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Manoir, puis château de Bissin

Dossier IA44003754 réalisé en 2009

Fiche

  • Vue d'ensemble depuis le sud.
    Vue d'ensemble depuis le sud.
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  • Parties constituantes

    • mur de clôture
    • chapelle
    • dépendance
    • puits
    • vivier
    • étang
    • pigeonnier
    • jardin d'agrément

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Appellationsmanoir de Bissin, château de Bissin
Parties constituantes non étudiéesmur de clôture, chapelle, dépendance, puits, vivier, étang, pigeonnier, jardin d'agrément
Dénominationsmanoir, château
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Lieu-dit : Bissin
Adresse : Bissin
Cadastre : 1819 H2 802, 803, 806 ; 1962 H2 663 ; 2000 BM 81

La seigneurie de Bissin, relevant de Careil, appartenait dès la fin du XIVe siècle à la famille du Châtel. Guillaume du Châtel, capitaine de Guérande, est seigneur de Bissin en 1379. La terre passe ensuite dans le courant du XVIe siècle dans le giron de la famille de Condest. Aliénor de Condest rend aveu pour le manoir et domaine de Bissin en 1540.

Dans le dernier quart du XVIIe siècle ou dans les premières années du XVIIIe siècle, Michel Roger, avocat au parlement de Paris, rachète Bissin et une partie de la châtellenie de Careil qui avait été divisée en 1674. En 1704, il entreprend la reconstruction totale du logis à l'emplacement de l'ancienne maison noble et en confie les travaux à Julien Coedro, maître-maçon, Olivier Le Poitevin, maître-charpentier et Julien Jouin, maître-couvreur d'ardoises, des artisans locaux. La somme totale du marché s'élève à 700 livres tournois. Les matériaux sont notamment prélevés sur l'ancien logis ainsi que sur la métairie de Bézans dont la destruction est ordonnée.

L'aveu rendu au Roi en 1749 décrit la maison de Bissin consistant en deux corps de logis l'un au midy et l'autre au levant, une grande cour au midi dudit logis et une autre au nord, jardin, mur au-devant de la première cour, chapelle, autre seconde cour, petit jardin, muré avec des clairvoyes au devant de laditte cour.

D'après ce même aveu, cinq métairies dépendent du domaine : les métairies de la Cour et de Hors la Cour (nommée métairie de l'Avenue de Bissin sur le cadastre de 1819), de Kerfas, de Bézans et de Kerlany. Le moulin de Bissin, mentionné dès 1532 et dépendant primitivement de la seigneurie, est encore visible sur le cadastre de 1819 (1819 H2 767).

Dans les premières années du XIXe siècle Françoise-Marie Bossart, épouse en secondes noces de Jean-Louis Fournier du Pellan rachète à la famille Roger la terre de Bissin. Leur fils, François-Louis-Marie-Anne, est maire de Guérande de 1848 à 1849 puis de 1855 à 1860 ; fonction qu'occupera également son propre fils cadet, Gaston (1838-1882), maire de 1871 à 1878 et conseiller général de Loire-Inférieure.

C'est sans doute à ce dernier que l'on doit la restauration du château entre 1871 et 1882. Ses armes - d'argent, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, à une bordure engrêlée de sable, chargée de huit besants d'or, trois en chef, deux et deux en flancs et un en pointe - associés à celles de sa femme Joséphine-Éléonore Green de Saint-Marsault - de gueules à trois demi-vols d'or, posés deux et un - sont encore visibles sur l'une des lucarnes de la façade sud.

Le logis conserve visiblement les volumes et la distribution de la maison construite par Michel Roger en 1704. Les pièces s'organisaient de part et d'autre d'un vestibule d'entrée. Elles se composaient, à l'est, d'une salle de 15 pieds de long sur 13 pieds de large ouvrant sur un cabinet de 15 pieds sur 10. À l'ouest, le vestibule desservait une cuisine de 14 pieds sur 13, équipée d'une cheminée de granit toujours visible, à l'arrière de laquelle prenait place un office. Le logis était prolongé à l'ouest par une écurie de 14 pieds sur 11, encore observable sur une carte postale du début du 20 siècle, derrière laquelle se situait un cellier.

