Dossier d’aire d’étude IA72059503 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Forêt de Bercé
Montreuil-le-Henri : présentation de la commune
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Dossier non géolocalisé

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    Forêt de Bercé
  • Adresse
    • Commune : Montreuil-le-Henri

Avec une superficie de 14,60 km2 pour 301 habitants, la commune de Montreuil-le-Henri est classée parmi les "communes rurales" de très faible densité. Aujourd’hui rattachée au canton de Montval-sur-Loir, elle faisait partie jusqu'en 2015 du canton du Grand-Lucé.

Éléments de géographie locale

Géologie et relief

Située dans la partie sud-est du département de la Sarthe, la commune de Montreuil-le-Henri est implantée au cœur du plateau calaisien, région naturelle de collines de basse altitude au sous-sol essentiellement constitué de roches sédimentaires, principalement de grès, sables, calcaires et argiles à silex, abondamment utilisés comme matériaux de construction dans le bâti local. Les coteaux des vallées environnantes fournissent quant à eux la craie de tuffeau, essentiellement employée en chaînes d’angle et en encadrements de baies.

Hydrographie

Le principal cours d’eau présent sur le territoire communal est l'Étangsort (affluent de la Veuve), qui s'y écoule selon un axe nord-sud au sein d'une petite vallée sinueuse, encadrée par des coteaux pentus et boisés. On note aussi la présence discrète mais déterminante de petits cours mineurs comme le ruisseau de Vaux ou le ruisseau de Gruau.

Paysages

L'ambiance paysagère de la commune est principalement celle d'un plateau agricole ouvert (polyculture et élevage), animé de petits vallons boisés et de collines formant d’amples ondulations qui trouvent leur débouché à l'est sur le coteau pentu de l'Étangsort et sa vallée encaissée, d'apparence plus intime. Relativement peu étendues mais néanmoins assez présentes, les surfaces boisées du territoire se concentrent principalement sur les crètes ou le long des cours d'eau comme celui de Vaux, dont elles contribuent à souligner le tracé, permettant ainsi d'infléchir et de dynamiser l'ouverture visuelle du plateau en jouant sur les points de vue, les effets d'alternance et les contrastes de couleurs et de textures, notamment entre les zones boisées et les parcelles de cultures.

Implantation et organisation de l’habitat

Marquée par son identité agricole et son relatif éloignement des centres urbains environnants, la commune présente un habitat rural très dispersé. Le chef-lieu, couramment appelé le bourg, se trouve à peu près situé au centre du territoire communal, sur lequel se répartissent également plusieurs petits écarts et lieux-dits, ainsi que quelques fermes isolées qui, en fonction des situations, occupent tantôt les hauteurs du plateau, tantôt les pentes des coteaux ou, plus rarement, les fonds de vallons.

Données historiques

Antiquité

La première occupation du territoire de la commune de Montreuil-le-Henri est attestée par l'existence d'une ancienne voie antique qui reliait la ville du Mans aux cités de Blois et de Vendôme, en passant par la terre de Montreuil-le-Henri, alors probablement rattachée aux possessions de la villa Triconis (Tresson), elle-même dépendante de la condita de Vaas. En dehors de possibles vestiges de ferrières aux environs des Bois-Joly, de ceux d’un système d'enclos près du lieu-dit la Borde et de la mention d'un éventuel établissement agricole au lieu-dit le Châtelet, on ne dispose aujourd’hui d'aucun vestige tangible nous permettant de restituer le rôle précis de cette route ni de développer davantage sur l'occupation des lieux aux époques néolithique, gauloise puis gallo-romaine.

Moyen Âge

Durant la période médiévale, le développement du territoire est lié à l'implantation précoce d'un établissement religieux qui, selon la tradition, serait à l'origine du nom de "montreuil", forme modernisée de monasteriolum : "le petit monastère". Au Xe siècle, le fief de Montreuil, érigé en châtellenie, relève des seigneurs de Lucé, eux-mêmes inféodés aux seigneurs de Château-du-Loir rattaché au comté du Maine. Au XIe siècle, et du fait des conquêtes liées aux prétentions territoriales du comte Geoffroy II d'Anjou, le fief est rattaché au Vendômois. Se retrouvant en situation de frontière entre les deux comtés rivaux du Maine et de l'Anjou, le fief de Montreuil prend alors une importance stratégique nouvelle qui rend probable l'édification d'un site défensif en hauteur constituant les premiers jalons du château actuel. Souhaitant développer leur terre et y fixer la population, les maîtres des lieux y favorisent également l'établissement d’un nouveau prieuré-cure rattaché à l'abbaye de Saint-Georges-du-Bois, dont les ruines sont relevées au milieu du XIe siècle par ce même Geoffroy II.

