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Manoir - la Vallée, Blandouet

Dossier IA53002259 réalisé en 2005

Fiche

Parties constituantes non étudiéesdouves, pont, jardin
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes d'Erve-et-Charnie - Sainte-Suzanne
Hydrographiesle Treulon
AdresseCommune : Blandouet
Lieu-dit : la Vallée
Cadastre : 1842 C 62 ; 1982 C 8

La seigneurie de la Vallée était un fief de la baronnie de Sainte-Suzanne. D'après les documents cités dans l'inventaire après décès des meubles de Michel Luette (1566-1621), seigneur du lieu, elle s'appelait la Vente jusqu'au début du XVIIe siècle. Devenu Michel de la Vallée par lettres patentes de décembre 1599, Michel Luette, anobli en 1609, fut autorisé en 1605 par son suzerain Guillaume Fouquet de la Varenne à changer l'appellation de sa terre. Celle-ci fut érigée en châtellenie en 1614. Elle fut saisie en 1675 par les créanciers du petit-fils de Michel, René de la Vallée, puis vendue dix ans après sa mort, en 1696, à Claude Fouquet de la Varenne, baron de Sainte-Suzanne. La seigneurie, administrée par un régisseur général, resta jusqu'à la révolution dans les mains du baron de Sainte-Suzanne, René Brandelis de Champagne à partir de 1701, César de Choiseul-Praslin après 1764 puis son fils Arnaud, mort en 1792. Héritée par le prince de Beauveau, époux d'une fille d'Arnaud de Choiseul, puis vendue en 1820 au baron de Damas, la terre de la Vallée fut dissociée de celle de Sainte-Suzanne en 1843 lors de sa vente à Alexandre Bourdon-Durocher, le propriétaire des forges de Chemiré-en-Charnie et de Moncor. A la mort de ce dernier en 1852, elle échut à son frère Frédéric qui la donna à son cousin le futur général Jacques Ferdinand Prévost. Le manoir passa ensuite par succession à la famille Bonneau la Varanne (Marguerite Prévost, la fille du général avait épousé Maurice Bonneau la Varanne) puis à la famille de Céré et enfin aux Bastard de Crisnay qui le possèdent encore.

En 1799, le domaine de la Vallée comprenait 13 métairies (la Lamberderie, la Vallée, la Pègerie, la Grande Perraudière, la Buchetière à Saint-Denis-d'Orques, la Baillée, la Bafforière, la Boucherie, les Hayes, les Loges, la Cosnuère, Monchenou [sans doute à Saint-Denis-d'Orques], le Minerai ou la Métairie) et 11 closeries (la Loge, le Quartier, l'Archerie, la Petite Perraudière, l'Essard, la Flardière, la Crosnerie, la Foucaudière, les Aunais, le Coin des Haies, la Bonde de l'Etang des Landes à Sainte-Suzanne) et le moulin du Gohard à Sainte-Suzanne.

Le manoir a vraisemblablement été construit durant la deuxième moitié du XVe siècle ou au XVIe siècle. Le pavillon a sans doute été ajouté dans la première moitié du XVIIe siècle. Les parties bastionnées des douves ont peut-être été réalisées après l'autorisation de fortifier accordée par le roi lors de l'érection de la seigneurie en châtellenie en 1614, mais elles peuvent être un peu antérieures. Le corps principal a été profondément remanié au XVIIIe siècle : la pièce nord a été divisée en deux de façon à créer un vestibule où a pris place un nouvel escalier, les ouvertures ont été refaites, les cheminées ont été remplacées. Transformé en ferme dans le deuxième quart du XIXe siècle, après la construction du logis de Chambord, le bâtiment a été pourvu d'une lucarne sur la façade antérieure au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Après avoir retrouvé sa fonction résidentielle, il a été partiellement restauré dans le troisième quart du XXe siècle : d'après l'actuel propriétaire, l'escalier a été refait à l'identique en 1965, des fenêtres remployant des encadrements du XVe siècle provenant d'un édifice non localisé ont été percées sur le mur-pignon sud du corps principal et sur la façade latérale nord du pavillon vers 1967, les trois lucarnes de la façade postérieure ont été ajoutées en 1973. De plus, le comble a été recoupé par un plancher, la porte donnant accès au vestibule depuis la façade postérieure a été remaniée, les manteaux des cheminées 18e du rez-de-chaussée ont été refaits.

