Dossier d’œuvre architecture IA44004598 | Réalisé par
Lelièvre Françoise
Lelièvre Françoise

Chercheur, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

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  • inventaire topographique
Lotissement concerté, 1 à 35 rue Pierre-Jubau ; 2 à 12 rue Pierre-Chevry ; 1 à 7 rue Pierre-Chevry, Paimbœuf
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Paimbœuf (commune)
  • Commune Paimbœuf
  • Adresse 1 à 35 rue Pierre-Jubau , 2 à 12 rue Pierre-Chevry , 1 à 7 rue Pierre-Chevry
  • Cadastre 1810 163 à 167 ; 203 213  ; 1999 A 2ème feuille 394 ; 396  ; 399  ; 401 403  ; 406 408  ; 435, 436  ; 438  ; 442, 443  ; 889  ; 100, 1001  ; 1178  ; 1219 1220  ; 1402  ; 1471  ; 1496  ; 1576 1577  ; 1656 à 1658  ; 2018 2019  ; 2105  ; 2107 à 2110

Le 3 janvier 1766, Michelle et Marthe-Eulalie Grou, les sœurs de l'armateur nantais Guillaume Grou, acquièrent du duc de Villeroy les métairies du Petit Paimbœuf et du Bois Gautier. En 1779, parallèle à la Loire, au troisième rang, le long d'une nouvelle rue dite longtemps la rue Neuve (actuelle rue Pierre-Jubau) une bande de terrain d'environ 58 mètres de profondeur divisée en deux lots par la rue du Bois-Gautier (actuelle rue Pierre-Chevry) est distraite de la métairie du Bois-Gautier. Un lotissement de seize parcelles de 48 pieds (15,55 mètres), 50 pieds (16,2 mètres) et 61 pieds 6 pouces (20 mètres) de large voit le jour dont une à l'est, n° 5 et n° 7 a été divisée dès l'origine en deux lots. Deux propriétaires se porteront acquéreurs de deux lots contigus, les n° 13 et n° 15 rue Pierre-Jubau pour Jean Croiset et les n° 21, n° 23 de la rue actuelle pour Jean-Baptiste Lecour Grandmaison, le premier sous arrentant immédiatement le lot n° 13. Aucune contrainte de façade n'est mentionnée au moment de l'arrentement des lots mais, au cahier des charges accompagnant la création du lotissement, figure l'obligation de clore la parcelle par un mur de pierre, de maitriser l'écoulement des eaux du côté de la rue qui doit être pavée et de bâtir dans l'année. La date 1788 portée par la maison n° 35 rue Pierre-Jubau laisse supposer, jusqu'à l'achèvement de l'ensemble, une campagne de construction d'une dizaine d'années. La pression foncière caractérisant le développement de la ville portuaire dans le dernier quart du siècle a présidé à la création du lotissement. La largeur des seize parcelles très proche de celles proposées pour l'île Feydeau à Nantes une cinquantaine d'années auparavant, correspond au double des premiers découpages parcellaires opérés à la fin du XVIIe siècle : 50 pieds pour chaque parcelle de l'îlot situé à l'ouest et 6 x 48 pieds et 3 x 61 pieds 6 pouces pour l'îlot situé à l'est de la rue Pierre-Chevry à la rue Florent-Gariou. Les acquéreurs ou plutôt les arrenteurs des lots résident à Paimbœuf ; la moitié sont déjà propriétaires de maisons au nord de part et d'autre de la rue du Général-De-Gaulle, l'une du côté de la Loire, la seconde de l'autre côté de la rue communiquant en fond de parcelle à la rue Pierre-Jubau. Ils ne pourront idéalement étendre leurs acquisitions vers le sud au droit de leur première propriété mais ils en restent proches. Pour l'exemple, le boulanger Mathurin Hervé habite le n° 35 de la rue du Général-De-Gaulle ; il arrente le lot n° 19 rue Pierre-Jubau.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle

L'échelle des parcelles aurait pu induire une autre manière de bâtir, de distribuer, d'orner ; il n'en a rien été. Les maçons vont doubler la maison type, deux corps de bâtiment de plan en L articulés par un ou plusieurs escaliers en charpente accessible du passage ou de la cour, qui, affrontés, forment un ensemble de plan en U ; les trois premières maisons à l'est n° 1-3, n° 5 et n° 7 contraintes par l'étroitesse parcellaire ou le jeu de la copropriété y échappent. La prégnance des savoir-faire locaux, le mimétisme et l'importance de la fonction locative figent la distribution. Seul emprunt lié à l'importance de la largeur des parcelles, la porte cochère ; elle donne accès à la cour, cette dernière précédant un petit jardin d'agrément et un jardin potager aux limites sud de la parcelle entourée de mur. Les maisons d'angle ne sont pas concernées : la maison n° 35, malgré l'illusion entretenue en façade sur la rue Pierre-Jubau, n'est pas traversée par un passage cocher ; la porte ouvre sur le corps de l'escalier. De nouveaux gabarits émergent, des maisons de trois étages pour un nombre de travées variant de trois à sept ; cinq travées, trois étages carrés, un étage en surcroît avec lucarnes passantes pour la maison n° 19 (voir la carte postaleLa rue Pierre-Jubau, vue prise du n° 23 (à droite) vers le n° 1, au centre la maison n° 19 (actuellement détruite).La rue Pierre-Jubau, vue prise du n° 23 (à droite) vers le n° 1, au centre la maison n° 19 (actuellement détruite).) ; trois travées, trois étages carrés pour la maison n° 27 ; quatre travées, deux étages carrés, un comble à surcroît, pour le n° 23 ; sept travées, deux étages carrés et un étage en surcroît pour la maison n° 9. La contrainte de bâtir dans l'année n'est pas liée à une obligation de façade, du moins les archives ne le précisent-elles pas. Pourtant l'unité des façades des maisons n° 11, n° 15, n° 27, n° 29, n° 31, n° 33, n° 35 pourrait le laisser croire. Nous pourrions également y associer les deux maisons n° 13 et n° 25-25 bis malgré l'absence des petites fenêtres carrées de l'étage en surcroît remplacées par d'imposantes lucarnes passantes sur le modèle de celles élevées rue Général-de-Gaulle. L'arc segmentaire et la plate-bande droite sont indifféremment utilisés en façade sur la rue. Les maisons d'angle (n° 23 et n° 25-25 bis) disposant de deux façades, l'une sur la rue Pierre-Jubau, la seconde sur la rue Pierre-Chevry, combinent la maison, des petits logements annexes sur la rue Pierre-Chevry et des activités artisanales (forge).

  • Murs
    • gneiss
    • granite
    • tuffeau
    • moellon
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise
  • Plans
    plan régulier en U
  • Étages
    1 étage carré, 2 étages carrés, 3 étages carrés, étage en surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
    • toit en pavillon
  • Escaliers
    • escalier dans-œuvre
  • Statut de la propriété
    propriété du département
    propriété privée