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Demeure, 12 rue de la Fontaine

Dossier IA85002279 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, logement, dépendance
Dénominationsdemeure, maison
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 12 rue
de la Fontaine
Cadastre : 1836 C 781, 782, 791, 792 ; 2019 AK 289 et 324

Le prieuré ou la Cour ?

Plusieurs hypothèses peuvent être émises au sujet de l'origine et de l'histoire de cette propriété avant la Révolution. Elle pourrait avoir été le siège du prieuré de Vix, dépendance de l'abbesse, mentionné dès les 13e et 14e siècles. Ce prieuré comprenait semble-t-il des bâtiments et différents biens fonciers, régulièrement mis en ferme. Le 18 septembre 1601, lors de la visite de la paroisse de Vix et Jehan Collart, prieur de Leton (Montnommé), on mentionne le prieuré "où anciennement il y avait des religieuses".

La propriété pourrait aussi avoir constitué la métairie de la Cour, dépendance de la seigneurie de Vix et de l'abbesse de Saintes jusqu'à la Révolution. Elle est mentionnée en 1681 et est mise en ferme à plusieurs reprises entre 1770 et 1785. L'appellation "la Cour" est d'ailleurs restée attachée à cette propriété et aux bâtiments qui l'entourent jusqu'au début du 20e siècle. En tout état de cause, le logis actuel a dû être construit dans la seconde moitié du 18e siècle. L'ancien logement, au sud-ouest de la cour, est peut-être plus ancien (début du 18e siècle ?).

La propriété de la veuve Mingueneau et de ses enfants

A la fin du 18e siècle, la propriété semble habitée par Pierre Lièvre (1730-1793), ancien meunier aux Six Moulins, puis fermier général de la seigneurie de Vix au nom de l'abbesse de Saintes, pour laquelle il passe les baux à ferme de la métairie de la Cour dans les années 1770-1780. Il semble qu'il rachète la propriété au moment de la Révolution. A sa mort, peut-être survenue ici, la demeure échoit à sa fille, Louise Lièvre (1756-1837), épouse de Jean Mingueneau (1733-1803), agent national sous la Révolution, huissier public puis juge de paix du canton du Gué-de-Velluire. Louise Lièvre semble d'abord demeurer dans une autre propriété (peut-être l'actuelle école privée) qu'elle lègue en 1813 à l'une de ses filles, Véronique Mingueneau (1790-1874) et au mari de celle-ci, André Prouzeau (1782-1852), maire de Vix de 1826 à 1847. Peut-être qu'à la suite de ce legs en 1813, la veuve Mingueneau vient habiter ici. En 1836, peu avant de mourir, elle procède à un nouveau partage de ses biens entre deux de ses filles (sa troisième fille, Véronique épouse Prouzeau obtient principalement des terres, ayant déjà reçu une maison en 1813). La partition de la propriété telle qu'on la retrouve au cadastre, établi la même année, est issue de ce partage :

- Louise Mingueneau (1792-1855), veuve de Louis Mion (1790-1828), hérite de la partie sud de la maison. L'acte de partage parle d'une "portion de maison actuellement occupée par la veuve Mingueneau (...), à prendre cette portion dans la partie du midi, consistant en une chambre au rez-de-chaussée, un corridor au nord, chambres au premier au-dessus de celle au rez-de-chaussée et du corridor". La veuve Mion obtient aussi la partie ouest de l'ancien logement au sud du logis, composé "de deux chambres basses, greniers au-dessus, ensemble une buanderie avec un grenier au-dessus", plus "un four, fournil et ballet".

- Marie-Anne Mingueneau (1789-1839), veuve de Pierre Guérin, receveur des contributions directes, et remariée avec André Augereau (1802-1877), rentier, obtient la partie nord du logis, soit, selon l'acte de 1836 : "le surplus de la maison occupée par la veuve Mingueneau (...) consistant en une chambre au rez-de-chaussée, une chambre au premier, un cellier y joignant au nord, un petit grenier au-dessus du cellier". Mme Augereau hérite aussi de la partie est (aujourd'hui disparue) de l'ancien logement attenant. L'inventaire après décès de ses biens, le 26 mars 1839, décrit les objets contenus dans la partie nord du logis qu'elle occupait avec son mari, soit le corridor d'entrée, une chambre au rez-de-chaussée, une autre à l'étage, une petite chambre au-dessus du corridor, une petite chambre et une laiterie séparées de la maison, une remise servant de cellier, avec grenier, située au sud de la cour, une écurie-étable au nord de la cour, une grange à l'ouest de la maison. Le partage de succession des biens de Marie-Anne Mingueneau épouse Augereau, le 22 juin 1839, mentionne la maison où elle habitait, dont elle avait hérité de sa mère et où habite encore son mari.

