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Moulin à farine dit Moulin de Drézeux

Dossier IA44004163 réalisé en 2007

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellationsmoulin de Drézeux
Dénominationsmoulin à farine
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Lieu-dit : Drézeux
Cadastre : 1819 T2 2506 ; 2000 XL 7

La première mention actuellement connue du moulin de Drézeux est de 1466, mais une analyse dendrochronologique pratiquée sur le beffroi de sa trempure, en octobre 2009, à permis de fixer la date d'abattage des pièces de chêne du cadre nord dudit beffroi des années 1394-1417, celle de la pièce centrale - palier soutenant la pointe du petit-fer - des années 1467-1487, et celle des pièces en orme du cadre sud de l'hiver 1517-1518. Par ailleurs, l'étude de l'élévation interne du moulin met en évidence la présence de deux cavités carrées diamétralement opposées, bien maçonnées, en pierre de taille, situées dans le même axe et à la même hauteur que le palier déjà mentionné, et qui pourraient avoir contenu un palier de trempure plus archaïque et antérieur au beffroi actuellement en place. Le moulin pourrait donc avoir été construit dans le courant du XIVe siècle, datation que peut conforter la présence des sommiers à coussinets de la porte de la tourelle. À cette époque, on ne pouvait accéder à la cage que par l'extérieur, en montant à une échelle appuyée au seuil de l'une des deux portes hautes. Comme nous l'avons déjà indiqué, les mécanismes de trempure sont ensuite modifiés dans la fourchette 1394-1417, puis réparés à la fin du XVe siècle et au début du suivant. Le petit escalier disposé à l'opposé de la porte et permettant de monter à la cage depuis l'intérieur du moulin, lui-même accessible grâce à une échelle intérieure, a peut-être été aménagé à la même époque. Cette nouvelle circulation avait pour but la protection et la sécurité du meunier lors des montées à la chambre des meules : cette disposition est de toute évidence inspirée par celle des moulins-tours. Dans la cage, en haut du mur de la tour, un corbeau en granite porte le graffiti gravé : 155[ ]. À une date inconnue, peut-être au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle, les meules sont descendues au niveau du plancher de la cage, et un plancher intermédiaire est établi à environ 2 m de hauteur dans la tourelle, où a pu être installé un bluteau de modestes dimensions. Le moulin a ensuite fonctionné sans modifications importantes jusqu'à la fin du XIXe siècle. Une carte postale du premier quart du XXe siècle le montre encore couvert de sa coiffe traditionnelle en essentes, tandis que ses ailes dépourvues de la plupart de leurs verrons attestent qu'il avait été désaffecté depuis quelques années.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle

Le moulin de Drézeux, du type à petit-pied, est construit en moellons équarris de granite : son pied avec empattement présente une forme conique s'évasant vers le haut, portant une chambre des meules cylindrique débordante et raccordée audit pied par un encorbellement concave. La toiture conique actuelle, y compris la charpente, est une rénovation du quatrième quart du XXe siècle. La hauteur totale de la tourelle est de 6 m. On pénètre dans le pied par une porte dont les sommiers débordant et amortis en quart de cercle portent un important linteau de granite. L'intérieur de l'édifice est de plan circulaire (3,70 m de diamètre), et conserve une partie de son pavement en dalles de granites. À 2,20 m de hauteur dans l'axe et à l'opposé de la porte, un petit escalier de quatre marches axiales et de deux marches latérales montant vers la gauche, permet d'atteindre l'étage au moyen d'une échelle posée dans le pied. La partie haute du pied passe du plan circulaire au plan carré par l'intermédiaire de pans coupés latéraux ; à cette hauteur, dans l'axe de la porte et du petit escalier se trouve le beffroi d'une trempure composée de deux cadres latéraux (fin XIVe siècle et début XVIe siècle) équipés de poutres mobiles formant support d'un palier (fin XVe siècle) posé en travers de ces deux dernières. Sur la face supérieure du palier (3e levier), une crapaudine métallique (XIXe siècle) à quatre vis horizontales de réglage est en place, qui recevait la pointe du petit-fer. L'une des extrémités de la poutre latérale gauche du cadre nord (2e levier) reposait d'un bout sur un point fixe et était munie à l'autre extrémité d'une tige métallique qui passait à travers le plancher pour pouvoir être manœuvrée depuis l'étage pour régler l'écartement des meules grâce à un anneau qui était relié à 1er levier muni d'un contrepoids. Dans les parois latérales de la partie supérieure du pied, quasiment au même niveau que le palier (2e levier) décrit ci-dessus, existent deux cavités se faisant face, mesurant environ 30 centimètres de côté et profondes de 38 cm ; il s'agit probablement des logements d'un palier de trempure primitive qui pouvait être actionnée par un levier à vis ou à contrepoids. Les deux poutres supérieures du beffroi de la trempure se trouvent au niveau du sol de l'étage, et toutes deux portent, vers sud-est, les traces de l'assemblage d'une poutre horizontale ; leur face supérieure est trop usée côté nord-ouest pour savoir si une poutre parallèle à la première existait antérieurement. Les deux portes hautes de la chambre des meules ne sont pas disposées sur le même diamètre : elle forme un angle de 140 degrés seulement, l'une étant orientée vers sud-est et l'autre vers sud-ouest. Cette disposition laisse supposer que les vents dominants étaient de nord-ouest, et permettait une utilisation plus facile des portes en fonction de la direction la plus fréquente du vent. Les montants en granite de taille de la porte sud-ouest, conservent les encoches qui supportaient autrefois le treuil (travaouillet) servant à monter et à descendre les sacs ; l'encoche du montant droit est une simple cavité d'environ 5 centimètres de profondeur. Sur le montant gauche l'encoche forme une cavité verticale allant en s'approfondissant jusqu'à un repos situé à la même hauteur que la cavité du montant droit. Pour mettre en place le treuil, qui devait être un peu plus large que la distance entre les deux montants, il fallait donc engager l'une des extrémités de l'axe dans la cavité de droite puis abaisser l'autre extrémité dans l'encoche du montant gauche jusqu'au blocage sur le repos. La pierre du seuil des deux portes hautes est usée par le passage des sacs.

Mursgranite
enduit
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toitardoise
Étages1 étage carré
Couverturestoit conique
Escaliersescalier dans-œuvre : échelle
Énergiesénergie éolienne
Typologiesmoulin à vent petit-pied
États conservationsétablissement industriel désaffecté

Moulin petit pied excepetionnel car il conserve son mécanisme de réglage manuel d'écartement des meules (trempure).

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • 1466 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; B 1458).

    « Aveu de Jehan Madic devant la cour de Guérande pour « ung moulin avent avecques une petite meson couverte de pierre et ung courtill joignant a icelle o toutes leurs appartenances [ ] qu´ils sont susd. entre le village de Queniquien d´une part et Tesson d´aultre joignant a deux chemins [ ] de Dreyseux d´une part et l´autre chemin par ou l´on vient dud. lieu de Saint Yves a Sainte Katherine d´aultre. ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 1458. Aveux rendu pour le manoir et domaine du Dreseuc possédés par Guillaume du Dréseuc (1400), Jean du Dréseuc (1416), Olivier, héritier d'Aubin du Dréseuc, son frère (1419), Guillemette Deno, veuve d'Olivier (1430), Jean Madic, seigneur de Dréseuc (1466) ; Olivier, héritier d'Éon du Dréseuc (1480), Pierre Madic (1535), Perronnelle du Dréseuc, dame de Tremello et de la Haie de Maure, héritière de Gillette de Robien, épouse de Poncet du Dréseuc, sieur et dame d'Escoublac (1587). 1400-1680.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 1473. Aveu rendu à la seigneurie de Campzillon par Olivier Madic, seigneur du Dreseuc. 1572.

Bibliographie
  • Parc naturel de Brière. Inventaire du petit patrimoine de Guérande. Fiches de renseignement sur les moulins de Guérande, par Josick Lancien, 1996

  • LE DIGOL, Yannick, BERNARD, Vincent, COUTURIER, Yann. Le moulin de Drézeux. Rapport d'étude dendrochronologique, Rennes : Dendrotech, n° DT-2009-030, octobre 2009.

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