Dossier d’aire d’étude IA72059631 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Forêt de Bercé
Saint-Georges-de-la-Couée : présentation de la commune
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  • (c) Syndicat de Pays de la Vallée du Loir
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Forêt de Bercé
  • Adresse
    • Commune : Saint-Georges-de-la-Couée

Avec une superficie de 11,68 km2 pour 171 habitants, la commune de Saint-Georges-de-la-Couée est classée parmi les communes rurales de très faible densité. Aujourd'hui rattachée au canton de Montval-sur-Loir, elle faisait jusqu'en 2015 partie du canton du Grand-Lucé.

Éléments de géographie locale

Géologie et relief

Positionnée dans la partie sud-est du département de la Sarthe, la commune de Saint-Georges-de-la-Couée est située au sein du "plateau calaisien", région naturelle de collines de basse altitude dont le sous-sol est essentiellement constitué de roches sédimentaires, principalement de grès, sables, calcaires et argiles à silex, abondamment utilisés comme matériaux de construction dans le bâti local. Les coteaux calcaires présents sur le territoire, creusés de nombreuses galeries souterraines, fournissent également de la craie de tuffeau, essentiellement employée en chaînes d'angle et pour l'encadrement des ouvertures, mais aussi parfois en parement de façade et en maçonnerie.

Hydrographie

Le principal cours d'eau présent sur le territoire communal est l'Étangsort (affluent de la Veuve) qui s'y écoule selon un axe nord-sud et qui contribue notamment à marquer la limite ouest avec la commune voisine de Courdemanche. On notera également la présence discrète mais déterminante de nombreuses sources et de petits cours mineurs comme le ruisseau de la Savonnière, lequel serpente au sein d'une petite vallée sinueuse, encadrée par des coteaux pentus et boisés.

Paysages

L'ambiance paysagère de la commune est celle d'un réseau de petites vallées intimes qui encadrent un plateau agricole assez largement ouvert (polyculture et élevage). Les éléments boisés du territoire se concentrent sur les crêtes et les pentes des coteaux, ainsi que dans les vallons plus humides et le long des chemins creux, animant les perspectives visuelles et contrastant ainsi avec les larges vues offertes par les parcelles de cultures.

Implantation et organisation de l'habitat

Marquée par son identité agricole et son relatif éloignement des centres urbains environnants, la commune présente un habitat rural très dispersé. Le village de Saint-Georges-de-la-Couée, chef-lieu de commune, se trouve positionné à l'extrémité nord-ouest du territoire, sur le cours de l'Étangsort. L'écart de Saint-Fraimbault, second regroupement d'habitations en termes d'importance, est situé plus au sud, sur le cours de la Savonnière. Le reste de l'habitat consiste en un réseau dispersé de petits écarts, lieux-dits et de fermes isolées occupant principalement les vallons et les pentes des coteaux, plus rarement les hauteurs ouvertes du plateau.

Données historiques

Antiquité

À l'époque gallo-romaine, le territoire de Saint-Georges-de-la-Couée est traversé par une voie antique, parfois désignée sous le nom de Via Turniacensis ou "Chemin ferré", et qui reliait la ville du Mans aux cités de Blois et Vendôme. D'après plusieurs érudits, la localité pourrait avoir appartenu à la Condita (ou Pagus) Labricinsis ("le Labricin"), ancienne subdivision du pays cénoman.

Outre de possibles vestiges d'enclos à la Rouillerie et à la Grenetière, la découverte en 1832 d'un vase contenant des médailles à l'effigie d'empereurs romains du IIIe siècle (associé à des débris de "substructions" antiques) au lieu-dit la Davillière fait supposer une possible occupation gallo-romaine à cet endroit.

Moyen Âge

La plupart des historiens locaux font remonter au IVe siècle (sous l'épiscopat de saint Liboire) la fondation d'une première paroisse sur le territoire de Saint-Georges, à l'emplacement de l'actuel écart de Saint-Fraimbault, près du ruisseau de (ou des) Gabrone(s) ("Gaberonne") ; la paroisse est alors désignée sous le nom de Sabonariae ("Savonnières"), reprenant peut-être l'implantation d'une villa antique du même nom.

L'hypothèse d'une occupation précoce du site de Saint-Fraimbault est par ailleurs étayée par la découverte en 1854 de plusieurs sarcophages en pierre, non loin de la chapelle actuelle, ce qui plaiderait en faveur de la présence d'un cimetière à cet emplacement à l'époque mérovingienne.

