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Moulins des Moulins à vent, actuellement maison, 10 chemin des Moulins, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010694 inclus dans Fontevraud-l'Abbaye : présentation de la commune réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • remise
    • jardin
    • puits

Le site est notable tant du fait de la concentration de moulins-caviers qui y furent en activité (jusqu'à 5 au milieu du XIXe siècle), qu'en ce qu'il présente le cas de moulins jumelés liés par une arche. Une telle liaison permettait en effet au meunier de pouvoir passer aisément de l'un à l'autre de ses moulins afin d'ajuster les voiles au plus vite lorsque le vent changeait.

Cet ensemble est aussi à signaler du fait de la documentation relative à ses premiers moulins, notamment toisé de 1667 et marché de construction de 1791 (avec plan).

Précision dénominationmoulin à vent
moulin à farine
moulin à cavier
Appellationsmoulins des Moulins à Vent
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesremise, jardin, puits
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Lieu-dit : Moulins à Vent
Adresse : 10 chemin des
Moulins
Cadastre : 1813 G 173 à 182 ; 2009 G 209, 210

Une vue de Fontevraud datée de 1699, issue de la collection de François-Roger de Gaignières, montre qu'à cette date un moulin occupait déjà ce site de léger promontoire exposé aux vents : il s'agit du moulin dit des Chaffaux, construit en 1667 pour la graineterie de l'abbaye de Fontevraud par l'architecte René Mauberger à la demande de Jeanne-Baptiste de Bourbon (abbesse de 1637 à 1670) ; il est aujourd'hui à l'état de vestiges.

L'un des deux moulins encore conservés en élévation porte la date de 1712 (pierre aujourd'hui resculptée à partir du modèle originel) ; ce moulin, second construit sur le site, plus à l'est, fut dit Moulin Neuf. Sur un plan de 1747, ce sont en effet deux moulins qui sont figurés à cet emplacement, que l'on distingue alors dans les documents du temps soit par leurs noms, soit en indiquant que le premier (à l'ouest) est du côté de Beaurepaire quand le second (à l'est) est du côté de la Lisandière. Ils étaient baillés à ferme par l'abbaye de Fontevraud.

Ces moulins, confisqués comme biens nationaux relevant de l'abbaye, furent vendus en 1791 à M. Picard, pour la somme de 6.800 lt.

Leur ancien fermier, Louis Perrotteau, décida alors la construction d'un nouveau moulin sur le même site, au sud-est des deux autres, dont il passa marché en 1791 et qui dut être achevé en 1792 (nous l'appellerons moulin Perrotteau). Construit par l'entrepreneur en maçonnerie Antoine Rouiller, ce troisième moulin fonctionna jusqu'en 1882, date après laquelle il ne fut plus imposé (devenu dépendance agricole ?).

On voit ainsi trois moulins sur le cadastre de 1813.

C'est au milieu du XIXe siècle que le site connut la plus forte activité. En effet, entre 1824 et 1834, René Denis Picard, qui possédait déjà le "Moulin Neuf" fit, immédiatement au nord de celui-ci, élever un autre moulin (dit "Moulin Picard" ou "Picard-2"). Dès cette construction ou dans les années qui suivirent, il relia ses deux moulins au moyen d'une arche.Ce sont les deux moulins qui subsistent encore en élévation.

Enfin, René Bertrand et sa femme Marie née Ernoult choisirent d'édifier, à l'est du vieux Moulin des Chaffaux qu'ils possédaient déjà, un nouveau moulin (appelons le Moulin Ernoult-Bertrand) entre 1830 et 1837.

Vers 1840-1850, le site est donc occupé par cinq moulins à vent.

Dès les années suivantes, cependant, les archives cadastrales mentionnent que certains de ces moulins sont abandonnés : en 1852, il semblerait que ce soit le cas du moulin Ernoult-Bertrand, puis en1853 c'est le moulin Picard qui est déclaré "détruit" (il n'est que désaffecté, son mécanisme étant ensuite redéployé dans le Moulin Neuf qui fonctionne donc un temps avec deux paires de meules). Plus tard, vers 1882, le Moulin Perroteau devient dépendance agricole, puis en 1897-1900 le Moulin Neuf est converti en habitation.

