Dossier d’œuvre architecture IA72059593 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Forêt de Bercé
Château-fort dit château de Montreuil-le-Henri
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Syndicat de Pays de la Vallée du Loir
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Forêt de Bercé - Montval-sur-Loir
  • Commune Montreuil-le-Henri
  • Cadastre 1834 C 273 ; 276  ; 2024 C 800
  • Dénominations
    château fort
  • Appellations
    château de Montreuil-le-Henri
  • Destinations
    château
  • Parties constituantes non étudiées
    communs, ouvrage d'entrée, fossé, motte, donjon, jardin

Les premiers jalons du château remontent au Moyen Âge, peut-être dès le milieu du XIe siècle, lorsque le fief de Montreuil tombe entre les mains des comtes de Vendôme. Il appartient ensuite à plusieurs seigneurs locaux dont ceux issus de la famille de Monsterol ou Monstereul (Montreuil), dont certains membres sont déjà mentionnés au XIe siècle. L'association du fief et de seigneurs nommés Henry de Monstreul est quant à elle attestée au XIIIe siècle.

En 1400, le château, ses fossés, jardins, cloisons et vergers sont vendus à Jean de la Taillaye, pennetier du Roy et Jehanne de Sancerre, fille de Louis de Sancerre, chevalier et connétable de France. Il échoie ensuite à la famille de Lamandaye qui le conserve jusqu'à la fin du XVIe siècle, après quoi il passe entre plusieurs mains, avant de devenir en 1601 la propriété des Chapuiset, puis des Bastard de Fontenay qui le rachètent en 1703. L'inventaire des biens de Denis de Bastard de Fontenay, daté de 1724, nous apprend que le château était alors doté au rez-de-chaussée d'une cuisine, d'un office, d'un salon, d'une grande salle avec un cabinet et d'une petite chambre richement décorée avec vue sur cour. Au premier étage, se trouvaient plusieurs petites chambres avec cabinets et une grande pièce où étaient entreposées les réserves alimentaires. Le reste de l'édifice était consacré au stockage des grains et du vin dans les caves et les greniers.

Le château est saisi et mis en vente en 1799. Il comprend alors une basse-cour composée d'une grange où se trouvait un pressoir, ainsi que d'autres bâtiments attenants à ce dernier, distribués d'écurie, chenil, toits à porcs, cour close, au-devant de laquelle se trouvait une pièce d'eau, à quoi s'ajoutent d'autres bâtiments comprenant des remises, bergerie, poulailler, jardin et petit terrain clos d'épines.

Le plan cadastral de 1834 ne montre que le logis entouré de fossés, possiblement défendu par ce qui ressemble à une tour, postée au sud-est.

Le château-fort médiéval

L'édifice d'origine, sans doute édifié entre le XIe et le XIIIe siècles, devait se présenter sous la forme d'un ensemble fortifié constitué d'un fossé sec entourant un imposant donjon de pierre quadrangulaire à contreforts plats, dans l'esprit de ceux construits par les comtes d'Anjou à Loches ou à Montbazon à la même période. Ce premier édifice correspond aujourd'hui à l'actuel corps central élevé de deux étages carrés, dont les parties basses, notamment observables en sous-sol, présentent un appareillage en gros moellons grossièrement équarris disposés en lits horizontaux ; le premier étage de la façade donnant sur le jardin conserve par ailleurs les vestiges d'une baie en plein cintre en pierres de taille calcaires.

Par la suite, il semble qu'un second corps de bâtiment ait été ajouté au nord de ce premier château ; il n'en subsiste aujourd'hui que l'élévation est, percée de trois fenêtres régulières à présent comblées, au-dessus desquelles se trouve également un vestige d'encorbellement en pierre suggérant un ouvrage en suspension.

La progressive transformation en demeure de plaisance

Perdant peu à peu sa vocation défensive, le château subit une première transformation importante entre le XVe et le XVIIe siècles destinée à le rendre plus habitable, sans qu'il soit possible de dater précisément les différentes interventions.

De nouvelles baies sont ainsi percées dans la façade est, sans doute dans la deuxième moitié du XVe ou au début du XVIe siècle ; au vu des piédroits à chanfreins moulurés conservés, il est possible de restituer à droite une travée de croisées et à gauche de demi-croisées, ce qui permet d'envisager une distribution en grande salle et antichambre. Une tour d'escalier, dont on devine la présence en façade ouest (à l'endroit où l'espacement entre les travées est le plus important) a peut-être été édifiée à cette époque afin de desservir plus aisément les étages. La tour des latrines a peut-être également été construite à cette époque sur la base d'un élément défensif antérieur reprenant l'un des contreforts du donjon (elle est en tout cas percée de plusieurs meurtrières).

Par la suite, à la limite des XVIe et XVIIe siècles, les parties hautes sont refaites et complétées, notamment par l’ajout d’un décor de corniche, la surélévation de la tour des latrines et la mise en place du haut comble en pavillon, hypothèse qui permet également de dater le treuil de levage de cette période.

