Dossier d’œuvre architecture IA53002952 | Réalisé par
Davy Christian
Davy Christian

Chercheur au service Patrimoine de la Région Pays de la Loire

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Foisneau Nicolas
Foisneau Nicolas

Chercheur à l'Inventaire général, au service puis direction du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne, de 2001 à 2020.

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  • inventaire topographique
Manoir-écart - le Moulin-aux-Moines, Saint-Jean-sur-Erve
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes d'Erve-et-Charnie - Sainte-Suzanne
  • Hydrographies l' Erve
  • Commune Saint-Jean-sur-Erve
  • Lieu-dit le Moulin-aux-Moines
  • Cadastre 1842 F 322, 324, 326, 327, 330  ; 1982 F 264, 267, 271, 272, 664
  • Dénominations
    manoir, écart
  • Parties constituantes étudiées
  • Parties constituantes non étudiées
    cellier, chapelle, étable, porcherie, fournil, puits, remise, aire à battre

Le Moulin-aux-Moines est mentionné en 1219 dans le cartulaire d'Evron. En 1527, il comprenait "l'hébergement, estrages, courtis, vergiers", une "fuie et colombier", la "garenne" ; en 1547, la "maison, chapelle, grange, jardin, moulin, estang, garenne, fuye". Il constituait alors la terre seigneuriale de Sainte-Marie, propriété de l'abbaye, qui dépendait de la châtellenie de Vaiges et qui comportait huit métairies : l'Epine, Vaubrenon, le moulin de Montauban (Montaubon ?), la Noë, le Cimetière, les Maillardières et la Pillière à Chammes. Il figure sur la carte de Jaillot (1706), comme manoir, et sur celle de Cassini (vers 1760), comme simple ferme. Il a été vendu comme bien national en 1791. L'accès au lieu-dit se faisait en 1842 par un chemin qui descendait vers la cour à l'est en passant devant l'élévation est de la chapelle. Après la réalisation de la route de Saint-Pierre, il a été déplacé à l'ouest. La chapelle date peut-être du XIIIe siècle. La fenêtre est résulte sans doute d'un remaniement de la deuxième moitié du XIIIe siècle ou du XIVe siècle. A sa droite en effet, la chaîne en pierre de taille est sans doute le vestige d'une ouverture antérieure. La charpente date probablement du XVIe siècle. A l'époque moderne l'étage de soubassement a été transformé en étable et le rez-de-chaussée en resserre et en logement. Le plancher a été reconstruit quelques centimètres plus haut. Le logis a probablement été construit à la fin du XIVe siècle. L'aile est légèrement postérieure. Il a été remanié au XVe siècle (insertion du plancher, charpente), puis vraisemblablement avant 1718 (cloisonnement, création d'une cheminée sur le pignon nord remployant des éléments du XIVe siècle ou du XVe siècle). Il a de nouveau été remanié vers 1866 lors du déplacement de l'entrée (baies de la façade ouest, aile). Son mur pignon sud a été remonté en 1936. Une porte haute ouvrant sur l'élévation sud de l'aile a été bouchée au XIXe siècle. Une baie en parpaing a été percée sur la façade est dans le dernier quart du XXe siècle. L'étable-grange a été édifiée au XVIe siècle ou au XVIIe siècle. La remise date de la fin du XIXe siècle.

  • Période(s)
    • Principale : 13e siècle
    • Principale : 2e moitié 14e siècle
    • Principale : Temps modernes
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
    • Secondaire : limite 13e siècle 14e siècle
    • Secondaire : 15e siècle
    • Secondaire : 16e siècle
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1866, daté par source

Les quatre bâtiments sont majoritairement construits en moellons de grès. Ils sont irrégulièrement disposés autour d'une cour ouverte au sud sur l'Erve, à l'exception de la remise qui prend place sur le chemin d'accès au nord. Ils sont principalement couverts d'ardoises : seuls le versant sud de la chapelle et la toiture du corps de bâtiment qui lui est adossé à l'ouest sont en tuile plate. Le logis est constitué d'un corps principal et d'une aile en retour vers l'est. Ses maçonneries en calcaire marbrier résultent du remaniement du XIXe siècle et ses chaînes d'angle en granite au sud du remontage du pignon dans le 2e quart du XXe. Le bâtiment possède un rez-de-chaussée surélevé sur un étage de soubassement dégagé à l'est et au sud et contenant en partie une cave voûtée. La porte d'entrée est actuellement sur la façade ouest. Elle a été percée au milieu de la première cheminée dont subsistent les consoles en granite. L'ancienne façade principale, à l'est, conserve une fenêtre à croisée en granite beige, dotée vers l'intérieur de coussièges. Une baie à traverse en granite gris donne à côté, sur l'aile. Les autres baies sont en calcaire marbrier taillé. Avant les travaux de 1936, le pignon sud était, selon le témoignage de l'actuel propriétaire, percé de trous de pigeonnier. Dans l'aile ont pris place au XIXe siècle, en bas une porcherie, en haut un fournil. La charpente du corps principal est du type à chevron porteur, avec sous-faîtière. Les faux-entraits ont été supprimés sur les fermes secondaires, sans doute lors de l'installation des pannes intermédiaires et des arbalétriers. La chapelle est à deux niveaux : un étage de soubassement, dégagé à l'est et au sud, et un rez-de-chaussée, accessible au nord par une porte à arc brisé en granite. Le mur-pignon est est doté d'une fenêtre couverte d'un arc brisé dans lequel s'inscrit un trilobe. Le mur-gouttereau nord a été consolidé au moyen de trois contreforts postérieurs à la construction. Il est percé de deux portes donnant accès aux deux étables aménagées dans l'étage de soubassement, et d'une fenêtre percée pour éclairer le logement de commis installé dans une partie du rez-de-chaussée. La porte basse primitive, percée dans le mur ouest, a été bouchée lors de la construction du corps de bâtiment à croupe. La charpente est du type à chevron porteur, sans sous-faîtière. L'étable-grange possède un comble à bas surcroît. Ses ouvertures sont dotées de piédroits en granite grossièrement taillé et de linteaux en bois. Sa charpente est du type à ferme et à panne, sans faux-entrait. La remise ouvre à l'ouest par une grande porte cintrée en calcaire marbrier taillé et donne au sud sur un corps de bâtiment à structure de poteaux de bois qui devait servir à abriter la batteuse. Un puits dépourvu de voûte se trouve entre le logis et la chapelle.

  • Murs
    • grès moellon
    • calcaire moellon
  • Toits
    ardoise, tuile plate
  • Étages
    étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Le rez-de-chaussée du manoir comprenait sans doute au 14e siècle une grande salle sous charpente chauffée par une cheminée située sur le mur gouttereau ouest. Il a probablement été recoupé par un plancher dès le 15e siècle. La cheminée du mur-pignon nord a été probablement ajoutée lors du cloisonnement de la pièce (deux pièces séparées par un cloison en pan-de-bois sont décrites en 1718). L'accès au rez-de-chaussée sur cour se faisait par un escalier extérieur droit, décrit en 1718 et actuellement ruiné, relié à une porte aujourd'hui disparue à côté de laquelle a été percée une fenêtre en parpaing.