Au début du XXe siècle, le seul moulin resté en activité, le vieux Moulin des Chaffaux, cessa à son tour de fonctionner. Dans l'entre-deux-guerres, le site n'offre plus à voir que des vestiges, plusieurs des masses étant ruinées, dont celle du Moulin Perroteau qui s'effondre en 1935 du fait de fortes pluies survenues alors que l'on avait déchargé ses voûtes de leur couvrement de terre en vue de les couvrir de ciment.

Dans un état d'abandon, deux des moulins du site (le Moulin Neuf et le Moulin Picard) furent restaurés dans le dernier quart du XXe siècle pour être transformés en habitation. Des fragments d'élévation des trois autres sont toujours visibles sur le site des Moulins à Vent, qui ne forme désormais qu'une seule propriété.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates1667, daté par source
1712, porte la date
1791, daté par source
Auteur(s)Auteur : Mauberger René architecte attribution par source
Auteur : Rouiller Antoine entrepreneur attribution par source
Personnalité : Bourbon Jeanne-Baptiste de, abbesse de Fontevraud
Bourbon Jeanne-Baptiste de, abbesse de Fontevraud
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commanditaire attribution par source
Personnalité : Perroteau Louis commanditaire attribution par source
Personnalité : Picard Denis commanditaire attribution par source
Personnalité : Bertrand René commanditaire attribution par source

Au sommet d'une éminence qui, à 106m d'altitude, domine le territoire de Fontevraud-l'Abbaye, le site des Moulins à Vent est particulièrement bien exposé aux vents. Limité aux seules familles de meuniers qui y vécurent jusque dans la première moitié du XXe siècle, ce site resta en effet longtemps celui d'un habitat isolé, précisément à cause d'une telle exposition, mais sans doute aussi du fait du difficile et coûteux accès à l'eau : certainement creusé à la demande de l'abbesse lors de la construction du premier moulin (1667), le seul puits qui s'y trouve n'atteint la nappe phréatique qu'à une profondeur de 55m.

Les cinq moulins à vent qui furent construits sur ce site sont tous des moulins-caviers, hors-sol, à farine. Un seul dispose encore de son massereau et de fragments de sa charpenterie (Moulin Neuf). Les masses de deux de ces moulins (Moulin Neuf et Moulin Picard) sont cependant conservées en totalité et celles des trois autres à l'état de vestiges plus ou moins lisibles.

Moulin des Chaffaux (parfois aussi appelé Moulin Picard-1)

Construit dans la partie ouest du site actuel, il n'en reste que des vestiges. La masse devait être constituée de plusieurs salles voûtées (dénommées « caves » dans un moulin-cavier) : le départ d'une voûte d'axe est-ouest est encore visible. Pris dans la maçonnerie d'un actuel appentis, un contrefort cornier, marque l'extension nord-ouest de ce moulin. Le mur sud, encore en élévation (aujourd'hui compris dans une remise), est renforcé par des contreforts extérieurs, autrefois destinés à contrebuter les poussées des voûtes. Ce mur présente, en façade, un blocage de moellons de tuffeau, mais côté intérieur il est paré d'un moyen appareil de tuffeau. Par ailleurs, il est percé de trois baies, à encadrement appareillé avec arrière-voussure réglée, segmentaire à base horizontale. Ce moulin, dont on conserve le toisé de livraison en 1667, est ainsi d'une belle facture : il est dû à René Mauberger, maître-architecte fontevriste établi au carrefour des Ormeaux, qui œuvra sur d'autres chantiers pour l'abbaye, comme l'autel de l'église Saint-Lazare (1665) ou les aménagements des jardins de l'abbesse (1674).

