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Château de Bonnétable

Dossier IA72058460 réalisé en 2015

Fiche

Dénominationschâteau fort
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes Maine 301 - Bonnétable
AdresseCommune : Bonnétable
Adresse : 19-21 rue
Maréchal Leclerc
Cadastre : 1835 E3 1738 ; PCI 2016 AI 3

En 1450, Jehan d'Harcourt obtint de Charles VII l'autorisation de rétablir et fortifier son château de Bonnétable, autorisation renouvelée par Louis XI en 1472.

En 1476, il passa marché avec honneste home Mathurin Delandelles, maczon demeurant à Coutures près Montsabert, pour la construction, dans un délai de quatre ans et pour 4000 livres tournois, d'un château situé sous la chaussée de l'étang de la ville. Le devis prévoit la construction d'un édifice d'une surface de 110 pieds carrés, constitué d'une cour quadrangulaire close de murs et cantonnée de quatre tours, d'un corps de logis à étage et galetas placé sur la courtine longeant la chaussée de l'étang, percé au rez-de-chaussée d'un portail voûté défendu par deux autres tours, et d'une chapelle à deux pignons, couverte d'une charpenterie à tiers point, le tout défendu par des machecouleys de grans corbeaux de pierre et couvert d’ardoises d'Angers. Il est prévu de distribuer chaque tour en trois chambres avec retraits, et le logis en seliers, puis aurez-de-chaussée en salle, portail voûté et grande chambre ou cuisine à deux cheminées, à l'étage en grande salle à deux cheminées et plusieurs chambres avec retraits et gardes-robes, dont trois en chacun retour de croisée de maison, et l'étage de comble en galetas. 40 croisées et demies croisées de pierre de taille, huit lucarnes et 37 cheminées sont prévues. Le bois doit être pris dans la forêt de Clossay et la pierre du vieil chasteau de Bonnestable réemployée (cf. annexe 1).

En 1479, un marché supplémentaire passé entre les mêmes attribua à Mathurin Delandelle, demeurant à présent à Bonnétable, un délai supplémentaire de trois ans pour parachever ledit chasteau de toute maczonnerie et cherpenterie couverture, et comme tout paiement la jouissance pendant quatre ans des revenus de la châtellenie de Bonnétable. A cette date les maçonneries et couvertures semblent en voie d'achèvement, mais les planchers, les huisseries et la vitrerie restent à faire, de même que le pavillon et l'eschaugette pour asseoir l'orloge. Une large partie des matériaux provient des terres de la chatellenie (pierre à chaux à Montihier, bois de charpente de la forêt de Clossay, grès pour le pavage à Montcollain), les ardoises furent achetées au Mans et les menuiseries fournies par le seigneur (cf. annexe 2).

Un autre marché pour le même édifice aurait était passé en 1486 entre les mêmes intervenants. Le chasteau neuf de Bonnestable est mentionné en 1491.

Vers 1550, des travaux furent menés pour Louis de Couesmes et Anne de Piseleu (blanchiment et pavage de la chapelle, achèvement des cheminées des tours et peintures de deux chambres).

En 1590, le château fut mis en état de défense pour François de Bourbon, prince de Conty (achat de couleuvrines).

En 1621, Henry Guillaume, maître architecte de la ville du Mans, commanda des pierres de grès pour la réparation du château de Bonnétable, probablement pour la construction de l'aile en retour gauche édifiée pour Anne de Montafié, comtesse de Soissons.

En 1644, à la mort de la comtesse de Soissons, la distribution du château comprenait chapelle, grande salle, cuisine, salle du commun, chambre du trésor des titres du château, plusieurs chambres dont celle de madame en galtas sur la grande salle, celle de feu monseigneur le Prince, les deux avec antichambre et cabinet, celle du concierge et celle de la chambre de dessus la cour.

