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Maison, 11 quai Philippes-de-Commines, ISMH, Montsoreau

Dossier IA49010749 inclus dans Maison avec escalier ISMH, 10 quai Philippe-de-Commines, Montsoreau réalisé en 2010

Fiche

Élégante maison à tourelle et pignon sur rue, ce logis est particulièrement intéressant du fait de ce qu'au-delà de ses qualités architecturales, il atteste du développement que connaît le secteur situé entre les anciens ports de l'abbaye et des seigneurs de Montsoreau (soit l'actuelle Basse-rue) dans le cadre de l'essor économique de ce bourg de Loire entre la seconde moitié du XVe et la fin du XVIe siècle.

Plusieurs fois remaniée et très restaurée, cette maison conserve des éléments notables de son architecture et de sa distribution.

Parties constituantes non étudiéesjardin
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Adresse : 11 quai
Philippe-de-Commines
Cadastre : 1813 B1 312 ; 2011 B 819

Cette maison à tourelle et pignon sur rue date très vraisemblablement de la toute fin du XVe ou plutôt de la première moitié du XVIe siècle. Elle fut érigée en un site particulièrement notable à cette époque, puisqu'elle se situait au droit du port sur lequel les seigneurs de Montsoreau fondaient des prétentions au détriment du port dit de Rest qui relevait alors de l'abbaye de Fontevraud et qui était situé un peu plus en aval. Jeanne Chabot, veuve de Jean de Chambes et dame de Montsoreau, avait ainsi dès 1478 entamé une procédure face à l'abbaye pour affirmer ses droits sur ce site portuaire (plus tard dénommé Port au vin) et un arrêt de 1513 confirme ces prétentions avant qu'un autre ne les déboute en 1524 et que plus de deux siècles de procédures s'ensuivent, les deux ports fonctionnant dès lors parallèlement.

Au fil des siècles, la maison compte des modifications. Un bâtiment vient la flanquer à l'ouest dans la première moitié du XVIIIe siècle : c'est peut-être dès l'origine une extension et au début du XIXe siècle, en tout cas, les deux édifices relèvent d'un même propriétaire. La distribution du logis en est affectée (percements de nouveaux accès) et des baies de la façade sont remaniées. Depuis au moins le milieu du XVIIIe siècle, ces maisons sont associées à d'importantes dépendances (logements secondaires et structures de stockage agricole ou commercial).

Vers le milieu du XIXe siècle, à la suite d'un échange avec la municipalité, le jardin qui se trouvait de l'autre côté de la Basse-rue est réuni à la propriété au-devant des deux maisons, par détournement d'un tronçon de la ruelle vers la nouvelle route de Loire. Le vieux logis devenu sans doute d'un confort moindre au regard de l'aile XVIIIe, il semble connaître une certaine relégation. Au milieu du XXe siècle, il conserve son allure générale, mais est dans un état médiocre.

Par arrêté préfectoral du 13 septembre 1952, cet ensemble fait l'objet d'une protection partielle au titre des Monuments historiques et sont à la fois inscrits sur la liste supplémentaire une partie du vieux logis, dit ici "maison du XVe siècle", à savoir la façade nord et la couverture de la maison et de sa tourelle, ainsi que l'escalier extérieur de la façade sud de l'aile dite "maison du XVIIe siècle".

Dans les années 1970, le logis à tourelle et le jardin qui le précède sont cédés indépendamment du reste de la propriété : l'édifice connaît d'importantes restaurations, dont une réfection des maçonneries qui contribue à effacer les vestiges d'anciennes baies, originelles ou issues de remaniements.

Au début du XXIe siècle, le reste de la propriété fait aussi l'objet de travaux, avec reprise générale des bâtiments (dont la destruction de certaines des dépendances), avant d'être à nouveau scindé en trois parcelles distinctes.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (?)
Principale : 1ère moitié 16e siècle , (?)
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Aujourd'hui précédée d'un jardin et en retrait par rapport au tracé de la Basse-rue et surtout du quai Philippe-de-Commines, cette maison fut à l'origine construite au droit du port des seigneurs de Montsoreau (actuelle Cale du bac), à l'alignement de deux anciennes voies qui formaient là un important carrefour : l'une à l'est descendant de la porte ouest de l'enceinte fortifiée de Montsoreau (actuelle rue du Port-au-vin), l'autre à l'ouest, parallèle à la Loire, venant du port des abbesses de Fontevraud (actuelle Basse-rue).