Moulin Neuf (ou Moulin de la Lisandière, ou Moulin Brémont)

Au centre du site, restauré, c'est ici le moulin le mieux conservé. Le parement extérieur est construit en moellons de tuffeau, avec un moyen appareil réservé à la seule façade (restaurée, où la date portée à été reproduite « à l'identique ») ; à l'inverse, le parement intérieur est presqu'intégralement en moyen appareil de tuffeau. Des contreforts extérieurs (épaissis lors des restaurations), confortent les murs. Cette maçonnerie, massive, n'est percée que de baies réduites et peu nombreuses. La masse de ce moulin est constituée de huit caves, dont deux de distribution et six destinées à l'habitat (au sud) ou aux activités agricoles et au stockage (au nord). La cave ouest se prolonge pour former une avancée en façade, où est pratiquée la porte d'entrée au moulin. L'étroite cave de distribution nord est divisée en hauteur par un plancher, autrefois accessible par un escalier en charpente ; depuis ce niveau, on accède par un escalier intérieur en maçonnerie, couvert d'une voûte, sur le toit de la masse, ce qui permettait de rejoindre la hucherolle depuis l'intérieur du moulin. Au sud-ouest, la cave à usage de cuisine dispose d'une cheminée dans le fond de laquelle a été pratiqué l'ouverture d'un four à pain, qui flanque le mur sud-ouest du moulin. Sur ce four s'appuie l'escalier extérieur en maçonnerie qui permet de monter sur la masse. Un pressoir était installé dans la cave nord-est qui disposait d'une jetée à raisin à pan incliné, pratiquée dans le mur nord, ainsi que d'un accès extérieur à l'est ; cette cave fut réutilisée en étable. Dans l'angle nord-ouest, une écurie fut accolée au moulin avant 1769 ; elle fut détruite vers 1977.

Ces caves entourent la tour du massereau, qui accueillait les meules et une partie du mécanisme, dont il ne reste que la huse (ou pivot creux), creusée dans un tronc d'arbre, les racineaux (ou liens obliques) et la sole. Un massereau, maçonné, coiffe l'ensemble ; la hucherolle a disparu. À l'issue des restaurations, le remblai de terre qui chargeait les voûtes a été remplacé par un toit à longs pans en bac acier.

Une arche permet de communiquer de la masse de ce moulin à celle du Moulin Picard (ou Picard-2).

Moulin Perroteau (ou Moulin Rabidaud)

Ce moulin se trouve à l'est du site. Ruiné et aujourd'hui envahi par la végétation, il n'en reste qu'un court pan du mur sud, en moellons de tuffeau, percé d'une porte et où l'on discerne le départ d'une voûte d'axe est-ouest. On dispose d'une meilleure connaissance de sa structure grâce à un plan, document rarissime, établi en 1791 lors du marché passé entre le meunier Perroteau et l'entrepreneur en maçonnerie Antoine Rouiller. Il se composait ainsi de sept caves, articulées autour de la tour du massereau, dont quatre principales d'axe est-ouest. En partie sud, où la façade était percée de baies, se trouvaient deux pièces à cheminée qui accueillaient les espaces habités, alors que la partie nord de la masse devait accueillir des espaces de travail ou des dépendances ; l'entrée se faisait en façade orientale par deux portes. La cave nord-est disposait d'un escalier intérieur, sans doute en maçonnerie et sur voûte, permettant de monter depuis les salles jusqu'à la plateforme de la masse et à la hucherolle. Un autre accès devait aussi se faire par une échelle de meunier depuis l'étroite cave nord communiquant à la salle des meules. Un bâtiment qui devait sans doute abriter des dépendances supplémentaires, sous la forme de quatre petites salles en enfilade, vint plus tard flanquer la masse, le long du mur ouest du moulin.

Moulin Picard (ou Picard-2)

Au nord du site, restauré, c'est un moulin assez bien conservé. De plan polygonal, sa masse est construite en tuffeau, avec alternance de moyen appareil (à l'ouest, du côté de l'accès au bâtiment) et de moellons (à l'est) ; le parement intérieur est intégralement en pierre de taille. Construit comme second moulin du meunier du Moulin Neuf, il ne paraît pas avoir compté d'espace réservé à l'habitat et les trois caves qui y sont ménagées semblent liées uniquement à la production. À l'est, on trouve ainsi une large salle voûtée d'axe nord-sud, au centre, une autre, parallèle à la première, donne accès à une large tour du massereau couverte d'une coupole, assez basse, d'où part une plus étroite cave d'axe est-ouest. Cette petite salle, divisée en hauteur par un plancher, comporte une fenêtre, en bas, mais aussi une porte au niveau haut, laquelle ouvre sur le palier d'un escalier extérieur. Celui-ci, en pierre, est à double-volée en équerre, à montées divergentes puis parallèles, et permet d'accéder au toit de la masse. Afin d'y monter également depuis la cour, un escalier en charpente à volée droite (disparu) permettait d'accéder au palier de cet escalier extérieur. Autrefois chargée de terre, la masse est aujourd'hui couverte d'un toit polygonal en bac acier.

