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Chapelle, église Notre-Dame-la-Banche, place Notre-Dame-la-Blanche

Dossier IA44004449 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Précision dénominationéglise paroissiale
VocablesNotre-Dame-la-Blanche
AppellationsChapelle Notre-Dame-la-Blanche
Dénominationséglise, chapelle
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Adresse : place
Notre-Dame-la-Blanche
Cadastre : 1819 Z ; 1989 AK 211

Les sources anciennes concernant l'édifice de Notre-dame la Blanche ne sont pas connues. Peut-être endommagé par le sac de Guérande opéré par Louis d'Espagne en 1342, le bâtiment comporte sur son revers de façade occidentale un cartouche signalant son édification par le duc de Bretagne Jean de Montfort en 1348 (ajout du XIXe siècle). C'est là qu'est signé en 1381 le second traité de paix de Guérande passé entre le duché de Bretagne et le royaume de France.

Une chapellenie Saint-Yves est « servie au grand aultier » de Notre-dame avant 1447. François du Drézeuc y fonde une chapellenie Saint-Sébastien en 1538. Le droit de patronage de la chapellenie de Notre-dame la Blanche appartient au moins depuis 1571 au seigneur de Careil (commune de Guérande).

L'église paroissiale Notre-dame la Blanche semble perdre ce statut au cours du XVIe siècle ; simple chapelle, elle appartient désormais à la fabrique de la collégiale Saint-Aubin.

Un cartouche placé six assises au-dessus de l'oculus de la façade occidentale accueille la date de 1712.

Vendue comme bien national à la Révolution en 1796, l'édifice sert désormais de remise et de magasin à fourrages. La sacristie sur le pan nord-est est détruite et une porte charretière perce le chevet. Cédé à de nombreuses reprises durant la première moitié du XIXe siècle, l'édifice est ainsi décrit par l'opposition au conseil municipal le 17 décembre 1848 : la destruction de son clocher, de ses voûtes, de ses vitraux, de ses tombeaux, l'enlèvement de l'autel et de tout signe religieux [ ], enfin toutes mutilations en font un édifice qui n'a de religieux que le nom. En 1850-1852, cette ancienne chapelle est menacée de destruction afin d'établir une route départementale ou/et pour que la revente des matériaux profite aux hospices de Guérande.

En 1852, Armand d'Izarn décrit une charpente à nu qui recouvre le vaisseau de la nef, des arrachements existants dans la partie du chœur semblant indiquer que cette partie du moins fut voûtée, et enfin, sur la façade occidentale, il signale une porte à linteau plat, surmonté d'un fronton cintré portant le cachet du dernier siècle.

Le curé Sorin se porte acquéreur de la chapelle en juin 1853 ; il initie la restauration générale de l'édifice, comme le confirme le cartouche gravé au revers de la façade occidentale. Les travaux de menuiserie, comportant entre autres la réalisation d'une tribune, sont confiés à M. Rivaud, artisan guérandais.

L'évêque de Nantes monseigneur Jacquemet bénit solennellement la chapelle le 31 juillet 1854. La dédicace de la cloche, datée de 1856, précède la construction du clocher initiée en 1858 en même temps que la reprise de la grand porte. L'autel n'est pas encore installé. À l'automne 1859, la chapelle est érigée sous le titre de chapelle de secours afin d'y réaliser des classes de catéchisme ; les travaux sont alors vraisemblablement achevés.

Classé monument historique par arrêté du 18 octobre 1910, la flèche du clocher est entièrement refaite en 1913 par l'architecte en chef des monuments historiques Henri Déverin. Une restauration générale de l'édifice intervient en 1992-1993, 1996-1998, 2000-2004. Cette dernière campagne amène la dépose des boiseries intérieures et permet plusieurs observations. Immédiatement à l'ouest du portail sud, la maçonnerie de parements irréguliers diffère totalement de celle de moellons qui s'observe du côté ouest de la colonne. Encore sur le mur gouttereau sud, deux niches crédence apparaissent sur la cinquième travée ainsi que sur le pan coupé du chœur. Le pourtour d'un ancien placard figure sur le mur nord de la cinquième travée. Les montants des anciens percements de la porte de la sacristie ainsi que de la porte charretière sont également reconnus.

Des travaux malheureusement non localisés menés autour de la chapelle en 1869 et 1875 mettent à jour des substructions en petit appareil ainsi que des sarcophages. Des ouvrages de voirie réalisés en 1951 et en 2000 confirment la présence d'ossements au sud et au nord du chœur de la chapelle sous les rues Bizienne et de la Prévôté.

