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Tannerie Dady, puis atelier de menuiserie, 7 rue de la Rochelle, Connerré

Dossier IA72000462 inclus dans Bourg de Connerré : faubourgs de La Rochelle et de Groisiller (Groseiller) et rue de Paris réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénominationatelier de menuiserie
Appellationstannerie Dady
Destinationsmaison, garage
Parties constituantes non étudiéescour, portail, séchoir à peaux, hangar agricole
Dénominationstannerie, atelier
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Connerré
Adresse : 7 rue de la
Rochelle
Cadastre : 1836 C2 93 ; 2018 AC 54, 647

La tannerie du faubourg de La Rochelle est une des trois visibles sur le cadastre napoléonien de 1836 dans le bourg de Connerré et une des deux encore partiellement debout aujourd'hui. Elle appartient, sur le plan terrier de 1787, à un certain Pierre Musserotte dit Touchardière, marchand tanneur. D'après le terrier, elle consiste alors en "un bâtiment en forme de halle, avec les murs, les fossés en dépendant et le droit de chemin ordinaire pour l'exploitation de ladite tannerie". Elle échoit ensuite à l'importante famille de tanneurs Dady au cours du XIXe siècle. Jérôme Dady, maître-tanneur, y fait construire un lavoir et un magasin en 1865, démolir un ancien séchoir en 1875 pour en construire un nouveau plus vaste en 1876, selon les demandes d'alignement et les matrices cadastrales. Selon le carnet des patentes industrielles, dans les années 1870, la tannerie comprend une maison à étage de quatre pièces, un hangar, un séchoir, onze fosses et quatorze cuves. Le tan est fourni par le moulin de la Folie, près du bourg (commune de Thorigné-sur-Dué).

L'activité de la tannerie décline sans doute dès le début du XXe siècle pour s'arrêter semble-t-il vers les années 1920. A partir du milieu du XXe siècle, l'ancien séchoir aurait été utilisé par un sabotier puis un menuisier comme atelier, c'est aujourd'hui le seul bâtiment de l'usine en bon état de conservation, bien que le rez-de-chaussée du mur-pignon ait été modifié et l'escalier en bois supprimé ces dernières années. Un hangar voisin a été transformé en maison d'habitation en 1968, selon la date visible sur le seuil.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle, 1er quart 20e siècle
Dates1968, porte la date

Seul le séchoir de l'ancienne tannerie est en bon état de conservation. La structure en pan de bois est hourdie de briques. On note surtout la présence des ventelles orientables permettant le séchage des peaux à la belle saison, caractéristiques de ce type de bâtiment.

A l'exception du hangar transformé en maison, l'emprise exacte des bâtiments de l'ancienne usine n'est plus connue et le logement patronal n'a pas été identifié (d'après les matrices cadastrales, il ne s'agirait en tout cas pas de la maison au n° 5 de la rue).

Mursbrique
bois pan de bois
Toitardoise
Étages1 vaisseau
Couverturestoit à longs pans
État de conservationétablissement industriel désaffecté
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Annexes

  • L'activité des tanneries à Connerré.

    L'activité du tannage à Connerré remonte au Moyen Age, sans qu'on puisse la dater avec plus d'exactitude. Un document de 1455 mentionne "la rue de la tannerie". En 1608, il est question, dans les registres du chapitre, de transformer le moulin à tan d'en Haut en moulin à blé. La "remembrance de la châtellenie, fief et seigneurie de Connerré" (1613-1683) fait également référence à plusieurs tanneries. En 1622, Jacques Garnier est marchand tanneur à Connerré. A l'occasion d'une enquête statistique de 1811, le maire de la commune écrit que les tanneries de Connerré existaient "d'un temps immémorial" et étaient autrefois "une fabrique assez conséquente : on y en comptait 15 à 18" (sans doute de très petites dimensions). On y produisait un cuir de bonne qualité, fabriqué avec de la chaux puis avec du tan (poudre d'écorce de chêne). L'activité aurait beaucoup périclité à l'époque de la Révolution.

