Dossier d’œuvre architecture IA49011037 | Réalisé par
Vozza Mathilde (Enquêteur)
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

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Cavaca Marie-Charlotte (Contributeur)
Cavaca Marie-Charlotte

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)

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  • inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
Église paroissiale Notre-Dame de Bourgneuf-en-Mauges
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mauges-sur-Loire
  • Commune Bourgneuf-en-Mauges
  • Adresse 1 place de l' Église
  • Cadastre 1865 D2 469  ; 2024 D 303
  • Précisions nouvelle commune Mauges-sur-Loire

L'ancienne église

L'ancienne église paroissiale en croix latine se situait à ce même emplacement mais était orientée davantage à l'est, en direction de la rue de Vendée. Selon le registre de la paroisse, elle possédait des caractéristiques similaires à la chapelle Notre-Dame-de-la-Charité de Saint-Laurent-de-la-Plaine, mais présentait toutefois des dimensions plus grandes et était érigée "dans le style du treizième siècle". Elle était composée d'une nef ouvrant sur un chœur à chevet plat. Elle était éclairée de petites ouvertures et accessible par une porte principale en façade principale et une porte secondaire sur le flanc nord. L'entrée était couronnée par un petit clocher couvert d'ardoises qui abritait deux petites cloches dont l'une, maintenue dans l'église actuelle, porte la date de 1660 (cf : annexe). L'église était complétée d'un cimetière qui lui faisait face, à l'angle des rues de la Vendée et Jeanne-Grimault ; aujourd'hui déplacé à la sortie du bourg en direction de Sainte-Christine.

L'église actuelle

Durant la Révolution, Bourgneuf perd son statut de paroisse, et l'ancienne église devient une succursale de celle de Saint-Laurent-de-la-Plaine. Un peu avant le milieu du XIXe siècle, une pétition est lancée par les habitants à l'évêque d'Angers, monseigneur Angebault, afin de rétablir leur paroisse. Dans le même temps, Jeanne Grimault, une notable et bienfaitrice originaire de Saint-Laurent-du-Mottay, qui souhaitait faire une bonne œuvre, rencontre l'évêque, qui souhaitait lui rétablir Bourgneuf. La construction d'une nouvelle église est décidée par la suite, ce qui permettra de motiver et de justifier sa (ré)érection en paroisse. Pour se faire, Jeanne Grimault lègue environ 100 000 francs pour la reconstruction de l'église, du presbytère et l'achat d'un terrain pour le cimetière ainsi que des objets de culte.

L'ancienne église, visible sur le plan cadastral de 1827, est détruite à cette période. L'église actuelle est bâtie entre 1847 et 1852 : la première pierre de l'édifice est bénite le 4 juillet 1847 par l'évêque d'Angers ; l'église est bénie le 25 avril 1852. Les plans sont dessinés par l'architecte Sébastien-Michel Dellêtre, qui réalisa également sur le territoire les églises du Mesnil-en-Vallée (1839-1843), de La Chapelle-Saint-Florent (1850-1856), de Saint-Jean du Marillais (1850-1857), de Saint-Laurent-du-Mottay (1856-1858) et de Botz-en-Mauges (1859-1861). Les autels et la chaire sont réalisés par les ateliers de l'abbé Choyer, et les grisailles (vitraux) par le précurseur Charles Thierry, maître-verrier à Angers. Cependant, les frais des travaux engagés dépassant largement le financement disponible, la fabrique s'endette et l'église ne peut être achevée : elle demeurera 48 ans sans flèches.

En 1899, les habitants et la commune souhaitent achever la construction de l'église (et la réparation de la façade consécutive à des intempéries) qui s'élève à 13 650 francs selon le devis d'Alfred Tessier, architecte à Beaupréau. La fabrique contribue à hauteur de 2 000 francs, la commune de 1 500 francs et les habitants de 7 909, 30 francs (souscription et produit de quêtes ; cf : annexe). Le conseil municipal demande à ce que le montant restant soit pris en charge par le secours du département et de l'Etat, qui lui seront refusés. Les travaux sont toutefois autorisés à débuter, au moins pour la première flèche. Ils sont réalisés par Coulommier, entrepreneur à la Boutouchère. Le reste du financement est rassemblé par de nouvelles quêtes et l'engagement de 1 000 francs de la fabrique.

L'autel dédié à Notre-Dame de la Salette (entrée, tour gauche) est offert par Jeanne Grimault et béni en octobre 1857. Le chemin de croix de 1918, les statues des anges adorateurs (support d'éclairage, chapelle de Saint-Joseph), et la statue de Saint-Michel de 1920, sont offerts par les habitants.