Le bâtiment nord a probablement été construit dans le courant du XVIIIe siècle car il n'apparaît pas dans le devis de construction de 1704. Il est en revanche signalé sur le cadastre de 1819.

Les travaux de Gaston Fournier du Pellan entre 1871 et 1882 ont visiblement consisté en la surélévation d'un étage du bâtiment XVIIIe, ainsi qu'en la construction du pavillon au centre de la façade. Ces travaux sont à rapprocher, sur le plan stylistique, du "château" de Brécéan au Pouliguen (actuellement Hôtel de Ville) construit pour Albert Fournier du Pellan le frère ainé de Gaston dans le troisième quart du XIXe siècle, peut-être par le même architecte.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Dates1704, daté par source
Auteur(s)Auteur : Coedro Julien maître maçon attribution par source
Auteur : Le Poitevin Olivier maître charpentier attribution par source
Personnalité : Roger Michel commanditaire attribution par source
Personnalité : Fournier du Pellan Gaston commanditaire attribution par source

Le château prend actuellement un plan en L avec un pavillon carré dans l'angle. Il s'élève sur trois niveaux : un rez-de-chaussée légèrement surélevé, un étage carré et un niveau de comble. Le pavillon d'angle comporte, lui, deux étages carrés.

L'aile sud, bien que très remaniée dans la seconde moitié du XIXe siècle, est sans doute la plus ancienne. L'élévation est ordonnancée à cinq travées. Seuls les frontons des lucarnes du comble possèdent un décor. La lucarne centrale, jumelée, est couverte d'un fronton brisé à volutes amorti par les armes de la famille Pellan du Fournier. Les quatre lucarnes latérales sont surmontées d'un fronton en plein cintre au décor de coquille Saint-Jacques surmonté d'un acrotère.

Le soin apporté au décor de cette aile témoigne visiblement d'une modification de l'accès principal du château dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'entrée s'effectuant désormais principalement depuis le sud. Ce nouvel accès, avec la création d'une maison de gardien, nommée la Porte, s'est peut-être accompagné d'un réaménagement du parc et des jardins du château.

L'aile nord, à cinq travées, pourrait dater de la fin du XVIIIe siècle comme semblent le suggérer les plates bandes clavées en tuffeau des fenêtres de l'étage et les lucarnes du comble. Un trumeau de cheminée conservé sur le mur pignon nord semble confirmer cette hypothèse.

Mursgranite
moellon
Toitardoise
Plansplan régulier en L
Étagesrez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
pignon découvert
noue
États conservationsdétruit, remanié
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété d'une société privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 1455. Aveux rendus au Roi pour le manoir et le domaine de Bissin possédés par Jeanne de Trégus, épouse de Jean du Plessis, héritière de Jacques du Châtel (1532) ; par Aliénor de Condest, fille de Jeanne de Trégus (1540), par M. Roger, écuyer, rapporteur du Point d'Honneur en la sénéchaussée de Guérande, et Madeleine Raphaël, son épouse (1760), seigneurs et dames de Bissin. 1532-1760.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 4 E 62/11. Marché de construction de la maison de Bissin. 11 décembre 1704.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 4 E 62/11
  • Archives départementales du Morbihan. 50 J 1-32. Archives du château de Kergoano en Baden. Titres de propriété de la famille Roger de Bissin. XVIIIe siècle.

Documents figurés
  • Cadastre ancien, 1818-1820 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; 7 P 2492).

  • Cadastre réformé, 1962 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; 7 P 2493).

  • Plan des landes de la Commune. Plan terrier. Toisé et dessiné par V. Lhermite du Croisic, 1753 (Archives communales de Guérande ; 1 N 9).

  • Carte postale (Archives privées de Michel Ganche).

Bibliographie
  • AUCLAIR, Georges. Bissin. Cahiers du Pays de Guérande, n°16, 1969, p. 8 et 15.

  • CORNULIER, Ernest de. Dictionnaire des terres et des seigneuries du comté nantais et de la Loire-Inférieure. Annales de la société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, 1860.

    p. 463.
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne comprises dans le territoire actuel du département de la Loire-Inférieure. Bulletin de la société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, 1896, t. 36.

    p. 172-176.
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