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Ferme, actuellement maison ; les Six Moulins, 18 rue des Six-Moulins

Dossier IA85002262 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, clôture, étable, hangar agricole
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Six Moulins (les)
Adresse : 18 rue des
Six-Moulins
Cadastre : 1836 G 508, 517 ; 2019 AS 122

Cette propriété comprenait au XIXe siècle un moulin à vent, situé juste en arrière du logis et de ses dépendances. Le logis tel qu'il se présente encore de nos jours, a dû être construit à la fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe. Le moulin ne devait pas non plus remonter au-delà du début du XIXe siècle, soit après la fin du monopole seigneurial de l'abbesse de Saintes sur la meunerie à Vix. Ce monopole s'exerçait à travers deux autres moulins, le Grand moulin et le Petit moulin, situés vraisemblablement de part et d'autre long du chemin qui continue vers le sud-ouest, au-delà de l'ancien moulin Rambaud (c'est ici, aux parcelles 476 et 496, que le plan cadastral de 1836 les situe). Ces moulins étaient affermés à des meuniers membres de la famille Lièvre, issus de Pierre Lièvre (1692-1768), époux de Françoise Soulisse, meunier au Grand moulin en 1738, aux "Deux moulins" en 1739. Son fils, Pierre Lièvre (1730-1793), marié avec Anne Guérin, est meunier mais aussi fermier seigneurial de Vix et, sous la Révolution, acquéreur de plusieurs biens nationaux. La fin du monopole seigneurial permet la construction de nouveaux moulins (dont sans doute ceux du 20 rue des Six-Moulins et du 17 rue Derrière-les-Champs). Vers 1815, on ne compte alors plus deux mais six moulins dans le quartier (qui prend ce nom).

Au début du XIXe siècle, plusieurs enfants et neveux de l'ancien fermier seigneurial Pierre Lièvre possèdent ces différents moulins. Cette maison-ci appartient à Charles Malécot (1765-1829), meunier, originaire de la région de Fontenay-le-Comte, installé à Vix peu avant la Révolution ; et à son épouse, Jeanne Lièvre (1766-1819), fille et héritière de l'ancien fermier seigneurial Pierre Lièvre. Le couple possède les deux moulins du numéro 20. Vers 1810, il habite près du calvaire du Carq (3-5 rue du Carq) puis s'installent (ou se réinstallent) aux Six Moulins, vraisemblablement dans cette maison-ci (la seule alors qui existe, sa voisine, au numéro 20, n’étant construite qu’en 1841). Jeanne Lièvre décède sans doute dans cette maison en 1819, puis Charles Malécot en 1829. L'inventaire après décès de ses biens, le 17 juin, se déroule vraisemblablement ici. La maison est alors composée de deux chambres (dont celle où il est décédé) et d'un corridor au rez-de-chaussée, avec des greniers au-dessus des chambres et un cabinet au-dessus du corridor, ainsi qu'une remise à l'arrière du logement.

La maison passe à leur fils, Jean Malécot (1792-1834), marié en 1820 à sa cousine germaine, Marie Lièvre (1800-1879). Meunier, il exploite le moulin alors situé au 17 rue Derrière-les-Champs, où il habite sans doute, moulin hérité de sa belle-famille. Lors du partage des biens de sa mère, en 1819, il n'a pas reçu de moulin, contrairement à son frère. Il semble qu'il se fait alors construire un nouveau moulin, à l'arrière de la maison paternelle. Ce moulin est appelé "moulin du Noiron" sur le cadastre de 1836. En 1823, Jean Malécot vend à André Bienvenu un moulin à vent "qu'il a construit lui-même il y a quatre ans", confrontant du levant au chemin qui va du moulin Rambaud au bourg. Jean Malécot, qui meurt en 1834, a sans doute racheté entre temps le moulin puisqu'au cadastre de 1836, André Bienvenu ne possède plus rien ici et que le moulin et la maison appartiennent à Marie LIèvre, veuve de Jean Malécot.

Après Jean Malécot et Marie Lièvre, leurs biens sont partagés entre leurs enfants. Marie, épouse d'Auguste Bonnaud, reçoit le moulin du 17 rue Derrière-les-Champs ; Jean hérite du moulin du Noiron et partage la maison avec son frère, Pierre. Le tout est acheté en 1855 par Antoine Maréchaud époux Mercier qui fait alors démolir le moulin. Le hangar derrière le logis est sans doute construit au même moment, en remployant des morceaux d'ailes du moulin. La ferme passe en 1937 à Clovis Audineau époux Moinard, puis à Marcel Moinard époux Audineau.

Période(s)Principale : limite 18e siècle 19e siècle

Cette ancienne ferme est constituée d'un logis et de différentes dépendances situées à l'arrière. Le logis est placé en retrait par rapport à la voie, derrière un petit jardin délimité par un muret. Le logis comprend un corps principal et un autre, plus petit, sur sa droite. Le corps principal présente en façade trois travées d'ouvertures, réparties symétriquement autour de la porte centrale. Toutes ces baies possèdent un linteau en arc segmentaire. L'intérieur se compose principalement d'un couloir central et d'une pièce de chaque côté. Une cave a été en partie creusée dans le rocher.

Parmi les dépendances, une grange-étable se trouvait en appentis à l'arrière du logis. Un hangar agricole et des toits prennent place de l'autre côté de la cour, au nord-ouest. Un morceau d'aile de moulin (provenant sans doute du moulin démoli en 1855) a été remployé dans la charpente du hangar.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, étage en surcroît
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
TypologiesFerme à bâtiments séparés ; 3
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/78. 1819, 19 et 20 octobre : partages des biens de Jeanne Lièvre épouse de Charles Malécot.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/87. 1829, 17 juin : inventaire après décès des biens de Charles Malécot.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


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