Dossier d’aire d’étude IA72058916 | Réalisé par
Ferey Marie (Contributeur)
Ferey Marie

Chercheur auprès du Service Patrimoine de la Région des Pays de la Loire.

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  • inventaire topographique, Les faubourgs manceaux
Quartier de Saint-Pavin-des-Champs
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Mans (Le)
  • Adresse
    • Commune : Le Mans
      Adresse : avenue, Rubillard, rue , Montoise, avenue de la Libération
      Cadastre : 2019 AL / AM / AN / AO / LS / LV / MP / MR / MS / MT

Saint-Pavin-des-Champs, du village au quartier. Diagnostic patrimonial disponible ICI.

1. Saint-Pavin ancien

Le mobilier funéraire exhumé au début du XXe siècle témoigne d'une occupation des sols dès le IIe siècle après J.-C. sur la zone de Saint-Pavin.

Les prémices de l'histoire de Saint-Pavin-des-Champs sont intimement liés à l'évêque du Mans Domnole au VIe siècle. Il crée un hospice de pèlerins dépendant de l'abbaye Saint-Victor dont il confie le service au moine Padouin ou Pavin. Cet hospice est situé sur la rive droite de la Sarthe, à l'emplacement de la future paroisse de Saint-Pavin. Le moine y fonde avec le soutien de Domnole, une école considérée comme une des plus anciennes du diocèse du Mans. Les sources restent muettes jusqu'en 1069, date à laquelle le seigneur Foulques de Ribole et son épouse Béatrix cèdent l'église de Saint-Pavin-des-Champs à l'abbé d'Evron. Ainsi, Saint-Pavin-des-Champs devient un des deux prieurés de l'abbaye d'Evron, avec Saint-Symphorien-en-Champagne.

Les archives les plus anciennes conservées sur Saint-Pavin-des-Champs concernent la vente ou la cession de quartiers de vignes au XIIIe siècle. Le bourg de Saint-Pavin est mentionné le 29 septembre 1626 à la suite d'une épidémie de peste puis à nouveau en 1752 lors d'un incendie qui détruit la quasi-totalité des maisons de la rue Saint-Pavin. Les quelques traces architecturales conservées de la période pré-révolutionnaire témoignent d'un bourg aggloméré autour de la rue Saint-Pavin, d'une zone dense autour de l'avenue de la Libération et de hameaux isolés tels que celui de la Fossetterie.

2. Saint-Pavin révolutionnaire

La Révolution bouleverse le rapport à la terre et en particulier les principes de propriété. Comme sur l'ensemble du territoire français, les biens de l'Eglise sont confisqués, ouvrant dès lors la possible acquisition d'une réserve foncière étendue aux abords du Mans. Avec, notamment, la fin des enclos conventuels (représentant 55 hectares), la densification urbaine débute et de nouveaux quartiers voient le jour tels que celui de l'Etoile. A Saint-Pavin-des-Champs ce sont principalement des propriétaires privés qui acquièrent les terres confisquées à l'Eglise majoritairement des vignes ou des bois.

3. Saint-Pavin indépendant

Après la Révolution, Saint-Pavin-des-Champs impose son statut de commune indépendante dont l'identité est marquée par la présence de tisserands. La structure architecturale des maisons : cave à demi excavée avec ouverture sur rue, perrons d’entrée à marches de pierre, est traditionnellement considérée comme dévolue à l'activité de tissage. Cette activité proto-industrielle décline nettement dans la seconde moitié du XIXe siècle.

