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Portes du canal des Cinq Abbés, maison de garde

Dossier IA85000859 inclus dans Canal des Cinq Abbés réalisé en 2017

Fiche

Parties constituantes non étudiéesdépendance
Dénominationsbarrage mobile
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Sainte-Radégonde-des-Noyers
Lieu-dit : Portes des Cinq Abbés (les)
Cadastre : 1834 D 138 ; 2017 OD 680

Dès sa création au début du XIIIe siècle, le canal des Cinq Abbés est probablement équipé d'au moins une porte ou "portereau" (il est possible que plusieurs se succédaient sur le cours du canal). Le 16 septembre 1508, un aveu de la seigneurie de Marans mentionne ainsi un "portereau" au lieu-dit les Gironnières. Sans doute abattue lors des guerres de Religion, la porte n'est pas rétablie aussitôt la remise en état du canal, sans doute dans les années 1640.

Par un arrêt du Conseil du roi du 20 avril 1675, à la requête des sociétés des marais du Petit-Poitou et de Vix-Maillezais, il est décidé non seulement de procéder à un curage du Contrebot de Vix et du canal des Cinq Abbés, mais aussi de créer chacun à leur embouchure une porte destinée à empêcher le reflux de la mer, comme cela se pratique déjà pour tous les grands canaux de dessèchement. La charge financière des travaux est répartie sur tous les propriétaires de marais desséchés et communautés d'habitants des environs, ce qui occasionne un long contentieux. La nouvelle porte du canal des Cinq Abbés figure en 1704 sur une carte des environs de l'anse du Brault par Claude Masse. Elle fonctionne selon les mêmes principes que les portes voisines, dont Claude Masse établit, en 1705, un Plan de divers ecluses couppes et profils qui sont à la teste des canneaux qui se deschargent dans la rivière de Sèvre niortoise. L'écluse des Cinq Abbés y apparaît (repère F).

Tout en conservant les mêmes principes de fonctionnement, la porte est ensuite reconstruite, en tout ou partie, au cours des siècles suivants, au fur et à mesure de son entretien et des conséquences d'inondations. Dès le 5 décembre 1711, un nouvel arrêt du Conseil du roi ordonne sa réparation, ainsi que le curage du canal, tout comme pour le Contrebot de Vix. Débute alors un long contentieux entre la Société du Petit-Poitou, qui avance les frais, et ses voisins, qui refusent pour beaucoup de les lui rembourser. Le problème ressurgit lors de travaux ultérieurs, en 1728, 1753 et 1771 notamment.

La réorganisation de la gestion du canal, avec la création, en 1813, de la Société des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais, permet de procéder à d'importants travaux dans les années qui suivent. Le 15 mai 1813, une des premières décisions de la toute jeune Société est de reconstruire la porte de manière à augmenter le débouché du canal, insuffisant pour absorber tout les eaux des marais en amont, ce dont se plaignent souvent les riverains (à Nalliers et Vouillé-les-Marais notamment). En 1816, le projet de construction non pas d'une mais de deux portes est présenté par l'ingénieur des Ponts et chaussées Salomon. Les travaux sont adjugés le 15 juin 1821 à Daviaud et Perrocheau, entrepreneurs aux Sables-d'Olonne. Les travaux commencent le 5 mai 1822, sous la direction de Salomon. Ils sont toutefois plus difficiles que prévu, en raison de l'inconsistance du sol, comme l'indique un rapport du préfet de la Vendée en date du 20 juin 1822. Alors que l'on prévoyait un simple système de pilotis, il est décidé d'ajouter un radier sur lequel reposeront les nouvelles portes, comme du reste le faisait l'ancienne porte.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Dates1822, daté par source

Les portes se trouvent à l'embouchure du canal des Cinq Abbés. Les eaux drainées par le canal passent à travers elles pour se déverser dans un chenal long de 750 mètres, qui va se jeter dans l'anse du Brault, une des dernières boucles de la Sèvre Niortaise avant la baie de l'Aiguillon.

