de la commune
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  • (c) Syndicat de Pays de la Vallée du Loir
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

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  • Aires d'études
    Forêt de Bercé
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    • Commune : Courdemanche

Avec une superficie de 24,02 km2 pour 614 habitants, la commune de Courdemanche est classée parmi les communes rurales de très faible densité. Aujourd'hui rattachée au canton de Montval-sur-Loir, elle faisait jusqu'en 2015 partie du canton du Grand-Lucé.

Éléments de géographie locale

Géologie et relief

Positionnée dans la partie sud-est du département de la Sarthe, la commune de Courdemanche est située sur le "plateau calaisien", région naturelle de collines de basse altitude dont le sous-sol est essentiellement constitué de roches sédimentaires, principalement de grès, sables, calcaires et argiles à silex, abondamment utilisés comme matériaux de construction dans le bâti local. Les coteaux calcaires présents sur le territoire, creusés de nombreuses galeries souterraines, fournissent également de la craie de tuffeau, notamment employée en chaînes d'angle et pour l'encadrement des ouvertures, mais aussi très régulièrement en parement de façade et en maçonnerie.

Hydrographie

Le territoire de la commune est marqué par la présence déterminante de la rivière de l'Étangsort qui s’y écoule selon un axe nord-est/sud-ouest avant de rejoindre la Veuve (affluent du Loir) en un point de contact avec les communes voisines de Saint-Pierre-du-Lorouër, Chahaignes et Lhomme. Le ruisseau de Vaux, qui suit un cours parallèle à celui de l'Étangsort et rejoint également la Veuve en aval au niveau de la frontière avec la commune de Saint-Pierre-du-Lorouër, marque également la physionomie orientée du territoire.

Paysages

L'ambiance paysagère de la commune est fortement marquée par la présence des deux vallées qui en structurent la trame, avec leurs coteaux pentus et les effets de belvédères qui en découlent, offrant de nombreux points de covisibilités qui animent les perspectives et adoucissent les espaces plus ouverts du plateau, légèrement en pente, par ailleurs contrebalancés par de nombreux éléments boisés, essentiellement concentrés sur les pentes et les crêtes des coteaux sillonnées de nombreux chemins creux, et dans les fonds de vallées plus humides, caractérisés par la présence de vastes pâturages et de prairies de fauche.

Implantation et organisation de l’habitat

Marquée par son identité agricole et son relatif éloignement des centres urbains environnants, la commune de Courdemanche présente un habitat rural très dispersé. Le chef-lieu, qui est aussi le village principal de la commune, se trouve à peu près positionné au centre du territoire, sur le cours de l'Étangsort ; le hameau de Brives, de plus petite taille, est quant à lui positionné à l'extrémité sud-ouest, également sur le cours de l'Étangsort, sur le passage d'un axe important de circulation reliant le Grand-Lucé à La Chartre-sur-le-Loir. Le reste de l'habitat consiste en un réseau de petits écarts, lieux-dits, fermes ou maisons de maîtres isolés, occupant principalement les vallons et les pentes des coteaux, plus rarement les hauteurs ouvertes du plateau sur lesquelles s'imposent largement les parcelles de cultures.

Données historiques

Antiquité

À l'époque gallo-romaine, le passage de Brives se trouve vraisemblablement sur la limite sud de la villa de Tresson, dont le territoire de Courdemanche semble alors faire partie ; l'hypothèse d'une occupation ancienne de la confluence de l'Étangsort avec la Veuve est par ailleurs étayée par la présence de vestiges d'un bâtiment d'époque gallo-romaine au lieu-dit Chantemêle.

Moyen Âge

Au VIe siècle, la villa de Tresson revient à l'abbaye de Saint-Vincent du Mans. Les moines y établissent alors plusieurs prieurés ; peut-être est-ce également le cas à Courdemanche, terre qui, selon la tradition, tirerait son nom du latin Curia Domini, littéralement, "la cour du seigneur", probablement en référence à l'établissement d'une résidence attachée à un personnage important qui s'y serait établi à l'époque mérovingienne.