  • Période(s)
    • Principale : milieu 19e siècle , daté par source
    • Principale : limite 19e siècle 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1847, daté par source
    • 1900, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Dellêtre Sébastien-Michel
      Dellêtre Sébastien-Michel

      Architecte à Angers qui réalisa entre autres les dessins des églises du Mesnil-en-Vallée (1839-1843), de Bourgneuf-en-Mauges (1847-1849), de La Chapelle-Saint-Florent (1850-1856), de Saint-Jean du Marillais (1850-1857), de Saint-Laurent-du-Mottay (1856-1858) et de Botz-en-Mauges (1859-1861). Il réalisa une cinquantaine d'églises et de nombreux châteaux.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Tessier Alfred-Marie-Léopold
      Tessier Alfred-Marie-Léopold

      Fils de l'architecte Alfred Tessier, installé à Beaupréau. Il a réalisé l'église de Beaupréau en 1863, de Saint-Laurent-de-la-Plaine (49) en 1896 et la reconstruction de Notre-Dame d'Alençon en 1906. Il est difficile de distinguer ses réalisations de celles de son père.

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      architecte (incertitude), attribution par source
    • Personnalité :
      Grimault Jeanne
      Grimault Jeanne

      Jeanne Grimault est née au moulin de Rohou dans la commune de Saint-Laurent-du-Mottay, fille de René Grimault, meunier, et de Jeanne Françoise Trottier, sœur de François Trottier de Montjean-sur-Loire, parrain et oncle de Jeanne. Cette dernière a pour second parrain Louis Aunillon (Onillon) de Saint-Laurent-du-Mottay, son cousin germain, et pour marraine, Marie Grimault, sa cousine germaine. Elle décède le 18 novembre 1860 à Bourgneuf-en-Mauges, à l'âge de 47 ans.

      Issue d'une famille de notable, Jeanne Grimault se place en bienfaitrice de la commune de Saint-Laurent-du-Mottay et de Bourgneuf-en-Mauges. Elle possède de nombreux biens fonciers dans sa commune native : Rohou, logis du prévôt, et plusieurs maisons de bourg dont le 2-4 place du Général de Gaulle… ainsi que dans les communes avoisinantes. Elle reste célibataire au cours de sa vie, et gère seule sa fortune. Elle participe notamment grandement aux frais de la construction des églises de Saint-Laurent-du-Mottay pour 1/3 du montant (10 000 francs) et en totalité de l'église et du presbytère de Bourgneuf-en-Mauges (environ 100 000 francs), ce qui permet au village de d'obtenir sa (ré)érection en paroisse puis son statut de commune en 1865.

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      donateur attribution par source
    • Auteur :
      Thierry Charles
      Thierry Charles

      Au début du XIXe siècle, Charles Thierry s'initie à l'art du vitrail, travaillant comme ferblantier-vitrier à Saint-Georges-sur-Loire. Il est remarqué par la comtesse de Serrant, "découvreuse artistique" de l'époque, qui le forme au dessin. Très doué, il fonde le premier atelier de maître-verrier dans sa commune en 1836 où il a auparavant réalisé en 1828 deux vitraux de l'église Saint-Georges. Dix ans plus tard, en 1846, Charles Thierry fils, transfère cet atelier à Angers, au 20 rue d'Orléans, qui est alors le premier atelier de maître-verrier de ce siècle à s'installer dans la ville. Vers 1860, Charles Thierry fils fait appel à Louis Truffier, contremaître à Paris chez Didron avec qui il s'associe. En 1870, Thierry fils passe la main de l'atelier aux maîtres verriers Truffier et Martin, aidés de Livache père. Cette association dure peu de temps, en 1878 ils se séparent et Martin part fonder son propre atelier qui s'essouffla plus rapidement (1878-1918). Par la suite, Truffier s'adjoint successivement de trois maîtres verriers : Megnen, figuriste verrier parisien, Clamens, professionnel verrier, et Charles Bordereau, époux de sa fille, et également professionnel verrier. En 1879, Louis Truffier prend sa retraite et laisse Megnen, Clamens et Bordereau en association durant quinze ans. À cette même période se construisent de nouveaux ateliers situés à l'angle du boulevard du Roi-René et de la place du Château à Angers sous le nom de "Barthe-Bordereau". Ils possèdent également deux succursales à New-York et Paris, et comptaient une centaine d'employés. Les ateliers de "Barthe-Bordereau" sont encore en activité (SARL des anciens ateliers Barthe-Bordereau) au 20 rue Florent Cornilleau à Angers.

