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Manoir puis hôtel de la Grillère, 15 rue de Bizienne, Guérande

Dossier IA44004265 réalisé en 2005

Fiche

Appellationsmanoir de la Grillère, hôtel de la Grillère
Dénominationsmanoir, hôtel
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Adresse : 15 rue de
Bizienne
Cadastre : 1819 Z 266, 267 ; 1989 AK 305, 207

Le 9 mai 1532, le registre de la confrérie de Saint-Nicolas de Guérande signale que Jean de La Tousche habite à La Grillère. La propriété de la Grillère passe à la famille de Trévelec à une date non établie puis en 1750 à François de Couessin, chevalier, seigneur de Kergal. Le contrat de vente évoque : « une maison consistante en ses logements, cours, jardins, escuries, remises, appartenances et dépendances d'icelle » pour 8 000 livres. En 1778, la propriété est acquise par François Le Chauff de Kerguennec. L'acte notarié décrit : « une grande maison, une grande maison couverte d'ardoises, consistante en plusieurs appartements, écuries et remises au couchant, cour au nord, et trois jardins au midi et couchant contenant le tout en fond quarante six sillons cinq gaulée borné du levant jardins à madame de Combles et à monsieur le chevalier de Kerpoisson, du midi les murs de la ville, du couchant par endroit les dits murs, et pour autre jardin aux demoiselles de Lanouan, et du nord par endroit aux dites demoiselles de Lanouan, et par autre la rue de Bizienne ». François Le Chauff de Kerguennec fait vraisemblablement batir l'hôtel en fond de parcelle dont la lucarne centrale de la façade postérieure porte la date de 1787. Maire de Guérande en 1789-1790, il est emprisonné durant la Révolution et ses biens sont mis sous séquestre. Les bâtiments servent de prison. François Le Chauff récupère ses biens et, selon le recensement de mars 1795, habite de nouveau sa propriété. En 1805, le testament de Catherine Maré d'Azincourt, épouse de François Le Chauff de Kerguennec, décrit « une grande maison située rue de bizienne à guérande composée de plusieurs battiments tant anciens que nouveaux avec ses cours, basse-cour, jardins et dépendances sans exception sauf en ce qui concerne le pressoir ». La matrice du pré cadastre stipule que ce bâtiment avec ses deux jardins est le plus fortement imposé de Guérande. La matrice du cadastre de 1819 confirme cette imposition. En 1883, la succession de Marie-Thérèse Le Chauff de Kerguenec décrit « une maison sise à Guérande rue de Bizienne, formée de deux constructions se joignant séparées seulement par une cour, l'une très ancienne ayant rez-de-chaussée, premier étage, mansardes et greniers, cour, écurie, remise et jardin ; l'autre plus récente ayant rez-de-chaussée, premier étage, mansardes et grenier, cave, cour, remise, écurie, basse cour, jardin d'agrément et potager ». L'ensemble bâti reste dans la famille Le Chauff de Kerguenec jusqu'à sa vente en 1897 au médecin Armand Gouraud déjà locataire de l'hôtel XVIIIe. En1906 A. Gouraud, confronté au délabrement des bâtiments les plus anciens, décide de leur démolition. Une photographie ancienne ainsi qu'une aquarelle en sont les derniers témoins.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1772, porte la date
1787, porte la date

À proximité de la porte Bizienne, le manoir de la Grillère est limité au Nord par la rue de Bizienne, à l'Ouest et au Sud par l'enceinte de ville.

L'étude du cadastre de 1819 indique l'évolution du plan masse. L'ensemble était autrefois organisé autour d'une cour rectangulaire fermée de bâtiments, flanquée à l'Ouest de deux dépendances. Le manoir est actuellement constitué de trois bâtiments : deux corps de logis, l'un au Nord (XVIe siècle), l'autre au Sud (4e quart du XVIIIe siècle), liés à l'Est par un bâtiment en retour (3e quart du XVIIIe siècle ?). Une dépendance (XVIIe ou XVIIIe siècle) est visible à l'Ouest.

Légèrement en retrait de la rue, le bâtiment du XVIe siècle adopte un plan rectangulaire à deux niveaux (rez-de-chaussée, étage carré, étage de comble). Il est construit en moellon de granite enduit avec encadrements en pierre taillée. La couverture à deux pans est couverte d'ardoise. Il est éclairé au Nord d'une grande fenêtre rectangulaire à encadrement fasciculé, surmontée d'une lucarne en tuffeau (XIXe siècle). Une corniche en tuffeau (XIXe siècle) souligne la pente de la toiture. À l'Ouest, le pignon découvert a entièrement été remonté au début du XXe siècle avec des éléments provenant de la destruction. Il est surmonté d'un petit fleuron. Les épaulements reçoivent deux sculptures d'animaux monstrueux. L'épaulement sud représentant un animal ailé à long cou avec une queue de serpent est le mieux conservé. À l'intérieur le bâtiment conserve au premier étage un ensemble intéressant de boiserie, placard et cheminée en bois du début du XIXe siècle.