L'absence de massereau s'explique par le fait que celui-ci fut arasé et son emplacement fermé d'une calotte formant les quatre assises sommitales de l'actuelle coupole. Tracé sur le mur oriental du moulin, un graffiti qui figure une hucherolle sur massereau pourrait représenter son état initial. Ce moulin fut tôt (voire dès l'origine ?) relié au Moulin Neuf par une arche formant pont entre les toits deux des masses. Fermée en partie basse par des vantaux, cette arche formait aussi un portail au devant de l'enclos des deux moulins.

Moulin Ernoult-Bertrand (ou moulin Picard-3)

Édifié entre le Moulin des Chaffaux et le Moulin Neuf, au centre-est du site, ce moulin a aujourd'hui presqu'entièrement disparu et il semble n'en rester qu'un pan du mur sud, en moellons de tuffeau, aujourd'hui compris dans une remise. Son plan est connu par un relevé de 1980 (cf. Compéra et Rouaud), où l'on discerne au centre une tour du massereau, environné de six caves. Les trois principales sont d'axe est-ouest et les espaces habitables (avec salle à cheminée), dotés de fenêtres, sont situés au sud.

Mursmoyen appareil
moellon
Toitmétal en couverture
Plansplan massé
Étagesen rez-de-chaussée
Couvrementscoupole
voûte en berceau
Couverturestoit polygonal
toit à longs pans
appentis
Escaliersescalier intérieur : escalier droit en charpente
escalier hors-œuvre : escalier droit en maçonnerie
escalier hors-œuvre : escalier en équerre en maçonnerie
Énergiesénergie éolienne
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Document 1

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 138. Notaires. Procès verbal du toisé du Moulin à vent des Chaffaux par frère Michel Evrard, religieux convers, grainetier de l'abbaye de Fontevraud (15 avril 1667).

    Aujourd'huy quinziesme avril mil six cens soixante sept en présence de nous notaire royal et des témoings cy après, René Mauberger, architecte présent en ce lieu de Fontevrault a déclaré à frère Michel Evrard, religieux convers grenetier de l'abbaye de cedit lieu, treuvé à la porte de ladite abbaye, qu'en conséquence du marché fait entre Son Altesse Madame Abbesse de ladite abbaye et ordre de Fontevrault et luy pour la construction des murailles voustes et masse d'un moulin à vent au lieu des Chaffaux paroisse dudit Fontevrault, il a fait et parfait lesdites murailles, voustes et masse, chambres, cheminée, escalliers et autres ouvrages de massonne pour l'effect dudit moulin et logement tant du meusnier que de ses bestiaux, bledz, pastures et autres choses à luy nécessaires. Et requis ledit frère Evrard de se vouloir audit lieu transporter audit moulin afin de toizer toutes lesdites murailles, pilliers, voustes, cheminée, escalliers et autres besoignes de massonne dudit moulin conformément audit marché, lequel frère Evrard, déclare estre prest pour Madite Dame de se transporter audit moulin a conssenty qu'il soit présentement procédé au toizage au moyen de quoi, ce requérant, ledit frère Evrard et ledit Mauberger nous sommes transportés avec eux audit moulin ou estant en notre présence et desdits témoings cy après lesdits murailles, pilliers, voustes, escalliers, cheminée, four et autres massonnes despendant dudit bastiment et édifice ont estez mesurées par le menu et en détail par frère Michel Moulinneuf, religieux convers dudit ordre, et par ledit Mauberger, et par nous tenu estat desdites mesures et sur icelles fait suputation de ce qui se pourroit tenir de toizes, pieds et pouces et le tout estant mesuré, supputé et calculé, s'est treuvé y avoir en tout ledit bastimant le nombre de deux cens quatre vingt dix huict toizes trois quarts et le sixiesme d'un quart de toize qui à raison de cinquante sols pour chascune toize suivant ledit marché c'est en tout la somme de sept cens quarente six livres dix neuf sols sept deniers que revient la façon dudit bastimentde massonne sauf à compter par cy après ce qui a esté payé par ledit frère Evrard sur et en déduction de ladite somme dont pour servir en temps et lieu a esté ainsy de tout fait et dressé et arresté le présent procès verbal par nous, ce requérant les susdits, sur ledit lieu des Chaffaux en présence de Jean Levesque, Jean Gasnault clerc dudit prêtre dudit Fontevrault, tesmoings appellés, etc. Raturé sept mots qui ne vallent.

