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Fabrique de toiles, puis centrale électrique, savonnerie, puis scierie, puis entrepôt industriel, 23 rue des Vieux Ponts

Dossier IA72000383 inclus dans Bourg de Connerré : faubourgs de La Rochelle et de Groisiller (Groseiller) et rue de Paris réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéeslogement
Dénominationsusine textile, centrale électrique, savonnerie, scierie, entrepôt industriel
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
Hydrographiesle Dué
AdresseCommune : Connerré
Adresse : 23 rue des
Vieux-Ponts
Cadastre : 1836 C2 392 à 395 ; 2018 AC 635-636

Sur l'emplacement d'un ancien moulin

De l'ancien moulin Haut (ou encore moulin d'Ahaut, moulin d'en Haut, moulin d'Enhault...), il ne reste probablement plus rien. Le cartulaire de l'abbaye Saint-Vincent du Mans signale déjà, lors de la donation par Avesgaud de Connerré de l'église paroissiale en 1100, la présence de moulins et concède aux moines la permission d'en construire un autre. S'ils ne sont cités que dès le début du XVIIe siècle, les moulins Haut et Bas, qui appartenaient à cette époque au chapitre cathédral du Mans, sont donc probablement bien antérieurs. En 1608, il est question, dans les registres du chapitre, de transformer le moulin à tan d'en Haut en moulin à blé : "sur le mémoire dressé par messieurs Gaceau et Trouilly contenant les choses nécessaires pour bâtir un moulin à froment à Connerray, au lieu du moulin à tan qui est au moulin d'Ahaut...".

Un dessin de Legay daté de 1715 montre le moulin Haut, également appelé Grand Moulin au XVIIIe siècle car il possédait alors deux roues, une de chaque côté du bief. Le 13 mai 1791, François Foussard, meunier locataire des moulins Haut et Bas, acquiert les deux moulins vendus comme bien nationaux. Le procès-verbal d'expertise dressé le 29 décembre 1790 indique que le moulin à froment d'en Haut, composé de bâtiments disposés en ligne, comprenait un logement pour le meunier, un four, un toit à porcs et un premier moulin d'un côté de la rivière, un second et une écurie de l'autre côté, murs en pierre et couverture partie en bardeaux partie en tuile. Il possédait "tous les ustensiles propres à la farine". Une des deux roues disparaît au cours du XIXe siècle. En 1818, François Foussard demande l'alignement à suivre pour la construction d'une écurie dans le prolongement de son moulin.

Du moulin à la fabrique de toiles

En 1843, le moulin Haut (à farine), propriété de François Foussard fils, reçoit son règlement d'eau. Les travaux prescrits, réceptionnés en 1844, comprennent divers aménagements hydrauliques comme la construction d'un déversoir de huit mètres de longueur et de vannes de décharge, pour permettre la bonne gestion du débit du Dué. Selon les matrices cadastrales de la commune, François Foussard fait supprimer son moulin en 1865. La même année, Zacharie Vollet, propriétaire d'une petite blanchisserie de fil au chlorure, rétablit l'usine et obtient l'autorisation de faire diverses réparations et reconstructions pour la transformer en filature de lin et de chanvre et fabrique de toiles. La largeur d'une partie des bâtiments est augmentée en empiétant sur l'abreuvoir communal. En 1867, Zacharie Vollet déclare une chaudière à vapeur pour le séchage du fil d'une machine à parer.

Suite à un incendie qui détruit totalement la fabrique dans la nuit du 7 au 8 mai 1873, la préfecture autorise Louis Vollet à la reconstruire sur ses fondations en l'agrandissant vers l'est, côté carrefour du Groisiller. Les travaux sont vérifiés et acceptés par l'administration le 19 août 1874. D'après le carnet des patentes industrielles, l'usine compte alors 30 métiers pour le tissage du chanvre, roues et engrenages du moulin, machine à vapeur, pareuse, cannetière, ourdissoir et bobinoir, ainsi qu'une maison d'habitation de quatre chambres. L'entreprise compte une cinquantaine de salariés. En 1893, Desnos, Béalet et Linais, successeurs des Vollet à la tête de l'usine, obtiennent l'autorisation d'adosser un bâtiment à l'usine, sur le Dué, pour y installer un moteur électrique. L'année suivante, ils déclarent l'acquisition d'un générateur cylindrique à deux bouilleurs auprès de Renaux Bompain à Rouen. Une haute cheminée cylindrique en brique est visible sur des cartes postales anciennes.

