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Maison et abri troglodytique, 5-7 rue des Masques, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010684 inclus dans Fontevraud-l'Abbaye : présentation de la commune réalisé en 2010

Fiche

La maison du 5-7, rue des Masques et la cave qu'elle recouvre sont notables à divers titres dans l'urbanisme et l'architecture fontevristes.

En premier lieu, la cave témoigne d'un état ancien du secteur, pourtant au cœur du bourg actuel, où cet emplacement était non construit et accueillait des espaces sans doute agricoles et une installation souterraine vraisemblablement liée au stockage des productions (cave à vin ou autre).

La cave, en tant que telle, est aussi un élément remarquable, par la qualité de se mise en œuvre et par son ancienneté, remontant sans doute aux XIIIe-XVe siècles.

Enfin, l'ensemble des bâtiments offre d'intéressants exemples de constructions et de remaniements du XVIIIe siècle et, malgré les destructions récentes, conserve des aménagements propres au fonctionnement d'une auberge du milieu du XIXe siècle.

Dénominationsmaison, abri troglodytique
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Adresse : 5, 7 rue des
Masques
Cadastre : 1813 D3 1131 ; 2009 D 1287

Il est vraisemblable que jusque dans les premiers siècles de l'histoire fontevriste, peut-être jusqu'au XVe siècle (voire après), l'emplacement sur lequel s'élève la maison du 5-7, rue des Masques, dans l'angle qu'elle forme avec la rue Robert d'Arbrissel, était non bâti et était encore occupé par des cultures. Toutefois, une cave à usage de dépendance agricole y fut aménagée, sans doute entre la fin du XIIIe et le XVe siècle. Au XVe ou au XVIe siècle, le bâti se développe dans le secteur et il est possible qu'à cette date de premières constructions soient élevées au-dessus de la cave. Une maison est en tout cas construite à l'angle des deux rues entre le début du XVIIe et le début du XVIIIe siècle. Lors de ces aménagements successifs furent établies de nouvelles caves, plus hautes que les anciennes et qui les recoupèrent en partie. Si les documents d'archives ne permettent pas d'éclairer ces différentes phases de construction, la succession des occupants et la constitution de l'ensemble foncier actuel peuvent être suivies depuis le début du XVIIe siècle. Dans le prolongement de la maison d'angle, la rue des Masques présente à partir de l'époque moderne un front bâti de plusieurs maisons. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une partie de ces bâtiments est jetée à terre et le bâtiment d'angle est remanié et agrandi vers le nord, avec reprise du surcroît de l'ensemble et construction d'une nouvelle charpente qui homogénéise la couverture de ces bâtiments. Au milieu du XIXe siècle, les façades sur cour intérieure, au nord-est, sont reprises et complétées d'autres élévations sur le pourtour de la cour, avec nouveaux logements (qui incorporent des bâtiments plus anciens), le tout constituant une auberge. L'édifice demeure hôtel de voyageur et restaurant dans les premières décennies du XXe siècle, puis devient une habitation. Au début du XXIe siècle, dans la continuité des travaux engagés dans le Grand-Clos, le corps nord-est de cet ensemble est détruit et remplacé par un petit immeuble.

Période(s)Principale : 13e siècle , (?)
Principale : 14e siècle , (?)
Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La maison du 5-7, rue des Masques occupe l'angle formé par cette rue et la rue Robert d'Arbrissel. Il s'agit d'un carrefour entre une ancienne impasse qui conduisait autrefois vers des terres bordant le sud du Grand Clos (immense ensemble foncier exploité en faire-valoir direct par l'abbaye), et l'ancien chemin de Fontevraud à Saumur, dans son tronçon qui vit, très progressivement, se développer un habitat face à l'ancien cimetière de la paroisse.

L'ensemble se compose d'un bâtiment principal, en L, construit en moyen appareil de tuffeau, et de ses extensions (dont des dépendances agricoles) développées autour d'une cour intérieure au sein du tissu bâti voisin. Il comprend trois étages de sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît, avec toit d'ardoise.

Les caves

Depuis le 7, rue des Masques, un corridor distribue l'escalier qui permet d'accéder aux étages, mais il abrite aussi une trappe par laquelle se fait la descente aux étages de sous-sol. Ceux-ci comptent, en haut (1er étage de sous-sol) un ensemble de caves modernes, dont le parcours sinueux montre qu'elles ont été constituées avec la contrainte de circuler autour de la descente qui permet d'atteindre une cave médiévale (2e étage de sous-sol), du palier de laquelle on pouvait ensuite descendre dans un niveau de cave inférieur (3e étage de sous-sol).

Ce 3e étage de sous-sol n'est aujourd'hui qu'à peine discernable, ayant été presque totalement remblayé et l'on n'en distingue que le parement d'un mur et de l'encadrement de la porte qui en barrait l'accès. Ces remblais, que l'on trouve aussi au 2e étage de sous-sol, ne proviennent d'aucun effondrement et correspondent probablement aux matériaux évacués pour réaliser les caves modernes de l'étage supérieur des sous-sols. Il se peut que cette cave ait aussi, après un temps d'abandon, servi de dépotoir et l'on a retrouvé dans ces remblais des fragments osseux et des tessons de céramique commune ou vernissée, qui pourraient relever d'une production locale de la fin du Moyen Âge.