En fond de cour, l'aile du XVIIIe siècle est un long bâtiment de plan rectangulaire à trois niveaux (rez-de-chaussée, étage carré, étage de comble) sous toiture d'ardoise à longs pans et croupes. Il est construit en moellon de granite enduit avec encadrements et chaînages d'angles taillés. Les façades sont organisées en travées de fenêtres rectangulaires. La façade côté jardin est percée de six travées régulières. Une alternance de lucarnes à frontons triangulaires et segmentaires perce le comble. Une inscription sur une lucarne permet de dater la construction de 1787. On observe un décor de faux bandeau qui sépare le rez-de-chaussée du premier étage, visible sur les deux façades. Une corniche de granite souligne la pente de la toiture. Sur la façade nord, dans la cour, la régularité est perturbée par l'emprise des bâtiments en retour détruits. La porte à doubles vantaux est surmontée d'un châssis vitré en éventail. Elle ouvre dans un dégagement recevant l'escalier tournant à jour en bois avec rampe en fer forgé montant jusqu'au comble. À la suite, un vestibule sur carreaux de ciment, ouvrant vers le jardin, distribue quatre salles en enfilade. On remarque en particulier à l'Ouest un salon sur parquet de type Versailles avec boiseries et cheminée en marbre noir incrustée de marbre blanc (XVIIIe siècle). Trois trumeaux de porte peints sont également conservés. À l'est du vestibule un second salon sur parquet (XIXe siècle), conserve des boiseries et une cheminée en marbre noir (XVIIIe siècle). Les trumeaux peints ne sont plus en place.

Au premier étage, un couloir éclairé par les fenêtres côté cour distribue quatre chambres. Le comble sur carreaux de terre cuite est aménagé de plusieurs chambres de bonne.

Le bâtiment longitudinal qui lie les deux ailes XVIe et XVIIIe siècle, n'a pas été visité. C'est un édifice de deux niveaux (rez-de-chaussée, étage carré) sous toiture d'ardoise dont les ouvertures rectangulaires semblent modifiées. En façade, le linteau de porte est daté par une inscription de 1772. On ignore si cette date correspond à la construction du bâtiment, à un remaniement, ou s'il s'agit d'un élément de réemploi.

Mursgranite
enduit
moellon
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
croupe

L'aile du XVIIIe siècle du manoir de la Grillère est un exemple remarquable de l'architecture bourgeoise qui se développe à Guérande à la fin de l'époque Moderne. L'architecture homogéne bien conservée avec sa distribution et ses éléments de conforts (boi

Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 4 E 62 75. Étude de Me Buard. 7 novembre 1750.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 4 E 62 155. Étude de Me Le Bourdiec. 21 juillet 1751.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 4 E 344. Testament de Marie-Thérèse Le Chauff de Kerguenec rappelé sur liquidation et partage de sa succession. 17 août 1883.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 4 E 339 40. Testament de Marie de Derval. 11 janvier 1860.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. J 25. Fonds Freslon.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 1 J 146. Fonds Le Chauff. Testament olographe de Catherine Maré, épouse de François Le Chauff de Kerguennec (15 avril 1805) ; partage des immeubles des successions de M. François Le Chauff et de dame Catherine Brigitte Marguerite Maré. 24 janvier 1810.

  • Archives communales de Guérande. Tableau du fief des régaires de l´évêché de Nantes. 1778.

  • Archives communales de Guérande. Fonds privé, M. Ardeois.

Bibliographie
  • CHAUVET D´ARCIZAS, Charles, LE PERRON, Ch. Sur les traces du passé gâvrais. Annales du pays nantais, n° 264.

    p. 29.
  • DEVOISINE, M.-A. Notes manuscrites.

  • HOREAU, Yves. La famille Le Chauff dans la chouannerie de 1832 d´après les mémoires inédits de Mme Le Chauff de la Blanchetière née Castagny. Cahier des amis de Guérande, n° 12, 1965.

    p. 14-16.
  • HOREAU, Yves. Kerguenec. Cahier des amis de Guérande, n° 16.

    p. 29-33.
  • HOREAU, Yves. Kerguenec. Cahier des amis de Guérande, n° 18.

    p. 16-20.
  • LANCIEN, Josick. Guérande intra muros. Le manoir de la Grillère. Bulletin de l´Association Préhistorique et Historique de la Région Nazairienne, n° 69, 2007.

    p. 58.
  • LANCIEN, Josick. Notes manuscrites, 6 octobre 2003.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Ville de Guérande - Dufrêche Frédéric
Frédéric Dufrêche

Société Atemporelle.


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