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Ganterie, actuellement immeuble à logements, 93 rue des Roches, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010712 réalisé en 2010

Fiche

Seul vestige conservé d'un site autrefois plus important, cet édifice est notable du fait de ce qu'il perpétue le souvenir d'un établissement industriel en milieu rural, mais aussi en ce qu'il témoigne d'une recherche de compromis entre des emprunts à une architecture classique et l'utilisation de matériaux modernes (brique, béton) dans une mise en œuvre peu courante en Saumurois.

Destinationsimmeuble à logements
Parties constituantes non étudiéescommuns
Dénominationsganterie
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Lieu-dit : les Roches
Adresse : 93 rue des
Roches
Cadastre : 2009 D 1195

Cet édifice est le seul à subsister d'une ancienne ganterie dont les locaux étaient ici situés de part et d'autre de l'actuelle avenue des Roches. Cette manufacture est créée en juin 1913, semble-t-il par l'association d'un "négociant industriel" parisien, Guillaume Burckhardt, et d'un fontevriste Georges Pairault. L'entreprise, dont les premiers ateliers sont construits dès 1913 du côté est de l'avenue des Roches, emploie une main-d’œuvre en grande partie féminine. On trouve mention d'une "presse à découper" dans les ateliers.

En juin 1916, Pairault cède ses parts à Guillaume Burckhardt pour fonder de son côté une nouvelle fabrique à Angers, en association avec Maurice Marillier et Maurice Barre : la société du Gant Ariane, ouverte en 1920.

Seul maître à bord, Guillaume Burckhardt accroît alors le site de production industrielle fontevriste par diverses acquisitions de parcelles voisines jusqu'en 1919. Les bâtisses qui s'y trouvaient sont progressivement détruites pour ériger les ateliers, salles des machines et bureaux.

Il semblerait que cet édifice ait été édifié entre 1916 et 1921, pour accueillir des locaux administratifs, même si l'affectation des locaux put changer par la suite.

Dès le début des années 1920, l'entreprise fontevriste connaît une baisse de son activité.

Durant les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale, les locaux sont réquisitionnés par l'armée française. L'entreprise ferme et Guillaume Burckhardt vend l'ensemble de la fabrique le 25 juillet 1940 à la Société anonyme La Radio Énergie, entreprise de fabrication et de diffusion de matériel électrique fondée en 1928 à Annonay (Ardèche).

En 1943, les bâtiments sont réquisitionnés pour loger des troupes allemandes d'occupation.

En 1951, les laboratoires pharmaceutiques Brothier s'y installent. À l'issue des réflexions menées à partir de 1977 sur la délimitation de zones d'activités et industrielles, cette entreprise abandonne le site pour édifier dans les années 1980 un complexe plus important au nord de la commune.

L'aile des ateliers de l'ancienne ganterie, du côté est de l'avenue des Roches, est alors détruite pour laisser place à un petit immeuble de logement collectif.

Du côté ouest de l'avenue, cet édifice est conservé et transformé immeuble à logements. D'importants travaux de réhabilitation y ont été réalisés en 2011.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu attribution par source
Personnalité : Burckhardt Guillaume commanditaire attribution par source

Cet édifice, qui compte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un comble, se distingue par son élancement au sein du bâti villageois environnant. Cette impression de verticalité est renforcée par la faible section du bâtiment, qui n'est que de 7,5 x 10 mètres, pour à peine 15 mètres de hauteur sur rue.

Il est construit en moellons de tuffeau équarris, initialement enduits, avec chaînes où alternent briques et pierres de taille de tuffeau. L'alternance de la brique et du tuffeau se retrouve aussi dans les encadrement des baies.

Le bâtiment est couronné d'une corniche à modillons en béton sur rangées de briques et surmontée d'un garde-corps ajouré en briques qui dissimule un toit en pavillon couvert d'ardoises.

L'entrée, en façade sud, était couverte d'une marquise et était accessible par un escalier extérieur constitué d'une volée droite en béton, qui a été remplacé en un escalier plus massif a balustrade, du même matériau, donnant sur une terrasse ajoutée en 2011.

Le premier étage carré, sur rue, dispose d'un balcon suspendu, présent dès l'origine avec plate-forme en béton.

Le nombre de travées diffère nettement selon les façades : la face nord est aveugle, la face ouest compte une travée de fenêtres et une seconde de baies très étroites, la façade est, sur rue, compte deux travées avec des baies réduites pour le soubassement ; la façade principale, ouverte sur cour au sud compte trois travées ordonnancées.

Ce bâtiment détonne par l'emploi d'éléments archaïsants dans un registre industriel : bandeaux de niveau, baies couvertes d'un arc segmentaire à agrafe et à encadrements harpés, corniche à modillons, ferronneries (balcon, garde-corps et lambrequins). Ces réminiscences se conjuguent ici à une mise en oeuvre moderne, avec usage de la brique et du béton. Les effets de polychromie ici obtenus par les jeux d'agencement des brique sont exceptionnels en Saumurois.

Mursbéton
brique
enduit
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit en pavillon
Escaliersescalier intérieur
escalier hors-œuvre : escalier droit en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • AD Maine-et-Loire. 458 W 188. Domaines, enregistrement, hypothèques. Conservation des hypothèques, registre de transcriptions n° 703, acte n° 34 (daté du 25 juillet 1940, transcription du 14 août 1940).

    AD Maine-et-Loire. 458 W 188. Domaines, enregistrement, hypothèques. Conservation des hypothèques, registre de transcriptions n° 703, acte n° 34 (daté du 25 juillet 1940, transcription du 14 août 1940).

    En juillet 1940, les bâtiments qui composent la fabrique, de part et d'autre de l'avenue des Roches sont vendus et décrits ainsi :

    une propriété sise aux Roches, commune de Fontevrault, arrondissement de Saumur (Maine-et-Loire), route nationale, comprenant, Premièrement, un grand corps de bâtiment à usage d'atelier, comprenant rez-de-chaussée, trois étages, cour en suite, caves et réservoirs d'eau. Le tout cadastré section E, n° 118, 117, 116.

    Deuxièmement, de l'autre côté de la route, un bâtiment à usages de bureaux ou d'appartements comprenant sous-sol, rez-de-chaussée, deux étages, grenier mansardé ; petit bâtiment à usage d'habitation se trouvant à droite du bâtiment ci-dessus ; au fond et à gauche un bâtiment à usage d'habitation ; à gauche bâtiment à usage de salle de machines ; au fond et à droite bâtiment (ancienne salle de machines) ; écurie, chambre à eau, cour. Le tout cadastré section D, n° 640, 635, 637.

    Troisièmement, grand jardin à gauche des bâtiments, article deuxièmement ci-dessus, avec petite construction, le tout cadastré section D n° 643 et 643-bis.

    La propriété vendue comprend aussi un terrain à la Socraie, à l'écart du site.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 9. Matrices cadastrales. Fontevraud-l'Abbaye : nouvelle matrice du foncier bâti (1911-1937).

  • AD Maine-et-Loire. 458 W 188. Domaines, enregistrement, hypothèques. Conservation des hypothèques, registre de transcriptions n° 703, acte n° 34 (daté du 25 juillet 1940, transcription du 14 août 1940).

Bibliographie
  • CHARISSOUS, Raymond. Chroniques du village de Fontevraud. Tapuscrit multigraphié. Fontevraud-l'Abbaye : 1993.

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