En partie remblayé lui aussi, le 2e étage de sous-sol est le plus notable. Accessible par une longue descente en volée droite, il s'agit d'une cave médiévale composée d'un palier assez profond (qui se poursuivait par la volée d'accès au sous-sol inférieur), desservant par une porte latérale un ensemble de caves. Le couvrement de ces caves latérales est en roche, mais conforté d'arcs : demi-doubleaux plein-cintre pour la cave principale, arcs brisés pour les entrées d'embranchements. Il est possible que ces cavités aient été percées en deux temps, et l'arc de l'embranchement nord n'est pas chanfreiné au contraire des autres arcs médiévaux ; des doubleaux supplémentaires ont été construits, sans doute au XVIIe ou XVIIIe siècle pour mieux étayer le couvrement rocheux de la cave principale. Ces arcs s'appuient sur des parements maçonnés, en moyen appareil de tuffeau, qui habillent soit les parois latérales des caves, soit les angles formés par l'interpénétration de deux caves. Le fond des ces caves est constitué de parois rocheuses. Le palier présente un volume beaucoup plus haut et relève d'un traitement plus abouti encore : le mur de fond est formé de la roche nue, les murs latéraux sont entièrement maçonnés en moyen appareil de tuffeau à mise en œuvre standardisée, avec pierres de taille portant un numéro correspondant à la hauteur de l'assise (on trouve 4 hauteurs différentes, numérotées par ordre croissant : I, II, III et IIII). Fondés directement sur une strate de roche dure, ces murs latéraux portent une voûte en berceau brisé confortée de deux épais doubleaux, eux aussi chanfreinés. La surface des pierres de taille médiévales mises en œuvre dans cette cave a reçu un traitement de surface de fines hachures ; ces blocs sont à joints assez fins et semblent lier la terre. Ces maçonneries relèvent ainsi de techniques caractéristiques d'une période qui s'étend de la fin du XIIIe au milieu du XVe siècle. La voûte est percée d'un trou assez large qui devait servir à l'aération ou bien à l'usage d'un système de levage permettant de charger ou décharger la cave ; tardivement rebouché en coupole, ce trou témoigne, même si l'on n'en connaît pas l'usage initial, de ce qu'à l'origine la cave n'était pas située sous une habitation. Par ailleurs, la disposition de cette cave comme les éléments qui la composent impliquent qu'il peut s'agir d'une cave habitée, mais bien plutôt d'un site de stockage.

La descente qui mène à ce 2e étage de sous-sol a été remaniée : dans son état actuel, non datable, elle se compose d'une volée d'une trentaine de marches étroites et parallèlement, d'une rampe, plus tardive et assez raide, où l'on note des traces d'usure sans doute laissées par la traction d'éléments pesants, stockés là. Le couvrement de cet escalier est composite, ce qui correspond à une rupture nette dans le développement de la volée. En partie basse où l'escalier est plus large la partie la plus ancienne, liée à la voûte du palier, est formée d'une voûte inclinée, confortée par d'étroits doubleaux chanfreinés ; en partie haute où l'escalier est plus étroit, le couvrement en berceau plein-cintre et une part des murs latéraux sont bien plus tardifs et ont vraisemblablement été repris lors de la construction de la maison et de l'établissement des caves hautes.

Ce 1er étage de sous-sol semble avoir amputé l'escalier médiéval de sa partie haute, qui devait se prolonger jusqu'à la surface. Ce niveau supérieur de caves est constitué d'étroits boyaux couverts de voûtes segmentaires qui contournent l'ancienne descente et distribuent de part et d'autre deux caves principales en berceau plein-cintre. L'une, d'elles, relève de l'habitation voisine à l'ouest ; l'autre à l'est, à l'angle des deux rues, prend le jour par des soupiraux et un degré en permettait l'accès depuis la rue des Masques.

La maison et les dépendances

La maison et ses dépendances ont évolué au fil du temps et l'ensemble est constitué d'éléments divers, dont le corps situé à l'angle des rues Robert-d'Arbrissel et des Masques et des bâtiments qui, au nord-est, environnent la cour intérieure de l'ancienne propriété.

Le corps qui situé à l'angle des deux rues, en moyen appareil de tuffeau, est des plus sobres et semble relever de mises en œuvre du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle ; les seuls éléments qui en animent l'élévation sont les appuis saillants à corps mouluré des fenêtres ; il semble que le surcroît (avec bandeau et corniche) soit ajouté postérieurement. Il a été largement transformé lorsqu'il fut amputé et prolongé vers le nord, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle ; des baies en ont par ailleurs été modifiées ou murées. L'extension ainsi établie plus au nord présente une élévation plus affirmée, avec une façade encadrée de jambes à bossages en table, un bandeau d'appui, les chambranles et appuis saillants des baies couvertes en arc segmentaire. La travée de l'entrée originelle se distingue particulièrement, avec couvrement de l'ancienne porte (aujourd'hui fenêtre) en plein-cintre et encadrements traités en pilastres doriques portant un plein de travée traité en petit entablement dont la corniche forme l'appui saillant de la fenêtre de l'étage-carré ; plus haut, une lucarne (démontée) amortissait la travée. L'actuelle porte du logis est une ancienne fenêtre remaniée et la porte latérale, au nord, plus basse et qui par un corridor conduit à l'escalier, pourrait n'avoir été qu'une porte donnant à un espace secondaire (cellier ou petite cave).

