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Ferme, actuellement maison, 26 rue des Varennes, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010703 réalisé en 2010

Fiche

Cette ferme est intéressante en ce que son histoire témoigne de la notion de fresche, qui caractérisa longtemps les structures agraires de Fontevraud sous l'Ancien Régime. Par ailleurs, des éléments architecturaux sont ici notables par leur ampleur : la grange et surtout le portail.

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesportail, cour
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Lieu-dit : les Lizandières
Adresse : 26 rue des
Varennes
Cadastre : 1813 G1 198 à 206 ; 2009 ZC 83

Alexis Trudeau et son héritier Auguste Trudeau, cultivateurs, parviennent au cours des années 1820-1870 à réunir des parcelles (bâties ou non) disséminées entre plusieurs mains pour former un ensemble composé d'habitations (de la première moitié du XVIIIe siècle), bâtiments d'exploitation (des XVIIIe et XIXe siècles), cours et jardins. Si la pierre qui porte la date de 1882 à la clef de la porte piétonne n'est pas un remploi, elle pourrait être celle d'établissement du grand portail qui clôt, dès lors, la ferme ainsi constituée.

On peut observer qu'à cette date, les Trudeau ont reconstitué un ensemble foncier tenu de l'abbaye qui correspond à l'ancienne "fresche des Chaffaux de la Lizandière", attestée en 1756 par un croquis. Sous l'Ancien Régime, la gestion de nombreux biens de la censive de l'abbaye, concédée à des tenanciers, se faisait en effet par "fresches", c'est-à-dire par ensembles de biens issus d'une parcelle unique définie lors de son premier arrentement. Au fil de ventes ou de successions, ces parcelles "originelles" avaient été subdivisées en diverses mains, mais par commodité, les agents de l'abbaye continuaient d'organiser fresche par fresche la perception et l'enregistrement des rentes dues. Cette gestion domaniale contribua ainsi, malgré la réalité du morcellement foncier, à fossiliser les grandes trames de la structure parcellaire et à conditionner les habitants à concevoir leur espace proche par ensembles de biens, bâtis ou non, aux limites pérennes.

Entre 1880 et 1885, d'importants travaux sont réalisés sur la propriété des Trudeau : les deux bâtiments à l'est (anciennes maisons et étables) sont démolis et les bâtiments nord, habités, sont repris extérieurement et intérieurement. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, plusieurs bâtiments à usage agricole sont construits à l'ouest et au sud de la cour. En 1993, le bâtiment sud, ancienne grange, est transformé en habitation.

Période(s)Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Auteur inconnu

Cette propriété est aujourd'hui environnée du lotissement de la Lizandière, mais jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, elle était, avec la maison qui lui fait face, relativement isolée, aux marges sud-ouest du village de Fontevraud-l'Abbaye.

Cet ensemble de bâtiments ne constitua une unique exploitation agricole que tardivement, d'où l'impression d'une juxtaposition d'éléments relativement disparates, notamment dans la partie anciennement habitée. Là, en effet, deux maisons en appentis mitoyennes ont été unifiées par l'édification d'une façade commune, en moyen appareil de tuffeau, coiffée d'une corniche à modillons. A ces maisons sont adossés des communs en appentis, en façade postérieure et cet ensemble est flanqué d'une maison à longs pans qui abrite une belle cheminée de marbre de la fin du XIXe siècle. De même, dans la cour, de grandes granges et remises.

Les éléments les plus notables de cette ferme sont ceux qui ont été édifiés lorsqu'elle fut unifiée par Auguste Trudeau. Ainsi, la grange, récemment réhabilitée en habitation, est à noter : elle est construite en moyen appareil de tuffeau et sa façade est encadrée d'un ressaut et est couronnée d'une corniche stylisée. Édifiée en surplomb du soutènement de la terrasse, elle domine par son ampleur le paysage de l'actuelle rue des Varennes. Plus remarquable encore, le portail qui consacre la constitution de la propriété s'impose au regard : il est précédé d'une demi-lune qui théâtralise l'entrée et les piliers de la porte charretière, hauts de près de 5 mètres, sont hors de proportion avec les bâtiments sur lesquels il s'ouvre. Ornés de moulures creusées formant des tables octogonales, ces piliers sont coiffés d'un entablement à fasces, frise nue et corniche à denticules et amortis d'un dé. Intégrée à ce portail, à droite de la grande porte charretière en entrant, la porte piétonne porte à la clef la date de 1882.

Mursenduit
moyen appareil
Toitardoise
Étages1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
appentis
croupe
Escaliersescalier de distribution extérieur
escalier intérieur
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 101 H 124. Abbaye de Fontevraud. Censif des domaines de l'abbaye à Fontevraud (milieu du XVIIIe siècle).

    Voir croquis p. 581
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