Deux plans datés de 1739 et 1769 montrent le château et son parc. Le château, de plan quadrangulaire et bordé de douves, comprenait alors le corps de logis principal, desservi par deux escalier en vis dans des tours hors-oeuvre, l'aile en retour d'équerre gauche, desservi par un escalier intérieur rampe sur rampe, et la chapelle en retour d'équerre au nord. Depuis la rue, un portail à pilastres vermiculés ornés de têtes d'animaux fabuleux sculptés profondément dans la pierre et couronné d'un fronton donnait accès au pont-levis à flèche fermant le passage couvert du logis. Le château était alors divisé en appartements affectés à plusieurs officiers de la seigneurie et sa distribution fut remaniée entre ces deux dates par des cloisonnements.

Entre 1784 et 1786, la couverture d'ardoise fut réparée puis des pierres pour la façon d'un nouveau portail achetées. Entre 1799 et 1801, la tour nord-ouest, dite des prisons, fut abattue, les douves furent comblées, les pont-levis, herses et créneaux des murailles de ceinture détruits. En 1805, on rénova les deux appartements du régisseur puis en 1812 celui de la duchesse de Montmorency.

Entre 1880 et 1888, le château fut restauré, remanié et augmenté dans le style néo-gothique par les architectes Henri puis Louis Parent pour Sosthène de la Rochefoucauld et par l'entrepreneur de maçonnerie de Bonnétable Auguste Roger et les sculpteur et peintre manceaux Gaullier et Renouard, dans le but de créer une demeure alliant la rudesse de l’architecture féodale au confort d'une habitation moderne. Le corps principal restauré et redécoré, une nouvelle aile en retour constituée d'une chapelle et d'un pavillon fut ajoutée ajoutée à droite et l'aile gauche entièrement remaniée et augmentée de deux bow-windows. La partie droite du corps principal et l'aile gauche furent dévolus aux pièces de réception (salle des gardes, galerie donnant sur la salle à manger et le grand salon, salle de billard et bibliothèque sur deux niveaux dans la tour sud-ouest, grand perron donnant sur le parc), le reste distribué en appartements. Les deux escaliers en vis furent refaits, celui de droite en vis de saint-gilles, celui de gauche, plus ouvragé, à noyau ouvert. Les douves furent recreusées et le pont-levis refait.La pierre de Lavoux fut utilisée pour les lucarnes et la sculpture, ainsi que la pierre de Chauvigny et celle de Villaines pour les parements. En 1885, le château était équipé d'un bélier hydraulique et en 1890 d'une machine à vapeur destinée à l'éclairage électrique, en 1894 d'une lingerie à vapeur et d'une éolienne.

Synthèse :

1. Construction ex-nihilo du château dans le dernier quart du XVe siècle par Mathurin Delandelles pour Jehan d'Harcourt.

Du château construit entre 1476, date du devis initial, et 1491 environ, date de la mention du château neuf, subsistent le gros-oeuvre du corps de logis principal et de ses deux tours d'escaliers hors-oeuvre (escaliers refaits entre 1880 et 1888), ainsi que le gros-oeuvre des quatre tours qui le défendent et de la tour sud-ouest. Le logis, à étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage carré et étage de comble, largement éclairé sur la rue comme sur la cour par des travées de fenêtres terminées par des lucarnes, a peut-être comporté deux courtes ailes en retour (en chacun retour de croisée de maison), détruites par les augmentations postérieures. Dans cette hypothèse, les tours d'escalier étaient chacune placées dans les angles du corps principal et des deux corps en retour. Le pavillon couronnant la travée du portail est probablement le pavillon de l'orloge encore à construire en 1479. La chapelle s'élevait contre la courtine sud, peut-être en prolongement du corps en retour.

L'appareil défensif consistait en en avant-murs, mentionnés dans le devis de 1476 et correspondant peut-être aux murs crénelés fermant côté rue le jardin devant le château sur la vue cavalière de 1721, plusieurs canonnières placées notamment à la base des tours et sans doute desservies depuis des casemates placées dans l'étage de soubassement, absentes des différents devis mais visibles quelques dessins anciens et un chemin de ronde sur mâchicoulis à parapet de briques (état avant restauration attesté par un dessin de 1843) régnant probablement sur l'ensemble du périmètre.