La paroisse, qui prendra par la suite le nom de Curia Dominicali, se dessine quant à elle probablement au début du XIe siècle, au moment où s'affirme le nouveau système de féodalité locale autour des seigneurs de Lucé, vassaux des seigneurs de Château-du-Loir. Dans le courant du XIe siècle, plusieurs familles de seigneurs locaux apparaissent ainsi dans les textes, notamment les Riboles, lesquels possèdent des terres à Courdemanche et donnent peut-être leur nom à la Riboulière, site qui fut peut-être celui d'un ancien château-fort médiéval. Plusieurs autres seigneurs sont également mentionnés lors de transactions avec l'abbaye de Saint-Vincent, notamment un certain Hélinand, vassal de Gervais (évêque du Mans et seigneur de Château-du-Loir), lequel fait notamment don de l'église de Courdemanche aux moines de Saint-Vincent. Le fief de Vaux, principale seigneurie implantée sur la paroisse de Courdemanche, apparaît quant à lui dans les textes à partir des XII-XIIIe siècles, ainsi que plusieurs seigneurs qui y sont attachés, vassaux des seigneurs de Lucé, et qui possèdent sur leur terre de Vaux un "hébergement" d'importance, régulièrement mentionné dans les textes, et dont les mottes castrales présentes au lieu-dit la Cour de Vaux pourraient être les vestiges.

Temps modernes

L'état des fiefs et seigneuries de Courdemanche se précise essentiellement à partir des XVe et XVIe siècles. Les textes nous apprennent ainsi que les fiefs de la Bardoulière, la Bellangerie et la Ménistrie (Ministrie) (ces deux derniers étant parfois désignés comme simples métairies) relevaient à foi et hommage de la seigneurie de Vaux. De cette dernière, dépendaient également les fiefs de la Goufardière, la Clericière (Claircerie ?) et la Barberie, ainsi que les métairies de Fosse Foulon, la Frumendière (Fromendière ?) et de la Trepelière. De la Bardoulière, dépendaient la Roussardière et la Chauvinière. Les fiefs des Juguenières (dépendant des seigneurs de Saint-Georges-de-la-Couée) et de la Chiffière sont aussi mentionnés aux XVe-XVIe siècles comme étant situés sur la paroisse de Courdemanche.

La seigneurie de paroisse, difficilement identifiable (ou peut-être inexistante) au Moyen Âge, semble quant à elle s'affirmer à partir du début du XVIIIe siècle entre les mains des seigneurs de La Chartre (famille de Courtoux, puis Le Pellerin de Gauville, et enfin la Martelière) qui portent également à partir de ce moment-là le titre de seigneurs de Vaux. La seigneurie de Brives, longtemps rattachée à celle de Loudon (paroisse de Parigné-l'Évêque), apparaît alors pour sa part entre les mains de la maison de Murat et Montfort, dépendante de celle de Lucé ; en dépendent les fiefs de Chantemerle (Chantemêle), la Riboulière, la Pionnière (qui existe déjà au XVIIe siècle), la métairie d'Assé (Asse ?), le Fresne, ainsi que le moulin à blé au bas du bourg de Courdemanche.

XIXe et XXe siècles

Au début du XIXe siècle, la commune de Courdemanche connaît un certain dynamisme démographique ; le maximum de population est ainsi atteint en 1831 avec 1 804 habitants (en moyenne 1 600 entre les années 1800 et 1870). L'activité du territoire est alors essentiellement agricole (céréales, pomme de terre, arbres à fruits et vigne, élevage) et artisanale (importante fabrication de toiles de chanvre) ; on note également l'extraction des marnes et du tuffeau pour bâtir.