      Les nombreuses verrières produites par la maison Thierry de 1848 à 1875 sont visibles dans tout l'Anjou dont 42 églises : à la Trinité d'Angers, à Trémentines, Marans, Vern, à l'hôtel-Dieu de Baugé, à Bellefontaine, à Bourgneuf-en-Mauges…

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      maître verrier attribution par source

Au cœur du bourg, l'église marque l'intersection principale de la commune, qui est le point de rencontre entre quatre routes départementales majeures. Cette intersection, centrale au bourg, forme la place de l'Église, qui est l'unique place de la commune. La façade occidentale de l'édifice, qui donne directement sur cette place, est plutôt orientée vers le nord-ouest, et le chœur vers le sud-est. La façade occidentale est flanquée de deux tours-clochers à flèche. L'église est accompagnée du presbytère à l'ouest, et de remises au sud.

Le soubassement de l'édifice est en granit, la maçonnerie est en moellons enduits à la chaux de Montjean, et le parement de la façade occidentale en pierre de taille de tuffeau de Saint-Cyr-en-Bourg. Les encadrements de baies, les chaînes d'angle et l'entablement sont en pierre de taille de tuffeau. Les flèches polygonales des clochers sont quant à elles en pierre de taille de Lavaux et de Saint-Même-les-Carrières. Le toit est en ardoise couvert en ardoise. De plan en croix-latine, l'église se compose d'une façade en pignon percée d'une rosace et d'une lancette surmontée d'une croix et encadrée de deux clochers-tours comprenant tous deux un étage de beffroi et une flèche polygonale. Les angles de ces derniers sont encadrés par des contreforts. Le portail d'entrée est en arc brisé à multiples voussures et piédroits avec chapiteaux végétalisés.

L'intérieur est éclairé de lancettes en tiers point, la nef unique de trois travées est prolongée d'un transept et d'un chœur en abside à trois pans d'une travée. Par ailleurs, un autel de l'apparition de la Vierge aux bergers de la Salette est placé dans la tour est à l'entrée. Le couvrement à voûtes en brique sur croisées d'ogives est soutenu par des nervures à simple tore, supportées par des colonnes engagées à chapiteaux à crochets. Les bras du transept abritent deux autels, dédiés à saint Joseph dans le bras nord, et à la Vierge dans le bras sud, qui abrite également l'autel privilégié et le monument aux morts de la paroisse. La voûte du chœur suit le modèle décrit précédemment, ce dernier est éclairé par deux baies en arc brisé. Des stalles en chêne massif de 1918 couvrent la partie inférieure du chœur. Une chaire également en chêne se situe côté est, à l'angle du transept. La nef est décorée d'un chemin de croix en bois et plâtre sculpté et peint (1918), ainsi que par plusieurs statues en ronde-bosse. Le chœur est décoré d'un tableau du XIXe siècle représentant sainte Marguerite-Marie Alacoque (peint par Lionel, professeur à Alençon ?).

  • Murs
    • moellon enduit
    • calcaire pierre de taille
    • granite pierre de taille
    • tuffeau pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte d'ogives, en brique
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • pignon découvert
    • flèche en maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Archives municipales de Bourgneuf-en-Mauges ; 1 P 1/2. Inventaire de l'église de 1905.

Documents d'archives

  • Archives municipales de Bourgneuf-en-Mauges ; 2 M 1/1 et 2. Achèvement de l'église paroissiale et construction des clochers. Nouvelle Horloge. 1883-1900. Entretien et réparations 1918-1994.

  • Archives municipales de Bourgneuf-en-Mauges ; 2 M 5. Eglise : liste récapitulative des travaux, plans, pièces financières, correspondances. 1995-2014. Histoire de la commune : le livret de la paroisse par l'abbé Guinhut et "Bourgneuf-en-Mauges de 1347 à 1975" de Elce.

Bibliographie

  • KEROUANTON, Jean-Louis. Investissement religieux et architecture en Maine-et-Loire, 1840-1940. Les églises paroissiales, Rennes : Université de Rennes II, 1998, thèse de doctorat d'histoire sous la direction de Michel Lagrée, 3 volumes.

Périodiques

  • MARAIS, Jean-Luc. La dernière création de commune en Maine-et-Loire : Bourgneuf, 1865. Archives d'Anjou : mélanges d'histoire et d'archéologie angevines, décembre 2014, n°17.

Annexes

  • Liste des souscriptions pour l'achèvement de l'église et la construction des clochers
  • Retranscription des inscriptions des quatre cloches
Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2020, 2024
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil général de Maine-et-Loire - Service départemental de l'Inventaire du patrimoine
(c) Commune de Mauges-sur-Loire
Vozza Mathilde
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

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Cavaca Marie-Charlotte
Cavaca Marie-Charlotte

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2023-2026)

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