En dehors du site défensif, la présence des seigneurs de Montreuil s'affirme sur le fief par les possessions, fermages et biens hommagés dont ils disposent. Les textes anciens nous apprennent que les seigneurs de Montreuil possédaient en propre le château et son domaine, avec les fossés, jardins et vergers, ainsi que les métairies du Brouillard, de Bouard (Bois), de Bourdigal, le bordage du Clos et le moulin de Bonnieux, ainsi que des prés et une vigne de plusieurs hectares. Les biens hommagés étaient, entre-autres, le moulin Sain, le moulin de Monterneau, la Motte, les Pairines et la Coquerie. Les seigneurs de Montreuil-le-Henri devaient quant à eux foi et hommage aux seigneurs de Lucé pour les mesures à grain et la haute justice qu'exerçait Lucé sur les chemins et les bois de Montreuil-le-Henri, ce qui n'était pas sans susciter quelques tensions et querelles récurrentes entre les deux fiefs. Une liste de 1282 nous apprend par ailleurs que le fief de Montreuil s'avançait alors beaucoup dans la paroisse de Villaines, notamment en ce qui concerne les terres de Madères, Guerboeuf, la Bougerie, la Chassoulière, la Chesnière, la Pagerie, qui seront reperdues quelques temps plus tard. On y apprend aussi que deux foires se tenaient à Montreuil, l'une à la Saint-Martin d’été (4 juillet), l'autre à la Saint-Rémy (1er octobre).

Outre le détail des cens et redevances dus aux seigneurs du fief, les textes mentionnent également plusieurs personnages (dès le XIe siècle) portant le nom "de Monsterol" ou "Mosterol", sans qu'on puisse affirmer qu'il s’agit bien des seigneurs du fief. Parmi eux, plusieurs "Henry de Monsterol" dont au moins l’un d'eux est effectivement seigneur de la terre à laquelle il donnera son nom sous la forme "Monstereul-le-Henry", attestée en 1400, vocable sous lequel la localité est régulièrement désignée par la suite.

Temps modernes

À partir du XVe siècle, le fief passe entre les mains de plusieurs familles dont les de la Teillaye, les de Lamandaye, les Chapuiset au XVIIe siècle, puis les Bastard de Fontenay qui le rachètent en 1703, avec le château, les métairies du Brouillard, de Beauregard, de Bourdigal, des Lanfrières, de la Germinière, du Verger, le moulin Neuf et le moulin de Bonnieux, ainsi que le fief de Fontaine avec le bordage et le moulin de Gruau. Résidant sur leur terre qu'ils souhaitent mettre en valeur, ces derniers s'emploient à y développer et stimuler l'activité agricole, notamment au moyen de défrichements et d'enrichissement des terres ; ils y encouragent également la création de nouveaux chemins, plus larges et carrossables, afin de faciliter les liaisons commerciales avec Lucé et Tresson.

XIXe et XXe siècles

Au début du XIXe siècle, la commune de Montreuil-le-Henri connaît un certain dynamisme démographique qui se traduit par la construction de nouvelles habitations et de fermes qui s'agrandissent ; le maximum de population est ainsi atteint au recensement de 1821 avec 867 habitants.

Le début du XXe siècle est pour sa part marqué par l'aménagement et la mise en place d'infrastructures de communications modernes. En 1913, le tramway de la Sarthe arrive à Montreuil-le-Henri ; la gare, située non loin du cimetière, prenait place sur la ligne reliant Le Grand-Lucé à Saint-Calais qui desservait aussi Tresson, Sainte-Osmane, Évaillé et Sainte-Cérotte. Peu empruntée et concurrencée par d'autres axes, la ligne décline cependant dès les années 1920-1930 ; à partir de 1947, la gare de Montreuil n'est plus desservie.

La seconde moitié du XXe siècle est quant à elle marquée par l'exode rural et la diminution de la population communale, en réalité commencée dès le milieu du XIXe siècle ; un premier minimum est ainsi atteint en 1926 avec 490 habitants, puis en 1999 avec 232 habitants.

En 1992, Montreuil-le-Henri rejoint la communauté de communes de Lucé, première structure intercommunale créée en Sarthe ; cette dernière fusionne en 2017 avec la communauté de communes du Val-du-Loir et la communauté de communes de Loir et Bercé pour former la communauté de communes Loir-Lucé-Bercé, elle-même intégrée au Pays de la Vallée du Loir.

Objets de l'étude

Sur l'ensemble de la commune, le recensement du patrimoine bâti a donné lieu au repérage de près de 180 édifices ayant fait l'objet d’une information minimale : désignation, localisation, datation, description sommaire. Une centaine de fermes, près de soixante maisons, trois moulins, deux manoirs et un château ont notamment été repérés.

Parmi ces édifices repérés, 25 ont fait l'objet d’un dossier individuel. Le village a quant à lui fait l'objet d'un dossier à part entière.

Bibliographie

  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, 1974 (1829).

  • ALOUIS, Victor. Lucé et ses environs jusqu'au milieu du XIVe siècle, dans Revue historique et archéologique du Maine, 1881.

  • ALOUIS, Victor, HERVE, Louis. Lucé et ses environs aux XVIIe et XVIIIe siècles, Revue historique et archéologique du Maine, 1890 et 1891, tomes 28 et 29.

  • ALOUIS, Victor. Les Coësmes, seigneurs de Lucé et de Pruillé, 1ère partie : de 1370 à 1508, Mamers, 1884.

  • RAGUIN, Martin. Le petit monastère, histoire de Montreuil-le-Henri, auto-édition, 2024.

Annexes

  • Tableau de repérage des fermes de Montreuil-le-Henri
  • Tableau de repérage des maisons de Montreuil-le-Henri
  • Tableau de repérage des châteaux et manoirs de Montreuil-le-Henri
  • Tableau de repérage des moulins de Montreuil-le-Henri
  • Tableau de repérage des édifices autres de Montreuil-le-Henri
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
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