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Maison, 10 rue du Vivier

Dossier IA85002158 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 10 rue
du Vivier
Cadastre : 1836 C 483 et 484 ; 2019 AI 494 et 495

Le plan cadastral de 1836 fait apparaître à cet endroit, dans le prolongement de l'impasse qui descend vers la maison, un bras d'eau relié au cours qui s'écoule depuis la fontaine Friau, à l'ouest, et qui rejoint à l'est la route d'eau passant au nord du bourg. Ce bras d'eau formait un port appelé le port Naudon ou le port à Naudin, ou encore port du Vivier. Le plan montre aussi l'existence d'une habitation à la place du hangar situé derrière l'actuelle maison. Cette habitation appartenait à François Brouard (1807-1842), tisserand, marié à Louise Daviet. François Brouard est décédé dans sa maison du port Naudon le 31 juillet 1842. Un inventaire après décès de ses biens est dressé le 10 janvier 1843 devant Me Prouzeau, notaire à Vix (déclaration de succession le 25 janvier). A noter enfin la présence sur le plan de 1836 le long de la rue du Vivier de deux dépendances, démolies en 1858.

En 1858, le nouveau propriétaire des lieux, Pierre Bridonneau entreprend d'exploiter le petit cours d'eau qui passe sur sa propriété et qu'alimente la fontaine Friau. A la place de l'ancienne maison, et sans doute par-dessus le cours d'eau, il fait construire un moulin à vapeur. Après sa mort, son fils Pierre-Louis (né en 1839) lui succède comme exploitant du moulin. Les recensements entre 1881 et 1896 le mentionnent en tant que minotier puis mécanicien et industriel, y habitant avec sa mère, Madeleine Biré (décédée en 1900) et sa tante, Rose Bridonneau (décédée en 1892), ainsi que Louis Mion, scieur de long puis meunier, avec son épouse Marie Bodinet.

La famille Bridonneau quitte Vix vers 1900. La propriété est alors acquise par Pierre Mignonneau (1840-1905), marié à Agathe Guéret (1840-1905). Négociant en vins, il a son chai sur la place de l'église, près du marché couvert. En 1904, il fait construire la maison actuelle, avec son architecture et son décor intérieur au goût du jour, démonstration de sa réussite économique. Mais lui et son épouse décèdent à quelques mois d'écart, en octobre et décembre 1905, sans enfants. Pierre Mignonneau s'éteint alors qu'il est en déplacement à Saintes. Par son testament, il lègue ses biens à sa nièce, Marie-Louise Mignonneau (1875-1939), mariée avec Louis Guillon (1869-1949), par ailleurs propriétaire de la ferme de la Bonde des Jourdain. Pierre Mignonneau lègue aussi une rente à la société de secours mutuels de Vix, pour l'achat de médicaments et la distribution de pain aux pauvres chaque année, au jour anniversaire de sa mort.

Le 13 novembre 1905, l'inventaire après décès d'Agathe Guéret, réalisé quelques semaines après sa mort et avant celle de son mari, précise la composition de la maison, en plus d'établir la liste de tous les objets qu'elle contient : au rez-de-chaussée, un corridor d'entrée, une chambre à gauche, une autre à droite, une cuisine à l'arrière de celle-ci, une servitude à la suite du corridor, communiquant avec la cuisine ; à l'étage, une chambre côté ouest, une autre côté est, un grenier au-dessus de la cuisine ; un hangar derrière la maison, un chai ou cave, un serre-bois, des remises dans le prolongement nord de l'ensemble avec cave au-dessous et greniers au-dessus.

Louis Guillon et Marie-Louise Mignonneau font agrandir la maison en 1911, y ajoutant alors peut-être l'aile en rez-de-chaussée vers l'ouest. En 1922, avec leur voisin Jean Babin époux Giraud, ils achètent à la commune l'ancien port du Vivier qui jouxte leur maison à l'est, afin de le combler. La maison passe ensuite à leur gendre, Pierre Denis, officier d'infanterie à La Rochelle, dit "le capitaine Denis". En 1967, il vend à la commune un autre petit port et lavoir au bord de la route d'eau voisine, appelé le Creux à Juin, au nord de la maison et qui, insalubre, est lui aussi comblé par la suite.

Dates1904, daté par source

La maison est située en retrait par rapport à la voie, derrière un jardin que délimite un muret surmonté d'une grille. Sur le côté droit de la maison, une cour est fermée par un portail avec piliers maçonnés en brique et en pierre. Derrière la maison se succèdent des dépendances, dont, à l'extrémité nord, un hangar. Celui-ci est construit par-dessus un ruisseau qu'alimente à l'ouest la fontaine Friaud et qui va se jeter à l'est dans la route d'eau longeant le bourg par le nord.

La maison est représentative de l'architecture des années 1900 qui a recours à des matériaux et des couleurs renouvelés. La maison comprend un corps principal, à un étage, et une aile à l'ouest, en simple rez-de-chaussée. Les deux sont chacun couverts d'un toit à croupe, surmonté d'épis de faîtage en terre cuite et, pour l'aile, d'une crête de faîtage. Dans les deux cas, la corniche est soulignée par une frise en alternance de briques vernissées bleues, blanches et rouges. La façade du corps principal présente trois travées d'ouvertures, réparties symétriquement autour de la porte centrale que surmonte une porte-fenêtre avec balcon. Les deux fenêtres latérales de l'étage s'appuient sur un plein de travée en briques colorées qui rappellent la frise sous la corniche.

A l'intérieur, la porte centrale donne sur un corridor avec un escalier en bois qui dessert l'étage. Une pièce occupe le rez-de-chaussée de part et d'autre de cette entrée. Des moulures à motifs végétaux et de cuirs découpés ornent le plafond de ces pièces.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile mécanique
Étages1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
TypologiesMaison indépendante ; 3
Représentationscuir découpé
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/229. 1905, 13 novembre : inventaire après décès des biens d'Agathe Guéret, épouse de Pierre Mignonneau.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/229. 1905, 26 décembre : dépôt du testament olographe de Pierre Mignonneau.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Archives municipales, Vix. 1 N 2 à 10. 1803-1990 : actes notariés concernant des biens communaux à Vix.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


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