Des héritiers Mingueneau aux "folles de la Cour"

André Augereau, veuf de Marie-Anne Mingueneau, vit là sans doute jusqu'à sa mort, en 1877, tout comme le neveu de sa défunte épouse, Louis Mion (1811-1853), marié à Marie-Jeanne Pageaud (1811-1891). Parmi les huit enfants de ces derniers (trois garçons et cinq filles), plusieurs meurent jeunes et les autres restent célibataires. Les nombreux biens immobiliers de la famille Mingueneau-Mion (terres, marais...) échoient à leurs quatre dernières filles célibataires, Marie, Louise, Véronique et Euphrosine, restées trois après la mort de Marie en 1894, puis deux après celle de Véronique en 1907. Demeurant dans la maison familiale, et souffrant semble-t-il de handicap mental, elles sont surnommées "les folles de la Cour". Louise et Euphrosine, les deux dernières survivantes, ne sont plus mentionnées au recensement après 1911.

Période(s)Principale : 18e siècle

Cette propriété est située au coeur d'un des îlots du bourg. Elle était accessible à l'origine par un passage au sud reliant la rue Georges Clemenceau. Elle comprend une vaste cour avec, au sud, un logement et des dépendances, et au nord-ouest un logis. D'autres dépendances se trouvent au nord-est de la cour ; elles dépendent désormais de la propriété voisine.

En fond de cour (qui était au moins en partie pavée), avec un jardin à l'arrière, le logis est un corps de bâtiment de plan rectangulaire, à un étage. Sa façade ouvre sur la cour par quatre travées d'ouvertures (une baie au rez-de-chaussée à droite a dû être obstruée lors de la construction d'une extension en rez-de-chaussée). Toutes ces ouvertures, larges, possèdent chacune un linteau en arc segmentaire, le tout caractéristique du 18e siècle. Un arc de décharge en brique surmonte la porte. Celle-ci donne sur un vestibule d'entrée avec cage d'escalier. Une des pièces au rez-de-chaussée contient une cheminée (2e moitié 18e siècle ou début du 19e) dont le décor sculpté est constitué de moulures, de glyphes et de fleurs.

L'ensemble de bâtiments situé au sud de la cour aligne un hangar agricole et un ancien logement en partie transformé en remise. Ce logement (début ou milieu du 18e siècle ?) présente en façade des ouvertures en arc segmentaire ou délardé. A l'intérieur, divisé en trois pièces, on observe encore un pavement en pierre de taille et trois cheminées (19e siècle).

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
TypologiesMaison indépendante, Maison de maître, 4
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, B 1233, fol. 16v. 1681, 1er janvier : vente d'une vigne à Vix par Pierre et Michel Paiaud à Nicolas Paiaud, domestique chez Jean Turgné à la métairie de la Cour.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 38/486. 1836, 24 mars : donation-partage des biens de Louis Lièvre veuve de Jean Mingueneau.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/75. 1813, 21 février : testament-partage des biens de Louis Lièvre, veuve de Jean Mingueneau.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/95. 1839, 26 mars : inventaire après décès des biens de Marie-Anne Mingueneau épouse d'André Augereau ; 1839, 22 juin : liquidation de sa succession mobilière et immobilière.

  • Archives départementales de la Vendée, 4 G 1, folio 23. 1601, 18 septembre : visite de la paroisse de Vix par Jehan Collart, prieur de Lethon.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 2 Q 6119. 1891-1892 : registre des déclarations de mutations du bureau de l'enregistrement de Maillezais.

    Déclaration du 23 novembre 1891, vUe 12/101
  • Archives départementales de la Vendée, 2 Q 6124. 1894 : registre des déclarations de mutations du bureau de l'enregistrement de Maillezais.

    Déclaration du 14 septembre 1894, vUe 65/101
Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

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