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Porte de l'Epine, maison de garde

Dossier IA85001027 réalisé en 2017

Fiche

Á rapprocher de

Dénominationsbarrage mobile, logement
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Puyravault
Lieu-dit : Porte de l'Epine (la)
Cadastre : 1834 C 117 ; 2017 OC 294

Une première porte existait, au Moyen Age, à l'embouchure de l'achenal de l'Hôpital ou de Puyravault, creusé, semble-t-il, au 13e siècle, et dont le canal de l'Epine est le prolongement réalisé à l'époque moderne. Cette première porte se trouvait vers les actuels lieux-dits du Petit Bordet et de l'Epine. Elle est mentionnée en 1648 sur une carte des marais desséchés entre Luçon et Marans, par Pierre Siette. Le plan cadastral de 1834 indique aussi "l'ancienne porte de l'Epine". Il est probable que le trait de côte se situait là au Moyen Age, avant les nouveaux travaux de poldérisation de l'époque moderne. Cette porte est mentionnée au début du 17e siècle, alors que la remise en état des marais du Commandeur est déjà en cours. En 1616, un procès-verbal de visite des dégâts causés par une inondation, indique que "les eaux salées ont endommagé et emporté le portereau" qui avait pourtant été remis en état dix ou onze ans plus tôt.

Dans les années 1640, lorsque le canal de Vienne est creusé, l'achenal de Puyravault, devenu canal de l'Epine, n'est plus d'utilité pour le commandeur de Puyravault. Il est alors d'abord réutilisé par la Société du Petit-Poitou. L'entretien du canal et de la porte fait partie des dépenses opérées régulièrement par la Société du Petit-Poitou dans la seconde moitié du 17e siècle, comme l'indiquent les délibérations de ses assemblées annuelles. La porte lui appartient encore en 1694 ; elle a a dû être abandonnée au cours du 18e siècle. Une maison de garde y est associée : le 16 août 1649, la Société du Petit-Poitou décide de construire un appentis au bâtiment de la porte pour abriter une vache appartenant au portier.

Dans le même temps, à partir de 1651, la Société du Vieux desséché de Champagné est constituée et, en 1653, elle s'entend avec le commandeur de Puyravault pour prolonger sa digue vers l'est, sur ses terres, au-delà du canal de l'Epine. Une nouvelle porte de l'Epine est placée à cette intersection, bien plus en aval que l'ancienne. Dès le 6 juillet 1652, l'assemblée générale du Vieux desséché de Champagné prend acte du fait que le marché pour l'achat des bois nécessaires à la construction des portes du dessèchement a été passé, et que ces matériaux sont déjà arrivés au Passage de Moreilles, point d'accès aux marais depuis la plaine de Luçon. Le 12 décembre suivant, l'assemblée constate que les travaux se poursuivent : une charrette doit être envoyée pour le transport de la pierre de taille pour bâtir les écluses. Le 17 avril 1653, on s'attache à "faire venir des planches de La Rochelle pour faire des huttes aux travailleurs des écluses". Le 19 août suivant, les finances manquant et des priorités devant être définies, l'assemblée décide de "procéder à l'achèvement de l'écluse située à la bouche du chenal de l'Epine". Le 15 avril 1658, l'assemblée précise qu'il "sera mis des pièces de bois sur les portes de la Balise, afin qu'une charrette puisse passer facilement".

Dès lors, la nouvelle porte de l'Epine figure bien sur la carte de la région par Claude Masse vers 1701. La carte mentionne aussi à cet endroit la maison de garde, en arrière de la porte, et, en aval, un "port" avec un enclos ou "parc" destiné à stocker la misotte récoltée dans les marais autour. Encore appelée porte de la Balise à la fin du 19e siècle, la porte a été reconstruite au fil des siècles, en tout ou partie, à la suite des tempêtes successives ou lors des travaux classiques d'entretien et de remplacement des différentes pièces qui la compose (portes, vanne...). Dès le 26 juillet 1667, la Société du Vieux marais de Champagné tient une assemblée générale extraordinaire dans la maison du portier pour examiner la question de la démolition et de la réparation de la porte. Les travaux sont confiés à Jean Gabillaud, de Marans, et à ses ouvriers. Même opération en 1722 : l'assemblée du 21 mai charge Jean Drouet, maître charpentier, de refaire la porte "complètement à neuf". L'ouvrage actuel résulte, au moins en partie (vanne et radier), de la dernière campagne de (re)construction opérée en 2013, après la tempête Xynthia de 2010.

Période(s)Principale : milieu 17e siècle
Dates1653, daté par source

La porte de l'Epine se situe à l'embouchure du canal du même nom, à la limite entre les communes de Puyravault et de Sainte-Radégonde-des-Noyers. Elle interrompt la digue des marais de Champagné. Les eaux drainées par le canal à partir des marais desséchés situés en arrière, passent à travers la porte pour se jeter dans un chenal qui va se déverser dans la dernière boucle de la Sèvre Niortaise, au sud.