2. travaux d'embellissement au milieu du XVIe siècle pour Louis de Couesmes et Anne de Piseleu.

Ces travaux ont été vus par les historiens locaux comme ceux de l'achèvement du château mais correspondent plutôt à des réparations et au renouvellement du décor, aujourd'hui disparu (plafond de chêne de la salle dite des chevaliers à l'étage du logis, divisé selon une description du XIXe siècle en carrés et losanges par des cartouches roulés en volutes et des pendentifs à jour, que terminaient des écussons fleurdelisés, des roses trémières ou les chiffres entrelacés du couple seigneurial). Le portail à pilastres vermiculés donnant sur la rue, connu par un dessin de 1739 et détruit dans le dernier quart du XVIIIe siècle, datait sans doute de cette campagne de travaux.

3. Construction de l'aile sud dans le premier quart du XVIIe siècle, par Henry Guillaume pour Anne de Montafié.

L'état ancien de l'aile en retour gauche du logis, ajoutée vers 1621, soit l'année suivant l'accueil du roi au château, n'est connu que par une description et un dessin du milieu du XIXe siècle. Placée à l'appui de la galerie qui reliait la chapelle à la tour sud-ouest, elle comptait un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble, éclairés par des travées de grandes fenêtres aux doubles croix de pierre sommées de lucarnes à fenêtres jumelées et frontons-pignons à volutes, et couverte d'une toiture élevée et pointue. Elle était distribuée en quatre pièces en enfilade desservie par un escalier rampe-sur-rampe placé au centre. Le même dessin montre la chapelle reconstruite dans l'angle du corps de logis principale et de la tour d'escalier nord, dans la même campagne de travaux ou peu après.

4. Restauration et augmentation dans le dernier quart du XIX eiècle par Henri et Louis Parent pour Sosthène de La Rochefoucauld.

Au cours de cette campagne de restauration des années 1880-1888 sous la direction d'Henri puis Louis Parent, le corps principal fut restauré, son décor sculpté renouvelé (introduction du thème de Mélusine) et les éléments défensifs recréés (recreusement des douves, installation d'un nouveau pont-levis). L'aile gauche fut entièrement remaniée dans le style néogothique pour mieux s'harmoniser avec le corps principal, et la distribution des deux corps fut profondément modifiée. Dans la même campagne de travaux, le château fut augmenté au nord d'une nouvelle chapelle (approximativement à l'emplacement de la chapelle précédente) et d'un pavillon.

Période(s)Principale : 4e quart 15e siècle, 1er quart 17e siècle, 4e quart 19e siècle
Dates1476, daté par source
1621, daté par source
1888, daté par source
Auteur(s)Auteur : Delandelle Mathurin
Mathurin Delandelle

Maître-maçon angevin dans la 2e moitié du XVe siècle.


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maître maçon attribution par source
Auteur : Parent Henri architecte attribution par source
Auteur : Parent Louis architecte attribution par source
Auteur : Guillaume Henry
Henry Guillaume

Maître architecte de la ville du Mans en 1621


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architecte attribution par source
Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsinscrit MH partiellement, 1991
Précisions sur la protection

Château (hormis le pavillon Nord 1880), communs, parc et potager (avec l'éolienne Bollée) et murs de clôture (cad. AI 1 à 3 ; AK 455, 499 ; E1 38 ; E2 86, 87) : inscription par arrêté du 29 novembre 1991.

