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Usine de tissage de toile métallique Gantois, actuellement usine de charcuterie industrielle Prunier, 25 rue de la Jatterie

Dossier IA72000431 inclus dans Bourg de Connerré : faubourg de Couasnon et avenue de Verdun réalisé en 2005

Fiche

  • L'usine depuis la rue.
    L'usine depuis la rue.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier
    • logement patronal
    • cour
    • portail
    • mur de clôture
    • puits

Dossiers de synthèse

Précision dénominationtissage de toile métallique
charcuterie industrielle
Appellationsusine de tissage de toile métallique Hamot puis Gantois, usine de charcuterie industrielle Prunier
Parties constituantes non étudiéesatelier, logement patronal, cour, portail, mur de clôture, puits
Dénominationsusine
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Connerré
Adresse : 25 rue de la
Jatterie
Cadastre : 2019 AH 8-9-297-298-323-360-361

Aucun bâtiment ne figure à cet emplacement sur le cadastre napoléonien de 1836, qui se situe dans un quartier alors non urbanisé mais qui se développe suite à la construction de la voie ferrée Mamers-Saint-Calais en 1872. Les origines de la manufacture connerréenne de toiles métalliques Bienvenu, puis Hechinger, puis Pelletier, puis Hamot, puis Beucher, puis finalement Gantois, remontent à 1849, mais la production se trouvait à l'origine en plein centre-bourg, rue Faidherbe. C'est probablement vers 1910 qu'on fit construire de nouveaux bâtiments situés rue de la Jatterie, inaugurant avant l'heure la future zone industrielle de la Herse, déployée dans les années 1960.

Le logement patronal et les bâtiments en moellons enduits à gauche et à droite de la cour sont datables du 1er quart du XXe siècle. Ils sont visibles sur des photographies du début du XXe siècle, ainsi qu'un très grand bâtiment fermant le fond de la cour, aujourd'hui remplacé par les constructions en tôle. Ce bâtiment, où se trouvaient les ateliers de tissage, se présentait comme une vaste nef avec deux bas-côtés en appentis et possédait une façade à trois travées avec l'enseigne de l'usine peinte. Il se prolongeait par une série de sheds : le tout a aujourd'hui disparu. Le bâtiment au centre de la cour, couvert d'une série de toits à longs pans, non visible sur ces photographies, pourrait dater des années 1920. Les lucarnes de la maison et les piliers du mur de clôture sont également postérieurs aux premiers clichés de l'usine.

Le développement de l'entreprise et la diversification de ses activités entraînent l'ajout de nouveaux bâtiments en béton dans les années 1930, notamment une usine de peinture sur toile. Ces constructions ont aujourd'hui disparu. Par manque de rentabilité, l'entreprise Gantois ferme ses portes en 1965, sonnant le glas de la fabrication de toiles métalliques à Connerré.

En 1972, les bâtiments sont réinvestis par l'entreprise Prunier, héritière des rillettes de Connerré. Les activités de cette usine, alors située près de l'église en plein centre-bourg, sont peu à peu transférées dans les nouveaux locaux (ateliers de fabrication des pâtés et ballotines en 1988, atelier de fabrication des rillettes en 1997). Les bâtiments sont agrandis et restructurés à plusieurs reprises, en 1997, 1999 (atelier pour le conditionnement des rillettes), 2003-2004 (nouveaux bureaux, nouveaux ateliers de maintenance et de stockage), 2007 (atelier de tranchage, vestiaires, chambres froides).

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : limite 20e siècle 21e siècle

Il reste de l'usine du début du XXe siècle quelques bâtiments en brique situés dans la cour, couverts de tuile mécanique. L'élément principal est le logement patronal, imposante maison orientée au nord-ouest, couverte d'un haut toit à longs pans et à croupes percé de lucarnes. La façade principale, à trois travées, présente des ouvertures en arc segmentaire dont l'encadrement alterne brique et pierre de taille. Les fenêtres possèdent des appuis moulurés et des garde-corps en fer forgé. La toiture est ornée d'une bordure de rive, d'épis et d'une crête de faîtage en terre cuite. La cour est fermée par un mur de clôture ponctué de piliers.

Dans l'environnement immédiat de l'usine se trouvent plusieurs modules de maisons récurrents, sans doute des logements ouvriers construits à l'initiative de l'entreprise. Ainsi, deux maisons identiques aux n°46 et 50 rue Ledru-Rollin pourraient être la seule concrétisation d'une autorisation donnée aux établissements Gantois en 1927 d'établir une cité ouvrière près de la voie ferrée Mamers-Saint-Calais. La même usine est probablement aussi à l'origine de plusieurs maisonnettes construites sur un même modèle très basique que l'on retrouve avenue Pasteur et rue de la Jatterie.

Mursbrique moellon enduit
Toittuile mécanique
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
État de conservationbon état, remanié

Refus de visite.

Statut de la propriétépropriété d'une personne morale

Annexes

  • La fabrication de toiles métalliques tissées à Connerré (d'après des documents et souvenirs de Mme Herbelin, ancienne secrétaire de direction de l'usine Gantois de Connerré).

    La fabrication de toiles métalliques tissées apparaît à Connerré en 1849 avec l'ouverture, par Florent Bienvenu, d'une petite manufacture de cinq ouvriers, située en centre-bourg près du Dué, rue Faidherbe. La fabrique Bienvenu se développe rapidement et obtient plusieurs récompenses dès les années 1850. D'après Philippe Landais, ses productions sont à destination de toutes sortes d'industries "raffineries de sucre, moulins à farine, papeteries, pressoirs à huile, féculeries et tamiserie en général". En 1865, l'usine se distingue en confectionnant une toile en fils d'argent destinée à la table du shah de Perse.