La porte est constituée de la même manière que tous les ouvrages de ce type qui entourent la baie de l'Aiguillon, à l'embouchure de tous les grands canaux de dessèchement du Marais poitevin. La porte est un ouvrage en maçonnerie qui enjambe le canal par une arcade. Ce passage couvert ou pertuis supporte un pont. Les abords de la porte, en amont comme en aval, sont renforcés par des bajoyers en pierre de taille. Côté aval, la porte à flot est équipée de deux vantaux en bois busqués, pointés vers le chenal. Fixés à la maçonnerie par des pièces en métal, ils s'ouvrent à marée basse pour laisser s'écouler l'eau des marais desséchés acheminée par le canal, et se ferment à marée haute, sous la poussée de l'eau de la Sèvre, pour empêcher l'inondation des marais. En position fermée, les poteaux busqués se bloquent l'un contre l'autre de manière à maintenir les vantaux pointés vers l'aval (s'ils étaient alignés, les vantaux seraient plus vulnérables à la pression de l'eau).

En arrière, côté amont, le système est renforcé par une vanne verticale en bois, actionnée par une crémaillère à cric. Cette vanne permet d'assurer l'étanchéité de la porte à marée haute, en cas de forte inondation ; mais encore à marée basse, même lorsque les vantaux sont ouverts, notamment pour retenir de l'eau dans le canal à la saison sèche. De ce même côté de l'ouvrage, sur la rive droite du canal, une dérivation de celui-ci passe sous un petit pont et alimente le fossé de ceinture ou "gonelle" qui longe la digue en direction de l'ouest.

Ce petit pont donne accès à l'ancienne maison de garde, bâtiment constitué d'un corps central en rez-de-chaussée avec comble, et de deux petites ailes en rez-de-chaussée.

Murscalcaire pierre de taille
métal
bois
Statut de la propriétépropriété d'une association, Propriété de la Société des marais de Champagné.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. 135 J 3. 1647-1735 : registre des délibérations de l'assemblée générale de la Société des marais desséchés du Petit-Poitou.

  • Archives départementales de la Vendée. 242 J. 1651-1917 : registre de copies des délibérations de la Société du Vieux marais desséché de Champagné.

  • Archives départementales de la Vienne. 3 H 1/859. 1442-1678 : contentieux, mémoire et procès-verbaux relatifs aux biens et revenus de la commanderie de Puyravault, transactions relatives aux dessèchements de marais, baux à ferme de la commanderie et de ses dépendances.

Documents figurés
  • 1648 : Plan et description particuliere des maraits desseichés du petit Poictou avecq le partaige sur icelluy faict par le sieur Siette escuier conseiller ingenieur et geografe ordinaire du roy et controleur general des fortiffications de Daulfiné et Bresse, le 6 aoust 1648. (Bibliothèque nationale de France, GE DD 2987)

  • S. d. : Carte des marais desseichez entre Lusson et Marans sur la coste de Poitou, copiée sur l'original fait en 1648 par le sieur Siette ecuyer conseilller ingenieur et geographe du roy, controleur des fortifications de Dauphiné et de Bresse. (Service historique de la Défense, 1 VE 52).

  • 1701 : Carte contenant une partie du Bas Poitou et de l'Aunis où se trouve Marans et l'embouchure de la Seyvre Niortaise, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, J10C 1293, pièce 7).

  • [Vers 1700] : Plan particulier de l'ecluse de Ste Radegonde proche le Braud vers l'embouchure de la Sevre Niortoise, en Bas Poictou, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, Archives du Génie, Fol. 131 h, feuille 84).

  • 1705 : Plan de divers eccluses, couppes et profils qui sont à la teste des canneaux qui se deschargent dans la rivière de Sèvre Niortoise ou de Marans, proche du Brau en Bas Poitou, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, Archives du Génie, Fol. 131 h, feuille 86).

  • 1834 : plan cadastral de Puyravault. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 185).

Bibliographie
  • DURAND, René, BOURDU, Daniel, BARBOT, Guy. 4 générations de charpentiers de bateaux. Marans et le Marais poitevin : un pays, une ville, un port, un chantier naval aux XIXe et XXe siècles. La Crèche : Geste éditions, 2012. 291 p.

    p. 133-141, 158-172
  • RIOU, René. Les marais desséchés du Bas-Poitou. Paris : imprimerie des Facultés A. Michalon, 1907, 303 p.

    p. 69
  • SUIRE, Yannis. Le Bas-Poitou vers 1700 : cartes, plans et mémoires de Claude Masse, ingénieur du roi, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2017, 368 p.

    p. 53, 71, 74, 289, 294-297, 337
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis - Métayer Géraldine
Géraldine Métayer

Chargée de l'étude thématique régionale sur patrimoine lié à l'eau dans le Marais Poitevin vendéen (GAL Marais poitevin).


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