Ce logis à tourelle comprend un rez-de-chaussée, un étage-carré et un comble à surcroît, sur un plan trapézoïdal d'environ 8 à 9 mètres de large par 7,5 m de profondeur. Il est construit en tuffeau, mais selon diverses mises en œuvre : la tourelle est en moyen appareil ainsi que le revêtement de la façade principale ; par contre le gros-œuvre et les parements intérieurs sont en moellons à tête dressée et plus ou moins équarris.

À l'exception d'une porte haute en façade postérieure, absente à l'origine, seule la façade sur rue est ajourée. Elle compte aujourd'hui diverses baies, toutes restaurées, mais plusieurs d'entre elles sont des percements tardifs, d'après les observations que l'on peut tirer d'une photographie prise vers 1950. Les baies originelles encore en place sont celles de la tourelle (une porte et deux petites fenêtres), la baie géminée du comble et la grande croisée de l'étage-carré ; elle sont encadré d'un corps de mouluration à cavets et à congés. Il semble y avoir eu une logique de travées dans la composition première de l'élévation, mais sans recherche de symétrie par rapport à l'axe du pignon. La plus petite fenêtre de l'étage-carré est une création récente qui reprend un percement tardif ; une fenêtre existait à l'origine un peu plus bas et à gauche de celle-ci, sous forme d'une baie géminée sans doute comparable à celle du comble, mais les traces en ont disparu lors de la restauration du moyen appareil de la façade. Au rez-de-chaussée du corps de logis, aucune baie n'est d'origine tant les remaniements ont été nombreux : au-dessous de la grande fenêtre de l'étage-carré il y avait ici initialement une grande baie géminée dont chaque fenêtre était couverte d'un arc monolithique en plein-cintre et il y avait peut-être une autre fenêtre un peu plus à l'ouest, mais aucun élément tangible ne permet de l'affirmer ; au XVIIIe siècle, une porte fut ouverte dans l'angle ouest de la façade (dont tout trace a aujourd'hui disparue).

La tourelle, hors-œuvre, est à l'alignement du pignon sur rue. De section octogonale, elle est coiffée d'un toit octogonal, couvert d'ardoises et dont la charpente compte deux enrayures. Elle abrite un escalier en vis, en maçonnerie de tuffeau, aux marches partiellement délardées et dont le noyau présente une base à mouluration torique. Cette tourelle assurait initialement l'essentiel de la distribution de la maison, d'autant que c'est là que se trouvait, sur rue, ce qui devait être la seule porte d'entrée de ce logis. Au rez-de-chaussée, la tourelle d'escalier ouvre sur une grande pièce à cheminée, ajourée d'une baie géminée et qui, dès l'origine peut-être, en commande une plus petite (dont on ne connaît pas la forme de la baie originelle), à moins qu'il n'y ait eu là initialement qu'une seule très vaste salle. La cheminée de la grande salle a été restaurée et semble d'une facture plus tardive que la maison.

À l'étage-carré, la tourelle donnait aussi accès à une grande pièce (dotée d'une petite resserre troglodytique en partie postérieure) et qui en commandait une seconde, plus petite ; cette hiérarchie se percevait aussi dans les percements d'origine, avec une grande croisée pour la première salle et une plus petite baie géminée pour la seconde.

L'escalier distribue aussi le comble, qui prend le jour par une baie géminée qui, bien que restaurée, est la mieux préservée du bâtiment. La charpente a fait l'objet de travaux, mais conserve ses deux fermes d'origine, situées l'une et l'autre à faible distance de chacun des pignons (un peu plus éloignée au nord, pour ne pas gêner l'accès à la fenêtre). Cette charpente, avec fermes à entrait et poinçon, relève d'un type très répandu dans le secteur entre la fin du XVe et la fin du XVIIe siècle, avec pannes sous chevrons porteurs et maintenues par une encoche dans les faux-entraits.

Du côté sud, cette maison est adossée au coteau : seule la partie haute du pignon postérieur en émerge, mais il semble n'y avoir eu, à l'origine, aucune communication entre ce logis et l'actuelle rue Haute.

Le toit, aigu, est à l'origine à longs pans, avec l'axe faîtier perpendiculaire à la rue et au coteau. La partie postérieure a été reprise, peut-être au XVIIIe siècle lors de la construction de bâtiments latéraux et pour réorienter l'écoulement des eaux pluviales vers la rue. Une partie du pignon est alors surhaussée pour former un appentis en retour d'équerre lié par des noues à la toiture originelle du logis. Une porte haute est alors percée dans ce surhaussement, accessible depuis le comble par une échelle et ouvrant en partie postérieure sur une petite parcelle enclose, qui coiffe le coteau et donne elle-même accès à la rue Haute.

Mursmoyen appareil
moellon
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
appentis
toit polygonal
Escaliersescalier hors-œuvre : escalier en vis en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée
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