Logo ={0} - Retour à l'accueil

Maison d'Alphonse Poitevin, 4 rue Poitevin

Dossier IA72058907 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénominationmaison d'Alphonse Poitevin
Parties constituantes non étudiéescour, dépendance, remise
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Saint-Calais
AdresseCommune : Conflans-sur-Anille
Adresse : 4 rue
Poitevin
Cadastre : 1836 C4 528 ; 2019 AE 27

Des bâtiments figurent à cet emplacement sur le cadastre napoléonien de 1829, dont il subsiste peut-être la cave sous la maison (?). A cette époque, la propriété appartenait déjà à la famille Poitevin (François). Elle reste principalement connue pour avoir été la demeure d’Alphonse Poitevin, maire de Conflans-sur-Anille et célèbre pour ses travaux ayant largement contribué à l’invention de la photographie (voir annexe). Une petite plaque apposée sur la façade en rappelle le souvenir. Ainsi, Conflans-sur-Anille ainsi que la maison, où Alphonse avait installé son atelier, ont fait l’objet de plusieurs photographies précoces, la plupart semble-t-il réalisées dans les années 1870-1880. Les façades actuelles peuvent vraisemblablement être datées du milieu du XIXe siècle et semblent avoir été en place lorsque fut levé le plan d’alignement de la rue en 1872. Quelques ouvertures ont été remaniées à la fin du XXe siècle ou au début du XIXe siècle, et une large fenêtre a été percée sur la façade arrière. Les photographies d’Alphonse Poitevin montrent que la cour a été quelque peu transformée et que, bien que le pavage ait été conservé, un portillon et quelques bâtiments de dépendances ont disparu. Au XIXe siècle, la propriété Poitevin englobait également la maison accolée à droite, anciennement café des Bons Enfants, dont la façade a été totalement remaniée dans la 2e moitié du XXe siècle.

Période(s)Principale : milieu 19e siècle
Secondaire : limite 20e siècle 21e siècle

La maison, orientée à l’ouest, présente côté rue trois travées ainsi que deux fenêtres supplémentaires au rez-de-chaussée. La façade est ornée de pilastres d’angles et d’une corniche à six rangs de tuiles plates, tandis que les ouvertures sont toutes en arc segmentaire et encadrées de briques. L'intérieur a été transformé mais conserve sa distribution originelle avec couloir centrale menant à l'escalier en charpente, placé contre la façade arrière, ainsi que sa cave voûtée en arc segmentaire perpendiculaire à la rue, accessible depuis l'extérieur. Une remise est accolée à gauche de la maison, tandis que le reste des dépendances, en rez-de-chaussée, est placé en retour à l’arrière, donnant sur une cour pavée. Une seconde cave creusée dans le roc et en grande partie habillée de briques, avec de petites alcôves de chaque côté destinées au stockage, prend place sous ces communs. A l’exception des quelques ouvertures à linteaux de bois, toutes les baies sont encadrées de briques et en arc segmentaire.

Mursmoellon enduit (?)
Toitmatériau synthétique en couverture
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours en charpente
État de conservationbon état, remanié
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Protections

Annexes

  • Alphonse Poitevin (1819-1882)

    Avec Niepce et Daguerre, Alphonse Poitevin, natif de Conflans-sur-Anille, est considéré comme le troisième et sans doute le principal inventeur de la photographie, moins célèbre peut-être car de caractère ombrageux, modeste et désintéressé. Il restera toute sa vie très attaché à son village natal.

    La famille Poitevin, attestée à Conflans au moins dès le XVIIe siècle, est de condition moyenne : le père d’Alphonse est tisserand et épicier et possède quelques fermes et terres aux alentours. Alphonse Poitevin présente de grandes capacités intellectuelles et suit une scolarité brillante, qui fait de lui le premier bachelier de la ville de Saint-Calais. Il quitte Conflans pour Paris en 1838 pour réaliser des études d’ingénieur à l’École centrale des arts et manufactures, en parallèle desquelles il découvre puis perfectionne la daguerréotypie. Très tôt, Alphonse Poitevin se forge une solide réputation consacrée par son premier traité sur la gravure photochimique dès 1848.