Période(s)Principale : 14e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : milieu 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1348, porte la date
1712, porte la date
1853, porte la date
1854, porte la date

La chapelle Notre-dame la Blanche développe, sur des murs d'1.10 m d'épaisseur, une nef de six travées. Long de 27.50 m et large de 9.50 m, ce vaisseau unique s'achève à l'Est par trois pans coupés.

Un bandeau mouluré court sur tout le périmètre extérieur de l'édifice, excepté devant les deux portails nord et sud. À l'intérieur, devant les boiseries qui couvrent entièrement la base des murs, les bases des colonnes, plus basses à l'Ouest qu'à l'Est, illustrent la dénivellation générale de l'édifice.

Le voûtement quadripartite à nervures en amande repose sur des colonnes engagées portées par un important socle légèrement amorti. Les bases attiques, très ramassées, présentent un tore supérieur légèrement biseauté très peu important, une scotie très peu prononcée et un tore inférieur très aplati. Sous le tailloir, le décor des chapiteaux consiste en décors végétaux, feuillagé ou à crochets.

Sous une archivolte et un double rouleau à profil brisé, les trois portails, ouest, nord et sud, développent sur les chapiteaux de leurs colonnettes latérales un décor végétal à larges feuilles trilobées. Les contreforts qui les jouxtent, ornés par le bandeau continu qui court sur tout l'édifice, interrompent la mouluration latérale des archivolte nord et sud. Notons toutefois une exception pour l'extrémité ouest de l'archivolte nord qui fait retour sur le contrefort contigu, et dont les assises correspondent à celles du portail.

Les contreforts sont plus conséquents à l'est des portails latéraux où ils présentent au-dessus de leur portion inférieure un larmier oblique continu. Toutes les baies comportent une double voussure chanfreinée légèrement brisée. Les ouvertures s'amorcent plus bas à l'est des deux portails latéraux, créant ainsi des fenêtres plus importantes. À l'intérieur du bâtiment, au-dessus des portails latéraux et sur le mur gouttereau nord de la seconde travée, les baies, montées grâce à des échafaudages dont il subsiste les trous de boulins, sont clairement antérieures aux maçonneries liées aux colonnes et aux voûtements.

Au revers de la façade occidentale, la tribune, située au-dessus de deux cartouches gravés, présente un large décor néogothique. Éclairée par l'oculus de la façade occidentale où figure, six assises au-dessus, un petit cartouche portant la date de 1712, la tribune ouvre, grâce à une porte repercée, sur l'escalier intra-mural situé à mi hauteur du mur nord de la première travée. La porte d'accès originelle se devine au bas de l'escalier, au sud-est, immédiatement à la jonction de la rambarde de la tribune et du mur nord, juste à l'ouest de la seconde colonne. Le mur nord de la première travée accueille dans un second temps la nervure d'angle nord-ouest clairement réinsérée et voit parallèlement son élévation supérieure reprise immédiatement au-dessus des linteaux de couvrement de l'escalier. L'escalier droit intra mural aboutit dans sa partie haute à une vis rapidement interrompue dont le noyau jouxte l'extrados de la nervure nord-ouest.

Les clés de voûtes, récentes, sont ornées de plusieurs figures dont un agneau pascal.

Une importante corniche moulurée orne le périmètre de l'édifice, sauf sur la façade occidentale. Elle effectue un décrochement de niveau ainsi qu'une saillie inexistante au sol- sur l'angle ouest du contrefort immédiatement à l'ouest du portail sud.

L'emprise du portail nord se retrouve dans les combles.

La partie supérieure du mur gouttereau nord-ouest est enduite, ce qui suggère que cette paroi, durant au moins un temps, a été visible depuis la nef et a fonctionné sans voûtement. La charpente, moderne, utilise pourtant certains entraits plus anciens, certains étant épaulés par des jambages portant sur des maçonneries établies dans l'entrevoûtement.

Le revers du pignon occidental comporte des trous de boulins d'une pente de charpente distincte de l'actuelle. Les restaurations menées en 2004 ont par ailleurs permis de remarquer au-dessus des têtes de murs la cristallisation d'une charpente plus ancienne qui n'a pas été conservée. Le clocher dont la base carrée s'appuie sur d'anciens entraits de fermes est inséré ultérieurement. La flèche hexagonale résulte d'une campagne encore postérieure.