La distribution intérieure du rez-de-chaussée a ainsi totalement été remaniée, ainsi que les escaliers, sans doute au milieu du XIXe siècle, pour assurer une distribution autonome des chambres de l'auberge. À l'étage-carré, sont conservées des huisseries du XVIIIe siècle, mais aussi trois ensembles de placards du XIXe siècle qui occupent des pans de murs entiers, là encore sans doute liés au fonctionnement de l'auberge.

Il semblerait que le comble à surcroît ait été aménagé dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour les deux corps de bâtiments, afin de les homogénéiser en partie haute. En façade sur rue, un décor court au haut des élévations, constitué d'un bandeau de niveau, d'une frise nue et d'une corniche, qui correspond à un surcroît permettant d'utiliser le volume du comble, avec une charpente à fermes et pannes, à entraits retroussés. La présence de l'angle sur rue et l'interpénétration des toitures des deux ailes nécessitent l'emploi d'enrayures, peu courantes dans un secteur où pour l'habitat ordinaire prévaut le pignon découvert et où, hors de l'abbaye, la croupe demeure rarissime au XVIIIe siècle. On observe par ailleurs la présence, dans la travée d'angle, d'une seconde enrayure au sol, reliant entraits et poutres, pièces de bois par ailleurs maintenues entre elles par des bandes de fer. Ce système complexe s'explique très certainement par la volonté de stabiliser l'élévation du bâtiment d'angle qui venait ainsi d'être remanié.

Cinq lucarnes éclairaient le comble des deux corps, trois au-dessus du corps d'angle, deux au-dessus du corps nord : il n'en reste qu'une, aujourd'hui, à ailerons, à couvrement segmentaire et coiffée d'une corniche curviligne.

Le corridor du 7, rue des Masques et l'escalier qui s'y trouve distribuent aussi des extensions postérieures, établies sans doute au milieu du XIXe siècle autour de la cour intérieure et constituées de logements secondaires, de chambres et de dépendances de l'auberge, comptant un rez-de-chaussée et un étage-carré. À l'ouest et au sud de la cour, où ils flanquent des bâtiments ou des murs plus anciens ces extensions sont en appentis ; au nord-est où elles prolongeaient les bâtiments précédents, l'aile (détruite) était entièrement élevée selon une même volumétrie. Couronnées d'une corniche simple, les élévations sont ici très sobres, en moyen appareil de tuffeau, avec baies de l'étage dotées d'appuis saillants moulurés ; un ancien oculus a été remanié. Les espaces du rez-de-chaussée semblent avoir été destinés à des dépendances. Au nord-est, ces bâtiments viennent s'appuyer sur une écurie, sans doute des premières décennies du XIXe siècle, avec baies couvertes de claveaux à crossettes et grande porte en arc en anse de panier à crossettes en escalier ; dans les dernières décennies, ce bâtiment fut en partie amputé du haut de son élévation, du côté nord. La partie nord-est de ces dépendances, aujourd'hui démolie, comprenait d'autres logements ou chambres de l'auberge. Un petit immeuble (aujourd'hui 9, rue des Masques) a été substitué à ce dernier ensemble au début du XXIe siècle ; en façade sur la rue des Masques, il reprend la volumétrie et des éléments de l'entablement de l'immeuble voisin du XVIIIe siècle pour s'insérer dans la continuité du bâti.

Mursmoyen appareil
Toitardoise
Étages3 étages de sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvrementsvoûte en berceau brisé
fausse voûte en berceau
roche en couvrement
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier droit en maçonnerie
escalier dans-œuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 6. Notaires. Acquisition (12 juillet 1704).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 7. Notaires. Acquisition (7 décembre 1713).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 167. Notaires. Succession Répulsard (15 avril 1664,).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 168. Notaires. Transaction (4 août 1664).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 168. Notaires. Bail (6 mai 1667).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 170. Notaires. Succession Répulsard (2 octobre 1645).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 170. Notaires. Succession Répulsard (25 septembre 1645).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 180. Notaires. Rente (12 février 1720).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 180. Notaires. Bail (4 avril 1720).

    AD Maine-et-Loire. 101 H 159. Abbaye de Fontevraud. Inventaire général de dom Lardier : Volume septiesme, inventaire des titres de la petite recepte de Font-Evraud [...] fait par le P. F. Jean Lardier religieux dudit ordre, 1658 (1658, continué jusqu'en 1756). Titre n° 129.

    AD Maine-et-Loire. 23 S. Route nationale n°147. Divers documents, dont en 23 S 2 : plan-minute de l'Atlas Trudaine du grand chemin de Montsoreau à Loudun avec ses environs (1747).

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