    Au cours de sa riche carrière, il occupe de nombreux postes d’ingénieur, notamment aux Salines royales de l’Est jusqu’en 1855 où il rencontre de grands savants qui l’encouragent à poursuivre ses travaux dans le domaine de la photographie. Il met ainsi au point la transposition des images du daguerréotype sur papier et le « négascope » qui permet de maîtriser le format des photographies. En 1855, il dépose les brevets du « procédé d’impression photographique à l’encre grasse et en couleurs et du « procédé d’impression à la lumière dit hélioplastie ». Tentant de vivre de sa passion, il démissionne alors de son poste d’ingénieur pour créer une petite société basée dans un atelier de la rue Saint-Jacques à Paris où il développe et exploite la photolithographie. Ne parvenant pas à rentabiliser son entreprise, il est contraint de revendre l’exploitation de son brevet à son concurrent Rose-Joseph Lemercier en 1857 et en garde une profonde désillusion. Il reprend son emploi d’ingénieur dans la Nièvre, dans la Creuse, dans l’Aisne puis enfin à Marseille. En 1860, il dépose un brevet pour un « procédé d’impression photographique sur verre au moyen de sels de fer et autre sulfates », appelé communément photographie inaltérable au charbon, qui permet notamment de réaliser des photographies sur émail.

    Alphonse Poitevin se marie en 1865 à Sophie Péquegnot qui lui donnera un fils et quatre filles. En 1870, suite au décès de ses parents, il rentre définitivement à Conflans, dont il est maire de 1872 à 1878. Il continue à développer de nouveaux procédés photographiques dans le laboratoire qu’il aménage dans la maison familiale. C’est l’une des principales figures de la chimie de son temps, et ses travaux dans le domaine de la photographie sont largement reconnus et récompensés par ses pairs de son vivant. Néanmoins, il ne parviendra jamais à rentabiliser ses découvertes qui seront bien mieux exploitées par certains de ses concurrents. Il meurt à Conflans en 1882, sa tombe est visible dans le cimetière tandis qu’un monument lui est dédié à Saint-Calais.

    Les photographies de Poitevin, outre leur intérêt pour l’histoire de la technique photographique, sont également un important témoignage sur l’époque. Il s’agit davantage de travaux que d’œuvres au sens artistique, l’esthétique n’étant pas l’objet de la recherche. Les sujets que Poitevin utilise sont de circonstance, il en va ainsi de sa maison et de son village de Conflans qu’il a régulièrement photographiés, et dont la plupart des épreuves sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France et au musée Niepce de Chalon-sur-Saône. On en trouve également quelques exemplaires aux musées du Mans et de Saint-Calais.

Références documentaires

Documents figurés
  • Photographies de Conflans-sur-Anille par Alphonse Poitevin, milieu du XXe siècle ; (Musées du Mans).

  • Photographies de Conflans-sur-Anille par Alphonse Poitevin et portrait du photographe, milieu du XXe siècle. (Musée-Bibliothèque de Saint-Calais).

Bibliographie
  • CHERON, Louis. "Conflans-sur-Anille" (Monographie éditée à partir des articles parus dans la revue Province du Maine de 1973 à 1975), 1976.

    p. 47, 49
  • Le patrimoine des communes de la Sarthe. Paris : Flohic éditions, 2000. 2 vol.

    p. 1376-1377
  • PAYS DU PERCHE SARTHOIS. Monument du Mois, Conflans-sur-Anille, 2003.

    p. 18-20
Périodiques
  • AUBENAS, Sylvie. "Alphonse Poitevin (1879-1882), un photographe sarthois". Revue 303, t. 113, 2010.

    p. 20-27
  • DAVANNE, Alphonse. "Notice sur la vie et les travaux de A. Poitevin". Société de Secours des Amis des Sciences. Paris : Gauthier-Villard, 1882.

  • ROCHERON, Alain. BARROY, Christophe. "La transformation des paysages ruraux depuis le XIXe siècle. Utiliser les photos d'Alphonse Poitevin". Maisons Paysannes de France, Sarthe, printemps 2017.

    p. 11-19
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Barreau Pierrick

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois jusqu'en octobre 2020. Depuis novembre 2020, chercheur auprès du Conseil départemental de la Mayenne.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.