    Toujours selon cette enquête, il se fabrique en 1811 à Connerré "du baudrier, du veau et du mouton qu'on appelle bazanne. On tire ces peaux des communes voisines [...]. Les tanneries de Connerré n'ont chacune que deux fosses, le tan qu'elles consomment provient en entier du pays" ; au XIXe siècle, le moulin Bas de Connerré et surtout le moulin de la Folie, près du bourg mais commune de Thorigné-sur-Dué, sont producteurs de tan. Selon les dires du maire, les tanneries de Connerré n'emploient que quelques ouvriers, consomment chaque année 3 000 kg de tan (mais, pleinement employées, pourraient en consommer jusqu'à 6 000) et traitent les peaux de 300 bœufs ou vaches, 1 440 veaux ou moutons, soit une production équivalente aux villes de La Ferté-Bernard et Bonnétable. Les produits sont vendus principalement à Tours.

    Au début du XIXe siècle, le bourg compte trois tanneries, toutes dessinées sur le cadastre napoléonien de 1836 : une située rue de La Rochelle, rive droite du Dué, et deux autres derrière la rue Faidherbe (dont une aujourd'hui disparue), rive gauche. Les trois sont étroitement liées aux Dady, principale famille de tanneurs à Connerré à cette période. L'entreprise Dady démarre peut-être en 1776, avec l'acquisition par François Dady d'une tannerie (la plus en aval du Dué) provenant de la succession de Charles-Nicolas Hermé, marchand tanneur. Une boutique Dady est mentionnée non loin de là dans la Grande rue en 1787 (au niveau de l'actuel 6, rue Faidherbe). En 1860, un autre François Dady obtient l'autorisation d'établir un plancher sur le Dué pour l'agrandissement de son usine. La tannerie aujourd'hui disparue appartenait à cette même famille jusqu'à ce qu'elle la fasse démolir en 1880, toujours selon les matrices.

    Selon le carnet des patentes industrielles, dans les années 1870, la tannerie du faubourg de La Rochelle, rive droite (Jérôme Dady) comprend une maison à étage de quatre pièces, hangar, séchoir, onze fosses et quatorze cuves. La tannerie rive gauche (François Dady) comprend elle une maison d'habitation en rez-de-chaussée de trois pièces, avec four, écurie, hangars, séchoir, six fosses en briques et trois en bois et seize cuves pour le trempage des peaux. Vers 1878, celle-ci passe à Adolphe Quatecous, également propriétaire du moulin d'en Bas, dont il fait un moulin à tan pour le broyage des écorces. D'après les matrices cadastrales, il fait construire de nouveaux bâtiments dont un séchoir en 1885. Au début du XXe siècle, une petite vingtaine de tanneurs vivent encore au bourg de Connerré. Ils ne sont plus qu'une dizaine dans les années 1930, travaillant à la tannerie Quatecous de Connerré ou à la tannerie Guilmet de la Folie (Thorigné). L'activité cesse dans l'entre-deux guerres.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; G 33. 1613-1683 : remembrance de la châtellenie, fief et seigneurie de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 42. 1776. 8 mai : vente d'une tannerie de la succession de Charles-Nicolas Hermé au sieur François Dady.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 1035. 1787 : terrier de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe. 6 M 775. 1811-1812 : statistique sur les tanneries du département de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 P 1582. 1852-1879 : carnets des établissements industriels de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe. 3 P 91. Matrices cadastrales, registres des augmentations et diminutions de construction de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 O 753. 1794-1900 : voirie urbaine et alignements, Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 S 153. 1843-1929 : alignements en bordure du Dué, commune de Connerré.

Documents figurés
  • 1771 et 1787 : plan du bourg et plan terrier de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 1 Fi 663).

  • 1836 : plan cadastral napoléonien de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\091).

  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

(c) Conseil général de la Sarthe ; (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Truillet Jonathan - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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