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Le quartier de Saint-Georges-du-Plain

Dossier IA72059054 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesMans (Le)
AdresseCommune : Le Mans
Adresse : rue de, Richedoué, avenue de la, Libération, avenue, Olivier-Heuzé, route de
Sablé
Cadastre : 2019 LO, LP, LM, LN, LY, LX, LW, KX, KY, KZ et RY

1. Saint-Georges ancien

L'absence de fouilles archéologiques récentes dans le quartier de Saint-Georges laisse un vide historique pour les périodes anciennes. Le seul témoignage architectural d'une présence physique sur le site reste l'église dont les parties non modifiées peuvent être datées du XIe siècle. Les sources sont légèrement plus éloquentes avec une première mention de la paroisse de Saint-Georges-du-Plain en 1225, et plus exactement du lieu dit Le Colombier, appartenant à l'hospice du Saint-Sépulcre. Les documents suivants, principalement datés du XVIIe siècle, précisent les biens de l'hospice puis de l'hôpital général du Mans à Saint-Georges du Plain, évoquant les lieux dits de La Bichetière, de La Madeleine, de L'Aistre des Prés, de L'Arche, etc., dont la toponymie a été en partie conservée.

Mise à part ces états des biens, Saint-Georges-du-Plain apparaît dans les textes pour sa foire aux oignons sur le fief de Saint-Lazare au moins depuis 1259, et pour la maladrerie qui s'y implante dès le XIIe siècle (détruite en 1768).

2. Saint-Georges au début du XIXe siècle

Selon le cadastre napoléonien levé en 1813 et l'état des matrices cadastrales, la commune de Saint-Georges-du-Plain est un espace profondément rural au début du XIXe siècle, où sont établis quelques hameaux en bordure de la route de Sablé et des fermes disséminées de part et d'autre de cette route. L'enquête agricole menée dans le département de la Sarthe en 1842 indique que les élevages majoritaires sont ceux de la vache et du porc, alors que les cultures les plus répandues sont celles de la vigne, des pommes de terre et du froment.

Dans les textes, Saint-Georges-du-Plain apparaît comme une commune pauvre qui connaît plusieurs tentatives d'annexion par Saint-Pavin-des-Champs en 1822, puis par la ville du Mans, qui sera effective en 1855. Cependant, malgré cette ruralité qu oblige notamment les écoliers à se rendre sur la commune de Saint-Pavin-des-Champs ou les paroissiens à assister à la messe au Mans ou à Saint-Pavin-des-Champs, le nombre d'habitants ne cesse d'augmenter. Cette croissance connaît une accélération certaine à la suite du rattachement à la ville du Mans de la commune, qui conserve en partie sa position outre-octroi.

3. Saint-Georges s'urbanise

L'aménagement du port du Mans en 1840, en partie sur la commune de Saint-Georges-du-Plain, ainsi que les transformations territoriales liées (île aux Planches, asséchement de prairies, percement du boulevard du Pont-de-fer, actuel boulevard Anatole France, etc.), entraînent une première phase d'urbanisation de la commune, à la limite avec Le Mans. Des sites industriels s'installent : usine électrique en 1842, manufacture des tabacs en 1877, magasins généraux en 1882, favorisant l'urbanisation de leurs abords et concentrant donc les maisons au nord du quartier.

A partir de 1930, des projets de lotissements privés et publics voient le jour. L'organisation du territoire de Saint-Georges est restreint aux terres entre la Sarthe et la voie ferrée. La route de Sablé fait office d'épine dorsale et des rues sont percées de part et d'autre à partir du chemin de fer. Ces rues sont des impasses donnant sur les champs bordant le chemin de fer à l'ouest ou sur les rives à l'est. A côté des lotissements H.B.M. tels que le foyer manceau, ou aménagés à l'initiative d'une personne privée tel que les Mésanges, des maisons individuelles sont construites ainsi que des équipements qui répondent à l'augmentation de la population. Progressivement, et ce phénomène se poursuit aujourd'hui, Saint-Georges quitte son statut de faubourg rural pour devenir une continuité du Mans.