Mursgranite
pierre de taille
moellon
Toitardoise
Plansplan allongé
Couverturestoit à longs pans

La date de fondation de l'édifice reste hypothétique. Le décor et le badigeon intérieurs ainsi que la restauration récente n'autorisent qu'une vision partielle du bâtiment, complétée par quelques photographies prises lors de la dépose des boiseries en 200

Statut de la propriétépropriété publique
Protectionsclassé MH, 1910/10/18

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. P 1604. Aveu de la seigneurie de Careil.

    f° 990.
  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Archives 81/44/63. Chapelle Notre-Dame la Blanche.

  • DRAC des Pays de la Loire, Conservation régionale des monuments historiques, Documentation travaux. Chapelle Notre-dame la Blanche, Rapport de présentation programme de travaux, Pascal PRUNET, juillet 1999.

    DRAC des Pays de la Loire, CRMH, Nantes
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 5. Chapellenie Saint-Yves avant 1447.

    f° 70.
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. E 1508. Aveu de la seigneurie de Careil.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. G 304. Fondation de la chapellenie Saint-Sébastien en 1538 par François du Drézeuc.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 7 C. Chapelles, Notre Dame la Blanche.

Documents figurés
  • Loire-Inférieure. Guérande. Chapelle Ne Dame la Blanche. XIVe siècle. Vue du chevet. Face principale. Coupe transversale. Coupe longitudinale. Échelle de 0.005 pm. Paris. Avril 1908. H. Déverin arch. Na. A l´intérieur, les parties basses jusqu´à la ligne AB ont un revêtement en bois, moderne, composé d´arcatures avec encadrement plus riche pour l´entrée C. L´exécution en est assez soignée. La flèche est moderne, papier, lavis, encre ; photographie contrecollée, format F 2 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 0082/044/2003 ; document n° 13 435).

  • Guérande (Loire-Inférieure). Chapelle. Ntre Dame la Blanche. Flèche. Échelle de 0.001 pm. Paris, Janvier 1913. H. Déverin, papier, encre, lavis contrecollé, format F 2 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Planothèque ; 0082/044/2003 ; document n° 23 509).

  • Guérande, Chapelle Notre-dame la Blanche, H. Chouinard (architecte en chef des monuments historiques) : plans (au niveau des baies, au niveau de la charpente), échelle 1/50ème ; élévations des façades sud et ouest, échelle 1/50ème ; coupes longitudinale et transversale, échelle 1/50ème (novembre 1992) (DRAC des Pays de la Loire, Conservation régionale des monuments historiques).

  • Guérande, Restauration des vitraux, Notre-dame la Blanche, H. Prunet (architecte en chef des monuments historiques) : plan au niveau des baies avec présentation des verrières, échelle 1/50ème (repris sur H. Chouinard, 1992) ; élévations des façades nord et est, échelle 1/50ème (repris sur H. Chouinard, 1992), (1999) (DRAC des Pays de la Loire, Conservation régionale des monuments historiques).

Bibliographie
  • AUCLAIR, Georges. Notre-dame la Blanche de Guérande. Guérande, imp. de la presqu´île, 1954.

  • DESMARS, J. La presqu'île guérandaise et les bains de mer de la côte. Saint-Nazaire, Pornichet, Le Pouliguen, Le Bourg-de-Batz, Le Croisic, La Turballe, Piriac. Guide du touriste. Redon, L. Guihaire libraire, 1869.

    p. 126, p. 130-131.
  • GALLICÉ, Alain. Guérande au Moyen Âge. Guérande, Le Croisic, le pays guérandais du milieu du XIVe au milieu du XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes, 2003.

    p. 59-60, note 101.
  • GUÉRIFF, Fernand. La collégiale Saint-Aubin de Guérande. Le Pouliguen, 1985.

    p. 14, note 1.
  • IZARN, Armand d´. Procès-verbal de lecture d´un fragment de notes sur Guérande et ses environs. Bull. archéol. Assoc. bretonne, quatrième volume, première livraison, 1852.

    p. 62-63, note 1.
  • LANCIEN, Josick. Chapelle Notre-Dame-la-Blanche. Bulletin de l'association préhistorique et historique de la région nazairienne, n° 68, 2004.

    p. 33-35.
  • LANCIEN, Josick. La chapelle Notre-dame la Blanche au milieu du XIXe siècle. Les cahiers du pays de Guérande, n° 43, 2003.

    p. 77-80.
  • ORCEAU, Robert. Les chapelles du diocèse de Nantes. Ms. Archives de la société archéologique de Nantes, t. 1, 1960.

    p. 58 ter, p. 68.
  • QUILGARS, Henri. À travers la ville de Guérande. Guide historique et archéologique contenant un plan de la ville. Nantes, Librairie Durance, 1913.

  • QUILGARS, Henri. Topographie historique de la ville de Guérande, s.l., s.d.

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