    [Signatures] frère M. Evrard, frère Michel Moulineuf, [...] R. Mauberger, J. Gasnault, J. Levesque, Me Serin notaire royal.

    Document 2

    AD Maine-et-Loire. 1 Q 210. Biens nationaux. Estimation des biens de 1ère et 2e origine, district de Saumur, biens de la 1ère origine, procès-verbaux d'estimation des biens classés par ordre alphabétique des communes (D à J) : Fontevraud, ff°75-81 (1790-1791).

    [...] Objets dépendants de l'abbaye, affermés à différents particuliers.

    Article 1. Deux moulins à vent affermés à Louis Perrotteau la somme de trois cent livres par bail devant Me Boulet du 19 décembre 1784 et estimés, eu égard aux réparations, la somme de deux cent livres [NDE : de revenu annuel], cy : 200 lt.

    Acquéreur : M. Picard, 6800 lt. [...].

    Document 3

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 32. Notaires. Marché de construction d'un moulin à vent (14 octobre 1791).

    Marché d'un moulin à vent aux Chaffaux par Perotteau.

    Le quatorze octobre mil sept cent quatre vingt onze après midy, par devant les notaires royaux à Saumur résidant à Fontevrault soussignés, furent présents Antoine Rouiller, maçon entrepreneur de bâtiments, d'une part, et Louis Perotteau, meusnier, demeurant tous deux audit Fontevrault, d'autre part.

    Lesquels sont convenu entre eux et ont fait le marché qui suit, savoir que ledit Rouiller s'oblige de faire et construire à neuf à commancer incessament pour finir à la Saint Jean Baptiste prochaine une masse de moulin à vent assise sur quatre voutes, dans un champ et emplacement aux Chaffaux près du moulin à vent appartenant au nommé Poupard, lesquelles voutes et masse seront soutenus de pilliers à suffire. Le tout basti en pierre de taille, moilon et boutisses fournis aux frais dudit Rouiller.

    La masse sera élevée au niveau de celle dudit Poupard, entourée de murs solides absolument semblables à la construction des autres moulins, avec les degrés convenables, portes et fenestres nécesaires.

    Aura cette masse de dehors en dehors quarente deux pieds de longueur sur trente huit de largeur conformément au devis fait et dressé entre les partyes, lequel sera joint aux présentes pour y avoir recours si l'une des partyes le réquiert.

    Sera employé dans la construction par ledit Rouiller jusqu'à la concurrence de dix busses de chaux le surplus, s'il en fault, sera fourni par ledit Perotteau qui ne sera tenû à aucuns autres fournissement et charrois de matériaux en ce qui regardera la massonnerie seulement. Ladite masse sous laquelle sera formé les voutes et cul de four, sera quarrée dans les proportions cy dessus, soutenüe et apuyée de pilliers pareils à ceux des moulins voisins.

    Ne sera tenû ledit Rouiller à aucuns fournissements de bois de charpente, ni ferrure propres à la construction dudit moulin qui regarderont ledit Perrotteau seul ; quant au bois nécessaire pour étayer la massonne, il sera fourni par ledit Rouiller.

    Convenû que si dans la batisse des voutes il est jugé utile de la part dudit Perotteau de faire faire quelques placards, fenêtres où tels autres commodités, ledit Rouiller s'oblige d'y avoir égard vû que les mathériaux et la main d'oeuvre n'en puisse souffrir.