Au XVIIIe siècle, les baies et les accès sont une nouvelle fois remaniés : la tour d'escalier de la façade ouest est détruite au profit de l'actuel escalier dans œuvre. La porte principale est agrémentée d'un décor et les baies sont harmonisées. De nouvelles lucarnes viennent éclairer le comble, celles sur cour ayant aujourd'hui disparu. La distribution et les aménagements intérieurs sont modernisés : des cloisons sont mises en place afin de réduire la taille de certaines pièces qui sont ornées de lambris, d'alcôves pour les chambres, ainsi que d'un remarquable poêle en faïence. Enfin, c'est aussi à cette époque qu'est comblée la partie est du fossé afin de pouvoir y aménager un jardin d'agrément, peut-être associé à une terrasse. Dans le même temps, l'aile nord abritant la cuisine est édifiée sur les vestiges plus anciens présents à cet endroit. L'aile en appentis au sud est sans doute édifiée à la fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle. Les dépendances semblent quant à elles avoir été construites après 1834.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age
    • Principale : Temps modernes
    • Principale : 19e siècle
    • Secondaire : 20e siècle

Le château est implanté à proximité immédiate de l'église paroissiale et de la place Sainte-Anne. Il occupe une position centrale et dominante dans le village, en surplomb du vallon de Vaux.

L'édifice est composé d'une motte, encore partiellement entourée de fossés et d'un mur de clôture, sur laquelle se trouve l'ancien donjon transformé en logis. On y accède par un ouvrage d'entrée constitué d'un terre-plein maçonné défendu par un portail encadré de tourelles tronquées.

Le logis est composé d'un donjon quadrangulaire double en profondeur comptant deux étages de sous-sol et deux étages carrés, muni d'une tour quadrangulaire sur l'angle nord-est et de deux ailes droites en appentis, celle de droite associée à des communs.

L'ensemble est construit en moellons enduits. Un parement de grès équarri est visible au sous-sol. Les chaînes d'angle sont majoritairement en pierres de taille calcaires ; celles du donjon sont pour partie en grès roussard et grison. L'une des pièces du sous-sol est couverte d'une voûte en berceau plein cintre en pierres de taille calcaires.

La façade sur cour du donjon présente trois travées de baies, celle sur jardin deux travées, complétées dans le toit par deux lucarnes en œil de bœuf ornées de volutes. Les baies du donjon présentent un encadrement en pierres de taille calcaires et un couvrement en arc surbaissé ; celles de la façade sur cour sont décorées d'une clef ; parmi celles donnant sur le jardin (à l'est), certaines ont des piédroits moulurés. Le couronnement du corps principal et de la tour est constitué d'une corniche alternant modillons en forme de consoles et ardoises. La porte donnant sur la cour est logée dans une embrasure couverte d'une arrière-voussure de Saint-Antoine ; elle est entourée d'un chambranle mouluré et surplombée par une corniche sur console épousant la forme arrondie de l'ébrasement. Les ouvertures des communs sont majoritairement encadrées de briques.

Les toitures sont couvertes en ardoises, hormis celles des tourelles de l'entrée couvertes en tuiles plates.

Le rez-de-chaussée du donjon est distribué de pièces en enfilades ; les étages, desservis par un grand escalier tournant suspendu avec rampe en ferronnerie, sont divisés en plusieurs pièces desservies par des couloirs. Le logis compte au moins cinq cheminées, dont deux monumentales en pierres de taille remontées au rez-de-chaussée, deux en marbre au premier et au deuxième étage, une dotée d'un four à pain (dans la cuisine, logée dans l'aile en appentis au nord) ainsi qu'un poêle en faïence et marbre doté d’un riche décor (classé au titre des monuments historiques) au rez-de-chaussée. Le grand comble du donjon abrite par ailleurs un imposant treuil de levage en bois.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • grès moellon
  • Toits
    ardoise, tuile
  • Étages
    2 étages de sous-sol, 2 étages carrés, étage de comble, en rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à longs pans croupe
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour suspendu
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    fossé, donjon
  • Protections
    inscrit MH, 1986/06/03
  • Précisions sur la protection

    Référence de la notice : PA00109886

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 P 212/31. Cadastre de Montreuil-le-Henri. État de section (tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus). 1836.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 J 32. Fonds Chambois. Inventaire des meubles et documents du château de Montreuil après le décès de Denis de Bastard de Fontenay, commandant la frégate La Thétis, décédé en 1723 à la Martinique (1724).

  • Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 516. Fonds Cordonnier. Montreuil-le-Henri.

Bibliographie

  • ALOUIS, Victor. Lucé et ses environs jusqu'au milieu du XIVe siècle, dans Revue historique et archéologique du Maine, 1881.

  • ALOUIS, Victor, HERVE, Louis. Lucé et ses environs aux XVIIe et XVIIIe siècles, Revue historique et archéologique du Maine, 1890 et 1891, tomes 28 et 29.

  • ALOUIS, Victor. Les Coësmes, seigneurs de Lucé et de Pruillé, 1ère partie : de 1370 à 1508, Mamers, 1884.

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Pays Vallée du Loir