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Ouvrage fortifié dit tour Saint-Jean, tour de l'hôpital ou tour Millet

Dossier IA44004434 réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénominationtour
Appellationstour Saint-Jean, tour de l'hôpital, tour Millet
Dénominationsouvrage fortifié
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Adresse : Ville intra-muros

La première mention de la tour date de la fin du XVIIe siècle. En 1691, on projette « un pont qui donnera communication et passage du chasteau [porte Saint-Michel] à la tour Millet par-dessus les murailles » . En 1778, le procès verbal de visite des remparts rend compte de la ruine de la tour, et de la nécessité de démonter ses parapets : « la tour intermédiaire nommée la tour de Saint jean ou de l'Hôpital, quoy que lizardée, peut subsister encore très longtems si on la decharge des parapets qui la surmontent lesquels sont déjà en très grande dégradation ». Ces travaux ont sans doute été effectués car la tour est restée conservée dans son élévation, hormis ses couronnements.

En 1990, elle apparaît remblayée sur ses deux niveaux inférieurs et couverte de végétation. Des fouilles archéologiques entreprises à l'intérieur de l'édifice permettent de dégager les salles et leurs ouvertures de tir. Elles précèdent la restauration complète de la tour, qui s'achève en 1994 sous la responsabilité d'Hervé Chouinard (ACMH). Le couronnement est remonté sur deux assises au-dessus des consoles portant le chemin de ronde à mâchicoulis. Certaines de ces consoles, manquantes à l'Est, sont alors refaites.

Période(s)Principale : 4e quart 14e siècle , (?)
Principale : 1er quart 15e siècle
Principale : 4e quart 15e siècle

La tour Saint-Jean doit son nom à l'ancien hôpital Saint-Jean anciennement situé intramuros.

Cette tour de plan demi-circulaire est conservée sur toute son élévation. La base disparaît dans les fossés comblés. Le parement, en bel appareil de pierre de taille soigneusement assisé, présente une particularité qu'on ne trouve que sur cette tour : il est marqué par un ressaut chanfreiné au tiers de son élévation.

La tour est aujourd'hui ouverte à la gorge ; mais des pierres d'attente sur les angles intérieurs indiquent que l'ouvrage aurait dû être fermé. Un muret a été récemment construit en retrait pour isoler l'intérieur de la tour des masses de terre. Les fouilles archéologiques, entreprises en 1990, ont permis de vider la tour de ses niveaux de comblement ; le sol de la salle basse a été dégagé, très en deçà du niveau du sol des parcelles voisines. Cette différence de niveau pose le problème de l'accès originel à la partie basse de cette tour. Les fouilles ont mis en évidence un escalier de pierre apposé à l'époque moderne sur des remblais, à l'intérieur de l'ouvrage ; il a été démonté. Il était peut-être contemporain d'un bâtiment, dont il subsiste des vestiges, accolé à l'est de la tour, et visible sur le cadastre napoléonien. Une autre construction dallée existait à l'ouest de la tour.

La tour Saint-Jean conserve trois niveaux qui étaient autrefois séparés par des planchers, soit encastrés dans des trous réservés dans le mur (entre niveaux 1 et 2), soit portés par des corbeaux (entre niveaux 2 et 3).

La salle basse conserve trois ouvertures de tir : deux sur les flancs, une en capitale. Elles étaient toutes à l'origine sous une voussure. Les deux ouvertures latérales ont été soigneusement murées, réduites à une petite ouvertures carrée à l'intérieur, largement ébrasée latéralement à l'extérieur : ces deux canonnières rectangulaires semblent avoir été réaménagées à la fin du XVe siècle pour battre les flancs de l'ouvrage. L'archère en capitale présente une fente large et assez courte, qui semble avoir été élargie a posteriori. Les deux archères de l'étage présentent les mêmes dispositions, légèrement décalées en plan. Les fentes de tir ont également été remaniées, pour s'adapter à l'usage d'armes à feu de moyen calibre. Des trous percés dans les joues de l'ouverture, en partie haute de la fente, ont été percés après coup pour accueillir des pièces de bois servant à poser le tube. Les couvrements sont ici sous linteaux.