    Le présent marché fait aux conditions susdites outre pour la somme de deux mille sept cent livres que ledit Perotteau promet et s'oblige de payer audit Rouiller dans trois termes, savoir le tiers de cette somme sitôt le commancement de l'ouvrage, le second tiers à la fin d'icelluy, et le dernier tiers à la Saint Jean Baptiste mil sept cent quatre vingt treize le tout payable moitié en argent, l'autre en assignats et par forme de pot de vin ledit Perotteau a payé comptant audit Rouiller la somme de cinquante livres en sus du prix propre du présent marché. Sera le coust des présentes aux frais dudit Perotteau qui en fournira coppie en forme audit Rouiller, car ainsy ce que dessus a été voulu, consenti et accepté entre les partyes de cy après etc. renonçants, etc.

    Fait et passé audit Fontevrault en l'étude et au raport de Boullet, l'un des notaires garde de la minutte lesdits jour et an. Après lecture faite étant les établis et déclarés ne savoir signer, de ce enquis. [Signatures] Serin de la Vallière ; Boullet.

    Un plan est joint à l'acte, dressé d'une main anonyme (Antoine Rouiller ?), à l'encre et lavis sur papier bleu, 32x49cm, à l'échelle d'environ 1/50e, avec au verso une esquisse d'escalier sur voûte, à la mine de plomb. Le plan est accompagné du texte suivant :

    Plan déposé en notre étude pour demeurer joint à l'acte du 14 8bre 1791 portant marché d'un moulin fait entre Antoine Rouiller et Louis Perotteau et de nous paraphé [signature] Me Boullet.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 138. Notaires. Procès verbal du toisé du Moulin à vent des Chaffaux par frère Michel Evrard, religieux convers, grainetier de l'abbaye de Fontevraud (15 avril 1667).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 188. Notaires. Prolongement de bail à ferme d'un moulin à vent proche de la Lizandière (27 septembre 1737, reçu Me Serin).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 216. Notaires. Bail à ferme d'un moulin à vent (9 avril 1779, reçu Me Hocbocq).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 216. Notaires. Bail à ferme du moulin à vent des Chaffaux (19 décembre 1784, reçu Me Hocbocq).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 219. Notaires. Prolongement de bail à ferme dedeux moulin à vent (15 décembre 1789, reçu Me Boullet).

    AD Maine-et-Loire. 1 Q 210. Biens nationaux. District de Saumur ; biens de la 1ère origine ; procès-verbaux d'estimation : Fontevraud, ff°75-81 (1790-1791).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 32. Notaires. Marché de construction d'un moulin à vent, avec plan du moulin (14 octobre 1791).

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 1. Cadastre. Etat des sections : parcelles G-174, G-178, G-178-bis, G-181 et G-181-bis.

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 2. Cadastre. Augmentations-diminutions (année fiscale 1842) ; matrices : pages 131 ; 215 ; 233 (puis 260) ; 487.

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 3. Cadastre. Matrices : pages 366, 696 ; 706 ; 721 ; 732 ; 740 ; 839.

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 4. Cadastre. Matrices : pages 1073.

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 6. Cadastre. Matrices : pages 1544.

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 8. Cadastre. Matrices : cases 28 ; 304 ; 320 ; 434.

Bibliographie
  • COMPERA, Alain, ROUAUD, Anne. Moulins caviers en Saumurois : reconversion des moulins caviers. Mémoire pour l'obtention du diplôme de l'Unité Pédagogique d'Architecture de Nantes, Ecole d'Architecture de Nantes, 2 volumes, 1980.

    pp. 128-131
  • CUSSONNEAU, Christian. Le moulin-cavier, un moulin angevin. Les Cahiers del'A.M.A., Association des Amis des Moulins de l'Anjou, Angers, avril 2006.

    n° 9, pp. 36-37 et 61
  • SAVETTE, Paul-Alexandre (colonel). Les moulins à vent de Saumur et des environs. L'Hôpital général ou Hôtel-Dieu de Saumur. Imp. Girouard et Richou, Saumur, 1934.

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