    En 1869, l'affaire passe aux mains de Louis-Auguste Bienvenu, frère de Florent, et de François-Joseph Hechinger son gendre, seul à la tête de l'entreprise à partir de 1873. Vers 1885, Hechinger confie les rennes de l'entreprise de Connerré à l'un de ses employés, Édouard Pelletier. L'entreprise connaît alors un grand développement, perfectionnant son outillage, construisant de nouveaux ateliers et produisant une grande variété d'objets en toile métallique, allant des couvre-plats aux masques à abeilles, en passant par les boules à thé... La maison Pelletier connaît une renommée importante, participant à l'exposition universelle de 1889 (médaille d'argent), exporte ses produits sur tous les continents et se voit confier des commandes importantes comme en 1891 la confection de 108 000 mètres de toile spéciale destinée à l'armée. Elle participe également à la mise au point de nouveaux types de toiles comme la toile dite vitro-métallique. M. Pelletier, maire de Connerré, sera fait chevalier du Mérite agricole en 1893.

    Dans les années 1890, l'usine est toujours localisée rue Faidherbe ; on compte une centaine d'employés en 1900 : 60 ouvriers tisseurs, 15 préparateurs, 25 femmes dévideuses ou apprentis. Bien que l'entreprise soit florissante, M. Pelletier la vend aux enchères en 1909. Elle échoit ainsi à Henri Hamot, qui ne la garde que quelques années. En proie à des difficultés financières, elle ferme quelques années avant d'être rachetée en 1917 par Just Beucher : elle devient alors une filiale de la tréfilerie Beucher de Chezelles à Fismes (Marne), qui fusionne en 1919 avec les établissements Gantois, société basée à Saint-Dié (Vosges). Le siège social de la société Gantois et Beucher réunis se trouve à Paris. Lors de la Première guerre mondiale, le matériel de tissage de l'usine de Reims est mis à l'abri à l'usine de Connerré où il sert à la fabrication de masques à gaz. La date de construction de l'usine située rue de la Jatterie, le long de la voie ferrée Mamers-Saint-Calais, et de déménagement de l'entreprise n'est pas connue mais se situe dans les années 1900-1910.

    L'usine de Connerré se spécialise dans la fabrication de grosses toiles (moustiquaires et garde-manger). Elle possède une usine de peinture sur toile, seule prototype en Europe. En 1927, les établissements Gantois et Beucher obtiennent la rétrocession d'un terrain bordant la voie ferrée et l'autorisation d'établir une cité ouvrière près de l'usine (projet non réalisé ?). La même année, Beucher se retire de l'affaire en 1927, laissant seul Gantois à la tête de l'entreprise. En 1929, un incendie allumé par un pyromane génère 1 300 000 F de dégâts à l'usine. L'année suivante, la foudre s'abat sur les bâtiments, allumant un nouvel incendie rapidement maîtrisé. Un atelier en partie effondré devra être reconstruit.

    Dans les années 1930, l'usine de Connerré développe une activité de grillagerie. Mais la hausse des salaires, le manque de rentabilité et de débouchés, ainsi que le développement de nouvelles technologies (métier à tisser japonais battant 500 coups/minute contre 80 pour l'usine de Connerré) entraîne le déclin puis la fermeture de la branche connerréenne de l'usine Gantois, suite à une série de grèves, en 1965. Le personnel est licencié avec un préavis de 12 mois. C'est la fin de l'industrie des toiles métalliques à Connerré : l'activité de tissage est recentrée sur Saint-Dié et l'unité de grillagerie est transférée à Rennes.

    D'autres fabriques du même type, mais de moindre ampleur, sont signalées à Connerré par les archives au XIXe siècle : en 1868, Eugène Rousseau, fabricant de toiles métalliques, déclare des travaux à sa propriété située faubourg de La Rochelle. Au regard des matrices cadastrales, on peut supposer qu'elle fut rachetée par Bienvenu peu après. A partir de 1889, on trouve également une fabrique de toiles métalliques appartenant à M. Emile Marchand à Rebillon, à l'extrémité du faubourg de Couasnon. Un bâtiment du début du XXe siècle subsiste de cette ancienne fabrique, rue Jean Mermoz : surnommée "la petite usine", elle a fermé avant l'entreprise Gantois, dite "la grande usine".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ;13 F 347. Collection Calendini, commune de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 P 1582. 1852-1879 : carnets des établissements industriels de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 5 S 343. 1927-1928 : alignements le long de la voie ferrée Mamers-Saint-Calais, commune de Connerré.

  • Collection particulière. Vers 1910-1965 : papiers de l'usine Gantois de Connerré, collection de Mme Herbelin Jacqueline.

Documents figurés
  • Collection de cartes postales et photographies anciennes, Connerré. (Archives municipales de Connerré).

  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

Bibliographie
  • COURCELLE, André, PELLETIER, Alphonse. Connerré, monographie de notre cité. Connerré : mairie de Connerré, 1982.

    p. 121-124, 133-136
  • PRUNIER, Christian et alii. Savourons avec la Maison Prunier. Paris : éditions Comaral, 2008.

    p. 216-217
Périodiques
  • LANDAIS, Philippe. Les toiles métalliques Gantois à Connerré. La Vie Mancelle, n° 456, juin 2018.

    p. 37-39
(c) Conseil départemental de la Sarthe ; (c) Pays du Perche sarthois ; (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Truillet Jonathan - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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