Au XXe siècle, de multiples affectations

C'est probablement en 1898 que la fabrique est convertie en usine de production d'électricité, permettant au bourg de Connerré de bénéficier d'un éclairage électrique public particulièrement précoce. A cette occasion, le bâtiment pourrait avoir été en grande partie reconstruit ou remanié puisque le décor de brique des façades invite à une datation de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle. D'après une carte postale ancienne, la toiture consistait alors en trois toits à longs pans parallèles. La concession appartient d'abord à des particuliers, M. Bellemer, puis M. Cretté en 1901, avant d'être rachetée par la Compagnie Française d'Énergie Électrique (Paris) en 1907, puis par la société Geneslay et Benouville basée à Caen en 1910. Peu à peu, le réseau de distribution s'étend à des propriétés particulières puis, en 1922, les titulaires de la concession demandent l'installation de lignes vers les communes avoisinantes à partir de l'usine de Connerré. La centrale est une des sources d'alimentation, avec les usines hydrauliques de La Rochette (Sceaux-sur-Huisne) et de Quincampoix (Cherré), du réseau de Connerré et des communes environnantes et fournit 100 kVA. Cette activité s'arrête dans les années 1930.

Le bâtiment sert alors également de savonnerie, la centrale fournissant l'énergie électrique et la vapeur nécessaire à la fabrication du savon : on lit encore (difficilement) sur la façade "Accumulateurs – Les spécialités Dlaw – Savon (?)". On y fabrique aussi des pains de glace. Par la suite, l'édifice est utilisé comme atelier par la scierie Launay voisine (grand bâtiment en parpaings avec couverture cintrée), avant d'être racheté par l'usine de charcuterie Prunier pour y entreposer son bois et s'en servir comme laverie. Sans doute dans le 3e quart du XXe siècle, une partie de l'usine est transformée en habitation, un appentis en bois est construit, la façade donnant sur l'ancien abreuvoir est remaniée, la toiture est entièrement modifiée pour dégager un espace de stockage.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle, limite 19e siècle 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1873, daté par source

De plan allongé, enjambant le Dué, le bâtiment, partiellement remanié, se caractérise par ses décors en briques, solin, bandeau, chaînages d'angles et encadrements harpés d'ouvertures en arc segmentaire, qui donnent du relief aux façades. Le mur-pignon, où se trouve une ancienne enseigne à demi effacée, est couvert d'une demi-croupe surmontée d'un épi de faîtage. On remarque à gauche la cheminée de l'ancien transformateur électrique. Côté rivière, des constructions en appentis, en moellons et en bois, ont été adossées au bâtiment, mais on peut encore voir à l'intérieur des ouvertures encadrées de brique comme celles donnant sur la rue.

Mursgrès moellon enduit
Toittuile plate
Étagesrez-de-chaussée, comble à surcroît
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans demi-croupe
Énergiesénergie hydraulique produite sur place
État de conservationétablissement industriel désaffecté
Statut de la propriétépropriété d'une personne morale

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; B 36. 1672-1673 : accusation contre Julien Chartier, meunier du moulin d'en Haut.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 4 F 12. Papiers Denis, histoire civile et religieuse de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 33. 1613-1683 : remembrance de la châtellenie, fief et seigneurie de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 5 M 227. 1869 : blanchisserie de fils au chlorure, Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 O 753. 1794-1900 : voirie urbaine et alignements, Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 P 1582. 1852-1879 : carnets des établissements industriels de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Q 536. 1790-an III : procès-verbaux d'expertise des biens nationaux du canton de Montfort-le-Rotrou.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 S 153. 1843-1929 : moulins Haut et Bas, commune de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 8 S 53, 54, 58. 1865-1902 : déclarations de machine à vapeur et générateur électrique pour la filature de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 8 S 59, 62. 1900-1940 : déclarations de générateur électrique pour l'usine électrique de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 8 S 192 et 225. 1898-1940 : concessions, fonctionnement et extensions du réseau électrique de Connerré.

Documents figurés
  • 1854 à nos jours : délibérations du conseil municipal de la commune de Connerré. (Archives municipales de Connerré).

  • 1771 et 1787 : plan du bourg et plan terrier de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 1 Fi 663).

  • 1836 : plan cadastral napoléonien de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\091).

  • 1865, 1893 : plans sommaires du moulin Haut de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 7 S 153).

  • 1869 : plan de situation du Moulin Haut de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 5 M 227).

  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

Bibliographie
  • CHARLES, R. Abbé, MENJOT D'ELBENNE, Samuel. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans (ordre de saint Benoît), publié et annoté. Mamers : imprimerie Fleury, 1886-1913.

(c) Conseil départemental de la Sarthe ; (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Truillet Jonathan - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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