Dossier d’œuvre architecture IA44004425 | Réalisé par ;
  • inventaire topographique
Porte de ville dite porte de Saillé
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Guérande - Guérande
  • Commune Guérande
  • Adresse Ville intra-muros

La « porte de Saillé » apparaît dans les textes en 1500-1506, citée avec le « boulovart » qui l'accompagne et, « assez près » de ce dernier, un jardin où il « y eut autreffois maison ». Le 30 juin 1542, un mandement de la Chambre des comptes de Bretagne enjoint Mathurin Petiteau, receveur ordinaire du roi à Guérande, de « fere muraille et porte devers Saillé ». En 1562, des travaux sont réalisés sur cette porte qui est pourvue d'une « grande porte et d'un huisset ». Le 2 juillet 1764, François Cariot, paveur et entrepreneur, reçoit paiement pour avoir procédé au « demolisement de mur audessus de la porte dentré de ville rue Saillés ». À la même époque, le duc d'Aiguillon fait aménager un mail à l'extérieur des remparts. À cette occasion, les fossés sont comblés. En 1979, l'arcade de la façade extérieure, très endommagée par le passage d'un poids lourd, est restaurée par l'architecte en chef des monuments historiques Pierre Prunet.

  • Période(s)
    • Principale : limite 15e siècle 16e siècle

La porte sud de la ville est dite de Saillé car elle ouvre vers ce village situé au Sud dans les marais. De plan rectangulaire, elle se présente comme un long passage en faible saillie sur l'enceinte. La façade en pierre de taille est fondée sur le talus de l'enceinte, en parfaite concordance d'assises : les deux constructions sont contemporaines. Au revers de cette tour-porte, les angles accusent à leur base deux légers ressauts.

Le passage d'entrée est voûté en berceau, et protégé par plusieurs dispositifs de fermeture et de défense : un pont-levis à flèches, deux vantaux dont les gonds sont conservés, une large ouverture que l'on peut interpréter comme un assommoir dans la voûte, et une herse dont les glissières sont parfaitement insérées dans les parements latéraux.

Le pont-levis enjambait un fossé désormais comblé. Le tablier venait fermer l'entrée en s'encastrant dans la feuillure rectangulaire ménagée autour de la porte. Il était relevé par un système de flèches formant contrepoids, et qui s'inséraient dans les deux longues rainures verticales ménagées en façade.

Dans le passage d'entrée sont ménagées deux niches de tir, voûtées en plein cintre. De part et d'autre de la tour, elles assurent une défense latérale de l'enceinte. Elles desservent des canonnières dont les fentes étroites sont adaptées à des armes de petit calibre. La niche ouverte à l'Ouest, légèrement plus profonde, dessert une seconde fente de tir, frontale.

Des dispositions similaires sont encore lisibles à l'étage, et restituées sur les dessins de la fin du XIXe siècle. Une salle de plan carré, formant corps de garde et commandant la herse et le pont-levis, existait directement sous les combles, car la tour est peu élevée. La restitution d'un troisième niveau sous une haute toiture pentue, proposée par Boeswillwald, est tout à fait aléatoire. Il n'existait peut-être qu'un parapet défensif posé en encorbellement sur les consoles. Le mur de gorge de la salle est arasé ; il n'a peut-être jamais existé ; la salle pouvait également être fermée simplement par une cloison en bois ou en torchis vers la ville. Des portes latérales mettaient en communication directe l'étage de la porte avec le chemin de ronde des courtines voisines.

Notons l'existence en partie haute de la façade d'une petite niche qui abrite aujourd'hui une statuette de la Vierge.

  • Murs
    • granite
    • pierre de taille
    • moyen appareil
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1877/07/14
  • Référence MH

Le type des ouvertures de tir, comme celui des consoles de mâchicoulis qui couronnent la façade (avec deux séries de ressauts séparées par un large cavet) confirment une datation tardive de l'ouvrage : les années 1500. Des reprises de maçonnerie à peine

Documents d'archives

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 42.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. C 178.

Bibliographie

  • CAROFF, Ch. Les fortifications de Guérande. Les cahiers des amis de Guérande, n° 21, 1974-1975.

    p. 27.
  • QUILGARS, Henri. À travers la ville de Guérande : guide historique et archéologique contenant un plan de la ville. Nantes : Librairie Durance, 1913.

    p. 14.
  • PRUNET, Pierre. 44-Guérande-Remparts : restauration, mise en valeur et mise à la disposition du public de l´enceinte fortifiée. Étude préalable, septembre 2000.

    p. 12.

Documents figurés

  • Plans, coupes, élévations, Boeswillwald, 1877 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine).

Date d'enquête 2005 ; Date(s) de rédaction 2007
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Ville de Guérande