Le pont, dont on ne sait s'il remplace un ancien pont-levis, et les deux pavillons situés à son débouché ont été remaniés au XIXe siècle. Le jardin a été replanté après la seconde guerre mondiale. Un cadran solaire du XVIIe ou du XVIIIe siècle, deux statues de sphynges et une grille en fonte du XIXe siècle y ont alors été replacées.

Remploi
Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (?)
Principale : 1ère moitié 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle

Le manoir était relié au bourg de Blandouet par une grande allée rectiligne débouchant dans l'angle sud-ouest des douves. Il n'est plus accessible aujourd'hui que par l'allée ouest qui se raccorde à la route de Chammes. Il prend place sur une plateforme, entourée de douves alimentées par le Treulon, qu'il divise en deux parties inégales rectangulaires. La partie ouest correspond à la cour d'entrée. Ses fossés sont dotés d'un mur d'escarpe maçonné, sauf sur le flanc nord. Du côté de l'entrée à l'ouest, ils sont pourvus de deux bastions et sont enjambés par un pont en pierre. La partie est de la plateforme, plus grande, est occupée par le jardin. Ses douves sont en terre.

Le bâtiment est constitué de deux corps : un corps principal rectangulaire d'environ 16,70 mètres de large sur 8,20 m de profondeur, couvert d'un toit à longs pans, et un corps secondaire carré d'environ 8,10 mètres de côté, couvert d'un toit à pavillon, formant avant-corps sur la façade antérieure et prolongé à l'arrière par un appentis. Le corps principal est percé sur ses deux façades de baies en pierres de taille de tufeau à arc surbaissé, disposées en travées sur les côtés. Le pavillon est percé d'ouvertures en grès grossièrement taillé, avec un linteau de bois sur une fenêtre. Des baies en tufeau, couvertes d'arcs en accolade, ont été ajoutées sur la partie haute du mur-pignon sud du corps principal et sur la partie basse du mur latéral nord du pavillon.

Le corps principal comprend actuellement trois pièces par niveau : du sud au nord, au rez-de-chaussée, un salon de 6,05 mètres de large sur 6,6 mètres de profondeur, un vestibule de 4,17 mètres de large et une salle à manger de 4,12 mètres de large ; à l'étage une chambre, le palier et une autre chambre (recoupée par une cloison moderne). Le corps secondaire en abrite deux par étage : une salle à cheminée de 4,20 mètres de large sur 6,70 mètres de profondeur et une cuisine de 2,50 mètres de large au rez-de-chaussée ; deux pièces à cheminée, avec un couloir latéral moderne à l'est, au premier étage. L'escalier principal, tournant à retours avec jour à une volée, en bois, est doté d'une rampe à balustres inspirée du XVIIIe siècle. Un escalier secondaire en vis, également en bois, prend place dans l'angle sud-ouest du pavillon. Sa partie inférieure conduisant du rez-de-chaussée à l'étage a été supprimée. Les cheminées du rez-de-chaussée du pavillon se caractérisent par leur faux-manteau à corbeaux en forme de cônes renversés et à linteau constitué de claveaux en pierres de taille de granite (ou de grès ?) et par leur hotte débordante droite en moellon de grès. Celles du corps principal sont pourvues de hottes engagées en pierre de taille de tufeau ornées de moulures chantournées. Des boiseries provenant de l'ancien décor du choeur de l'église ont été remontées sur le manteau de la cheminée du salon et sur la pièce sud de l'étage du pavillon.

La charpente est du type à ferme et à panne sous chevron porteur sur le corps principal et du type à potence, avec panne sous-faîtière, sur le pavillon.

On ne peut restituer que partiellement la distribution du corps principal avant les transformations du XVIIIe siècle. Il était constitué de deux pièces à cheminée par étage, l'une de 6,05 mètres de large correspondant au salon et à la chambre sud actuels ; l'autre d'environ 8,50 mètres de large occupant le reste du bâtiment. Deux des portes qui les desservaient sont visibles sur la façade postérieure, grâce à la disparition partielle de l'enduit. Elles sont encadrées de piédroits en moellons de grès et couvertes d'arcs surbaissés également en moellons. Une autre porte bouchée entourée de moellons, se distingue à l'étage du mur-pignon nord : donnait-elle accès à une galerie ou à un balcon ? L'emplacement originel de l'escalier est difficile à déterminer : aucun arrachement en partie basse de la façade postérieure ne permet de restituer un escalier hors-oeuvre à cet endroit et la présence de l'enduit empêche ailleurs l'analyse des maçonneries.

