Dossier d’œuvre architecture IA49003840 | Réalisé par ;
Vozza Mathilde (Rédacteur)
Vozza Mathilde

Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)

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Durandière Ronan (Contributeur)
Durandière Ronan

Chercheur auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire.

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  • inventaire topographique, Mauges-sur-Loire
Château dit de la Bretèche ou du Mesnil, actuellement établissement de bienfaisance dit maison pour hommes de l'association Saint-Jean-de-l'Espérance
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mauges-sur-Loire - La Pommeraye
  • Commune Le Mesnil-en-Vallée
  • Adresse 6 rue des Mauges
  • Cadastre 1827 C 219  ; 2019 C 348
  • Précisions nouvelle commune Mauges-sur-Loire
  • Dénominations
    château, établissement de bienfaisance
  • Appellations
    Château de la Brétèche, château du Mesnil, maison pour hommes de l'association Saint-Jean-de-l'Espérance
  • Destinations
    établissement de bienfaisance
  • Parties constituantes non étudiées
    mur de clôture, portail, écurie, étable, toit à porcs, jardin d'agrément, bassin, ferme, allée

Le château de la Bretèche a probablement été construit dans le courant du XVIIe siècle sur d'anciennes bases médiévales. Augmenté aux siècles suivants, il en résulte une distribution complexe et alambiquée déjà constatée dans les sources écrites de la fin du XVIIIe siècle. L'intérêt de l'édifice tient surtout à l'immense parc de plus de 7,2 ha, entièrement clos de murs, dont une partie constitue aujourd'hui une réserve naturelle et paysagère.

La seigneurie de la Bretèche, anciennement connue sous le nom de seigneurie de la Grange de Savennière, est attestée depuis au moins la fin du XIVe siècle. En 1381, Jean de Savennière en rend aveu, à cause de sa femme, Marguerite de Blois qui la tenait de son père Guyon de Blois.

En 1471, Jean de Savennière, écuyer, seigneur de la Bretèche et de la Bégonynière, rend aveu à l'abbé de Saint-Florent pour "sa grange de Savennière, domaine, terre et appartenance d'icelle ou alias s'ammassoit sa quarte partie des sixtes et dîmes qu'il avoit droit de prendre chacun an en la châtellenie de Saint-Florent, contenant ledit domaine en maisons, jardins et essigneaux 8 boisselées joignant d'une part aux terres des Bégonyères, d'autre part à la terre de la Bretonnière, d'un bout au chemin de Vaupedé, d'autre bout à la terre Brisset-Denyau […]".

La famille de Savennière possède la Bretèche jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Avant 1682, elle est acquise par Jean Cherouvrier (1617-1705), sieur des Grassières, qui prend le titre de "seigneur des terres, fiefs et seigneurie du Mesnil alias la Bretèche, des Grand et Petit Cléray et de l'Espinay à Beausse".

Fils d'un notaire de Saint-Florent-le-Vieil, Jean Cherouvrier mène une brillante carrière durant laquelle il occupe successivement les fonctions de grainetier au grenier à sel de Saint-Florent-le-Vieil, de receveur général des domaines de Bretagne et d'inspecteur général de la Marine. Grand mécène de la paroisse, il fera notamment reconstruire, en 1696, la chapelle des seigneurs de la Bretèche, à droite de l'autel de l'église Notre-Dame du Mesnil sur les plans de l'architecte nantais Bedoy. Jean Cherouvrier pourrait aussi être à l'origine de la reconstruction d'une grande partie des bâtiments de la Bretèche et de l'aménagement des jardins et du parc dont on voit encore les bassins et le labyrinthe sur le cadastre de 1827.

À la mort de son père en 1705, Jean II Chérouvrier (1649-1732) hérite du domaine, mais semble le délaisser. Résidant la plupart du temps à Nantes, il lui préfère le domaine de l'Ambroise à Saint-Sulpice qu'il avait acheté en 1702. Au décès de Jean II en 1732, la Brétèche passe dans la famille des Aubert de Tourny par le mariage de sa fille, Jeanne-Claude, avec Louis Urbain Aubert de Tourny, intendant de Limoges. L'inventaire après-décès de Jean II Cherouvrier donne une vision assez précise de la distribution des bâtiments de la Bretèche (voir partie description).

Une estimation du château de la Bretèche réalisée entre le 9 décembre 1769 et le 25 janvier 1770 par Pierre Roch de Ville, notaire à Angers et René Le Comte, architecte, entrepreneur de bâtiments, lors de la succession de l'abbé de Tourny signale "que ladite maison seigneurialle consiste en differents corps de bastiments diformements distribuez, composants plusieurs chambres basses et haultes greniers, écuryes, étables, granges, pressoir, cellier, taits et autres logement partye couverts à ardoise et le surplus en thuille" ; que les logements se "sont beaucoup multipliez et de constructions irrégulières. La majeure partye en mauvais estat par vétusté, et sont sujet à grande quantité de réfections et réparations qui peuvent occasionner de grandes dépenses, laquelle maison seigneurialle, cour et bastiments en dépendant nous estimons valloir en fond eu égard à l'état actuel et aux réparations qui sont à y faire la somme de six mille livres".

