La demeure seigneuriale de Saint-Georges-de-la-Couée trouve sans doute ses origines à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, époque à laquelle on peut situer la construction du logis à étage, très probablement par la famille de Clermont, alors seigneurs de Saint-Georges. La physionomie du bâtiment et le style des fenêtres à croisées et du chambranle de la porte (la restauration du début des années 1990 restitue les dernières moulurations connues) sont en tout cas datables de cette période.
Au XVIe et au XVIIe siècle, l'édifice sert de résidence aux seigneurs de Saint-Georges comme partie d'un ensemble comprenant également un four banal, un moulin ainsi qu’un pigeonnier (situés au sud de l'église, dans la partie basse du village). Il est ainsi décrit en 1581 dans l'aveu de Thomas de Clermont, chevalier, seigneur de Saint-Georges, rendu pour sa ville, domaine et seigneurie de Saint-Georges aux barons de Lucé : "Ma maison seigneuriale dudit lieu de Saint Georges de Lacouée, comme elle se poursuit et comporte, avec la cour, issue, étables, jardins, clôtures et murailles, y compris trois place de maisons et jardins […]". De même, en 1641, dans l'aveu de Jeanne de Harlay, dame de Saint-Georges, veuve de messire Hardouin de Clermont : "Ma maison seigneuriale composée de quatre chambres à feu, dont l'une sert de cuisine, au côté d'icelle est la dépendance et l'autre est une salle basse, et au-dessus d'icelles sont deux hautes chambres, et au côté d'icelles est une garde-robe avec un cabinet, et grenier sur icelles. Item, la boulangerie, au côté de ladite cuisine, avec les écuries à mes chevaux tenant avec ma dite maison seigneuriale, plus une autre écurie étant au-dedans du circuit de ma cour, jardin, le tout en un tenant […]".
La demeure passe ensuite entre les mains des seigneurs de la Chesnuère, puis de Courtanvaux ; elle semble alors perdre sa fonction de logis seigneurial au profit du manoir de la Boirie, situé dans les hauteurs à l'est du bourg. L'édifice est sans doute vendu à la fin du XVIIIe siècle, avant 1791, date à laquelle il n'apparaît pas parmi les propriétés des Montesquiou, derniers seigneurs de Saint-Georges.
Le cadastre de 1834 nous montre le logis prolongé par une aile à l'est et par une autre en retour d'équerre au sud. À cette date, l'édifice appartient à des boulangers qui s'y succèdent ; l'un d'eux y fait construire une forge (1869) et une "maison" (1873). Le prolongement de l'aile en retour d'équerre (vers la route) survient sans doute à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe.
Dans la première moitié du XXe siècle, l'édifice abrite toujours une boulangerie dont le four est installé dans l'aile en retour d'équerre, au sud-ouest du logis ancien qui, pour sa part, abrite les locaux d'un hôtel de voyageurs dit "l'Hôtel de la Boule d'Or", ainsi qu'une salle de réception associée à des dépendances (pressoir à huile).
Photographe du service Patrimoine de la Région Pays de la Loire.