Dossier d’œuvre architecture IA49010791 | Réalisé par
Durandière Ronan (Contributeur)
Durandière Ronan

Chercheur auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
;
Le Corre Chloé (Rédacteur)
Le Corre Chloé

Stagiaire Conservation départementale du patrimoine (1/03/2022 à 29/07/2022).

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique départementale, Confluence Maine-Loire
Manoir puis château de la Roche-aux-Moines, dit le Domaine aux Moines ou la Bruère
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Confluence Maine-Loire
  • Commune Savennières
  • Lieu-dit la Roche-aux-Moines, la Bruère
  • Cadastre 1835 B4 1153  ; 2017 B 1192
  • Dénominations
    manoir, château
  • Appellations
    Domaine aux Moines, la Bruère
  • Parties constituantes non étudiées
    communs, allée, mur de clôture, portail, bassin

Situé sur un éperon rocheux dominant la Loire, le site de la Roche-aux Moines tire son nom de la topographie du lieu et de son appartenance, depuis au moins le XIIe siècle, aux moines de l’abbaye bénédictine de Saint-Nicolas d’Angers. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les moines avaient pour "manoir seigneurial", en haut du coteau, une "grande maison, avec cour d’entrée, haut et bas jardins, parterre vers le nord" et "pressoir". Un plan du fief de l’abbaye Saint-Nicolas, daté de 1763, en figure le plan au sol, de forme rectangulaire, à l’emplacement du bâtiment actuel, couvert d’un toit à longs pans avec croupes. Le pressoir et son appentis étaient adossés au pignon sud. Le plan figure également la présence d'un vivier. Vendue comme Bien national à la Révolution, la propriété est acquise le 29 mars 1791 par Léonard Jean Chevalier. L’acte de vente mentionne "la maison de la Roche-aux-Moines sise paroisse d’Épiré, composée d’un grand bastiment de nouvelle construction, une grange où est un pressoir, une cour d’entrée en laquelle est une chambre, un bas jardin au levant de ladite cour, un autre jardin et parterre au nord de ladite maison, au coin duquel est une douve. Le tout dans un tenant contenant environ deux boisselées compris les emplacements des maisons, le pressoir, portoires et ustanciles dudit pressoir".

La propriété appartient en 1835 à Jean Justin Chevalier de la Petite-Rivière (1780-1828), époux de Marie Eugénie Claire de Mieulle (1796-1874). C’est sans doute à ces derniers qu’il convient d’attribuer la construction du logis actuel. La façade principale à cinq travées et deux avant-corps latéraux surmontés de frontons triangulaires ajourés, les chaînes d’angle à bossages qui les encadrent et l’alternance des baies couvertes tantôt de linteaux, tantôt d’arcs plein-cintre, traduisent l’architecture néo-classique angevines des premières décennies du 19e siècle. Largement inspirée de celle du logis principal, l’architecture des communs, traditionnellement datés de 1816, pourrait être l’œuvre de François Louis, dit François père, à qui l’on pourrait dans ce cas aussi attribuer la construction du logis.En 1840, Eugénie Louise Dorothée Chevalier de la Petite-Rivière, épouse de Théodule Bouvais de la Fleuryaie, hérite du domaine. Le couple est à l’origine d’un projet d’aménagement des jardins, sous la direction du paysagiste André Leroy. Si des aménagements intérieurs ne sont pas à exclure à cette période, le volume général du logis, similaire à celui du cadastre de 1835, y compris les trois perrons en façade antérieure et la double volée de marche ouvrant sur le jardin au nord, n’a pas été touché. Il en est de même pour le grand bâtiment de communs, abritant écuries et pressoir, lui aussi antérieur à 1835. A la mort d’Eugénie Chevalier de la Petite Rivière en 1898, la propriété revient à Yvan Bouvais de la Fleuryaie. En 1925, elle est vendue à Georges Alexandre Benz-Bischel, célèbre constructeur automobile allemand. Celui-ci entreprend sans doute plusieurs travaux de modernisation des intérieurs comme en attestent les plans dressés en 1926 par l’architecte Ernest Bricard. Georges-Alexandre Benz vend le domaine dès 1928, à Roger Faure, architecte installé 25 avenue de Messine à Paris, qui en entreprend la restauration et redessine le jardin à la française tel qu’il subsiste aujourd’hui. Sa mère, Yvonne Judith Laure Gallay en hérite à sa mort, le 27 mai 1940, et constitue le domaine en société civile immobilière.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 19e siècle
    • Principale : 2e quart 20e siècle

Le Domaine de la Roche-aux-Moines ou château de la Bruère, tel que son nom apparaît sur le plan d'André Leroy, se compose d'un ensemble de bâtiments datant probablement du début du 19e siècle : un grand logis, de plan rectangulaire, et des communs, abritant chai, pressoir, logements et écuries. Le logis s'élève sur quatre niveaux : un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. Il est couvert d'un toit à longs pans d'ardoises avec croupes. La façade principale, à cinq travées, est composée d'un corps central encadré de deux avant-corps latéraux. Couverts de frontons triangulaires ces derniers sont ajourés de petits jours en plein-cintre. Les portes du rez-de-chaussée, auxquelles on accède par une volée de marches, sont couvertes par des arcs en plein-cintre avec agrafe à la clé. Les fenêtres du rez-de-chaussée et de l'étage sont couvertes de linteau. La lucarne centrale du comble est à fronton, les deux latérales sont en plein-cintre, peut-être plus tardives, elles ont possiblement remplacé un attique comme sur la façade arrière. Les avant-corps latéraux sont encadrés par des chaînes d'angle à bossage en tuffeau. Les étages sont délimités par un cordon du même matériau. La façade sur jardin offre une ordonnance légèrement différente de la façade antérieure. Les baies du rez-de-chaussée sont des portes fenêtres en plein cintre alors que les étages comportent des baies à linteau. Surtout, la façade ouvre sur une terrasse accessible par deux volées d'escaliers tournant symétriques, protégées par une main courante avec balustres en poire.

  • Murs
    • enduit
    • tuffeau pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    sous-sol, en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site classé, site patrimonial remarquable
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1986/03/14
  • Précisions sur la protection

    Façades et toitures du logis et des communs, le portillon du bois, le jardin en terrasse avec la charmille, la salle à manger avec son poêle en faïence, le salon et la bibliothèque avec leurs décors (cad. B 691, 692) : inscription par arrêté du 14 mars 1986 ; Angers, Béhuard, Bouchemaine, Denée, Mûrs-Erigné, Possonnière (la), Rochefort-sur-Loire, Sainte-Gemmes-sur-Loire, Saint-Jean-de-la-Croix, Savennières : "Site formé par la Confluence et les coteaux Angevins" (site classé par arrêté du 23 février 2010) ; L’Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP) sur les communes de Béhuard, Bouchemaine et Savennières a été approuvée le 10 avril 2017 et est devenue un Site Patrimonial Remarquable (SPR) de pleindroit en application de la loi LCAP (loi relative à la Liberté de la Création, de l’Architecture et du Patrimoine) du 7 Juillet 2016.

  • Référence MH