Mursgrès moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
Toitardoise
Étages1 étage carré
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier tournant à retours avec jour
escalier dans-œuvre : escalier en vis
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Mayenne : B 1443. Procédure et sentence à des contestations civiles entre César-Gabriel de Choiseul, duc de Praslin, ministre de la guerre, seigneur de la Vallée-Blandouet et le sieur Péan de Malnoë. 1763-1769.

  • AD Mayenne : 3 E 50 404. Étude de Maître Julien-Pierre Ollivier, notaire à Sainte-Suzanne. Inventaire après décès des meubles et objets mobiliers d'Alexandre Bourdon-Durocher, maître des grosses forges de Chemiré-en-Charnie (Sarthe) et Moncor, commune de Chammes (Mayenne). Juillet 1852.

  • AD Sarthe : 4 E 88 305. Étude de Maître Soreau, notaire au Mans. Donation par Frédéric Bourdon-Durocher à ses cousins maternels. 20 décembre 1852.

  • AD Sarthe : 13 F 1699. Bail de la baronnie de Sainte-Suzanne fait par Maître Etienne Deshayes, notaire royal et tabellion à la Flèche. 26 avril 1699.

  • AD Sarthe : 13 F 2734. Seigneurie et domaine de la Vallée Blandouet. Compte que rend Louis Ollivier, ...tuteur des enfants mineurs de Julien-François Ollivier, vivant notaire à Sainte-Suzannne, au citoyen Augustin de Lespinasse, de la régie et administration qu'a eu le dit feu Julien-François Ollivier de la terre de la Vallée de Blandouet et autres immeubles appartenant à Mlle d'Hautefort. 1er nivôse, an VIII de la République - 22 décembre 1799.

Documents figurés
  • Blandouet (Mayenne). Château de la Vallée. S.l. : s.n., s.d. [1er quart XXe siècle]. 1 impr. photoméc. (carte postale). (2368).

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : 5 Fi 30 4
  • Blandouet (Mayenne). Château de la Vallée. Sillé-le-Guillaume : Pavy-Legeard, s.d. [1er quart XXe siècle]. 1 impr. photoméc. (carte postale). (315).

    Collection particulière
  • En Mayenne...Blandouet. Château de la Vallée. S.l. : s.n., s.d. [3e quart XXe siècle]. 1 impr. photoméc. (carte postale).

    Collection particulière
  • DRAC Pays de la Loire, Service régional de l'archéologie : cliché n° 7. 23. [Vue aérienne du château de la Vallée] / photogr. par J. Meissonnier. 13 juillet 1984. 1 phot. pos.

    DRAC des Pays de la Loire, Nantes
Bibliographie
  • ANGOT, Alphonse (abbé), GAUGAIN, Ferdinand (abbé). Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne. Laval : A. Goupil, 4 vol., 1900-1910.

    t. 2, p. 738, 739 ; t. 3, p. 833
  • Bibliothèque Nationale de France, Archives du Cogner : E 209 9. Inventaire après décès de Michel Luette, seigneur de la Vallée, fait à la requête de Mr du Hardas. Dans : CHAPPEE Julien. Archives du Cogner, série E - art. 145-262, Paris : Honoré Champion, Le Mans : A. de Saint-Denis, 1907.

    p. 204
  • MAITRE, Léon. Dictionnaire topographique de la France contenant les noms de lieux anciens et modernes. Mayenne. Paris : Imprimerie nationale, 1878.

    p. 323
  • PREVOST Louis-Etienne. Notice historique sur le château et la terre de la vallée de Blandouet et de ses possesseurs. Manuscrit, 1914.

    Collection particulière
  • SERRIERE, Auguste de. Notice statistique et historique sur le département de la Mayenne, présentée au Conseil général par M. Félix Parrant, préfet, et publiée sous ses auspices. Laval : J. Feillé-Grandpré, 1840. 119 p.

    p. 85
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Mayenne - Foisneau Nicolas
Nicolas Foisneau

Chercheur à l'Inventaire général, au service puis direction du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne, de 2001 à 2020.


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- Davy Christian
Christian Davy

Chercheur au service régional de l'inventaire.


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