À la fin du XVIIIe siècle, la Bretèche appartient à François Régis de la Bourdonnaye (1767-1839), comte de la Bretèche, époux d'Émilie Vollaige de Vaugirault (1776-1847), puis à leur fille Marie-Lucile (1815-1881), épouse de Louis de Couasnon (1809-1876). Par le mariage de leur fille Suzanne de Couasnon (1836-1916) à Anastase d'Harembert (1830-1894), maire du Mesnil de 1884 à 1894, la maison passe dans cette famille puis dans celle de Goascaradec. En 1988, l'abbé Gaston de Goascaradec, son dernier descendant, lègue le domaine à la congrégation de Saint-Jean qui en fait un centre de soin pour les jeunes toxicomanes.

  • Période(s)
    • Principale : 16e siècle, 17e siècle , (incertitude)
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle

Situé à l'angle de la rue des Mauges et de la rue de la Chapelle, le logis de la Brétèche consiste en un grand corps de bâtiment, double en profondeur, d'environ 17,50 m de long sur 14,50 m de large, flanqué de deux petits pavillons d'angle, côté cour. À l'est, plusieurs bâtiments, dont les plus anciens présentent des vestiges des XVIe et XVIIe siècles, témoignent de l'ancienneté du lieu. L'ensemble est ceint d'un immense mur de clôture de près de 1100 m de long, enfermant une parcelle de plus de 7,2 hectares.

Accessible par un grand portail depuis la rue des Mauges, le corps de logis principal, au plan double en profondeur, s'élève sur trois niveaux (un rez-de-chaussée, un étage carré et un niveau de comble) desservis par un escalier intérieur rampe-sur-rampe. La façade sur cour, à trois travées de baies, a été remaniée à la fin des années 1980. Elle présentait à l'origine une lucarne centrale à fronton triangulaire et deux œils-de-bœuf de part et d'autre. Les pavillons étaient ajourés de baies couvertes en plein cintre, d'oculi et de petites lucarnes à frontons triangulaires aujourd'hui disparues.

La distribution intérieure d'origine a été profondément modifiée, mais l'inventaire après-décès de Jean II Cherouvrier établi en 1705 permet de l'appréhender. Au rez-de-chaussée se situaient un office et une cuisine, une antichambre et une salle à manger. À l'étage, en entrant à droite, on trouvait la chambre du maître des lieux, une chambre à côté donnant sur la rue, appelée la chambre des filles, une antichambre à côté et un cabinet. Une troisième chambre donnait sur le pressoir et une quatrième sur la cour, au-dessus de la salle à manger. Le tout était couronné par des combles.

La description mentionne également pêle-mêle une salle basse à côté de la salle à manger, une petite cour sous un appentis, une petite cour près du vivier, un petit cabinet sous le grand escalier ainsi qu'un grenier aux blés, la chambre du jardinier au-dessus, le grenier Saint-Antoine, la maison et le grenier de l'Isle, une grange, des écuries, un pressoir, le grand cellier de Saint-Antoine, un autre cellier proche de la chaufferie.

Outre ces bâtiments, la Bretèche possédait un grand jardin, encore bien visible sur le cadastre de 1827, avec allées, bassins et labyrinthe. Au sud-ouest du logis, une ferme, nommée la ferme de la cour, fut reconstruite à la fin du XIXe siècle ou au tout début du siècle suivant avec logis pour le fermier et parties agricoles associées.

  • Murs
    • schiste moellon enduit
    • tuffeau pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
  • Jardins
    labyrinthe de jardin
  • État de conservation
    remanié
  • Statut de la propriété
    propriété d'une association cultuelle

Ce dossier de pré-inventaire, établi en 1971 par Marie-Anne Éon, a été mis à jour et enrichi par Mathilde Vozza en 2022, dans le cadre de l'inventaire topographique de la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire.

Documents d'archives

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 1 B 988. Procès-verbal d'estimation des terres du Mesnil et de l'Ambroise (9 décembre 1769-25 janvier 1770).

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 5 E 33/8. Inventaire après décès des biens de Jean Cherouvrier, commencé le 30 juin 1732 devant Me Pierre, notaire à Saint-Jean-des-Mauvrets.

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; H 1966. Aveux pour la Grange de Savonnières par Jean de Savonnière (1382, 1400), Félix de Savonnières, seigneur de la Bretèche (1471, 1482), Jean de Savonnière (1541), Jeanne de Bréhant, veuve de maître Ch. De Savonnières (1625).

    F° 81-88 ; 94
  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 1 J 344 . Papiers de la famille Cherouvrier des Grassières. (1663-1784).

Bibliographie

  • TRINCANT, Louis. Histoire généalogique de la maison de Savonnières en Anjou, Poitiers, 1638.

Périodiques

  • BALLU, Camille. Notice sur les seigneurs de Lambroise au XVIIIe siècle. Revue historique, littéraire et archéologique de l'Anjou, 1888.

    p. 162-170.

Documents figurés

  • Plan cadastral de 1827, section C (unique) du bourg. (Archives départementales de Maine-et-Loire ; 3 P 4 / 212 / 6).

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 1971, 2002, 2023
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
(c) Commune de Mauges-sur-Loire
Vozza Mathilde
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Durandière Ronan
Durandière Ronan

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