Annexes

  • Marché du 15 juillet 1476 entre Jehan d'Harcourt, seigneur de Bonnétable, et mathurin Delandelles, maçon, pour la construction du château de Bonnétable

    Le quinzième de juillet l'an mil quatre cent soixante seze, en notre court de Bonnestable, en droict en personnellement estably honneste homme Mathurin Delandelles, maczon demourant à présent à Coutures près Montsabert soubsigné, etc..., confesse de sa bonne volonté sans nul pourforcement qu'il est tenu et promet par ces présentes à noble et puissant seigneur Monseigneur Jehan de Harecourt seigneur dudit lieu de Bonnétable, à faire et parfaire utilement, loyaulment et prouffitablement ung chasteau que mon dit seigneur fait faire construire et eddifier audit lieu de Bonnétable sous la chaussée de l'estang de la ville dudit lieu, jouxte et selon le devis qui s'enssuit.

    Premièrement la comprinse dudit chasteau aura cent dix piez en quarré et à chascun des coings de la dite comprinse et place sera fete une grosse tour, laquelle aura et portera vingt piez de dedans en dedans, et auront les murs desdites tours et ceulx de la sainture dudit chasteau six piez d'épesseur, et monteront ceulx de la dite sainture vingt piez de hault hors les terres jusques à l'alignement des avant murs, lesquels auront sept piez de hault et ainsy feront vingt sept piez que porteront et auront lesdites murailles de la dite sainture hors terre, et les deux tours des coigns d'abas dudit chasteau monteront quarante piez de hault, et aura en chacune trois bonnes chambres belles et honnestes, garnyes de huysseries, cheminées, croésées, ou demyes crouesées et retraiz ainsy que l'édiffice le requiert.

    Item un corps de maison tout le long de ladite chaussée à soixante piez au dessous d'icelle, auquel corps aura par bas une salle basse, laquelle portera quarante six piez de long de dedans en dedans et vingt quatre piez de large, pour laquelle salle fault une bonne grande cheminée, deux fenestres croisées et une demye croisée, et au bout de laquelle sera l'entrée du portail dudit chasteau, laquelle entrée sera voultée, et des deux coustés dudit portail ce feront deux tours pour garder l'entrée dudit portail, et oultre ladite entrée se fera une grant chambre, laquelle portera vingt quatre piez en quarré, en laquelle chambre aura deux cheminées, affin qu'elle serve de cuysine si tel est le playsir de mondit seigneur. Et portera tout l'estaige de ladite maison quinze piez de hault, et au bout desdites grants chambres ce fera une des quatre tours, en laquelle aura trois bonnes chambres l'une sur l'autre, lesquelels chambres porteront vingt piez de dedans en dedans garnies lesdites chambres de huysseries et fenestres crouesées ou demyes croesées, cheminées et retraiz ainsy que l'ediffice le requiert.

    Item en l'autre coing devers la ville qui est le bout de la salle, faut faire une tour de pareille fasson que celle dessus dite, et faut faire une autre salle haulte qui portera quarante six piez de long, vingt cinq piez de large et quinze piez de hault, pour laquelle salle faut deux bonnes grant cheminées, quatre grande crouessée assises à leur raison, et au bout de ladite salle ce fera une grande chambre a pavez, laquelle portera vingt cinq piez en quarré, et au bout de ladite chambre seront les chambres de la tour et au bout d'amont de ladite salle pareillement les chambres de la tour, toutes lesdites chambres garnies de garde-robes et retraiz ainsy qu'il appartient, et au deux bouts du corps de maison faut faire une longueur de chambres lesquelles porteront vingt cinq piez de long et seize piez de large, supposé que lesdites chambres porteront autant de largeur et de quarré que le corps de maison dessus dit, mais affin qu'il n'y ait nulz pilliers sortant hors la muraille en faut prendre huit piez de largeur pour trouver les garde-robes et les retraiz, et y aura trois chambre en chacun retour de croisée de maison qui sont six chambres, toutes lesdites chambres garnies de cheminées fenestres croisées ou demyes crouesées, huysseries, garde-robes et retraiz ainsi que à bon édiffice appartient, et sera ledit ediffice tout d'une haulteur et aura tout du long des salles cuysines et tours, selliers et fault que toute la place soit esligée si hault que l'eau ne face point de mal auxdits seliers.

