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Église paroissiale Saint-Pierre de Saint-Pierre-du-Lorouër

Peinture monumentale : imitation de pierres de taille, scènes de funérailles de Renaud

Dossier IM72002600 réalisé en 2010

Fiche

Dénominationspeinture monumentale
Aire d'étude et cantonForêt de Bercé - Le Grand-Lucé
AdresseCommune : Saint-Pierre-du-Lorouër
Adresse : rue de la Veuve
Emplacement dans l'édificeles peintures sont situées sur le mur nord de la nef et ponctuellement côté sud sous la tribune

L'exceptionnel décor de funérailles fut exécuté à la fin du XIIe ou au tout début du XIIIe siècle comme le propose Christian Davy. Le rapprochement entre le personnage de Maurice nommé dans l'inscription et celui de l'évêque du Mans, Maurice de Sully (1216-1231), suggéré par le comte de Janssens, puis repris par Paul Deschamps et Marc Thibout apparaît hasardeux. En effet, il a existé à l'époque plus d'un clerc portant ce prénom. Le décor de faux-appareil visible en dessous date donc du XIIe siècle. En effet, l'église fut entièrement peinte avec un décor couvrant imitant la pierre de taille, avant d'être décorée quelques décennies plus tard d'un programme historié dont la thématique sera reprise aux siècles suivants. Les peintures furent découvertes en 1892 lors d'une campagne de travaux dans le nef. Partiellement conservées, elles furent restaurées en 1961, puis en 1967 à la suite de travaux malheureux sur la partie basse des murs (plinthe en ciment). Leur état catastrophique pose toujours de graves problèmes de conservation.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : limite 12e siècle 13e siècle

La technique utilisée est une technique mixte. La peinture a été commencée à fresque comme en témoigne l'existence d'une sinopie, puis terminée à sec pour les dernières couches picturales aujourd'hui mal conservées comme les rehauts et les bleus. Un fragment de pontate (limite d'enduit horizontale) observée au niveau de l'épaule de l'ange par Christian Davy laisse penser que la scène se développait sur l'ensemble du mur. En effet, de nouveaux fragments ont été découverts à la suite du piochage des enduits de ciment qui formaient une plinthe. Bien que les couches soit très mêlées, il est possible qu'une campagne romane y soit présente. Deux campagnes romanes se superposent sur le mur nord de la nef. La plus ancienne était composée d'un décor d'imitation de pierres de taille et la plus récente, qui la recouvre entièrement, et se développe sur deux registres, met en scène les funérailles d'un laïc en trois temps. L'ensemble est limité par une bordure bicolore ponctuée de blanc.

Catégoriespeinture murale
Matériauxenduit, support fresque, technique mixte
Mesuresh : 190.0
la : 360.0
Précision dimensions

Il s'agit des dimensions de l'ensemble de la scène de funérailles, à l'intérieur de la moulure de plâtre.

Iconographiesà faux appareil
rite funèbre: enterrement, sein d'Abraham, homme: encensoir, ange
Précision représentations

La première campagne picturale était composée de faux-appareil sur les murs et de faux-claveaux autour des ouvertures. La seconde met en scène les funérailles de Renaud (Raginaudus). La cérémonie de funérailles est placée au registre inférieur, tandis qu´au registre supérieur y sont représentées son âme dans le sein d´Abraham et sa figure accompagnée de sa mère et d´un clerc priant le Christ. Un ange psychopompe tend l´âme du défunt à Abraham, cette séquence lie les deux registres, l´un terrestre celui des funérailles et l´autre céleste de la supplication devant Dieu et du sein d´Abraham.

Inscriptions & marquesinscription concernant l'iconographie
inscription concernant le titre
inscription concernant le destinataire, peint, sur l'œuvre, partiellement illisible, incomplet, latin
Précision inscriptions

Le décor est accompagné de nombreuses inscriptions, ce qui est exceptionnel dans la région. Les unes correspondent à des titres qui nomment les différents personnages tandis que les autres commentent le déroulement des funérailles. Elles ont été publiées par Christian Davy (1997, p. 183) dont nous reprendrons la transcription. Au registre supérieur de gauche à droite : ISABEL. EST. NO / MEN EIVS ; RAGINAVDVS ; FECIT. HOC. OPVS : / MAVRICIVS. Deux longues phrases commentent le déroulement des funérailles. La première est placée sur trois lignes au-dessus des têtes de Raginaudus et de sa mère : [CON] DITVR : COLIT. ET. SEQVITV [R][C]E[LE]STIA. CASTRA / [. ] R ou BI. SET. DIBIGITVR. RAGINA[V]DV. AD. AD. ASTRA : / [. ]DIGNE MO[RI]. M[. ] SVB LVCE[.] RI / MIGRAVIT MATER / HVIC MISE[RE]RE / PATER / AM. La seconde est plus lacunaire. Elle se développe sur quatre lignes au-dessus du cercueil : + LVCE. NITES. MORV. RAGINA[.]MA. VIRORVM[. ]+[. ]/ [VI] VENS.IN.XPO.TV[M][. ] MVLI [. ]/ + Q[V] I. LEG (I ou E) S. H. AVDI. IACET. HIC. COR[PVS] RAGINAUD ./[. ]EST[. ]PREC[IO]SIS [. ] . Au XIXe siècle, le comte de Janssens avait pu lire : +LVCE. NITES. MORV[M]. RAGINAUV[DE] [ANI]MA. VIVORVM : + [VI]VENS IN. XPOTVM. L. E. T[. ]MVLI[. ]BCI/ +Q[VI] LEGIS. H[OC] AVDI. JACET. HIC. CORP[VS] RAGINAUDI/ +[. ]EST[. ]PRECIOSIS. SIBI. M[. ]RVS. de plus une inscription est placée sur le livre de l´office des morts : A[NIMA] / EI[VS] / REQ/ VI/ ES/ CA-/ T et IN. PACE, au-dessus du livre.

