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Îlot 7, rue du Général-De-Gaulle ; rue Pasteur ; rue Pierre-Jubau ; rue Eugène-Durand, Paimbœuf

Dossier IA44004573 réalisé en 2004

Fiche

Dénominationsîlot
Aire d'étude et cantonPaimbœuf (commune)
AdresseCommune : Paimbœuf
Adresse : rue du, Général-De-Gaulle , rue, Pasteur , rue, Pierre-Jubau , rue
Eugène-Durand
Cadastre : 1810 196 ; 1999 A 2ème feuille 268 à 315 ; 848 ; 888, 892 ; 1193 1194 ; 1309 ; 1534 1535 ; 1648 ; 1672 1673 ; 1734 1735 ; 1821 ; 1987 1988 ; 1994

Une partie de la terre dépendant de la métairie du Bois Gautier dite le canton de la Garenne limitée actuellement par le quai Boulay-Paty au nord, la rue Pierre-Jubau au sud, la rue Pasteur à l'ouest, la place Frégate-Aréthuse et la rue Eugène-Durand à l'est, est lotie à la fin du XVIIe siècle. Une division parcellaire en longues lanières étroites perpendiculaire au fleuve est imposée, assortie d'une recommandation : laisser libre un passage de 24 pieds (7,77 m) pour le tracé d'une voie parallèle à la Loire. La rue a divisé le lotissement en deux îlots, l'un du côté de la Loire (îlot 5), le second au sud de la rue (îlot 7). La duchesse de Lesdiguières reste propriétaire du fonds ; elle offre contre une rente annuelle, aux futurs maître d'ouvrage la concession d'un lot et l'autorisation d'y construire. L'attribution des lots se fait de l'ouest vers l'est, pour plus du tiers le même jour, le 9 octobre 1691, un tiers entre 1692 et 1695, les quatre dernières parcelles à l'est, de 1699 à 1703. Seules les trois parcelles situées à l'angle sud-ouest de l'îlot 7, vraisemblablement tributaire d'un équipement antérieur (une corderie ?), échappe à l'orientation nord-sud et à la division en lanière. Une première campagne de construction suit l'arrentement des lots, des maisons avec boutique au rez-de-chaussée alignées sur la rue au nord et au sud de la voie principale, l'actuelle rue du Général-De-Gaulle. On enregistre une deuxième campagne dans la seconde moitié du siècle avant et après la guerre de Sept Ans. L'essor du commerce, l'augmentation de la population et l'absence de mise à disposition de nouveaux terrains, encouragent la surélévation, l'extension voire la reconstruction de la plus grande part des maisons, tendance qui se prolonge dans la première moitié du XIXe siècle. Quarante-sept unités d'habitation composent actuellement l'îlot 7 pour ce qui à l'origine devait correspondre à un peu moins d'une trentaine d'unités architecturales. Un sixième renvoie au module de la première campagne de construction, la maison d'une pièce au rez-de-chaussée (magasin de commerce) et une pièce à l'étage souvent en surcroît desservie par un escalier en œuvre ; plus de la moitié date de la campagne de reconstruction de la seconde moitié du XVIIIe siècle, en deux temps, autour de 1750 et dans les deux dernières décennies du siècle (1775-1800) ; le reste renvoie aux premières décennies du XIXe siècle, la reconstruction pouvant ne concerner que le corps principal sur la rue (ex : n° 37, n° 23). Le niveau de cave, systématique du côté de la Loire, est absent au sud de la rue (une exception : la maison n° 37 étendue à l'alignement de la rue dans le 1er quart du XIXe siècle).

