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Maison, 29 rue Saint-Jean-de-l'Habit, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010755 réalisé en 2010

Fiche

Simple tronçon d'un ensemble autrefois bien plus important qui faisait partie des dépendances de l'abbaye de Fontevraud, ce bâtiment est l'un des rares vestiges des édifices qui entouraient la cour de la Secrétainerie, pour la plupart disparus après la Révolution française.

Très remanié, il conserve toutefois des éléments notables de son état initial du XVIIe siècle et notamment les traces L'appentis nord conserve des éléments de l'ancien corps principal de la Secrétainerie. Par ailleurs, les jardins en terrasse à l'ouest sont en grande partie hérités de la période monastique.

Parties constituantes non étudiéesjardin, cour
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Adresse : 29 rue
Saint-Jean-de-l'Habit
Cadastre : 2011 F 104, 106, 942

Dans le résumé qu'il fait en 1649 d'un acte alors conservé dans le fonds des archives de l'abbaye, dom Jean Lardier mentionne qu'est édifié en 1638 un "bastiment et gallerie entre la Secrétainerie et Vendosme, construit des matériaux du démolissement du logis d'Alençon".

Cette maison du XVIIe siècle semble ainsi correspondre à la construction de 1638, du fait de ce qu'il était précisément une aile qui assurait la liaison entre le bâtiment médiéval du Grand Vendôme et le corps principal de la Secrétainerie et que l'analyse des maçonneries de la façade est montre qu'elle était à l'origine dotée d'une galerie de distribution extérieure en charpente.

Cette aile connut peut-être des remaniements au cours du XVIIIe siècle, mais l'essentiel des transformations qui l'affectent date du morcellement des bâtiments de l'abbaye après leur saisie comme biens nationaux, puis des travaux de reconversion du site monastique en prison, dans les années 1810-1820. Entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, en effet, les bâtiments de la Secrétainerie sont en grande partie démolis et cette aile fait partie des rares tronçons qui en subsistent. Au sud où elle flanquait le Grand Vendôme, on la dote d'un nouveau pignon ; au nord, un nouveau pignon est établi de la même manière au niveau des combles, mais quelques vestiges du corps principal de la Secrétainerie, largement effondrés, sont relevés pour former un flanquement en appentis en retour d'équerre.

Cette maison connaît encore quelques transformations mineures au XIXe siècle, dont des reprises de baies. Fondé sur d'anciens murs de soutènement des terrasses du jardin, un appentis est accoté au XIXe siècle à la façade ouest de la maison et conforté par d'épais contreforts. L'ensemble des bâtiments est progressivement restauré à partir du dernier tiers du XXe siècle.

Période(s)Principale : 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates1638, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Auteur inconnu

Le corps principal de cet édifice, qui était plus long à l'origine, est constitué de murs relativement épais en moyen appareil de tuffeau. Il compte un rez-de-chaussée, un étage-carré et un comble à surcroît. Le toit couvert d'ardoises, à longs pans, pignons découverts et coyaux, présente un profil très aigu, ce qui a pu être interprété comme un élément attestant une origine médiévale de l'édifice (hypothèse à rejeter après examen des maçonneries et de la charpente). En moyen appareil de tuffeau, lui aussi, le pignon sud est constitué d'un mur plus mince.

Les baies ont presque toutes été remaniées ou au moins partiellement obturées. La lucarne de la façade orientale est un ajout (du XIXe ou début du XXe siècle ?).

Le parement de la façade est, qui donnait sur la cour intérieure, présente des reprises de maçonneries liées à l'obturation des baies originelles qui semblent correspondre à trois (voire quatre ?) portes situées à l'étage-carré. Articulés à ces portes, des alignements réguliers de petits blocs qui correspondent au rebouchage de trous où devaient être fichés des éléments de bois (avant les restaurations récentes, les trous étaient nettement visibles). Ces éléments permettent d'établir que la façade est, sur cour, accueillait originellement une galerie en charpente, vraisemblablement sur poteaux et couverte en appentis, qui assurait la distribution à cet étage de plusieurs pièces, sans doute indépendantes les unes des autres et qui devaient prendre le jour par des fenêtres situées en façade ouest. Cette distribution de l'étage carré a été entièrement transformée pour ne former aujourd'hui que deux grandes salles en enfilade.

En rez-de-chaussée sur cour, où les maçonneries de la façade est ont été très fortement restaurées, il est difficile d'établir la distribution première de ce bâtiment. Une salle, au nord de ce rez-de-chaussée, dispose d'une niche qui était une ancienne baie à l'ouest (obturée) qui a conservé son couvrement à arrière-voussure ; dans cette même salle se trouve une cheminée dont le décor présente des caractéristiques du XVIIe siècle (manteau à corps de moulures fortement marquées).

La façade est, qui donnait sur la cour intérieure, est des plus sobres, alors que la façade ouest, qui ouvrait sur les autres espaces et bâtiments de l'ensemble monastique, est plus ornée : elle est coiffée d'une corniche et conserve également des bandeaux de niveau (bas et haut) et d'appui ; le bandeau bas se prolonge le long de l'appentis nord sur les quelques assises conservées de ce qui était l'aile principale de la Secrétainerie.

Cet appentis nord diffère par les niveaux de son élévation ; en partie basse, il conserve des éléments de l'ancien corps principal de la Secrétainerie, à savoir un soubassement constitué de deux caves voutées d'axe nord-sud, dotées chacune d'une petite fenêtre quadrangulaire ouvrant au nord. Ce soubassement est accessible depuis la cour par la volée droite d'un escalier extérieur. D'identiques caves devaient être répétées au moins sous une partie de l'ancien corps principal disparu de l'ancienne Secrétainerie. Réalisées en moellons de tuffeau, les parties hautes de l'appentis sont issues des reconstructions de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. Au rez-de-chaussée surélevé de cet appentis, se trouve une cheminée caractéristique de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui dut être édifiée lors de ces remaniements.

Les jardins en terrasse, à l'ouest de la maison, sont des vestiges des anciens jardins de la Secrétainerie, visibles notamment sur le dessin de la collection de Gaignières, de 1699, et sur le plan de l'abbaye, dit de 1762.

Mursmoyen appareil
moellon
Toitardoise
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
appentis
pignon découvert
Escaliersescalier intérieur
escalier hors-œuvre
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 101 H 160. Abbaye de Fontevraud. LARDIER, Jean (dom). Thrésor de l'ordre de Font-Evraud disposé en 3 volumes. Volume 1. Contenant l'inventaire des registres et extraits de conseil des abbesses pour les affaires qui regardent l'abbesse & le temporel de ladite abbaye par ordre alphabétique du temps de M. Jeanne Baptiste de Bourbon, XXXII. Abbesse, chef & générale dudit ordre, manuscrit, Fontevraud, 1649.

    Voir f°190
  • Biens nationaux. District de Saumur, procès-verbaux d'estimation des biens mobiliers de 1ère origine : abbaye de Fontevraud divisée en 19 lots (2 novembre 1792).

    Voir 4e lot Archives départementales de Maine-et-Loire, Angers : 1 Q 213
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