    Item pour les galetas fault faire huit lucarnes de pierre de taille garnie de fenestres croisées et reprinses, revestues à crestes et espiz, ainsy, qu'il appartient.

    Item pour ledit ediffice fault faire deux viz bonnes et proffitables pour servir à icelluy ediffice tant bas que hault, et fault que l'une des viz porte six piez de marche entre sercle et noyau, et ne porteront lesdites marches que demy pie assise et l'autre viz ne portera que quatre piez et demy de marche entre sercle et noyau, lesdites viz garnies de lucarnes et fenestres tant croesées que demyes croisées ainsy qu'il appartient.

    Item fault faire audit chasteau une chapelle laquelle portera quarante piez de long de dedans les euvres et vingt quatre piez de large, et aura en ladite chapelle deux pignons de pierre menues et en chascun pignon une formete et d'aultres fenestres à la raison de ce qu'il en faudra, en laquelle chapelle ce fera deux chausse piuez pour servir à deux oratoires. Et sera la charpenterie de ladite chapelle à tiers point et couverte de fine ardoise de la plus fine que on pourra finer es perrières d'Angiers.Et faut que tout l'ediffice du logeys soit tout machecolz de grans corbeaux de pierre de taille et lessé au dessus dudit machecoleys avant murs ainsi qu'il appartient, et y aura audit ediffice trente et sept cheminées cinquante huisseries et quarante croisées toute de pierre de taille.

    Item fault faire pour fournir à l'ediffice dessus dit la cherpenterie cy après déclarée, premièrement fault quatre grosses pouldres soubz la première salle pour couvrir les seliers qui y sont et quarante et huit soliveaux et pour la tour du coing une pouldre et dix soliveaux.Et pour la grant chambre qui est au bout de ladite salle une grosse pouldre et XXIIII soliveaux et pour la tour du coing devers l'église une pouldre et dix soliveaux.

    Item à garnir le premier estaige tout au long fault neuf pouldres toutes portant un pié et demi et ung doigt de hault et ung pié et demi despes, et six vingt et huit soliveaux, touz lesdits soliveaux et pouldres reffaiz de hache et à vive areste ainsi qu'il appartient.

    Item pour l'autre estaige de dessus fault neuf pouldres et six vingt et huit soliveaux, le tout de pareille faczon que dessus reffaiz de hache et à vive areste ainsi que dessus est escript.

    Item sur l'ars des murailles fault mettre et asseoir doubles sablières et fault pour le corps de maison sans les tours soixante couples de chevrons tous à sept quartiers reffaiz de hache et à vive areste et fault que ledit chevron porte trente piez de long.

    Item pour chacune tour fault quarante chevrons qui sont en somme toute pour les six tours douze vingt chevrons touz à sept quartiers, et sera la cherpenterie desdites tours espiee à sa raison, et oultre fault faire la cherpenterie des deux vyz ainsy qu'il appartient et que l'ediffice le requiert, et faire la cherpenterie de huit lucarnes et tous les accompagnements dudit ediffice en touz les lieux ou il sera necessaire.