Tout en étant constitué de la même manière que toutes les portes qui entourent la baie de l'Aiguillon, à l'embouchure de tous les grands canaux du Marais poitevin, cet ouvrage présente la particularité d'accoler deux portes, de manière à accroître la capacité d'évacuation de l'eau. Chaque porte est un ouvrage en maçonnerie qui enjambe le canal par une arcade. Ce passage voûté, ou pertuis, supporte un pont avec parapets en pierre. Les abords de la porte, en amont comme en aval, sont renforcés par des bajoyers en pierre de taille. Côté aval, la porte à flot est équipée de deux vantaux en bois busqués, pointés vers le chenal. Fixés à la maçonnerie par des pièces en métal, ils s'ouvrent à marée basse pour laisser s'écouler l'eau acheminée par le canal, et se ferment à marée haute, sous la poussée de l'eau de la Sèvre, pour empêcher son reflux dans le canal. En position fermée, les poteaux busqués se bloquent l'un contre l'autre de manière à maintenir les vantaux pointés vers l'aval (s'ils étaient alignés, les vantaux seraient plus vulnérables à la pression de l'eau).

En arrière, côté amont, le système est renforcé par une vanne verticale en bois, actionnée par une crémaillère à cric que soutient un portique en métal et en pierre. Cette vanne permet d'assurer l'étanchéité de la porte à marée haute, en cas de forte inondation ; mais encore à marée basse, même lorsque les vantaux sont ouverts, notamment pour retenir de l'eau dans le canal à la saison sèche.

Près de la porte, en amont, sur la rive gauche du canal, se trouve l'ancienne maison de garde de la porte. En rez-de-chaussée, avec grenier, elle est entourée de quelques dépendances agricoles (toits, grange-étable...).

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
Statut de la propriétépropriété d'une association, Propriété de la Société des marais du Petit-Poitou.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. F10 4130. 1810-1925 : canaux des Cinq Abbés et des Hollandais, organisation syndicale, travaux, subventions.

  • Archives départementales de la Vendée. S 732. 1809-1865 : Société de canaux des Cinq Abbés et des Hollandais.

  • Archives départementales de la Vienne. C 47. 1712, 7-19 août : Procès-verbal d’enquête de Charles Moriceau de Cheusse, subdélégué de Fontenay-le-Comte, au sujet du curage du canal des Cinq-Abbés et du Contrebot de Vix.

Documents figurés
  • 1705 : Plan de divers eccluses, couppes et profils qui sont à la teste des canneaux qui se deschargent dans la rivière de Sèvre Niortoise ou de Marans, proche du Brau en Bas Poitou, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, Archives du Génie, Fol. 131 h, feuille 86).

  • 1701 : Carte contenant une partie du Bas Poitou et de l'Aunis où se trouve Marans et l'embouchure de la Seyvre Niortaise, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, J10C 1293, pièce 7).

  • 1704 : Le Brau où tombent les principaux canaux qui font les dessèchements des marais du Bas Poitou et d'Aunis, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, J10C 1293, pièce 15).

Bibliographie
  • CLOUZOT, Etienne. Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle. Paris : H. Champion éditeur ; Niort : L. Clouzot éditeur, 1904, 282 p.

    p. 103
  • DURAND, René, BOURDU, Daniel, BARBOT, Guy. 4 générations de charpentiers de bateaux. Marans et le Marais poitevin : un pays, une ville, un port, un chantier naval aux XIXe et XXe siècles. La Crèche : Geste éditions, 2012. 291 p.

    p. 133-141, 158-172
  • RIOU, René. Les marais desséchés du Bas-Poitou. Paris : imprimerie des Facultés A. Michalon, 1907, 303 p.

    p. 199-211
  • SUIRE, Yannis. Le Bas-Poitou vers 1700 : cartes, plans et mémoires de Claude Masse, ingénieur du roi, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2017, 368 p.

    p. 53, 71, 74, 289, 294-297, 337
  • SUIRE, Yannis. Le Marais poitevin, une écohistoire du XVIe à l'aube du XXe siècle. La Roche-sur-Yon : Centre vendéen de recherches historiques, 2006.

    p. 218, 330, 403
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