En quelques décennies, les terres vierges de Saint-Georges-du-Plain deviennent une continuité du Mans, avec une urbanisation en tâche d’huile qui conduit à repousser le rural, bien que ses traces s’y perpétuent encore aujourd'hui. Cet entre-deux a forgé l’identité du territoire qui s'est développé en prenant en compte cette position géographique, à la périphérie de la ville mais également à la périphérie de la campagne. L'organisation spatiale de Saint-Georges rappelle donc ce positionnement interstitiel d'un espace frontalier originellement traversé.

Saint-Georges est situé dans la partie sud de la ville du Mans. Son emprise reprend les anciennes limites communales de Saint-Georges-du-Plain, formées par la Sarthe à l'est, la rue de Richedoué au nord et les limites communales à l'ouest et au sud.

Le quartier s'est développé en tache d'huile depuis la limite avec Le Mans jusqu'aux limites sud, avec une inclusion bâtie plus ancienne de part et d'autre de l'ancienne route de Sablé, aujourd'hui avenue de la Libération puis avenue Olivier-Heuzé. Le parcellaire serré est composé majoritairement de maisons mitoyennes à deux travées alignées sur rue et donnant sur un jardin à l'arrière au nord du site (99% de cette composition au nord de la voie ferrée et 74% entre la voie ferrée et la rocade), alors qu'il se relâche au sud (de la rocade à la limite communale), avec des maisons en cœur de parcelle ou précédées d'une cour donnant sur rue, ce qui permet une aération du bâti caractéristique d'un allégement de la densification urbaine. Dans cette zone, le rural tient encore une certaine place avec notamment de vastes parcelles où subsistent des champs et des bois.

Les rues anciennes, figurées sur le plan cadastral de 1813, sont peu nombreuses et correspondent au réseau sinueux (avenue de la Libération, avenue Olivier-Heuzé, rue Richedoué, rue des Acacias, rue du cimetière Saint-Georges, rue Beauregard, rue du Port-Bouquet, chemin de l'Estre-de-Près, rue Montaigu). Les autres voies du quartier sont percées plus tardivement et leur évolution correspond aux phases d'urbanisation du quartier. Leur physionomie rectiligne indique une conception orthonormée du territoire.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; HG 1744. Archives de l'hôpital du Saint-Sépulcre, paroisse Saint-Georges du Plain, 1655.

  • Archives départementales de la Sarthe ; HG 1716. Archives de l'Hopital général du Mans relatives à la foire aux oignons, 1681.

  • Archives départementales de la Sarthe ; non coté. Annuaires de la Sarthe, 1845-1912.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 6 M 525. Tableau des cultures et de leur étendue dans l'arrondissement du Mans, 1836.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 M 141. Note pour le ministre par la direction général des douanes pour le rattachement de communes à la ville du Mans, 17 mars 1855.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 O 1410. Tableau général des chemins existants à Saint-Georges du Plain, 1824-1860.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 S 89. Ensemble de documents concernant la voirie et les alignements, 1885-1927.

  • Archives Départementales de la Sarthe ; Per 5. Petites Annonces de la Sarthe, 1831.

  • Archives municipales du Mans ; 1 D 102. Délibérations communales de Saint-Georges-du-Plain, 1845-1855.

  • Archives municipales du Mans ; G 48. Augmentation et diminution de la matrice cadastrale, 1850-1913.

Documents figurés
  • Carte postale, début XXe siècle. (Collection particulière, Trégard).

Bibliographie
  • Cercle généalogique du Maine et du Perche, Saint-Jean, Saint-Georges, Saint-Gilles, Quartiers du Mans, date non indiquée. (Centre de ressources du patrimoine, Conseil régional des Pays de la Loire, Nantes ; 72-b-125-A).

Périodiques
  • BIGOT, Jean. "Saint-Georges-du-Plain : je revois mon village...", in La vie mancelle et sarthoise, n° 349, 2000.

    p. 3 à 6
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Ferey Marie
Ferey Marie

Chercheur auprès du Service Patrimoine de la Région des Pays de la Loire.


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