Le lieu de Saint-Fraimbault est par ailleurs connu comme celui où, au VIIe siècle, et selon la chronique locale, le moine saint Siviard, abbé de Saint-Calais, serait venu s'installer pour y fonder un petit prieuré où il aurait finalement été inhumé. La chronique rapporte qu'une chapelle aurait été élevée sur sa sépulture, et que l'abbé de Saint-Calais Rabigaud aurait obtenu de l'évêque du Mans Mérole la confirmation de la propriété de la villa Savonnières. Cette dernière est de nouveau mentionnée à l'époque carolingienne où le "prieuré" de "Saint-Siviard" est décrit avec "fief et grande métairie". Les fouilles entreprises par Chappée en 1907 confirment l'existence d'un possible établissement religieux à cet endroit, dans le "prés de Saint-Siviard", au sud-ouest de la chapelle de Saint-Fraimbault, dans lequel furent mis à jour les vestiges d'une ancienne chapelle ruinée ainsi que plusieurs sarcophages en pierre.

L'origine de la paroisse de Sanctus Georgicus a Laqueo Caudata ("Saint-Georges-de-la-Couée") n'est quant à elle pas très claire ; peut-être faut-il la situer au tournant des Xe et XIe siècles, en un temps où les dynamiques féodales du territoire évoluent, impliquant une nouvelle partition des terres et des propriétés. De fait, le comte du Maine perd à ce moment-là sa suzeraineté sur le Labricin (alors nommé "Bas-Vendômois"), et sur une bonne partie de l'ancienne condita de Vaas, au profit des seigneurs de Vendôme. Le territoire de l'ancienne villa de Savonnières semble alors divisé en plusieurs petites entités territoriales, à savoir : la terre de Saint-Georges-de-Lacquoué (puis "Lacoué" et "La Coué"), liée à la paroisse du même nom et relevant des comtes de Vendôme ; la terre de "Saint-Cénard" (ou "Saint-Sénard"), régulièrement mentionnée par la suite ; et enfin, la terre de "Saint-Siviard" (ou "Saint-Civiard"), qui correspond vraisemblablement aux propriétés relevant de l'abbaye de Saint-Calais.

Une liste d'hommages, datée de 1297, nous apprend que le fief de Saint-Georges rentre sous l'autorité des comtes du Maine dans le courant du XIIIe siècle, en tant que vassal des seigneurs de Lucé.

Temps modernes

De 1386 à 1641, le fief de Saint-Georges fait partie des possessions de la famille de Clermont. En 1581, il consiste en une maison seigneuriale dans le village de Saint-Georges, un moulin à blé, un colombier "nouvellement édifié", une "place de justice patibulaire en marque de moyenne justice sise entre le chemin de Saint-Georges à Saint-Calais et le chemin de Saint-Georges à Vancé", ainsi qu'un droit de four à ban associé à un four "en ruine et décadence de nulle valeur", un droit de foire, des pièces de terres, des vignes, de nombreux bois avec garennes (où le seigneur exerce un droit de haute justice), auxquels s'ajoutent les métairies de la Boirie, de la Ferranderie et de la Cormerie. Sont également mentionnés deux potentiels autres fiefs présents sur l'actuel territoire communal, à savoir : le fief de "la Guynardière" et celui "d'Aigrefoing", appartenant tous deux à un nommé Jacques Huart.

Jusqu'au XVIe siècle, le fief de Saint-Sénard relève du Vendômois comme propriété de la famille de Maillé, seigneurs de Ruillé.

Les deux fiefs sont ensuite réunis et rattachés au milieu du XVIIe siècle au domaine de la Chesnuère, et ce, jusqu'à la Révolution, époque à laquelle est créée l'actuelle commune de Saint-Georges-de-la-Couée.

XIXe et XXe siècles

Au début du XIXe siècle, la commune de Saint-Georges-de-la-Couée connaît un certain dynamisme démographique ; le maximum de population se stabilise entre les années 1800 et 1850 avec près de mille habitants. L'activité du territoire est alors essentiellement agricole (céréales, pommes de terre, vins, cidre) et artisanale (toiles de chanvre) ; on note également la présence de deux fourneaux à chaux et à briques, dont les matériaux, pierre et argile, sont extraits sur la commune.

Le déclin démographique s'amorce dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec 558 habitants recensés en 1901, puis 427 en 1954.

En 1992, Saint-Georges-de-la-Couée rejoint la communauté de communes de Lucé, première structure intercommunale créée en Sarthe ; cette dernière fusionne en 2017 avec la communauté de communes du Val du Loir et la communauté de communes de Loir et Bercé pour former la communauté de communes Loir-Lucé-Bercé, elle-même intégrée au Pays de la Vallée du Loir.

Objets de l'étude

Sur l'ensemble de la commune, le recensement du patrimoine bâti a donné lieu au repérage de près de 170 édifices, ayant chacun fait l'objet d'une information minimale : désignation, localisation, datation, description sommaire. Près de 90 fermes (dont une dizaine traitée en écart), 50 maisons, 5 demeures nobles ou manoirs ainsi que 6 lavoirs ont notamment été recensés.