    Item fault que tout ledit ediffice soit couvert de la plus fine ardoise que on pourra trouver es perrières d'Angiers.Et lequel Delandelles promet faire parfaire et accomplir ledit chasteau et ediffice jouxte et selon le devis dessus déclaré et escropt de point en point en tous les articles du jour et feste de Toussaint prochainement venant en quatre ans lors en suivant par ainsi et moyennant que mondit seigneur lui sera tenu payer quatre mil livres tournois a quatre paiements, c'est assavoir pour lever les fondemens, les murs et tours tout à l'entour de l'aras des seliers mille livre tournois, et pour lever tout le premier estaige du premier logeys et les murs et tours à la haulteur mille livre tournois, et pour parachever ledit logeys et murailles mil livres tournois et pour faire la cherpenterie et couverture mil livres tournois.Et oultre mondit seigneur sera tenu de fournir de tout boys à faire ledit ediffice et bailler et livrer audit Delandelles toute la pierre du vieil chasteau de Bonnestable [lacune] reserve la chapelle et le plus de charroys qu'il lui pourra faire servir audit ediffice et livrer le boys pour cuire la chaux à faire ledit édiffice. Et quant à tout ce que davant est dit et divisé ledit Delandelles de sa part a promis faire tenir et accomplir de point en point et d'article en article et aux cousts mises et domaiges rendre et amender à mondit seigneur et à ses hoirs au plain dit du porteur de ces dites présentes après son serment sans aultres preuves s'aucuns en avoient ou encouroient par deffault dudit Delandelles de ce faire et accomplir et à ses héritiers soy ses hoirs et tous ses biens meubles et immeubles présents et à venir à prendre et à vendre renonçant, […]. Présents noble homme Maurisgon Gilles capitaine dudit lieu de Bonnestable, damoiselle Marguerite de Rocheffort son epouze, Loys Pillet chastelain dudit lieu de Bonnestable et aultres.

    (d'après copie manuscrite de Robert Charles (Archives départementales de la Sarthe : 7 F 50), et PIEL Frédéric, Le château de Bonnétable, Revue de l'Anjou et du Maine, T.4, Angers, 1859).

  • Marché du 7 janvier 1479 entre Jehan d'Harcourt, seigneur de Bonnétable, et Mathurin Delandelles, maçon.

    Sachent tous présent et à venir comme il soit ainsi que noble et puissant seigneur monseigneur Jehan de Harecourt seigneur de Bonnestable et de Tilly d'une part et honneste homme Mathurin Delandelles maczon demourant a présent audit lieu Bonnestable, d'autre, eussent fait certains accords et avoir accordé et appoinctements ensemble, lesquels ils disent estre à plaint contenus et declarez es letres faites et passés entre eulx touchant l'ediffice du chasteau que mon dit seigneur fait faire et ediffier de nouvel au dessoubs de la chaussée de l'estang de la ville dudit lieu de Bonenstable, lequel chasteau ledit Delandelles eust promis faire ediffier et le rendre prest aux termes et selon les devis contenus et declarez et dont expresse mention est faicte esdites lettres, et depuis mon dit seigneur eust été averty que ledit Delandelles n'eust pas fait ou peu faire ni accomplir ledit chasteau ainsi qu'il avoit et a promis et que bonnement ne le pourroit faire pour les prix et somme que mon dit seigneur lui en avoit promis paier, et pour ce est il en notre court de Bonnestable en droit par devant nous personnellement establiz mondit seigneur de Bonnestable d'une part, ledit Mathurin Delandelles, Jacquette sa femme de lui autorisée suffisamment par et devant nous quant a cest fait, honorable home Jehan Charron praticien en court laye demourant à present en la paroisse de Saint-Aignan d'autre part, soubzmettant eulx, leurs hoirs et tous leurs biens meubles et immeubles presents et a venir au pouvoir et juridiction de notre dite court et de toutes autres se mestier est quant à tenir en entérigner ce que s'enssuit :

    Confessent de leur bonne volunté sans nul pourforcement avoir fait et encore font par ces présentes les accords convenances promesses et appointements dont cy après sera parlé et qu'ilz sont telz : c'est à savoir que ledit Delandelles, sa dite femme et ledit Charron ensemble et chacun d'eulx par soy ezt pour le tout ont promis et promettent par cesdites présentes pour eulx et leurs héritiers ou ayant cause d'eulx faire et parachever ledit chasteau de toute maczonnerie et cherpenterie couverture et autre chose jouxte et selon le devis déclarés et contenus esdites lettres sur ce faites et passés entre mondit seigneur et ledit Delandelles et dabondant ont promis et promettent faire en oultre lesdits devis et contenu paver tout le logis et court dudit chasteau, hensoinier enduire et blanchir lesdits murs d'icleuy par tout ou il appartiendra tant dehors que dedans, fournir d'ardoise pour couvrir par tout ou besoin sera, et aussi fournir et faire asseoir es huys fenestres, pont, planchers et herses dudit chasteau toutes les ferrures et chaignes qui y sont ou seront necessaires, et les rendront fermant et clouant o clefs et serreures, en fournissant et faisant faire par mon dit seigneur toute la menuiserie.