En 1884, le tramway de la Sarthe arrive à Courdemanche ; la gare, installée à Brives, prend place sur le tracé reliant Le Grand-Lucé à La Chartre-sur-le-Loir, prolongeant ainsi vers le sud la portion Le Mans - Le Grand-Lucé, inaugurée deux ans auparavant, et ce, jusqu'à l'année 1947 où la ligne cesse définitivement d'être exploitée.

Le déclin démographique s'amorce à la fin du XIXe siècle avec 1 237 habitants recensés en 1901, puis 973 en 1954. La commune connaît néanmoins une activité économique importante liée à l'exploitation d'une très vaste champignonnière à Pontencheri entre les années 1930 et 1990.

En 1992, Courdemanche rejoint la communauté de communes de Lucé, première structure intercommunale créée en Sarthe ; cette dernière fusionne en 2017 avec la communauté de communes du Val du Loir et la communauté de communes de Loir et Bercé pour former la communauté de communes Loir-Lucé-Bercé, elle-même intégrée au Pays Vallée du Loir.

Objets de l'étude

Sur l'ensemble de la commune, le recensement du patrimoine bâti a donné lieu au repérage de près de 375 édifices, ayant chacun fait l'objet d’une information minimale : désignation, localisation, datation, description sommaire. 175 fermes (dont une vingtaine traitées en écart), 174 maisons, 8 demeures, manoirs ou châteaux, 6 moulins et 3 lavoirs ont notamment été recensés.

Parmi ces édifices repérés, 23 ont fait l'objet d'un dossier individuel. Le village de Courdemanche et l'écart de Brives ont quant à eux chacun fait l'objet d'un dossier à part entière.

Outre le repérage d'un ancien château (mottes castrales de la Cour de Vaux), de plusieurs demeures et maisons de maîtres, ainsi que d'un important patrimoine domestique et agricole du XIXe et du début du XXe siècle, l'enquête a notamment permis d'identifier une vingtaine de logis de ferme anciens (antérieurs au XIXe siècle), caractérisés par leur importante pente de toit et leur absence de surcroît. On notera également la présence remarquable de très nombreux aménagements troglodytiques (une trentaine de sites repérés sur la commune, dont la plupart apparaissent déjà sur le cadastre de 1834), principalement à usage de celliers, plus spécifiquement de caves, parfois aussi de remise, d'atelier, de fournil ou d'étable. Certains d'entre eux se distinguent par leur ampleur (carrière puis champignonnière de Pontencheri) et/ou leur nature (galerie résultant d'une exploitation en carrière de pierre de taille calcaire au Greletterie ; habitat troglodytique à la Haute Guénerie). S'ajoutent à cela plusieurs celliers semi-enterrés, parfois associés à des pressoirs à fruits conservés, ces derniers éléments témoignant, entre autres, d'un riche patrimoine communal lié à la viti/viniculture et à la pomiculture.

Bibliographie

  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, 1974 (1829).

  • ALOUIS, Victor. Lucé et ses environs jusqu'au milieu du XIVe siècle, dans Revue historique et archéologique du Maine, 1881.

  • ALOUIS, Victor, HERVE, Louis. Lucé et ses environs aux XVIIe et XVIIIe siècles, Revue historique et archéologique du Maine, 1890 et 1891, tomes 28 et 29.

  • ALOUIS, Victor. Les Coësmes, seigneurs de Lucé et de Pruillé, 1ère partie : de 1370 à 1508, Mamers, 1884.

  • ALOUIS, Victor, LEDRU, Ambroise. Les Coësmes, seigneurs de Lucé et de Pruillé, 2e partie : de 1508 à 1601, Mamers, 1888.

  • RAGUIN, Martin. La Cour du Seigneur, histoire de Courdemanche, auto-édition, 2017.

Annexes

  • Tableau de repérage des fermes de Courdemanche
  • Tableau de repérage des maisons de Courdemanche
  • Tableau de repérage des demeures, manoirs et châteaux de Courdemanche
  • Tableau de repérage des édifices autres de Courdemanche
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2026
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