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Les parcelles sont régulières, autour de 6 mètres en façade sur la rue pour une longueur de 55 à 95 mètres. Elles se caractérisent chacune par un fort désaxement nord-sud, les rues du Général-De-Gaulle et la rue Pierre-Jubau n'ayant pas la même orientation. Cette distorsion n'est pas restée sans incidence sur les plans. L'attraction de la rue commerçante a favorisé une implantation de l'ensemble des maisons au nord. Seule une maison sera construite au sud dans le dernier quart du XVIIIe siècle (n° 8 rue Pierre-Jubau) ; elle ouvrait à l'origine sur une vaste cour à l'ouest (l'ancienne cour Saint-Joseph). Se développent dans toute la longueur de la parcelle, le long d'une allée reliant les deux rues, des corps de bâtiment étroits couverts en appentis, maçonnés ou en bois répondant aux besoins du maître d'ouvrage : cellier, buanderie ou chaufferie, fournil, entrepôts (ex. : n° 22 rue Pierre-Jubau), ou pièces à feu ouvrant sur l'allée (ex. : cinq petites maisons en appentis déclarées en 1764 à l'extrémité sud de la maison n° 11 rue du Général-De-Gaulle). Leurs pignons sur la rue Pierre-Jubau ont souvent été retraités aux XIXe et XXe siècles. Un ensemble de trois parcelles d'environ 12 mètres de face sur 30 mètres de longueur situé à l'angle des rues Pasteur et Pierre-Jubau (n° 17, n° 19 et n° 21 rue Pasteur), soustrait au découpage initial, déroge à la règle. Sur le plan figuré de Paimboeuf en 1749 l'auteur y dessine en élévation un long bâtiment à trois entrées et en mentionne la destination et le maître d'ouvrage : hôtel des fermes bati par Rondineau. Il s'agissait d'un ensemble de trois maisons de rapport mises à disposition de services publics ou de bailleurs privés : hôtel des impôts, prévôté, logements. L'ensemble largement reconstruit sur la rue du Général-De-Gaulle dans la seconde moitié du XVIIIe siècle aurait la rigueur d'un lotissement concerté si des archives pouvaient le confirmer. Sans preuve, nous remarquerons seulement la duplication d'un plan : deux corps de bâtiment hiérarchisés, le second en appentis transversal, articulés par un corps d'escalier, ce dernier hors œuvre en charpente accessible depuis les parties communes (allée, cour, jardin). Le corps principal sur la rue d'une pièce sur trois à quatre niveaux s'inscrit sur l'emprise de la précédente maison après une démolition totale ou partielle. Le rez-de-chaussée, traversé latéralement par un couloir depuis la rue, était anciennement réservé au magasin de commerce ; la pièce unique à l'étage peut être cloisonnée, cette division permettant la création d'une seconde pièce ou d'une décharge ou d'un cabinet de travail. L'escalier éclairé par une travée de fenêtres est partagé ; quelques éviers de granite sont encore en place (n° 31). Le corps secondaire, étroit, simple en profondeur peut s'étirer sans contrainte sur la cour ou le jardin. Une succession de pièces avec ou sans cheminée, souvent du même nombre de niveaux que le corps principal, d'environ trois mètres de profondeur, s'étire vers le sud ; la première pièce au rez-de chaussée, est souvent dite servant de cuisine, la dernière, la plus proche du jardin et donc du puits pouvant être la buanderie ou la chaufferie. Pour une largeur de parcelle sensiblement égale, la façade courante est composée de deux travées et demi (la demi-travée correspondant à l'entrée latérale), deux maisons affichent deux travées simples (n° 31 et n° 35), deux maisons trois travées les n° 19 et n° 23 toutes deux de la fin de la période. La maison n° 49-51 étant construite sur une double parcelle n'a pas été prise en compte. En tenant compte de l'appauvrissement des façades constaté à partir des seules cartes postales (disparition des ouvertures du grenier, suppression des lucarnes passantes, modification des allèges, disparition de la modénature et du parement sous l'enduit en ciment), trois tendances se dégagent en élévation : un étage carré avec un comble à surcroît éclairé par de petites ouvertures carrées (n° 23), un étage carré et un étage en surcroit souvent souligné par d'importantes lucarnes passantes (n° 31), deux étages carrés (n° 11). Le XIXe siècle vient parfois doubler le corps principal du côté de la rue (n° 37 rue du Général-De-Gaulle) dégageant deux corps de bâtiment parallèles entre eux et à la rue desservis par un long corps d'escalier dans œuvre, parallèle et de même largeur.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Lelièvre Françoise
Françoise Lelièvre

Chercheur, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.


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