    Oultre seront tenus fournir et faire asseoir ou il appartiendra et sera le plus licite et convenable le nombre de six heraignes de fer, dont les deux des petites tours ne vallent que une chacune du poix de six à sept cent livres, et avec ce fournir et faire asseoir toute la vitrerie et armes du Roy, du dauphin, de Harcourt, de Monseigneur et mademoiselle la plomberie qui appartient à faire, à asseoir audit chasteau ave cles espis et pananceaulx en armes, mesmes faire faire en oultre tous et chacun les planchers torchasseis et terrasseis d' yceluy chasteau, les enduire blanchir et paver et faire le pavillon avec deux pinacles revestus de crestes et espis et portant les armes du roy plaines de Harecourt avec les heaulmes en armes de pierre de taille tout ainsi qu'il plaira à mon dit seigneur, et generalement seront tenus faire et fournir toute la maczonnerie et cherpenterie nécessaire audit chasteau et aussi feront faire et asseoir en la court d'iceluy deux poilles de cuyvre ou chose suffisant et valable pour évacuer les eauls de ladite court et chasteau, et faire une eschaugette audit chasteau ou il sera le plus licite et convenable et pour asseoir l'orloge en une des tours, tout ainsy que a bon ediffice appartient et selon le contenu es dites lettres et chacune d'icelles passées entre mondit seigneur et ledit Delandelles et mesmes en ces presentes dedans trois ans prochainement venants cest assavoir la tierce partie au plus dedans ung an prochain venant, l'autre tierce partie dedans ung an lors enssuivant et l'autre tierce et dernière partie dedans ung an prochain après enssuivant.

    En les fins de laquelle année dernière desdits trois ans ycelux Delandelle, sa femme et Charron eulx, leurs hoirs et pour chacun d'eulx seul et pour le tout ont promis et promettent par cesdites presentes rendre prest ledit chasteau de toutes choses à ce point necessaires et formant tout ainsi qu'il appartient à bon et bel ediffice.

    Et pour ce bien faire et compectentement mondit seigneur a promis et promet auxdits Delandelles, sa femme et Charron ou a leurs hoirs ou ayant cause rendre et paier dedans la feste saint Julien prochainement venant la somme de quatre cens livres tournois par une fois seulement, et oultre leur a baillé et octroyé et encore par ces présentes baille et octroye et ils ont prins et accepte de luy aggreablement pour eulx et leurs aiant cause, du premier jour de ce present mois de janvier jusques à la revolution et accomplissement de quatre ans et quatre ceuillettes entières et parfaites d'illecques prochaines et continuelles.