L'évolution de la population de Saint-Pavin de 1780 à son rattachement au Mans en 1855 indique une nette croissance démographique jusqu'en 1848. Un ralentissement de 1848 à 1855 est bien entendu à comprendre à travers les épisodes révolutionnaires et les famines répétées de la fin des années 1840. L'accroissement de population entraîne des premières modifications, notamment dans les équipements comme la translation du cimetière primitif. La comparaison des plans cadastraux de 1812 et 1846 permet d'affirmer qu'autour du petit bourg concentré sur l'axe du Pavé, des maisons ont été construites entraînant la création de nouveaux chemins et constituant les prémices d'une extension urbaine modifiant complètement la physionomie du territoire. Ainsi, du fait des constructions nouvelles qui s'y sont établies, les habitants réclament le 20 novembre 1835 la reconnaissance des voies Toussaint, Union, Guillot-Ami et Puits de la Chaine comme voies publiques. Le processus de construction de logement et donc de lotissements à petite échelle privés a certainement débuté dans les années 1820, en témoignent un nombre important de ventes dans les actes notariés.

Pourtant, au milieu du XIXe siècle, la commune de Saint-Pavin-des-Champs conserve un caractère rural. L'enquête agricole de 1842 indique la part importante des sols dévolus à la culture et aux élevages ou encore couverts de bois.

Le projet d'annexion des communes limitrophes par la ville du Mans débute en 1822. Des débats et des enquêtes auprès de la population (principalement défavorables) sont menés jusqu'en 1855, date de l'annexion définitive, à laquelle la commune s'étend sur 757 hectares.

4. Saint-Pavin, le faubourg

Bien que les années 1820-1830 aient posé les prémices d'une extension urbaine, la fabrique de la ville émerge avec force dans la seconde moitié du XIXe siècle. Avec l'arrivée du chemin de fer en 1854 et le rattachement de la ville au Mans, les terres du quartier de Saint-Pavin encore vierges de construction deviennent particulièrement attractives. Les mouvements de construction de la matrice cadastrale indiquent bien un pic de constructions nouvelles entre 1869 et 1877. Ainsi, le nouveau quartier de Saint-Pavin, bien que pas encore sujet aux grands projets d'urbanisme et donc pas encore touché par une urbanisation commandée par les pouvoirs publics locaux, débute son expansion en transformant sa physionomie de petit bourg rural en véritable continuité de la ville du Mans sous l'impulsion de lotisseurs et d'entrepreneurs locaux. A la fin du XIXe siècle, les grands travaux entraînent une nouvelle modification territoriale qui tend vers une volonté de modernité. Ainsi, la construction de la caserne, le percement de la rue Gambetta et le reconstruction de l'église sont des projets urbains qui façonnent le visage moderne du quartier.

Dans la première moitié du XXe siècle, des projets de lotissements privés et publics voient le jour et la personnalité de certains architectes locaux prend de l'ampleur. Les constructions normalisées ou non s'implantent dans les dents creuses d'un quartier déjà bien constitué ou continuent d'étendre la ville vers les zones rurales.

L’emprise choisie pour l'étude du quartier de Saint-Pavin est contenue entre l’avenue Rubillard, la rue Montoise puis l'avenue de la Libération jusqu'à la voie ferrée. Elle ne correspond pas à la géographie de l'ancienne commune. En effet, l'aire d'étude intègre une partie de Saint-Georges-du-Plain et de la ville du Mans pour permettre l'étude d'une entité territoriale cohérente.

Le quartier s'est développé en "tache d'huile" autour du bourg ancien de Saint-Pavin-des-Champs correspondant à la rue Saint-Pavin, à l'avenue de la Libération et au début de la rue du Pavé. Le parcellaire est majoritairement composé de maisons mitoyennes à deux travées alignées sur la rue et donnant sur un jardin arrière créant des respirations en cœur d'îlot.

Les rues anciennes (Rubillard, Montoise, Libération, Saint-Pavin, Pavé, Mûriers, Armand Saffray, Ambroise-Paré et Grande-Rue) sont identifiables par leur caractère sinueux, alors que les autres voies du quartier sont clairement percées plus tardivement, du fait d'une urbanisation progressive. Leur physionomie rectiligne prouve une conception orthonormée du territoire.