Parmi ces édifices repérés, 26 ont fait l'objet d'un dossier individuel. Le village de Saint-Georges-de-la-Couée et l'écart de Saint-Fraimbault ont quant à eux chacun fait l'objet d'un dossier à part entière.

Outre le repérage d'un important patrimoine agricole, l'étude a notamment permis de mettre en évidence la présence remarquable de plusieurs aménagements troglodytiques, principalement à usage de celliers, plus spécifiquement de caves, notamment autour de Saint-Fraimbault et dans la vallée de la Savonnière, aux lieux-dits les Caves, le Cavier, la Fontaine-Marie, le Fourneau (où l'un de ces aménagements a servi d'habitat), ainsi que sur les coteaux entourant l'Étangsort, notamment à la Courtille, au Presbytère ou aux alentours de la Croix et de la Trigaudière ; s'ajoutent à cela trois cabanes de vignes et de nombreux celliers semi-enterrés, parfois associés à des pressoirs à fruits conservés, autant d'éléments qui témoignent de la présence significative d'un patrimoine lié à la viti/viniculture et à la pomiculture sur la commune.

Le patrimoine technique et industriel y est par ailleurs relativement bien représenté, avec notamment le poids public du village de Saint-Georges-de-la-Couée mais aussi et surtout la briquèterie-tuilerie-chaussumerie du Fourneau à Saint-Fraimbault, ayant conservé son four, ainsi que le moulin à farine du village de Saint-Georges-de-la-Couée ayant conservé ses machines.

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 E 855. Aveux rendus à la baronnie de Lucé par les seigneuries de Vaulx, des Étangs, de Saint-Georges-de-la-Couée (1498, 1641, vers 1784).

  • Archives départementales de la Sarthe ; 6 AC 26. État des propriétaires et évaluation de leur revenu imposable en 1791.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 F 50. Fabrique – Extrait des archives [s.d.]

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 F 73* (dont :) Fabrique. Copies et extraits tirés des archives, concerne aussi Saint-Fraimbault-de-Gabrone [s.d.].

Bibliographie

  • Archives départementales de la Sarthe ; 11 J 31. Fiefs mouvants de la baronnie de Lucé. - Mémoire relatif à l’hommage dû par (blanc) de Montigny, seigneur de la Raturière, pour ce dernier fief (1527). Aveu rendu à Jeanne de Coesmes par Thomas de Clermont, baron du Rupt, pour sa seigneurie de Saint-Georges-de-la-Couée (1581).    

  • Archives départementales de la Sarthe ; BIB AA 534. ETOC DEMAIN F. Notice sur des médailles romaines et autres objets d'antiquité découverts à Saint-Georges-de-la-Couée, Le Mans, 1832.

  • Archives départementales de la Sarthe ; BIB AA 913. CHARLES, Robert. Essai archéologique et historique sur Saint-Georges-de-La-Couée et sur Saint-Fraimbault-de-Gabrone (Sarthe), Arras, 1878.

  • Archives départementales de la Sarthe ; BIB F 282. CORDONNIER-DÉTRIE, Paul. Au Pays de Gabrone et du Loroüer, 1957.

  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, 1974 (1829).

  • ALOUIS, Victor. Lucé et ses environs jusqu'au milieu du XIVe siècle, dans Revue historique et archéologique du Maine, 1881.

  • ALOUIS, Victor, HERVE, Louis. Lucé et ses environs aux XVIIe et XVIIIe siècles, Revue historique et archéologique du Maine, 1890 et 1891, tomes 28 et 29.

  • ALOUIS, Victor. Les Coësmes, seigneurs de Lucé et de Pruillé, 1ère partie : de 1370 à 1508, Mamers, 1884.

  • ALOUIS, Victor, LEDRU, Ambroise. Les Coësmes, seigneurs de Lucé et de Pruillé, 2e partie : de 1508 à 1601, Mamers, 1888.

  • RAGUIN, Martin. La Vieille Dame, histoire de St-Georges-de-la-Couée, auto-édition, 2015.

Périodiques

  • Archives départementales de la Sarthe ; PER 1136. LEDRU, Ambroise, CHAPPÉE Julien. "Le tombeau de Saint-Fraimbault à Saint-Fraimbault de Gabrone", 1907, La Province du Maine, tome XV.

  • Archives départementales de la Sarthe ; PER 1136. ANGOT, Alphonse-Victor. La Condita Gabronensis et Saint-Fraimbault [de Gabrone], 1907, La Province du Maine, tome XV.

Annexes

  • Tableau de repérage des fermes de Saint-Georges-de-la-Couée
  • Tableau de repérage des écarts de Saint-Georges-de-la-Couée
  • Tableau de repérage des maisons de Saint-Georges-de-la-Couée
  • Tableau de repérage des demeures et manoirs de Saint-Georges-de-la-Couée
  • Tableau de repérage des édifices autres de Saint-Georges-de-la-Couée
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
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