    C'est a savoir la terre, chastellenie et seigneurie dudit lieu de Bonnestable, ainsi qu'elle se poursuit et comporte avecques tous et chacun les fruits proffis revenuz et émolumens d'icelle, et toutes et chacunes ses appartenances, circonstances, appendances et dépendances, tan en fié que domaine, avecques ce toutes et chacunes les choses immeubles et heritaulx que mondit seigneur a jouté et consolidé à ladite chastellenie et terre, et tous les acquests qu'il a fait au pays du Maine dont il est poseseur et à la jouissance de presant, sauf et reserve toutes et chacune les choses immeubles et heritaulx qu'il a acquises et traictes à soy de noble home Michel de Monthier et avecques toutes et chacune les garennes de ladite terre et chastellenie a chasser et mesme celels à oyseaulx, et oultre le pré de Cordé avecques deux cens bouesseaulx d'avoine mesure de Bonnétable et six porcs qui seront prins chacun an en et sur les mestairies de Trigaudières, Le Houssay et Thoiré que mondit seigneur a retenuz et reserves pour lui sauf toutes fois que s'il estoit ainsi que les choses darnierement acquises par mondit seigneur dudit Michel de Monthier ne fussent aucunement retirées par aucuns de ses lignagers en ce cas lesdits preneurs auront lerbe fanée fruis et revenus dudit pré de Cordé ledit temps et terme durant sauf toutes fois qu'ils ne lauront pas ceste année prochaine à venir si ladite harbe est fauchée et cueillie avant l'an révolu dudit acquest.... [règlement sur l'entretien des métairies et l'utilisation des étangs] et pourront iceulx preneurs ou leurs aiant cause prendre boys en la forest de Clossay pour toutes et chacunes les necessitez et affaires dudit chasteau pourveu toutefois qu'ils ne pourront prendre boys a merrain si non seulement pour faire des pouldres pour ledit chasteau quant on ne leur en vouldroit bailler ailleurs moins endomaigeable, aussi auront et pourront prendre et avoir le nombre de six chesnes à faire quarreaulx ou ou ce que bon leur semblera qu'ils leurs seront marchés es domaines de Monseigneur hors lasdite forest et tout autre boys pour parachever et faire ledit chasteau.

    Mesmes auront et prendront terre à faire bloc briques et pavés s'ils en treuvent de bonne à ce faire en la nuesse de mondit seigneur. Aussi auront et prendront si bon leur semble durant ledit temps le fourneau à cuire et faire la chaux et prendre de la pierre audit lieu de Monthier pour la noicessité et emplecte dudit chasteau. Et oultre s'ils treuvent aucune bonne perrière à tirer menue pierre en ladite nuesse de mondit seigneur ils en pourront prendre et tirer pour mettre et employer audit chasteau sans aucun contredit ou empeschement.

    Et aussi auront et pourront prendre et avoir toute la pierre qui est à Montcollain et environ pour employer audit chasteau et à paver la cour d'iceluy sans deffaire rien des murailles à présent estant sur le bout. Et par ces moyens mon dit seigneur est demeuré et demeure quitte envers ledit Delandelle et ses ayant cause de la somme de quatre mil quatre cent cinquante livres tournois, en quoi il estoit tenu et obligé à iceluy Delandelles par lesdits premiers contracts […]

    Et ont promis de ce acquitter […] et paier les achats de l'ardoise achaitée par Loys Pillet et dont il est obligé à Jehan Leboucher du Mans […].

    Donné le septième jour de janvier l'an mil CCCC soixante et dix-neuf.

    (d'après PIEL Frédéric, Le château de Bonnétable, Revue de l'Anjou et du Maine, T.4, Angers, 1859).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Sarthe : 7 F 50. Fonds Menjot d'Elbenne. Papiers Robert Charles. Extraits d'archives de fabriques : Bonnétable.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 7 F 50
  • Comptes de la régie du domaine du château de Bonnétable. 1752-1812. Archives du château du Chesnay, Torcé-en-Vallée.

    Collection particulière
Bibliographie
  • ESNAULT Gustave. Dictionnaire des artistes et artisans manceaux. Notes et documents de l'abbé Gustave René Esnault, publiés par L.J. DENIS. Laval : A. Goupil, 1899. 2 tomes.

    T. 1, p. 299
  • GUY, Auguste. Etude historique sur Bonnétable. Paris ; Autremencourt, 1995. 362 p. Fac-similé de l'édition de 1895.

  • PIEL Frédéric. Le château de Bonnétable [Extr. de la Revue de l'Anjou et du Maine, t. V et VI]. Angers, Impr. Cosnier et Laches, 1859.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : BIB AA 100
Périodiques
  • MAUMENE, Albert. Le château de Bonnétable au duc de Doudeauville (Sarthe). La Vie à la campagne : travaux, produits, plaisirs, 1 juillet 1908. Vol. IV. n° 41, pp. 11-16.

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