Un changement d'appareillage est lisible au 3ème et dernier niveau : les assises de pierre de taille sont plus régulières et plus hautes. Cependant, les restaurations sont importantes et rendent difficile l'analyse des ouvertures, très restaurées. Ce niveau est traversé par le chemin de ronde de l'enceinte. Une porte est conservée à l'Est, sous un linteau porté par deux coussinets. La porte en vis-à-vis, à l'Ouest, a disparu. Les planchers ayant été déposés, une passerelle de bois a été installée récemment pour assurer la continuité de la circulation des visiteurs sur le chemin de ronde, au revers de la tour.

La salle possède trois ouvertures dont les appuis ont été en partie arrachés. L'ouverture en capitale est légèrement décentrée. Elle se présente comme une fenêtre rectangulaire à large ébrasement, avec appui. L'ouverture est d'origine, avec des trous dans les joues latérales qui indiquent qu'elle pouvait être utilisée au besoin pour le tir à l'arme à feu. Les deux archères canonnières latérales sont très endommagées.

Le parapet est arasé au niveau des consoles des mâchicoulis. Ces dernières présentent un profil sculpté tout à fait particulier. Elles sont en pyramide inversée, à trois ressauts chanfreinés. Ce type de consoles n'est pas spécifique à l'aire bretonne, contrairement à l'appellation qui lui est souvent donnée.

Mursgranite
pierre de taille
moyen appareil

Cette tour de défense de l'enceinte peut dater du XIVe siècle, avec à l'origine de simples archères. Toutes les fentes de tir semblent avoir été grossièrement élargies (début du XVe siècle ?), et les joues percées d'empochements pour installer des armes à

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1877/07/14

Références documentaires

Documents d'archives
  • DRAC des Pays de la Loire, CRMH. CHOUINARD, Hervé. Loire-Atlantique, Guérande, remparts ; restauration des tours de Kerbénet et de la Gaudinais, et des remparts entre ces deux tours ; achèvement du parapet intérieur de part et d´autre de la tour Saint-Jean ; restauration des parties supérieures de la poterne du Tricot, projet avant travaux, 1995.

  • DRAC des Pays de la Loire, CRMH. CHOUINARD, Hervé. Guérande, tour Saint-Jean et remparts contigus, travaux de maçonnerie 1992-1995, dossier des travaux exécutés, 1995.

  • DRAC des Pays de la Loire, CRMH. CHOUINARD, Hervé. Guérande, Tour Saint-Jean, 1991.

  • DRAC des Pays de la Loire, CRMH. SCHEIDT, Jean-Philippe. Fouille avant restauration de la tour Saint-Jean (Guérande) : rapport de fouilles.

Documents figurés
  • Plan par Boeswillevald, octobre 1878 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine).

  • Tour Saint-Jean, plans, élévations, coupes, échelle 1/50e, Hervé Chouinard, avril 1991.

  • Tour Saint-Jean, face ouest, face sud, plan du 3ème niveau, plan du niveau supérieur, Hervé Chouinard, décembre 1987.

  • Remparts de Guérande ; restauration tour Saint-Jean et murailles attenantes, 3ème mémoire, attachement 1414, marché 92-72-917 [pierre à pierre des restaurations menées sur la partie sommitale, sur le dallage des archères et sur le flanc ouest de la tour] ; idem 1416 [parements en pierre pour les corbeaux] ; 5ème mémoire (reprise des parapets en granit] ; 6ème mémoire (idem parapets) ; 8ème mémoire (brèches) ; 9ème mémoire, reprise courtine attenante ; 10ème mémoire (rempart à droite tour Saint-Jean), (Entreprise Billon, Saint-Gilles-Croix-de-Vie).

Bibliographie
  • CAROFF, Ch. Les fortifications de Guérande. Les cahiers des amis de Guérande, n° 21, 1974-1975.

    p. 28-29.
  • PRUNET, Pierre. 44-Guérande-Remparts : restauration, mise en valeur et mise à la disposition du public de l´enceinte fortifiée. Étude préalable, septembre 2000.

    p. 12.
  • QUILGARS, Henri. À travers la ville de Guérande : guide historique et archéologique contenant un plan de la ville. Nantes : Librairie Durance, 1913.

    p. 15.
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Ville de Guérande - Parthenay Marie-Pierre
Marie-Pierre Parthenay

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Frédéric Dufrêche

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