État de conservationmauvais état
œuvre dissimulée
œuvre incomplète
œuvre menacée
manque
œuvre restaurée
partie bûchée
Précision état de conservation

L'état de conservation des peintures est médiocre : piquetage, perte de cohésion et altération des couches terminales. La plinthe en ciment posée sous les peintures peu après leur restauration en 1961 fut une source supplémentaire de dégradation. D'autres peintures, plus anciennes que celles de la scène de funérailles, furent recouvertes de plâtre ou détruites. Le comte de Janssens les compara à l'époque à celles de Poncé.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1908/07/18

Références documentaires

Documents d'archives
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine ; carton 2576 Sarthe. Affaires générales (1907-1950), rapport présenté par l'ACMH Bernard Vitry, 18 octobre 1946 sur l'état de l'édifice et des peintures.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine : documentation des AOA, carton 179 Taralon, mention d'une restauration R. Baudouin en 1964 ; carton 182 bis Taralon, devis de R. Baudouin du 28 avril 1960 ; engagement de dépense n°37 du 22 avril 1967 pour 1200 frs ; engagement de dépense n°39 du 10 mai 1967 pour 5000 frs ; rapport J. Taralon du 16 septembre 1966.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Notes Aimée Neury, 1950.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 517. Fonds Cordonnier-Détrie : notes, 19 septembre 1948, lettre d'Eugène Vallée datée du 2 mars 1892.

Documents figurés
  • Relevés de peintures murales, croquis Jacques Poinsier, 1942, sans numéro ; scène de funérailles, Jacques Poinsier, 1942, n°17 411 ; scène de funérailles, Jacques Poinsier, 1942, n°17 412 ; femme couchée, Jacques Poinsier, 1942, n°17 413. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine ; 1996/089).

  • 9 clichés NB, Hurault, MH 0293985 à MH 0293990, MH 0294023 à MH 0294025, 1951 ; 3 clichés des relevés, Janet-Le Caisne, MH 0127916 à MH 0127918, 1943 ; 1 cliché d'un relevé, Charles Hurault, MH 131350, 1945. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine).

Bibliographie
  • DAVY, Christian. La peinture murale romane dans les Pays de la Loire. Thèse d'Histoire de l'Art sous la direction de Robert Favreau et Hélène Toubert. Université de Poitiers, 1994.

    p. 873-913
  • DAVY, Christian. La peinture murale romane dans les Pays de la Loire. L'indicible et le ruban plissé. Laval : Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, 1999.

    p.348-351
  • DAVY, Christian, JUHEL, Vincent, PAOLETTI, Gilbert. Les peintures murales romanes de la vallée du Loir. Vendôme : Editions du Cherche-Lune, 1997.

    p. 180-185
  • DESCHAMPS, Paul, THIBOUT, Marc. La peinture murale en France au début de l'époque gothique, de Philippe Auguste à la fin du règne de Charles V (1180-1380). Paris : CNRS, 1963.

    p. 61-62
  • PRE, Madeleine. La peinture murale dans la région du Maine et ses confins angevins du XIIe siècle au XVIIIe siècle.Thèse de l'Ecole du Louvre, Paris, 1944.

    p. 100, 312
Périodiques
  • DUPRAT, Clémence-Paule. Enquête sur la peinture murale en France à l'époque romane. Bulletin monumental, 1943-1944.

    p. 51, 79-80
  • JANSSENS, Gaston de. Saint-Pierre-du-Lorouër et ses peintures murales. L'Union historique et littéraire du Maine, 1895.

    p. 143-152, 177-185, 211-216
  • JANSSENS, Gaston de. Les peintures murales de Saint-Pierre-du-Lorouër (Sarthe). Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1893.

    p. 94-102
  • PRE, Madeleine. Les peintures de Saint-Pierre-du-Lorouër. Gazette des Beaux-Arts, mai-juin 1947.

    p. 141-142
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil général de la Sarthe - Leduc-Gueye Christine